Publié dans écritothérapie

L’écriture comme prière : Découvrir le miracle de la réponse divine en toi

La divinité de la page

Le sais-tu ? L’écriture est prière !

Tu confies au papier tes peurs, tes peines, tes souhaits. En écrivant, tu demandes à la Vie qui régit l’Univers d’arranger ta vie. La moindre feuille est une Puissance Supérieure à ta portée. Souvent, je lui exprime personnellement ma gratitude :

  • Merci à Toi pour le bleu de l’encre qui, en s’écoulant sur ta blancheur, me rapproche d’un jour de plus de mon séjour à la mer !

Mon rituel pour écrire ressemble à celui que l’on met en place pour une prière : allumer un bâton d’encens ; poser à côté de mon cahier – telle une offrande – un fruit, du chocolat, une part de gâteau ; me pencher sur mon texte en cours comme on se prosterne devant un autel…

Pourquoi le cahier te met-il en posture d’humilité ? Parce c’est lui qui possède tes réponses ! Celles-ci, bien sûr, ne sont pas gagnées ! Il te faut les conquérir ! Affûte d’abord ton ouïe. N’entends-tu pas, au moment de tourner la page du jour précédent pour aborder celle du jour à vivre, le battement frêle de l’aile d’un ange ?  Puis trace la première lettre et avance. On découvre ses propres réponses par la foi, c’est-à-dire en écrivant un mot de plus, en allant un mot plus loin. Comme ta marche éclaire chaque portion de route, c’est en faisant confiance à la ligne – à la ligne présente et pas à la suivante – que celle-ci te guide.

La page est une divinité qui t’écoute et t’accueille dans son silence. Elle te paraît si blanche, si muette que tu la crois indifférente à tes demandes. Et pourtant, il n’est rien de plus présent et de plus compatissant qu’une page vierge car, quelle que soit l’heure, elle est là. Tu peux venir à elle au cœur de la nuit. Son silence te fera entendre les paroles de ton cœur.

Qu’importe, d’ailleurs, son format ! A5, A4, A3… Qu’importe qu’il soit étroit ! Cette marge, les limites de ces bordures ne sont qu’apparence car la page est vaste comme un océan entre ses rivages, une mer entre les terres… Pourquoi ? Parce qu’elle contient l’immensité de ton Être ! Elle condense devant toi la grandeur de l’Univers qui est aussi le tien.

Alors, écris comme tu pries. Prie comme tu écris !

Et tu découvriras le miracle :

la réponse divine en toi
qui te fait signe à la manière d’une étoile familière.

Géraldine

Publié dans Créavie, Méditations pour un rêve

Rendre ton rêve réel

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

La visite

Qui frappe ainsi
à la porte de mon cahier ?
Je m’approche,
regarde

par la petite fenêtre de la couverture.
C’est toi, Maman,
qui reviens comme si de rien n’était
de ton long séjour.

Je t’ouvre et,
aussi légères que ma plume,
nous longeons le corridor
de la marge.

Voilà que tu déverses
sur toute la page,
avec ta générosité
d’autrefois,

des poires rousses,
un gâteau doré sous sa mousse,
des carottes tendres,
et, pour le dîner,

une aile de poulet
dans sa sauce miroitante ;
puis, un étui de cuir
pour mes stylos colorés,

un napperon de dentelle
– île blanche sur la table noire -,
un mouchoir fleuri,
une aiguille pour recoudre les jours.

Tu sors
du profond panier de ma mémoire
tous ces présents
que je dispose avec soin

en haut, en bas,
en gauche, à droite ;
et je m’aperçois que ce rangement
est devenu un poème.

Je te dis dans la chambre
de mon cœur :
– Assieds-toi juste un instant
avant de partir !

Et nous bavardons un peu
sur le coussin bleu
d’un mot.
Aujourd’hui, c’est Espoir.

