L’encre transparaît
sur la page retournée
Écrire toujours
au-delà
Géraldine
L’encre transparaît
sur la page retournée
Écrire toujours
au-delà
Géraldine
Écrire sur l’épaule de l’ami
dans le sable à fleur d’écume
dans la terre d’automne
dans le limon que la rivière charrie
sur la toile d’araignée étoilée de rosée
au cœur de la mousse qui recouvre les racines
au milieu des cendres de l’encens consumé il y a un instant
entre les plis du drap que la main du plaisir a froissé
dans la neige que balaie le vent
dans la poussière du chemin après la course des enfants
sur les feuilles qu’un souffle disperse aussitôt
sur ce halo de buée au centre du carreau
dans l’argile que pétrissent ensuite les doigts rapides de l’artiste
Écrire pour être le témoin de son propre effacement
Écrire pour dire la disparition de cette trace
puisque personne ne s’en souviendra
Éprouver ce qui se murmure
dans le cœur des moines tibétains
qui éparpillent au loin
d’une simple foulée
leurs mandalas
qu’ils ont constellés
heure
après heure
de coquillages
de perles
de pétales
et de couleurs
Écrire pour redonner
tout le silence
à l’univers
tout l’univers
au silence
qui a toujours été là
bien avant
le mouvement
de nos lèvres
Géraldine
Pourquoi mettre un titre à un poème
Pourquoi des rimes
Pourquoi un rythme défini
Moi je souhaite
que mon poème soit léger
tel l’oiseau qui vient se poser
sur le rebord de ma fenêtre
puis qui repart
Qu’il roule comme une feuille
sur le chemin du retour
puis qu’il s’évanouisse
aussi vite qu’il m’a frôlée
Pourquoi ponctuer un poème
Pourquoi des strophes
Quand le vent joue
par intermittence
il fléchit les herbes
qui ne deviennent
qu’une succession
de virgules
qui tremblent
juste avant qu’elles ne se redressent
et qu’elles ne ploient
dans l’autre sens
virgules à l’envers
virgules si souples
qu’elles s’enlacent à son souffle
C’est ce que je veux pour mon poème
un frémissement
un simple soupir
entre deux instants
Le laisser palpiter
et quitter
le cadre de la feuille
pour qu’il ne reste que le blanc
vierge de l’espace
qui accueille
son point de fuite
minuscule
libellule
Géraldine Andrée
Les épreuves de la vie sollicitent les quatre émotions de base, la peur, la tristesse, la colère, la joie, et toutes leurs variantes, leurs nuances – celles-ci s’entremêlant souvent ou l’une cachant l’autre (je vous renvoie à la roue des émotions ci-contre). L’écritothérapie est une forme d’art-thérapie qui permet de travailler sur ses émotions après les avoir définies. Je propose à toutes celles et à tous ceux qui s’adressent à moi des techniques d’écriture efficaces qui libèrent la psyché de l’emprise émotionnelle et mnésique qu’exercent certains souvenirs ou le retour du refoulé, après un traumatisme. Biographe familiale, praticienne en psychothérapie et en art-thérapie, j’ai moi-même vécu des épreuves difficiles (famille maltraitante, deuils successifs, harcèlement moral professionnel) qui m’ont amenée à explorer mes ressources intérieures. Les exercices que je propose ont fait leurs preuves sur ma santé psychique. Le milieu médical et scientifique a validé par des études fiables le pouvoir de guérison de l’écriture. Je vous renvoie pour cela à l’ouvrage Écrire pour se soigner : La science et la pratique de l’écriture expressive de James W.Pennebaker et Joshua M.Smyth.
Comment cela se passe-t-il concrètement ? Vous n’aurez besoin que d’un cahier, d’un stylo, éventuellement de quelques crayons ou feutres de couleur.
