À la fin
j’accepte
que mon poème
devienne
un oiseau
détaché
de ma plume
بالنهاية ساقبل أن تصبح قصيدتي عصفوراً منفصلاً عن ريشتي (قلمي)

Tableau : Samoukan Assad, peintre syrien, Digital Art, Lattaquié
Poème : Géraldine Andrée, poétesse lorraine, Nancy
À la fin
j’accepte
que mon poème
devienne
un oiseau
détaché
de ma plume
بالنهاية ساقبل أن تصبح قصيدتي عصفوراً منفصلاً عن ريشتي (قلمي)

Tableau : Samoukan Assad, peintre syrien, Digital Art, Lattaquié
Poème : Géraldine Andrée, poétesse lorraine, Nancy
Que j’emporte de cet été
un beau rayon d’or
qui éclairera
chaque feuille
de mon album
lors des nuits d’automne
Géraldine Andrée

Cahier mauve lilas,
cahier rose forsythia,
cahier vert sauge,
cahier bleu menthe…
J’ai bien assez de feuilles
pour tout un été.
Géraldine Andrée
La violette cachée dans l’herbe
me montre que toute existence a un sens
Tableau : Samoukan Assaad, Huile sur toile, 60×70, Damas, Syrie
Poème : Géraldine Andrée, Nancy, France
Dans mon rêve,
une abeille
venue du jardin
de mon enfance
traverse
le temps,
les deuils,
les douleurs
pour se poser
sur mon bouquet
d’aujourd’hui.
C’est une abeille
vive,
une étoile
qui appartient
à jadis
mais dont la lueur
subsiste
au coeur
de l’été deux mille dix-huit.
Abeille
vibrante,
virgule
dorée
dans la page
blanche
de l’espace,
qui a dit
que les fantômes
étaient pâles
et faits d’un long
tissu de silence ?
Toi,
tu bourdonnes,
tu luis,
tu récoltes
les pollens
de mon enfance
que tu m’apportes
en un battement d’ailes
pour que mon âme
devienne
du miel
blond
comme l’éternité
que chaque belle
saison
renouvelle.
Géraldine Andrée
J’aime
entendre
à l’aurore
ta parole
qui se mêle
aux premières
voix
dans la ruelle,
au murmure
de l’eau
qui court
sur le cou,
au tintement
des couverts
et au clignement
entre
deux silences
de la lumière
à travers
la fenêtre.
Quand
je t’écoute
au rythme
du temps
qui va
et vient
sur sa balancelle
d’enfant,
il me semble
que je prends
le pouls
du jour
que je confonds
avec le doux
battement
de mon coeur
pendant
ces instants
qui rencontrent
tes mots…
J’aime
entendre
à l’aurore
ta parole.
Géraldine Andrée
Tous droits réservés@2018
Mon rêve est d’ajouter
un jour férié dans la semaine,
un jour dédié aux fleurs,
aux yeux des animaux,
aux jeux dans l’herbe
et aux rires qui s’égrènent
sur le chemin bleu
d’un poème.
Un deuxième dimanche
en quelque sorte
où le temps se balance
entre les branches
jusqu’à ce que l’heure rouge
du crépuscule
ramène
les parfums
des jardins sauvages
à la porte.
Dites-moi,
est-ce pour bientôt ?
Géraldine Andrée
Tous droits réservés@2018
Les rêves sont ce que l’âme a vu avant de venir s’incarner ici. Ces possibilités destinées à se faire Chair, à prendre Vie, à devenir Vérité.
Aussi, ai-je souvent la réminiscence d’un rayon de soleil sur un mur de pierres ocre, du bleu tiède du soir au-dessus des toits, du chat qui s’étire en reconnaissant mon pas, de la brise qui porte les voix rassemblées autour de la table du dîner, des douces dalles de faïence pour le pied nu.
Tout à l’heure, on s’assoira sur le seuil et on discutera en regardant la lumière décliner pendant que s’allume Vénus.
Comment peut-on avoir souvenance de ce qui n’a pas existé en cette vie ?
Parce que je pense que ces souvenirs rêvés représentent le futur absolu que l’âme a contemplé avant de venir s’incarner ici.
Géraldine Andrée
Mon Journal
Du jardin qui fut,
il ne reste rien :
pas un pétale,
pas un parfum,
pas une brindille,
pas un brin d’herbe,
pas une feuille,
pas un grain.
Du jardin
qui allume
tous ses feux
dans le matin,
il ne reste rien.
Personne
aujourd’hui
n’a souvenance
du silence
aux pas
de chat
qui écarte
les branchages,
de la blanche
vasque
où tremble
le mirage
des ramures
sans qu’on entende
leur murmure.
Personne ne sait
le vert incendie
de la tonnelle
au mois de juillet,
et la lune
qui pose
son rayon roux
sur les roses d’août.
Qui connaît
encore
ces ombres
d’or
qui s’allongent
à l’heure
où l’on dresse
la table dehors ?
Qui garde
mémoire
des fleurs
rouies
en automne,
dernier éclat
avant l’oubli,
et du givre
qui luit
pour les Fêtes
de toutes
ses paillettes
sur la treille
nue ?
Du jardin feu,
il ne reste rien.
Pas une trace
de l’allée
qui mène
les visiteurs
à La Demeure.
L’asphalte
de la Zone
a tout effacé.
Mais il est
une trace
qui résiste
et qui prouve
que le jardin
existe
dans les songes
tus
de chacun,
ce poème
qui vous invite
à le suivre
jusqu’à
la grille
ouverte
sur le seuil
d’une enfance
qu’une seule
bribe
de souvenir
délivre
du deuil
par la grâce
définitive
d’un soupir…
Géraldine Andrée
Tous droits réservés@2018
L’essentiel est que tu Sois
dans chaque chose que tu Fais.
Avec toute ma joie,
Géraldine Andrée