Je te raccompagne à la fin
de la dernière ligne,
ferme mon cahier
sur la goutte d’encre

ultime,
dans laquelle brille
ton silence
qui me fait encore signe.

Il n’y aura plus jamais
d’absence
puisque tu ne peux
que revenir.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie-thérapie

Si je devais partir précipitamment

Si je devais partir précipitamment
en n’emportant qu’une seule chose
pour ce long voyage
d’où il me serait impossible de revenir,

je mettrais dans ma poche
mon carnet de haïkus
destiné à la récolte
de tous mes regards,

toutes mes intentions,
toutes mes émotions
sur les futurs instants
qui m’attendent.

Géraldine

Publié dans Dialogue avec ma page, Histoire d'écriture

Ces raisons qui font qu’elle écrit

Je ne sais pas pourquoi j’écris.
Je devrais plutôt me demander pour quoi j’écris.

J’écris pour les retrouvailles
avec la lueur de la brindille,
à la fin de l’été…

– Tu écris donc pour si peu et si petit ?

Ricane Niege, la part dénigrante de moi-même.

Aussitôt, Inge, la part rassurante, qui prend systématiquement ma défense, rétorque :

– Je crois que G. écrit pour faire de sa vie un chemin de papier, et du papier un chemin de vie.
G. écrit comme elle prend un sentier – pour le simple plaisir de cheminer.
G. écrit parce qu’elle croit qu’elle n’existe pas dans cette vie et parce qu’elle se dit qu’au moins, ses poèmes existeront à sa place et que si cela se trouve, bien après qu’elle aura quitté ce monde où elle aura été si effacée, elle vivra à travers les mots pour quelqu’un, un inconnu qui sera son prochain sans qu’elle l’ait jamais rencontré.
G. écrit pour autoriser tous ces passages invisibles sur sa page, pour inviter tous ces regards auxquels elle s’adresse et dans lesquels elle ne pourra jamais lire d’approbation – car c’est ainsi, on ne croise pas toujours les hommes qui sont censés nous comprendre.
G. écrit pour poser une lampe à la fenêtre des poèmes. Que ceux-ci éclairent, chacun avec leur lumière, une portion de la rue obscure où le solitaire s’aventure.

Ces raisons te semblent, certes, dérisoires mais sache, Niege, que les mots, tels de petits cailloux, marquent la destination à retrouver quand l’âme s’est perdue bien loin.
C’est pour ces minuscules cailloux que G. écrit.
Ni plus, ni moins.

Géraldine

Publié dans écritothérapie, Dialogue avec ma page, Histoire d'écriture, Le livre de vie

Le sujet d’écriture

Tu me confies
que tu veux mourir
que tu n’en peux plus
des Autres
de Lui
de Toi
que c’est peine
perdue
tu n’accompliras
jamais
ta grande
œuvre
en cette vie

Mais moi
la page
je suis témoin
que tu n’as pas perdu
l’envie
de vivre
J’en veux
pour preuve
le sujet
d’écriture
que tu notes
dans la marge
d’aujourd’hui
pour l’expanser
« en vingt
lignes
au moins »
demain

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie, Dialogue avec ma page, Histoire d'écriture, Je pour Tous, Journal de silence, L'espace de l'écriture, Le cahier de mon âme, Le journal des confins

Si je reviens toujours vers mon cahier

Si je reviens toujours vers mon cahier, c’est parce que je sais qu’un Dieu s’y cache et qu’il attend de rencontrer la force délicate de ma première majuscule, celle qui annonce la vague d’une phrase dont le souffle efface déjà la limite entre le bord et l’infini.

Ce Dieu ne répond à mes questions que par le blanc du silence suivant. Mais je continue à écrire, à confier mes peines, mes interrogations, mes incertitudes au petit tout qu’est la feuille, car c’est cela, la foi, être convaincue que l’absence de Dieu n’est qu’apparente et que la solution poindra, comme une frêle lueur dans la nuit qui s’attarde.

