Publié dans Créavie, Grapho-thérapie

Je barre
Je rature
J’entoure
J’ajoute
Je juxtapose

Je raccommode
mes fragments
Je métamorphose
qui je suis
à chaque instant

Puis je fais du texte
un corps
en joyeux
mouvement
qui me fait aller de l’avant

Dans l’écriture
chaque mot
est pour moi
un point
de suture

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif, Le journal des confins

L’oiseau bleu

Le moment que je préfère, pendant ce confinement, est lorsque je retrouve mon ami tout en blanc : mon journal intime.

L’heure de notre rendez-vous n’est pas 14 h ou 15 h, mais l’instant où le soleil touche ma main. Je sais alors qu’il est temps d’écrire.

Je suis surprise par le style qui me vient désormais, cet autre Moi-Même, et je sais que ce style est le vrai – le mien, même si, jusqu’à maintenant, je le méconnaissais.

Mon cahier est un regard qui me révèle mes craintes et mes espoirs. Il me montre les sombres recoins du passé qu’il me faut éclairer pour pouvoir recevoir tous les lumineux présents de cette journée. Le mouvement de mon stylo me mène vers mes blessures anciennes que je dois toucher si je veux guérir, c’est-à-dire continuer à écrire.

Je commence à raconter mes souvenirs d’enfance, ma vérité dont je ne me soucie plus de savoir si elle est la Vérité car je sais que chacun pose son regard sur le monde et qu’il y a, par conséquent, de multiples vérités. Aussi, j’honore la vérité qui m’appartient.

Mon ami tout en blanc me permet de renouer avec mes émotions, mes sensations, mes sentiments. Il nomme sans aucune censure douleur le souvenir du noisetier perdu et joie le vieux livre retrouvé. Dans la trace de ma voix importent les pointillés, ces silences qui ont tant de choses à me dire ! Pourquoi donc ai-je de la peine à écrire ce prénom ? Pourquoi la ville de ma naissance ne porte-t-elle qu’une initiale au détour d’un paragraphe ? Parfois, en seul point, je congédie l’amant qui m’a fait mal.

Mon ami est étonnant car il m’invite à dessiner au moment où je ne m’y attends pas. Et sa paume bienveillante qu’est la page accueille sans jugement un motif un peu maladroit. Dessiner… Peindre… Cela a toujours été mon désir mais, depuis cette classe de 4ème où l’enseignante m’avait dit que j’avais le coup de crayon d’une gamine de cinq ans, je m’étais interdit, par honte, d’explorer toutes les couleurs et tous les traits possibles. J’ai appris ensuite que l’art naïf avait le droit d’exister.

Aujourd’hui, je renoue avec l’enfance !

Hier, par la fenêtre d’un mot a surgi un oiseau bleu pour illustrer un poème de Sabine Sicaud, cette jeune poétesse de quinze ans morte prématurément et qui a écrit dans l’un de ses recueils disparu de toutes les librairies les vers suivants :

« Si quelque oiseau bleu me fait signe, rien, sachez-le, ne me retient. » 1

Et tant pis si les ailes ne sont pas égales ! C’est cet oiseau qui m’est envoyé, celui-là qui vient à moi, et qui se pose innocemment sur l’une des feuilles. Je m’autorise à songer que, peut-être, est-ce le souffle en allé de Sabine qui me fait signe…

Au coeur de ce confinement, mes rêves ont enfin de l’espace !

Je sème sur ce nouvel ami que m’a présenté mon ami le cahier des confettis, des paillettes, des coeurs, des mots-mantras.

J’ai l’audace de mes cinq ans que je fête.

Entre mes mots, brillent des lueurs qui ne s’éteignent pas.