Les séances peuvent s’effectuer en réel comme à distanciel (skype, google meet, messenger, zoom). Les séances d’écritothérapie fonctionnent comme les séances de psychothérapie : à l’unité. Elles durent environ une heure. Comme elles peuvent être intenses, prévoyez aussi quelques mouchoirs. Vous pouvez refaire les exercices chez vous ou écrire entre les séances dans votre journal, puis me présenter vos écrits à la séance suivante. En écritothérapie, la syntaxe, la grammaire et l’orthographe n’ont aucune importance. Seul importe le langage métaphorique de l’inconscient. D’ailleurs, les erreurs de graphie, la dislocation syntaxique, l’absence de ponctuation, le lapsus calami (en écrivant) révèlent le conflit interne et constituent donc des points importants d’analyse. L’écritothérapie ne se substitue à aucun traitement médical. Vous devez donc continuer vos traitements en amont, voire compléter les séances par une cure psychothérapeutique ou psychanalytique.


70 euros la séance
On le sait, les traumatismes incrustent dans le psychisme l’émotion de la peur.
Phobies, obsessions, tics et tocs, angoisses…
Ensemble, nous aiderons votre peur à s’exprimer. Nous ferons sortir les monstres de l’armoire de votre inconscient ; nous les regarderons dans les yeux et nous ferons leur portrait. Souvenez-vous : Comme pendant l’enfance, faire le portrait du monstre qui terrorise permet de l’éloigner. Avec la couleur violette qui symbolise la peur, nous aurons recours à des images, symboles, associations d’idées qui la représentent. Puis, avec la couleur verte de l’apaisement, nous verrons comment trouver une issue à cette peur. Vous projeter dans un conte en héros vainqueur, inventer par un poème une fin heureuse à un cauchemar, transformer le scénario d’une épreuve dans une nouvelle ou un récit court… Ce ne sont que quelques exemples d’écritothérapie qui vous permettront d’ouvrir la porte sur votre liberté. À l’écriture, nous pourrons joindre d’autres techniques d’art-thérapie comme le dessin, le collage, la mise en voix du texte.

70 euros la séance
D’une épreuve importante découle l’émotion de la tristesse.
Déprime, dépression, burn-out, épuisement… Je connais bien ce pays de la mélancolie (terme qui désignait la dépression au dix-neuvième siècle, autre variante du spleen baudelairien), composé de lacs profonds, de longues ombres, de rochers noirs… Dans ce paysage, vous errez, seul, sans parvenir à le quitter pour un paysage intérieur plus accueillant.
Ensemble, nous ferons dialoguer les différentes parties de vous-même – celle qui est négative, pessimiste, qui vous serine toujours « À quoi bon ? », la pulsion de mort ou Thanatos et celle qui est positive, optimiste, qui fait remonter la sève de l’énergie en vous et qui vous murmure « Avance ! Le voyage vaut le coup ! »
Mot après mot, je vous guiderai vers votre lueur non éteinte. Il suffit, parfois, d’un poème pour retrouver cette flamme qui était seulement cachée. « La nuit n’est jamais complète… » affirme le poète Paul Éluard.
Nous pourrons aussi utiliser la technique d’écriture de la liste afin que vous repériez et semiez les petites graines psychiques et spirituelles qui vous feront grandir, fleurir… Nous réinstaurerons la communication entre votre corps et votre âme que vous avez cessé d’écouter, parce que la voix de votre ego était beaucoup trop forte.
Nous alternerons les couleurs (le bleu pour la tristesse et le jaune pour l’énergie de l’espoir) afin de réinstaurer ce dialogue entre votre côté obscur et votre côté lumineux, car la lumière est toujours rendue visible et mise en valeur par l’obscurité.

70 euros la séance
Souvent, après un traumatisme, la colère est cachée par la tristesse. On croit que l’on est triste alors qu’en vérité, c’est un volcan qui bout dans le cœur. Or, on le sait, une colère refoulée est ensuite somatisée, c’est-à-dire mise en langage par différents maux physiques, tels que les ulcères, les infections et, dans le pire des cas, les cancers.
Une séance d’écritothérapie vous permettra de puiser dans votre inconscient les métaphores qui exprimeront votre colère. De même, écrire vous invitera à crier et à faire en sorte que ce cri traverse la page, faisant fi de toutes les marges, de toutes les lignes, de tous les espaces. Écriture tricotée (phrases s’écrivant sur les phrases précédentes), syntaxe disloquée, associations d’images qui se heurtent, s’entrechoquent, confrontation de vos contradictions internes par un récit, un dialogue théâtral, un poème… La colère descendant le long de votre stylo vous remettra en contact avec votre pulsion de vie, votre énergie matérialisée par le flux de l’encre. Une fois que cette émotion aura été reconnue, exprimée, entendue, nous pourrons la cadrer en appliquant des consignes d’écritothérapie bien précises (reprises anaphoriques, exercices vous invitant à dessiner vos phrases, à leur faire suivre le rythme de votre souffle…).
