Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, Créavie, Ecrire pour autrui, Grapho-thérapie, Journal de mon jardin

C’est magnifique !

Il est bien d’écrire que c’est une journée magnifique.

Il est conseillé de noter dans son cahier des termes positifs pour attirer encore davantage de choses positives et de lecteurs.

Mais qu’est-ce qui est magnifique ?

Le jardin si vert et tout gorgé de feuilles odorantes après l’orage ?

Les guêpes follettes autour des figues ouvertes ?

La perspective d’une sieste, chapeau sur les yeux, dans la fraîcheur bleue de l’ombre ?

L’épaule de l’amant(e) tout près de la sienne ?

La sève qui bat sous la peau tandis que les enfants se poursuivent en riant ?

Le goût du sel de la dernière vague du matin qui subsiste sur les lèvres avant qu’un baiser ne l’efface ?

Le bonheur qui se passe de mots ?

Oui, qu’est-ce qui est beau ?

Evoquer, touche près touche, les instants uniques de cette journée.

Une couleur exprimée dans un simple adjectif amène une note, une senteur, une saveur, un frôlement.

Caresser le temps avec chaque grain du papier

de telle sorte que le lecteur inconnu de demain

soit, comme devant un tableau,

l’auteur de ces mots :

« C’est magnifique ! »

Géraldine Andrée

Marc Chagall ; Intérieur rose à la fenêtre
Publié dans Méditations pour un rêve, Poésie

Je songe à l’ombre

Je songe à l’ombre qui baigne les choses là-bas,
à cette vague de silence qui avance sans cesse vers les livres clos et les lampes endormies
et je me demande ce qui se dit en mon absence :
quelle confidence entre la table et la chaise ? quel murmure caché sous le coussin du fauteuil ? quel pétale de soupir ?
Peut-être qu’une lueur détachée du soleil
traverse les persiennes, s’accroche à l’un des coins obscurs de l’oubli
et veille
jusqu’à ce que mon rêve s’envole vers elle
 
Géraldine Andrée
Publié dans Le journal de mes autres vies, Méditations pour un rêve

Saint-Luc

Tu me dis :

« J’attendais que la mer se retire.
Puis, j’allais jusqu’à la presqu’île.
J’entendais crisser le sable mouillé sous mes pieds.
J’étais guidée par chaque étincelle d’écume au soleil. En chemin, je ramassais des algues ondoyantes, de toutes les couleurs, et qui tombaient mollement dans mon seau.
Arrivée jusqu’à la presqu’île, je m’oubliais dans le bleu qui bordait la rive. Je perdais la mesure du temps. Dans cette éternité conquise, je me laissais vivre.
Lorsque la mer m’envoyait de loin ses vagues, je savais qu’il était temps de rentrer.
Je retrouvais la trace de mes pas.
Quand j’avais enfin franchi la frontière invisible qui séparait mon hôtel de la presqu’île, j’ouvrais la porte de la petite cabane.
Là, avec une éponge et du buvard, je posais mes algues recueillies dans leur danse immobile sur du carton blanc.
Puis je les laissais sécher à la lumière de la grande véranda jusqu’au lendemain.
Retrouve-moi sur Internet la pension Saint-Luc tenue par les religieuses, la presqu’île, la cabane et la véranda. »

Longtemps, j’ai parcouru les sites et les photographies. Saint-Luc désigne désormais un complexe hôtelier anonyme. La cabane et la véranda ont disparu. La presqu’île a gardé le même bleu qui tremble comme une algue posée sur la page blanche de l’azur. Mais l’éternité n’est plus.

Je ne sais aujourd’hui qu’une trace : celle des mots menant au souvenir
qui cherche lui-même l’empreinte de ses pas dans un soupir.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Cahier du matin, Ce chemin de Toi à Moi, Le cahier de mon âme, Méditations pour un rêve, Poésie

Le rêve de l’hortensia

Sur le chemin du matin,

j’ai demandé au Divin

sinon une réponse,

un signe au moins

que j’étais sur le bon chemin.

C’est alors que j’ai rencontré

un hortensia

tout flamboyant

de blanc

et dont les pétales

étoilant

l’herbe

étaient légèrement

picorés

par un merle noir

voletant

ça et là,

selon le pétale

de son choix.

Je voulais prendre

en photo

l’hortensia

mais j’ai renoncé

de crainte

d’effrayer l’oiseau.

Et j’ai repris

mon chemin,

gardant en mémoire

la splendide rencontre

du noir et du blanc

dans la lumière de juin.

J’ai su

de source sûre

que j’avais eu plus

qu’un signe : une réponse.

Mais hier,

j’ai voulu obtenir confirmation

de ce que m’avait montré

le Divin

– c’est ainsi que sont les humains –

et j’ai décidé

de revoir l’hortensia.

Hélas !

J’ai eu beau

repasser par tous

les chemins

possibles

de ma promenade,

je n’ai pas retrouvé

ses fleurs.

Quant aux merles noirs,

ils voletaient

sous les nuages.

Dieu ne redonne

jamais

le même message.

Cette singulière image

de l’hortensia blanc

et de l’oiseau noir

n’exista qu’un seul

instant

et j’en garde

l’unique rêve

à présent.

N’est-ce pas

le signe

que j’ai eu ma réponse

au bon moment

et au bon endroit

de mon destin

et qu’il faut

maintenant

que j’avance

un pas,

un regard

plus loin,

même si je ne sais rien

de ce qui se trouvera

ça et là

sur mon chemin ?

Je le crois

comme en ma vision

de l’hortensia blanc

dont les pétales

étoilent

mon âme

pour y attirer

un matin

les ailes

de ma foi.

 

Géraldine Andrée