Publié dans Art-thérapie, C'est ma vie !, Cahier du matin, Le cahier de mon âme

Cher Journal

Cher journal,

Je ne suis jamais seule avec toi.

Alors, je te suis fidèle comme la mer l’est au soleil. Nous existons au coeur de notre présence mutuelle.

T’écrire est mon seul présent.

Merci, cher cahier, dont la blanche perspective
m’aide à vivre.

Géraldine

Publié dans C'est ma vie !, Cahier du matin, Méditations pour un rêve, Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Un jour, je partirai

Rêve d’un départ ; départ d’un rêve…

Un jour, je partirai.
Je préparerai mes bagages avec ces menus gestes que seul le silence m’a appris.
Je passerai devant chaque seuil sans réveiller personne.
C’est à peine si mon ombre dérangera la lumière de l’aurore sur le carrelage.
Je confierai à l’armoire mes journaux intimes – mon coeur s’étonnera d’être délivré de toutes ces vieilles histoires -, verserai de l’eau jusqu’au bord de la bouteille, entourerai de bleu ciel dans mon rêve le point de ma destinée puis, lorsque le carillon aura sonné son heure ultime,
je disparaîtrai en ne vous laissant comme signe
que le dessin de mon pas
sur la terre fine de l’allée.

Géraldine

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

Apparition

Parfois ton nom apparaît et je crois que c’est toi. Ton nom porte ton visage comme si je te rencontrais au détour d’une rue.

Il m’a semblé te croiser un jour, dans une rue de Londres.
C’était en l’espace d’une seconde.
J’avais alors quatorze ans.
J’ai cru reconnaître ta frêle silhouette, ton manteau rouge, ta tête à moitié chauve déjà, la fine monture de tes lunettes.
Une joyeuse certitude a éclairé mon coeur : n’importe où dans le monde, tu étais là. Je n’avais pas à me sentir seule.
J’ai oublié que cette apparition ne pouvait être toi qui soudais sûrement deux fils électriques à ce moment précis sous la lampe de ton bureau. 
Le temps que j’admette cette logique,
la silhouette avait disparu au milieu de la foule grise.

Il en est de même aujourd’hui.
S’il m’arrive de croiser ton nom au détour d’une ligne, d’une page ou d’une feuille de journal, je crois te reconnaître immédiatement.
Ton nom, Guy, porte nécessairement ton regard, ton visage, ton manteau rouge, tes lunettes.
Il me fait face et je suis toute heureuse de cette rencontre.
J’oublie que ce nom désigne tant d’hommes aux visages, aux yeux et aux vêtements différents.
J’oublie que ce nom n’est pas le signe de ton apparition.

Bien sûr, il suffit d’une seule seconde pour que je me ravise.
Et ta présence s’efface, telle une ombre svelte, parmi les phrases grises.
Mais dans le bref instant qui sépare l’illusion de la prise de conscience, mon coeur s’éclaire
comme jadis, dans cette rue d’Angleterre.
Trois lettres me font oublier, le temps de ma surprise, que je suis seule au monde
et qu’il me faut trouver ma route
avec le souvenir de ton nom qui appartient aussi à d’autres.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Cahier du matin, Le cahier de mon âme, musique

Pour cette nouvelle année,

Je franchis le pont qui sépare 2018 de 2019 en me laissant porter par le souffle de ce qui vient à moi, dans l’éclat d’un seul instant… Il est une respiration qui descend des étoiles. Elle seule m’importe.

Pour cette nouvelle année,

je fais moins de projets,

sinon celui, vaste, de me laisser porter par le temps qui passe.

Mon défi : ne pas m’emprisonner dans trop d’objectifs, qui, non tenus, font naître la culpabilité.

Ne pas m’efforcer de rentrer dans des cases toutes faites. Ne pas oublier aussi qu’on peut se maltraiter dans le développement personnel.

Je veux me laisser guider par mes envies, mes désirs, mes besoins – ma vérité, vraie pour moi et incomparable à nulle autre.

Choisir ce que je veux éprouver, expérimenter. Donner la priorité à mon âme.

Ecouter davantage mon corps, mon intuition.

Ecrire des textes selon mon coeur.

Continuer mon journal bien sûr.

Lire régulièrement des livres de littérature moderne. Relire les livres et revoir les films que j’adore depuis ma jeunesse.

Placer mon énergie dans ce qui me fait vibrer, dans ce qui me donne du plaisir.