Les couleurs nous seront d’un précieux recours. En effet, toutes les gammes de rouge (vermeil, grenat, incarnat, pourpre) seront des indices sur l’intensité de votre colère et comment celle-ci peut aussi se situer à la limite de la peur ou de la tristesse (avec l’utilisation de la couleur mauve ou violacée, par exemple).

70 euros la séance
L’écritothérapie – associée à l’art-thérapie – vous montre le chemin qui vous mène à la rencontre de votre ombre. En effet, comme le dit Carl Jung, on ne peut mettre en valeur sa part lumineuse si l’on ne regarde pas en face sa part d’ombre. Ignorer celle-ci, c’est projeter sur les autres ce que l’on ne veut pas voir en soi ; ce qui explique les phénomènes de maltraitance, de violence, de mobbing dans notre société en perte totale de valeurs spirituelles. Initier une séance d’écritothérapie, c’est donner un rendez-vous à son ombre, comme à sa meilleure amie, autour d’une tasse de thé, de café. De quoi allez-vous parler ensemble ? Nous retranscrirons cette conversation. En effet, dialoguer avec votre ombre, c’est apprendre à vous connaître entièrement et à vous accepter inconditionnellement. Pour vous donner une idée de la manière avec laquelle vous pouvez vous adresser à votre ombre, je vous renvoie à la page : Viens, mon ombre, je t’invite à boire un cappuccino !

70 euros la séance
Parfois, ces ombres nous sont également léguées par nos ancêtres. Il est des émotions tellement violentes, obsédantes, enfouies aux tréfonds de nous qu’elles ne peuvent avoir été inscrites que par le passé de nos ancêtres. Nos émotions de peur, de colère, de tristesse constituent la trace de ces mêmes émotions éprouvées par nos aïeux. En quelque sorte, elles sont gravées dans notre psyché. Mais nous pouvons les déchiffrer. En effet, lire l’indicible permet d’ôter certains déterminismes et patterns qui provoquent inéluctablement ces mêmes émotions négatives. Comme le dit Jung, « tout ce que l’on ne ramène pas à la conscience revient sous forme de fatalité« . Il est donc très important, pour ne plus être une feuille ballottée par le vent de la vie, de circonscrire ces émotions sur le papier, de les définir et de leur dire en face : « Mes émotions, je sais d’où vous venez ».
Le génosociogramme va nous aider. Qu’est-ce que le génosociogramme ? C’est un arbre généalogique mis au point par Anne Ancelin Schützenberger, différent de l’arbre généalogique traditionnel. J’utilise cette technique en biographie psychogénéalogique et aussi en écritothérapie. Sur de grandes feuilles de papier A3 et avec deux stylos de couleur (bleu pour le positif – rouge pour le négatif), je vous aide à élaborer votre génosociogramme en partant de vous (votre date de naissance, les événements marquants de votre passé, votre métier, votre situation sentimentale, vos goûts, vos valeurs, vos passions…). Puis, nous remontons jusqu’aux branches précédentes, afin de déceler les phénomènes de répétition, les non-dits, la transmission, certes, des traumatismes, mais aussi des missions transgénérationnelles – le rôle que la famille vous a assigné pour différentes raisons (remplacer un enfant mort par exemple) et qui, très souvent, n’a rien à voir avec votre mission terrestre. Pour comprendre l’enjeu de l’hérédité de telles loyautés, je vous renvoie à La mémoire transgénérationnelle chez Victor Hugo.
Suite à ce travail particulier d’écriture, vous pourrez enfin faire des choix qui vous correspondent en toute conscience, écrire la vie qui est la vôtre, avec vos ressources, dons et talents légués ou innés.

