On oppose souvent les livres et la vie.
On a tort car la matière des livres est la vie elle-même.
La vie de chacun qui pourrait demeurer inconnue, donc impalpable, invisible s’incarne dans les livres.
Géraldine Andrée

On oppose souvent les livres et la vie.
On a tort car la matière des livres est la vie elle-même.
La vie de chacun qui pourrait demeurer inconnue, donc impalpable, invisible s’incarne dans les livres.
Géraldine Andrée

Je suis en voyage
Je passe
sur cette terre
en ne laissant
que quelques traces
Je dois vivre
suivre
vaille que vaille
mon chemin
qui consiste
à écrire
la lumière
et lorsque je serai arrivée
à destinée
c’est-à-dire
au bout de la ligne
dans je ne sais
quel espace
de la page
je rentrerai
à la maison
où l’enfance
sans un signal
recommence
Géraldine Andrée
Quand le livre de votre vie est fini,
laissez quelques pages blanches.
Quand le livre de votre vie est fini,
votre vie, elle, continue.
Aussi, gardez prête votre encre future.
Vous avez écrit toutes vos peines ?
Alors, laissez quelques pages blanches
pour vos joies à venir.
Vous avez raconté toutes vos joies d’autrefois ?
Alors, laissez quelques pages libres
pour celles qui s’annoncent
à la seconde suivante.
Il vous semble que vous êtes parvenu
au bout du récit
de votre existence,
qu’il n’y a plus rien à dire,
que vous avez accompli
tout votre voyage
sur cette terre ?
Laissez quelques pages blanches
pour que quelqu’un y prolonge
votre trace.
Et qui sait ?
Peut-être
la reconnaîtrez-vous
et la suivrez-vous
avec confiance
à votre prochaine
naissance…
Combien de pages blanches,
me direz-vous,
faut-il laisser
en héritage
à vos myriades
de mots ?
Autant que vous voulez !
Et pourquoi pas,
un autre cahier
sur lequel vous inscrirez
votre nom
en guise
de signature
de l’aurore
qui se cache
encore
avant d’apparaître…
Le livre de votre vie s’achève
mais gardez ouverte
la fenêtre
sur le chemin…
Laissez quelques pages blanches
pour les présents
de Demain.
Géraldine Andrée

Je veux célébrer le grand cahier de la vie.
A chaque âge un chapitre.
Aussitôt que la page d’un instant se tourne, une autre s’ajoute.
Peu importe que l’on soit héroïque.
On y laisse son histoire.
Et lorsque l’on quitte le cahier,
il importe de garder une dernière page blanche
pour qu’une autre vie commence.
Géraldine Andrée
Déplacer ma main
pour planter
dans chaque
espace blanc
des racines
dont les futures
feuilles
feront signe
au passant
c’est cela
Écrire
Géraldine Andrée

Pour devenir l’auteur de votre vie – celle qui correspond à qui vous êtes -, il est important de vous réserver un rendez-vous avec vous-même le plus régulièrement possible, comme vous le feriez avec votre meilleur ami.
“Depuis peu, ce que j’appelle “mes albums de plaisirs” sont aussi des journaux intimes : recueils de notes écrites et plastiques en rapport avec le plaisir des sens (couleurs, odeurs, toucher…) “
Témoignage d’une femme de 42 ans
Comme le déclare Dominique Rolin,
“J’ai mes rituels, un scénario très méticuleux, mes stylos, un papier spécial, une heure précise de la journée, un arrangement strict des choses autour de moi, mon café à bonne température…”
Je vous souhaite un délicieux moment avec vous-même !
Géraldine Andrée