Géraldine Andrée

1 Les Carnets de Sabine Sicaud in A.-M Gossez, Sabine Sicaud, 1913-1928, Bulletin mensuel de la Poésie en France et à l’Etranger, n°12, 25 mars 1938

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Voyage

Qu’importe
que je sois seule
dans cette chambre
close

J’écris
J’avance
un mot
après l’autre

en emportant
le murmure
de chaque feuille
avec moi

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Poésie

Sans titre

J’écris
pour trouver
le mot
qui contient
toute
la Vie

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Créavie, Grapho-thérapie, Le journal des confins

Métamorphose

Comment métamorphoser une feuille administrative
toute triste ?
Faire en sorte qu’une limite
devienne l’infini ?

Et voici que sur l’attestation dérogatoire
périmée
vogue
l’aile d’un voilier

comme sur la mer de Majorque
lorsque
je poussais la petite porte
du rivage

dans la tiédeur
d’or
du soir
Avec

quelques
couleurs
je vole
j’explore

d’autres
passages
Je suis
AILLEURS

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Géraldine Andrée

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Le pouvoir de la visualisation

Bonjour à toutes et tous,

Elisabet Kübler-Ross disait que l’on n’avait pas besoin d’aller en Inde pour méditer ; que l’on pouvait méditer dans son jardin ou sa salle de bain.

En ces temps d’intériorité, on n’a nul besoin de billet d’avion pour aller loin.

Il suffit de renouer avec ce pouvoir qui se cache en nous, la visualisation, pour créer un monde plus beau, plus harmonieux, où la paix précède notre naissance.

Ma chambre à moi est toute petite.

Mais si je ferme les yeux, je suis un sentier qui batifole parmi les feuilles de palmiers et d’eucalyptus et qui descend à pic vers la mer ouverte comme une grande main sur le coeur du monde.

Qu’importe que nos chambres soient petites.

Nous avons l’infini en nous.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Je pour Tous, Le journal des confins

Le journal des confins

A l’heure où l’on doit rester chez soi, c’est le moment, je crois, de tenir un journal des confins qui nous mènera, de ligne en ligne, aux confins de soi.

Certes, nous sommes enfermés désormais dans une sorte de routine. Et pourtant, le journal des confins nous ouvre à tous les temps possibles, celui des rêves, des désirs, des projets ; le temps en suspens du repos aussi.

Nous vivons dans un espace limité. Mais la page du journal, malgré son cadre, nous révèle un vaste espace, jusque là insoupçonné. L’heure a sonné. Nous pouvons vagabonder parmi nos souvenirs et nos visualisations futures, aller très loin jusqu’à ce point de nous-même que nous ne connaissons pas.

Il nous est impossible de voyager ? Pourtant, le journal des confins fera apparaître le tracé d’un chemin dont la destination – j’ai envie d’écrire destinée – est le pays de l’être.

Tout cela est très théorique, me direz-vous. Mais qu’en est-il de la pratique ?

S’il n’y avait pas eu le confinement, je vous aurais conseillé d’aller acheter un beau cahier. Commencer un journal est toujours une fête célébrant l’odeur de la page neuve et son éclat blanc. C’est une sorte de noce entre vous et vous-même.

Dans les circonstances actuelles, vous pouvez prendre un cahier que vous n’avez pas terminé, lui redonner vie par quelques coloris ou votre encre d’aujourd’hui.

Voilà ! Vous y êtes !

J’ai souvent pensé que l’écriture était une thérapie.

Le journal des confins ne sera pas toujours confortable. Il vous emmènera parfois là où vous ne voulez pas vous rendre.

Vous vous ennuyez ? Les mots qui décriront votre ennui accentueront le vide, le silence de la ville, ce jour où il n’y a rien à faire, appelé « vacance ». Mais peu à peu, dans cette vacance, vous deviendrez sensible à la tache de soleil sur votre poignet, à la cloche de l’église qui tinte tout de même, à la première goutte de pluie qui luit sur la rambarde de votre fenêtre. Vous serez arrivé à point nommé dans votre instant.