70 euros la séance
S’il est bien un sentiment universel qui mobilise tellement l’être qu’il dépasse l’entendement, c’est l’Amour. « Le cœur a ses raisons que la Raison ne connaît pas. » Telle est la maxime du philosophe Pascal. Lorsque l’on aime intensément, profondément, douloureusement, on chemine à travers l’irrationnel, on expérimente l’indicible. Passion, chagrin d’amour, dépendance affective… Dès lors, comment trouver les maux d’amour ou laisser éclater celui-ci au grand jour ? En effet, un amour non dit, non avoué peut être ravageur pour la psyché, car il revient sous la forme de culpabilité ou de remords. « Ah ! Si seulement je lui avais dit que je l’aimais, avant qu’il ne meure, qu’il ne parte…«
Je peux vous aider à cerner tout l’éventail de vos sentiments. Lettre de rupture ? Lettre de pardon après un divorce, un conflit ? Le fil des mots cicatrisera votre blessure, afin que vous puissiez traverser le deuil de cette relation et renaître. Déclaration d’amour ? Je vous guiderai pour que votre aveu vous permette de confier à l’Autre l’intensité du sentiment éprouvé, sans pour autant basculer dans un lyrisme exacerbé. La poésie peut être également un chemin pour mettre à jour la passion qui vous anime, sans perdre votre identité, sans vous laisser aliéner par elle, mais pour qu’au contraire, elle soit à la source d’une pulsion de vie créatrice qui ouvrira vos ailes intérieures.
Nous ferons de ces séances d’écritothérapie une exploration à la fois esthétique et méditative. Écrire à l’encre, lentement, avec une plume de l’ancien temps… Coller des fleurs, dessiner des cœurs, déposer un sceau rouge. Les mots s’uniront aux motifs artistiques. L’écriture se fera calligraphie. Vous serez le grand organisateur de ces noces sur le papier entre la rédaction et le dessin. Une fois la lettre cachetée dans une belle enveloppe, envoyée – ou pas, après tout, les mots d’amour peuvent aussi rester secrets ! -, vous lâcherez prise en sachant que la vie vous soutient dans votre démarche. Et si vous êtes célibataire, veuf ou divorcé, nous nous donnerons comme priorité d’écrire et d’adresser des lettres d’amour… à vous m’aime !

70 euros la séance
Une séance d’écritothérapie vous permet de vous offrir un rendez-vous avec vous-même. Lâchez prise concernant les attentes conventionnelles de l’écriture. Au contraire, laissez vous porter par le flux de l’encre pour vous abandonner ensuite au flow de la vie. Sentez-vous libre de vous exprimer, sans défi littéraire, sans exigence formelle. Le but de l’écriture dans le cadre d’une telle séance est de reprendre confiance en vous, après les épreuves qui vous ont marqué, faire de la trace de l’écrit intime une cicatrice. Ainsi, la page sera non seulement un prolongement de votre peau (le texte représentant votre corps qui avance, qui se remet en mouvement), mais également un pays-refuge pour votre psychisme, un espace-temps dans lequel vous vous reposerez, une parenthèse où vous reprendrez votre souffle (pour ensuite être mieux inspiré dans la conduite de votre vie). De séance en séance, vous verrez combien la page se métamorphose, reflétant le processus de guérison de votre Moi.

70 euros la séance
Bien entendu, la finalité d’une ou plusieurs séances d’écritothérapie, est de retrouver la joie de vivre, de faire revenir en vous l’énergie, de faire remonter dans votre corps et votre esprit le pouvoir de la pulsion de vie. Laisser éclater sa joie, c’est se remettre en contact avec ce qui nourrit vraiment le Soi.
Si vous êtes toujours plongé(e) dans vos épreuves, je peux vous aider à vous accorder des moments de pause, de respiration, de bien-être, en vous (e)ncrant/ancrant dans l’instant présent, le seul qui soit un refuge. Tenir un journal de sensations… Définir vos ressources intérieures, vos qualités, vos réussites passées… les possibilités sont infinies !