Vous avez l’option d’utiliser des supports numériques pour écrire. Il existe des tablettes qui peuvent vous servir de journal intime et sur lesquelles il vous est possible aussi de dessiner, croquer ce que vous voyez, illustrer chacun des instants de votre vie. L’ordinateur, comme son nom l’indique, est un excellent moyen pour classer vos textes. Protéger ceux-ci par un mot de passe, c’est comme fermer son cahier intime avec une clé. De tels supports ont l’avantage de conserver intacts vos écrits – ce qui n’est pas le cas du papier dont les lettres s’effacent et jaunissent avec le temps. Mais, dans l’éventualité où votre ordinateur ou tablette tomberait en panne, pensez à faire des copies même si vous pensez toujours que vos textes “n’en valent pas la peine.” Encore une fois, interdisez-vous tout jugement qui définirait la qualité de votre plume et que dément souvent le temps. L’objectif de l’écriture est de vous sentir bien, pleinement vivant.
Pour celui qui manque de confiance en sa capacité d’écrire, l’outil informatique est un excellent atout car il propose un correcteur orthographique qui permet d’atténuer ce sentiment d’insuffisance linguistique, source de bien des blocages. En outre, il est possible d’effacer, de modifier, de déplacer des paragraphes sans devoir recommencer l’écriture du texte en entier.
De même, des applications comme Day One, Journey, Grid Diary vous guident dans les différentes options qu’elles vous proposent pour la tenue de votre journal virtuel. Vous pouvez y insérer des photos représentatives de votre humeur. Ce sont des aides précieuses et sécurisantes pour ce Soi qui ne demande qu’à apparaître sur la page afin de guider le Moi dans son évolution.
L’inconvénient de ces outils est qu’ils n’incarnent pas votre journal dans la réalité – à moins qu’une option spéciale ne vous permette de l’imprimer en le téléchargeant. Or, si vous souhaitez dénouer vos blocages d’écriture et guérir de vos traumatismes relatifs à celle-ci, l’écriture à la main est fortement recommandée. En effet, le mouvement du stylo et le contact du papier permettent d’ancrer vos rêves et vos projets dans la matière. De même, ils vous offrent l’opportunité d’exorciser vos peurs et vos peines par votre corps et pas seulement par le mental – comme un véritable exorcisme. En outre, le déplacement de votre bras sur la page est à l’origine de la naissance de vos mots, de vos phrases. Il vous invite ainsi à débloquer des situations figées, stagnantes. C’est là que la solution peut jaillir, que le regard sur les événements peut changer. Et progressivement, mot après mot, page après page, le problème se métamorphose et trouve sa solution – comme par magie.
Comme le dit Julia Cameron,
“La main – engourdie peut-être, mais humble – ment rarement. Une touche est une touche, quelle que soit la tentative pour la déguiser. Et de cette manière, en écrivant à la main, nous parvenons à la vérité. Les choses cèdent.” 1
Enfin, l’ordinateur et ses applications ne vous proposeront qu’un seul sens d’écriture, de gauche à droite pour notre sens occidental, et vous ne pourrez inverser ou modifier ce sens, écrire par exemple de droite à gauche, de bas en haut, traverser la page en diagonale, faire onduler une phrase, l’enrouler sur elle-même d’un coup de plume. Il vous faudra aussi oublier le plaisir de griffonner, simplement griffonner. Or, la page de papier se présente comme un véritable océan pour que votre main puisse y voguer librement.
1 Julia Cameron, La Veine d’or, édition Grande Angle, 1997
Géraldine Andrée
Je souhaite réserver ce post à un support unique : le cahier à clé. On le juge désuet et, pourtant, c’est ainsi que l’on représente dans l’imaginaire collectif le journal intime. Démodé et éternel, le cahier à clé est un refuge efficace, un asile rassurant pour la découverte de soi. Dans ce cahier, tout ce que vous écrivez vous est exclusivement réservé et interdit au regard extérieur ; d’où l’importance de l’adjectif intime qui caractérise le journal. Vos pages ne s’adressent qu’à vous-même. La clé donne à vos écrits ce côté secret qui préserve votre territoire psychologique et émotionnel de l’intrusion d’autrui.
Je me souviens avoir acheté mon premier journal intime à l’âge de quatorze ans. Je revois sa reliure fleurie, sa petite serrure et sa fine clé dorée. J’étais fière de posséder un espace enfin à moi. Je me réappropriais mon pouvoir. J’excluais de ma chambre toute intrusion parentale et familiale. Mon cahier était devenu une autre chambre, “une chambre à soi” comme le dit Virginia Woolf. Je le fermais dès le dernier mot et je cachais la clé dans le tiroir de ma table de nuit. Je n’appartenais plus aux autres. Je ne me sentais plus si effacée, inutile, transparente. J’avais la force d’une voix pour moi – la mienne. Je possédais une richesse que nul ne pouvait me dérober et qui consistait en la faculté de me confier quotidiennement à la page.
Grâce à cette clé, je commençais à cerner mes limites, à distinguer ce qui m’appartenait et ce qui ne m’appartenait pas dans les jugements que les autres portaient sur moi. Un seul mot et je dessinais les contours de mon identité dont je n’avais eu jusqu’à cette découverte qu’une conscience flottante. Je parlais pour moi ; je m’adressais à moi sans témoin. Je devenais l’auteur de ma vie d’adolescente puisque je pouvais me délester de mes peines et parler de mes rêves pour les concrétiser un peu plus chaque jour. Je partais à la conquête de moi-même.
Pourquoi ce petit récit ? Pour vous montrer que, peu importe le regard des autres, c’est le vôtre qui compte.
Aussi, choisissez votre cahier non pas parce vous voulez bien y écrire mais parce que vous vous sentirez bien en y écrivant – et surtout en sécurité, inconditionnellement accepté par la page et donc par vous-même.
Le cahier à clé est particulièrement indiqué si votre entourage est constamment présent, vous sollicite beaucoup et si vous avez peu d’espace à vous. Il est alors nécessaire de protéger ce que vous écrivez car le but de votre voyage est l’exploration d’une contrée singulière, unique : votre être.
Et même si vous vivez seul, la clé de votre cahier peut être riche symboliquement pour votre inconscient. Elle peut représenter le seuil à franchir de l’extérieur à l’intérieur de votre être, du monde à votre âme. Le cliquetis de la clé qui fait céder la serrure, le balancement de la chaînette vous rappelleront peut-être une porte qui s’ouvre.
Alors, posez chez vous – dans votre journal – vos bagages trop lourds, vos jugements, vos croyances, les faux habits qui vous empêchent d’avancer librement parce qu’ils vous serrent trop. Vos pas se font légers. Vous pouvez maintenant avancer !
Géraldine Andrée

– pages du matin
-promenade-rendez-vous avec l’artiste (temps de détente et de liberté que l’on s’offre à soi-même pour renouveler sa réserve d’images, le puits de son inconscient).
Je suis ma propre source de créativité.
« Éloignez-vous des gourous. Toutes vos réponses se trouvent à l’intérieur de vous » déclare Julia dans l’Épilogue de son ouvrage.

Géraldine Andrée
Cela fait si longtemps que j’écris.
Et soudain, à un instant
que le temps
a choisi,
une réponse
apparaît
dans la neige
de la page,
comme
une première
fleur
qui a persévéré
avec patience
cachée sous
le silence
et voici
que je suis fière
d’intituler
ma feuille
d’aujourd’hui
Perce-silence.
Géraldine Andrée