Couper tout lien avec les gens toxiques, négatifs, méchants – en un mot, obscurs.

Ne pas me laisser tirer vers le bas.

M’enraciner pour mieux grandir vers le ciel.

Hiberner si cela m’est nécessaire.

Et au printemps, sortir, me promener, me recueillir dans la nature.

Remonter la pente du Crève-Coeur comme quand j’étais enfant, à pied, sans ma bicyclette rouge – car les temps ont changé – et admirer depuis le lavoir ma ville natale.

Ramasser des feuilles, des fleurs et les glisser entre les pages de mon carnet de notes.

Ecrire les textes que j’aime. Partir en vacances – Canaries, Réunion… -. Les étoiles, en effet, me demandent de faire ce grand voyage.

Me rassasier d’eau, de lumière, de vent.

Mon père est parti pour cette vie. Ce qui n’a pas été dit ne le sera plus jamais. Ce qui a été gagné l’est à jamais – j’ai su, par exemple, dans ces derniers jours, à l’occasion d’une promenade dans le jardin, qu’il savait dater l’âge d’un arbre.

Mon père a franchi la frontière mais je peux le faire revenir par l’écriture.

Le fil de l’encre inverse le cours du temps et me ramène mon père.

Ses pas sont devenus des mots.

Il faudra que j’écrive sur le voile de silence qui recouvrit mon visage quand j’appris sa disparition.

Aujourd’hui, le voile s’est levé. Je vais continuer à écrire sur lui, sur moi parallèlement au fait que je poursuive ma vie.

La preuve de cette vie : publier un recueil de poèmes qui lui seront dédiés – cette année ou plus tard. C’est mon seul projet qui prendra bien tout son temps car rien ne presse face à l’éternité.

Je souhaite une belle année à toutes celles et tous ceux qui passeront par hasard ici

et je vous dédie pour bien la commencer cette chanson intimiste de Sting

Shape of my heart

Géraldine Andrée


https://www.youtube.com/watch?v=ZuI61cTNbAk&fbclid=IwAR370d5kNDypQCQgJCHwWbPToY-1qvBQTdE4UWZ5adB6JJoIUr07cQa5vd4

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

Le grand passage

Peut-être que le grand passage ne se dit pas, mais se vit…

On a beau décrire le grand passage
avec tous les mots possibles et imaginables
rien ne dit le mystère de l’embouchure qui se franchit

Le grand passage est vécu dans un silence inéluctable
pour ceux qui demeurent
puisque nul ne revient d’un voyage qui se passe de toute histoire et de toute parole

Se contenter d’écrire
avec le mouvement de son doigt
dans le jour transparent
un seul mot

Envol

peut-être
même si ce mot diffère en son sens
du frétillement d’un oiseau ou d’un papillon à la fenêtre
car personne ne connaît les ailes qui emportent dans l’espace celui qui passe
ou alors écrire tout simplement

Point

avec le frêle souffle d’une virgule
qui le soutient juste en dessous
afin que quelqu’un d’entre nous puisse rêver
à des bras de mer ouverts
de l’autre côté

Géraldine Andrée

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

Si présente est ton absence

Ta présence : la vérité d’un songe

Si présente est ton absence
Je ne cesse de t’entendre
comme à travers un drap
et de te voir
comme dans un lac

Tu me souris
et il n’y a que moi pour te répondre
Ensemble
nous sommes seuls au monde
et cela m’est suffisant

Le temps a le mérite
de ne plus te faire vieillir
Tu es vêtu de ton éternel
manteau rouge
et de ton pantalon de velours

Les mains dans les poches
tu te tiens
un peu voûté
à l’embrasure
de la porte

Tu n’entreras pas
même si ta chaise
est libre
car plus personne
ne t’attend

Tu habites l’espace
à la manière d’un songe
et pourtant
je retrouve
ton grain de beauté

incarnat
au bord
de la bouche
Tu t’es incarné
dans ta mort

et qu’importe
que plus rien
de toi
ne se retienne
ni ne se touche

pas un doigt
pas un morceau de vêtement
pas un cheveu
qui frise encore sur ta tempe
tu es là

Elle est à jamais
si intense
ta présence
Tu vis
davantage

pour moi
que tous les vivants
réunis
et le silence 
porte

ta voix
jusqu’à ma chambre
au-dessus
des éclats
de rire

d’en-bas

Géraldine Andrée

Publié dans Ce chemin de Toi à Moi, Méditations pour un rêve, Mon aïeul, mon ami., Poésie