Si vous avez traversé et transcendé ces épreuves, l’heure est au bilan. Je vous aiderai à formuler ce que vous avez appris. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort « , comme le dit le philosophe Nietzsche. Alors, quelles sont vos forces, aujourd’hui ? Liste de gratitudes, de passions nouvelles qui demandent à s’exprimer, récit de visualisation, conte dont vous êtes le héros ou l’héroïne… L’écritothérapie vous invitera à écrire enfin en rose (ou en d’autres couleurs) l’avenir qu’il vous plaît, d’ores et déjà, de vivre, car il vous correspond !

70 euros la séance
Les séances d’écritothérapie s’adressent également aux enfants dyslexiques et dysorthographiques. En effet, les contraintes scolaires, la peur de mal faire, l’angoisse de l’évaluation, la crainte du jugement et du regard des autres accentuent le handicap. Le rythme d’apprentissage collectif de l’école néglige, dans des classes surchargées, les besoins particuliers de ces enfants, à l’intelligence et à la sensibilité vives. En séance d’écritothérapie, nous allons sortir des exigences traditionnelles de l’écriture. La page ne sera plus un carcan, mais un espace de liberté où le texte prendra corps. Votre enfant éprouvera le plaisir de jouer avec les mots, avec leurs sonorités, avec leurs couleurs, avec leur douceur ou leur rugosité – car les mots se « sentent », « se ressentent » avant d’être utilisés et agencés entre eux. L’enfant pourra danser, courir avec les phrases, sur le chemin de petits textes ou de poèmes qu’il aura écrits. Ni l’orthographe, ni la syntaxe ne rentreront en ligne de compte. Seule importera sa capacité à s’approprier les mots en toute liberté et avec joie.
Mise en scène de ces mots,
mots-valises,
cadavres exquis,
néologismes (mots inventés),
association d’idées, mots-fruits, mots-boules de neige…
Autant de moyens ludiques de faire du langage une fête… Crayons de couleur, feutres, pastels, stylos fluorescents, paillettes, feuilles et fleurs, billes, petits cailloux, galets et coquillages sont les bienvenus… ainsi qu’un grand chapeau pour tirer au sort les motifs d’écriture.
Ces séances d’écritothérapie peuvent se dérouler ensuite à plusieurs – votre enfant a le droit de venir avec son meilleur copain pour écrire à quatre mains – et se transformer en véritables ateliers d’écriture à la maison ou en distanciel.
Comme il sera agréable de s’écrire depuis ce pays !

Quel que soit le type de séance, il y a un « après » à l’écritothérapie. Soit vous laissez les textes tels quels, les collez dans votre journal ou vous en séparez ; soit vous avez la volonté de les retravailler, afin de constituer un recueil poétique ou d’écrire une biographie, un récit de vie – voire une autofiction. Dans ce cas, un autre travail démarre et je peux vous assister pour relire, corriger, mettre en forme, sculpter littérairement vos pages, puis les autopublier ou les envoyer à un éditeur avec un synopsis fidèle à votre œuvre – et donc à vous-même. Je vous renvoie pour cela aux tarifs de l’écriture d’une biographie
Géraldine Andrée
Te souviens-tu de ces lointaines vacances ?
Il te suffisait de pousser la petite porte du jardin de bon matin pour emprunter le sentier qui menait à la mer, tout ondoyant dans la jeune lumière !
En mémoire, marche lentement sur les pierres.
Ferme les yeux et suis les ombres bleues.
Qu’importe que ton cœur batte plus fort sous l’effort ! Va doucement, car les feuilles de palmier, les premiers grains de sable blanc récompensent ta patience. Tu prends conscience que tu es arrivée par la trace que tu as laissée sur le sentier. Il est temps d’ôter tes sandales et d’avancer vers le berceau des vagues. Tu ne sais pas quand tu atteins la mer : la ligne qui sépare la rive de l’infini n’est pas clairement marquée. Elle ondule, sous le pinceau invisible du peintre suprême. C’est lorsque la première vague frappe ton cœur que tu peux t’abandonner à la nage.
Il en est de même pour la créativité.
Quand tu penses que celle-ci est trop loin de toi, ouvre ton carnet. La ligne qui distingue ton être du monde est finement tracée. Et si tu peines à avancer, fie-toi à l’étincelle de l’instant qui perce les voiles de tes pensées. Fais preuve d’humilité. Va avec confiance et cependant, précautionneusement, guidée par la pointe de ta plume ou de ton pinceau qui touche à peine le papier. Une fois vraiment parvenue à la page, tu n’as plus qu’à te pencher. Ne vois-tu pas à travers elle l’infini blanc, t’invitant à aller à lui, à flotter, telle une étoile de mer, sur le silence ?