Où est Dieu dans la page ?

En haut, en bas, au centre, à droite, à gauche, entre les lignes où l’encre déborde.
La page est l’embarcadère qui me mène à l’inconnu dont ma lampe est le phare. Et peut-être que Dieu est dans mon regard contemplant cet espace pour y déceler un signe…

On peut m’objecter que tout cela n’est que spéculation. Mais qu’importe ! J’ai appris par l’expérience de l’attention que si la réponse divine ne s’inscrit pas immédiatement, elle me parvient plus tard, comme un message enroulé autour de lui-même dans sa bouteille translucide, lancée depuis l’autre rive par cet autre moi-même qui pense à moi,

message que je défroisse et qui me dit :

N’abandonne pas !

Tu ne me chercherais pas avec ta plume,
si tu ne m’avais pas trouvé
au commencement de ta vie,
dans l’une des premières pages
de ton cahier d’enfance.
Alors, continue à écrire
au large du silence.
J’existe dans le mot prochain,
à hauteur de ta main.

Géraldine Andrée

Publié dans Au fil de ma vie, Histoire d'écriture, Poésie

Les pages séchées

J’aime penser que mes pages sont des draps qui sèchent en se balançant dans la lumière.

Quand la journée de ma vie sera achevée, quelqu’un les détachera du fil, les défroissera, les pliera ensemble et les rangera dans l’armoire de sa mémoire.

Il restera entre elles une fragrance de lavande qu’aura imprimée le temps.

Telle est mon œuvre :

Écrire pour que quelqu’un rentre mes pages, le soir, au cœur de sa chambre.

Géraldine Andrée

Publié dans Atelier d'écriture, Au fil de ma vie, écritothérapie, Histoire d'écriture, L'espace de l'écriture, Le temps de l'écriture, Récit de Vie, Un troublant été

Atelier d’écriture créative 5 : Ce cahier en moi

Il était une fois un cahier, mon premier journal intime, celui de mes quatorze ans.

Je me souviens du moment où je l’ai acheté, par une chaude après-midi d’août, à quelques jours de la rentrée scolaire. J’ai pénétré l’ombre fraîche de la librairie-papeterie qui se situait à l’angle d’une ruelle pavée et qui a disparu aujourd’hui, remplacée par un magasin de smartphones.

J’assimilerai jusqu’à la fin de ma vie le contact du coton entre mes jambes à celui de la première page vierge, douce et satinée sous ma main, une fois le cahier extirpé de son emballage en kraft. Simple coïncidence ou loi de cause à effet ? Lorsque j’ai pris la ferme résolution de commencer un journal, j’avais mes premières règles.

J’ai saisi le cahier sur l’étagère de bois avec le même geste rapide et précis avec lequel j’avais attrapé le chaton sauvage sous les buissons, trois ans auparavant. J’ai adopté mon journal comme un animal qu’il ne fallait pas laisser s’échapper parce que j’étais sûre qu’il me comprendrait.

Je l’ai payé grâce à l’argent de poche que mes parents me donnaient lors de mes brèves escapades. Quand je suis sortie du magasin, éblouie par la lumière estivale, je me suis sentie fière d’avoir enfin quelque chose à moi, pour en faire mon royaume, dans ma chambre de solitude aux rideaux tirés.

Avec sa petite clé dorée, j’ai ouvert sa serrure comme celle d’une porte sur un passage secret.

C’était un cahier à la couverture de tissu fleuri et aux feuilles bordées d’or, un cahier destiné aux interrogations amoureuses d‘une jeune fille en fleur, dédié à n’importe quelle fleur bleue.

Et pourtant, ce n’est pas l’usage que je lui ai attribué. Dans cet espace de tendre rêverie, j’y ai inscrit ma révolte ; j’y ai jeté mes cris d’arrachement et d’injustice. Les mots galopaient en tant que bêtes furieuses. Les lettres se détachaient et franchissaient les lignes, telles des hordes de louves assoiffées et affamées – de compréhension, de reconnaissance par mon entourage indifférent. L’encre coulait comme du sang qui s’épanchait d’une blessure à la fois profonde et invisible.