J’ai déposé ma douleur

J’ai déposé
ma douleur
sur le seuil
de ta nouvelle
demeure
pour que tu la prennes
dans tes bras
tel un bouquet
de fleurs
et qu’elle flamboie
à ta fenêtre
comme si c’était
la Joie

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est ma vie !, Cahier du matin, Créavie, Journal créatif, Le cahier de mon âme

Créavie : Le signe d’un jour réussi

Le signe d’un jour réussi,

c’est lorsque je me dis :

Aujourd’hui,

j’ai beaucoup écrit !

Je pourrais dire :

Aujourd’hui,

j’ai bien écrit !

Mais j’insiste sur le fait qu’avoir beaucoup écrit

signe un jour réussi.

J’entends déjà quelques uns qui se récrient :

Voyons ! Ce n’est pas la quantité qui compte,

mais la qualité !

Et j’entends la voix de mon amie Julia,

écrivaine elle aussi,

leur répondre :

« Chaque jour, je prie Dieu ainsi :

Mon Dieu ! Je m’occupe de la quantité.

Toi, Tu T’occupes de la qualité ».

Moi, je suis pleine de modestie.

Je ne peux prétendre bien écrire

car cela, seul le temps peut me le garantir.

A l’inverse, mal écrire

ne signifie en rien

que je n’écrirai jamais quelque chose de bien.

En effet, qui peut dire si

une tournure de phrase un peu bancale

ne constitue pas les soubresauts d’un nouveau style,

si une image étonnante, détonante, jugée par mes pairs « très kitsch »

n’annonce pas la métamorphose de mon âme

et par là-même la métamorphose de mon écriture ?

Qui peut prédire si l’essoufflement d’un chapitre

ne précède pas la respiration plus ample et plus profonde de mon histoire, le déploiement de son rythme sur la page suivante ?

Ecrivez ! Ecrivez ! Ne vous souciez pas de la réussite, encore moins de la performance.

Asseyez-vous devant votre cahier, prenez la plume.

Être fidèle à la page quotidienne est déjà une réussite en Soi.

Peu importe si vous y arrivez et où vous arrivez, l’essentiel est ce que vous ressentez  au cours de votre voyage.

Ce ressenti est votre destination et mieux encore, votre destinée.

Alors, je persiste et je signe ici, sur le billet de ce site :

Le signe d’un jour réussi,

c’est lorsque vous vous dites :

Aujourd’hui,

j’ai beaucoup écrit !

Géraldine Andrée

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Ecris ta vie !

Ecris ta vie

parce que personne ne peut la vivre à ta place.

Ecris tes rêves, tes désirs, tes projets.

Un seul mot…

Et c’est le point de départ

à l’élan d’une phrase.

Invente tous les futurs possibles,

et choisis parmi eux

celui qui convient à qui tu es,

celui par lequel ton âme doit advenir.

Prends note de tes peines, de tes joies

car ces sentiments sont une boussole

qui te permet d’emprunter

ton chemin de vérité.

Approche-toi du miroir de la page ;

tu ressentiras ta présence.

Passe devant la fenêtre de la page ;

ton souffle s’y dessinera.

Tu dis : Mais je ne sais pas écrire !

Je fais plein de fautes d’orthographe !

Tout le monde va rire !

Aussi, je te le dis :

Ecrire te regarde.

Les mots t’attendent.

Une fois qu’ils t’auront rencontré

dans le reflet de l’encre,

tu verras combien ils te contemplent

et te connaissent.

Alors, tu te pencheras sur tes épreuves

et tu t’exclameras :

Mais c’est ma vérité !

Qu’importe si les autres la contestent,

elle vibre en moi

comme la joie du vent

qui laisse pour trace

toutes les feuilles qu’il a semées.

Puisque tu ne peux effacer le désordre de certaines choses,

écris chaque jour

afin de suivre leur cours,

afin de décider en toute connaissance de cause

du déroulement de ton aventure personnelle.

Ecris ta vie

parce que rien ni personne

n’a le droit de te la dicter.

 

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Méditations pour un rêve, Poésie

Créavie : J’écris

J’écris

pour accompagner

du murmure

de mon coeur

le cours

des choses

Géraldine Andrée