Souviens-toi que tout commence par une porte entrouverte. Son seuil t’invite à déposer ta trace qui, lorsqu’elle s’efface et se fond dans l’éclatante blancheur, devient le signe que tu es loin déjà dans ton pèlerinage – touchant ce point où se concentre la goutte d’encre de l’univers.
Géraldine Andrée
Mais cet exercice d’écriture créative peut également se faire lors de transitions importantes dans ta vie (déménagement, changement d’emploi, mariage, ou, au contraire, divorce…)
Le tableau de visualisation permet de concrétiser ta vision par le collage d’images. Néanmoins, l’écriture est également un formidable outil pour matérialiser tes rêves sur le papier, car elle permet d’associer aux mots la couleur (par les différentes encres utilisées) et les images (par les figures de style qui mettent en relief un désir, un ressenti, un état d’âme…). De surcroît, le Verbe est créateur. Ne suffit-il pas, dans La Genèse, que Dieu prononce le mot désignant l’élément du monde qu’il veut créer pour que cet élément apparaisse, par miracle ?
« Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. »
Tu es, toi-aussi, le créateur de ta vie et de ta lumière.
Bien sûr, tu peux recourir à des hyperboles comme c’est « merveilleux », « enchanteur », « magique », « féérique », « fabuleux ». Mais en quoi est-ce merveilleux, enchanteur, fabuleux ? C’est là que les images sensorielles vont t’être d’un précieux recours pour visualiser et concrétiser tes souhaits… d’abord au plus profond de toi-même/m’aime.
Que tout ce que tu écris soit ainsi accompli. Je te le souhaite du plus profond de mon cœur !
Géraldine Andrée Muller
Source originale de l’article :
https://www.lesmotspositifs.com/blogue/ecriture-de-ta-visualisation-emotionnelle/
J’ai gardé comme souvenir
d’une ancienne vie,
un chemin de neige bleue
qu’éclairait la frêle flamme
d’une lampe tempête.
C’est peut-être
pour cela que j’écris
aujourd’hui :
retracer sous ma lampe
de chevet,
à l’encre
scintillante,
ce chemin d’hiver
qui me mène
à un lointain refuge
que seule
mon âme
connaît.
Géraldine
L’écriture
est un jardin
dans lequel
je fais confiance
à la jachère
du silence
qui prépare
la lumière ;
je bêche
avec force
et profondeur
jusqu’à mon cœur ;
je sème
à l’aurore
des idées
de poèmes ;
je regarde
comment
germent
des pensées
positives
qui m’aident
à accepter
la patience ;
je plante
des désirs
pour les voir
grandir ;
je me penche
sur les fleurs
de mes intentions
que je protège
de l’invasion
du chiendent,
du chardon
et de toute
espèce
possible
d’herbes
mauvaises ;
je veille
sur le rythme
de la manifestation
de cette floraison.
Alors,
un beau matin,
quelle que soit
la saison,
je récolte
des rêves
qui permettent
à d’autres feuilles
d’apparaître.