J’ai terminé mon journal – ce long chapitre d’épreuves de vie de quatre-vingt-seize pages – dans le mot rageur Fin, bien que mes problèmes n’aient pas été résolus, à cette époque où ont, d’ailleurs, débuté mes doutes sur l’efficacité de l’écriture à changer le réel.

Six ans plus tard, à l’occasion d’un cambriolage, j’ai dû remettre de l’ordre dans ma chambre dévastée. J’ai posé la main sur mon journal fleuri qui n’avait pas intéressé les voleurs, évidemment. En le feuilletant, j’ai été ébahie par mon ancienne écriture compulsive, convulsive et qui remplissait le moindre espace de la feuille. Chaque lettre était un spasme, un halètement. Il était clair que je cherchais à respirer. Or, ce ne fut pas cette évidence qui m’apparut de prime abord, mais plutôt le sentiment de honte éprouvé devant une graphie que je qualifiais d’hystérique.

J’ai donc jeté ce journal.

Les années passant, j’ai regretté mon geste. Que se serait-il passé si, surmontant ma honte, je l’avais rangé dans le dernier tiroir pour le retrouver une deuxième fois, dix ans plus tard, à l’occasion d’un déménagement ? Qu’aurais-je alors éprouvé ?

Peut-être de la compassion pour l’adolescente que je fus…
Peut-être de l’intérêt sentimental et intellectuel…
En effet, peut-être serais-je parvenue à surmonter l’obstacle de l’illisibilité de mes textes pour tenter d’éclairer avec mon nouveau Moi la fille qui écrivait…
Peut-être aurais-je pleuré à la lecture de telles lettres adressées par cette adolescente à la femme que j’étais devenue… Chacune aurait été, certes, une autre pour l’autre…
Mais peut-être aurais-je été le témoin de la rencontre de deux sœurs qui, après avoir vécu chacune de leur côté, se seraient donné rendez-vous afin de se partager leurs divers apprentissages, révélations, fulgurances…
Peut-être aurais-je dit à l’écrivaine désespérée de quatorze ans :

– Sors de ce cahier ! Et viens avec moi ! J’ai tant d’autres histoires à te raconter !

Mais peut-être aussi serais-je rentrée dans ce journal, pour m’asseoir face à cette auteure à peine pubère et déjà si tourmentée, et lui répéter patiemment, en souriant :

– Tu sais, ton chagrin passera ! Ta plume l’emportera !

J’aime écrire de temps en temps des scénarios sur mes retrouvailles fantasmées avec le cahier disparu.

Aujourd’hui, ce qui me manque le plus, c’est – je crois – la possibilité de me réconcilier avec cette énergie indomptable de l’écriture, cette force rebelle et transgressive qui consistait à franchir toutes les limites spatiales et graphiques, cette main mue par une colère électrique dès qu’elle prenait le stylo pour crier, cette trace de patte de chaton sauvage sur la feuille délicate.

Aujourd’hui, je traverse chaque jour de ma vie avec ce cahier inscrit en moi.
Je peux même vous dire que je baptise chaque nouveau cahier avec son nom :

Mon Journal.

Et vous ? Avez-vous souvenance d’un cahier, d’une toile, d’une sculpture, d’une composition que vous regrettez d’avoir jeté ? Quelles sensations, émotions éprouvez-vous ? Quelles réminiscences vous habitent ? Comment cette perte vous incite-t-elle à créer davantage aujourd’hui ?

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie-thérapie

Je crois en la Poésie

Je crois en la Poésie
parce que personne ne croit en Elle
et que malgré tous les yeux clos
elle est ce point qui brille
comme une neuvaine
dans la nuit

Géraldine