Géraldine Andrée
Je suis le citron pressé de la vie
Je suis la houle des blés
les méandres des champs de colzas sous la brise
Je suis l’étoile à la fenêtre
la gouache séchée sur la robe verte
le ventre de l’épeire au centre de sa toile
Je suis la médaille
l’aurore
le fétu dans l’œil de l’Autre
la botte de foin bien rangée dans la grange de grand-père
Je suis la sucette de sucre d’orge
les cuivres du quatorze juillet
l’étincelle dans la corbeille
de pommes
au soleil
Je suis la crème à la vanille
la pâte à crêpe de Carnaval
la feuille d’arrière- saison
les ailes du papillon tigré
la jonquille du sentier
une mèche de petite fille
Je suis le pissenlit entre les rails
la couronne sur la galette des rois
les bulles de la limonade servie devant l’église
la croûte arrachée de la blessure
le sang de la mirabelle trop mûre
le teint après la crise de foie
la pluie de safran sur les mariés
Je suis le raisin un peu jeune
la prune déjà rouie
la moutarde de ma fureur
ce rire amer
la rouille qui monte à la grille
la première tache de cimetière sur la main de Claire
le feu follet qui court
à fleur de terre
Je suis ces ombrelles
le long du fleuve de Chine
la flamme de la bougie
sa cire fondue dans la coupelle
l’herbe fanée sous mon pas
la crinière léonine qui pourfend l’air
un peu de joie qui subsiste
l’enthousiasme parfois quand mes projets ont un avenir
le siège en osier de l’enfant
Je suis la lampe de chevet
les grains de maïs qui crépitent
sur le brasero de la plage
le rayon qui danse dans le flacon d’encre
le crépuscule sur les toits de Provence
le cœur de la mie tendre
les carreaux de la salle d’attente
le thé qui infuse près du cahier
le cadre de ce tableau de famille adjugé vendu
le jour qui fait refleurir la tapisserie de la maison vide
Je suis l’ultime explosion du champagne
la braise encore tremblante de l’espoir
ce qui pétille irradie puis s’éteint
les confettis de la fête jonchant la terrasse déserte
la luciole qui volette
dans sa frêle lueur
le sable mouvant du temps
l’épingle d’or du souvenir
dans la nuit de la mémoire
la lune penchée sur le chagrin
et mon propre point final
qui flamboie juste un instant
avant que je n’accepte
de le voir disparaître
irrémédiablement
emporté par la phrase
de ce poème
qu’il achève
de lui-même
Géraldine Andrée
Quand j’étais enfant, puis adolescente, aimer la vie n’allait pas de soi. Je n’osais pas être heureuse, car à la joie succédait souvent une secousse émotionnelle pour des fautes bien vénielles, par exemple, un verre renversé ou brisé.
Dans mon esprit, tout bonheur se payait.
C’est en écrivant que j’appris à m’abandonner à la joie d’être.
Je ne sais plus comment me vint l’idée d’écrire. Je revois seulement mon cahier ouvert sous la lampe de la cuisine et un poème composé en lettres de couleur.
Lorsque j’atteignis l’âge de treize ans, je découvris le plaisir de demeurer en ma propre présence – celle qui sait pour moi – dans un journal intime.
Sur ma machine à écrire Royal, je fis parler tous ceux qui étaient privés de parole – les arbres, les fleurs, les animaux, les objets. Mes mots devenaient leurs yeux.
Puis je racontai dans des nouvelles les aventures singulières d’une héroïne qui semblait descendue du ciel, sans prendre conscience encore que cette héroïne qui franchissait tous les obstacles, c’était moi, la femme résiliente, accomplie déjà.
Quand je fis l’expérience du deuil, de l’abandon ou du rejet, je fus le témoin du pouvoir magique qui résidait en moi, puisque j’étais capable de transformer, par un poème, un chagrin en jardin, ma solitude en fontaine. Je pouvais même faire entrer dans mon cahier ouvert le flocon d’un pollen, échappé d’un printemps depuis longtemps passé, et d’en reconstituer le vol, par quelques strophes alertes.
Plus tard, après une violente rupture amoureuse, je me laissai, la veille, de petits mots près de ma tasse que je lisais au matin, avant de partir au travail : « Prends soin de toi ! », « Tu es courageuse, ma chérie ! », « Vas-y ! Tu en es capable ! », « Tu es formidable et pleine de ressources ! ». Je les recopiai tous dans mon carnet intime. Je m’envoyai également des lettres comme si j’étais mon amant, et que je réunis dans un recueil bleu.
Je pris l’habitude de tenir un carnet de gratitudes sur lequel j’inscrivais tous les petits présents reçus de l’existence, même si la journée avait été mauvaise. Un seul rayon de soleil dans un ciel maussade était signifiant.
J’en suis à présent certaine :
c’est en écrivant que j’aime non seulement ma vie, mais aussi la Vie qui va de soi, en partant de moi.
Et c’est en aimant ma vie que la Vie s’écrivit à travers moi,
jusqu’à aujourd’hui.
Géraldine
Si tu souhaites prolonger ce billet avec la lecture audio, c’est ici !