Vous ne supportez plus votre famille ? Vous la trouvez trop envahissante ? Le journal des confins sera votre univers. En vous y réfugiant, vous pourrez faire remonter à la mémoire les vieux litiges que vous entretenez encore avec cette famille et que vous avez refoulés profondément en vous, les limites abusivement franchies. Les phrases inscrites sur votre cahier vous montreront la voie pour résoudre ces conflits ou prendre votre indépendance émotionnelle.

Vous vous disputez avec votre conjoint ? Le journal des confins mettra à jour les blessures d’enfance qui se rouvrent dans cette relation, les scénarios qui s’y rejouent inconsciemment. Il sera le miroir de toute la vérité de cette histoire amoureuse. Faudra-t-il la continuer ou au contraire la rompre, si vous ne vous sentez pas respecté(e) ?

Vous avez vraiment du mal à cohabiter avec vous-même ? Le journal des confins vous invitera à identifier ce que vous n’aimez pas en vous ; il éclairera les parties à fortifier, à réparer, à dorloter, et ceci, dans le but de vous accepter totalement vous-même, d’occuper toute la place du pays de votre Être.

C’est ainsi que vous vous habiterez, indépendamment des réactions des autres et des fluctuations des circonstances extérieures.

Remplissez, avec quelques gouttes d’encre, tout le présent de votre présence.

Personnellement, j’ai donné naissance à ce journal, hier.

Les confins ne sont jamais très loin…

Je vous souhaite un beau commencement tout en haut de la page blanche !

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie

Je ne sais pas comment sera Demain

Je ne sais pas comment sera Demain
Alors j’écris
Je trace avec ma main
Mon chemin
Ma ligne de Vie

Géraldine Andrée

Publié dans Cahier du matin, Créavie, Journal d'instants, Le cahier de mon âme, Poésie

L’hôte

Mon cahier neuf,
tu es le silence qui m’accueille
dans son berceau de feuilles.

Géraldine Andrée

Publié dans Bullet journal, Créavie, Grapho-thérapie, Journal d'instants

L’écriture de la gratitude

En ces temps difficiles, je souhaite vous communiquer les bienfaits d’une activité qui développe la sérénité, la foi et la confiance inébranlable en l’Univers :

L’écriture de la gratitude.

Je me souviens du témoignage à la télévision, il y a quelques années, d’une jeune femme peintre, rescapée d’un accident de voiture. Cette jeune femme menait une vie qui ne lui convenait pas – un travail où elle gagnait beaucoup d’argent, mais qui l’épuisait, une relation amoureuse difficile. Un après-midi où elle rentrait d’une réunion professionnelle houleuse, un accident de voiture lui brisa les deux jambes qui durent être amputées. Condamnée au fauteuil roulant et envahie par la dépression, cette jeune femme entreprit une thérapie à l’hôpital. Et la thérapeute lui demanda de noter entre les séances, dans un petit carnet, toutes les choses sur lesquelles elle pouvait compter :

« J’ai deux yeux pour voir. C’est déjà ça.
Je peux saisir une tasse. C’est déjà ça.
J’ai des idées pour peindre. C’est déjà ça.
J’ai pu sortir aujourd’hui… Je fais des progrès
. »

Au fil de ces listes de choses pour lesquelles sa gratitude s’exprimait, la jeune femme reprit confiance en la Vie. Et cet accident lui révéla son cadeau caché : un changement complet de direction qui l’amena à devenir peintre professionnelle.

L’être humain est ainsi fait : il se complaît souvent dans un état d’impuissance qui l’empêche de progresser. Il s’accroche aux drames, aux peurs, aux phobies individuelles ou collectives. Si le statut de victime doit être indéniablement reconnu, il importe néanmoins d’en sortir pour explorer – comme le dit Boris Cyrulnik – sa résilience.

Et le carnet de gratitude est un excellent outil thérapeutique pour cela. Nul besoin d’y noter des choses compliquées, des sensations extraordinaires, des événements exceptionnels. La source de l’inspiration est le quotidien. Il suffit simplement d’écrire :

Merci.

pour l’eau chaude de ma douche,
l’essence de ma voiture qui me permet de rouler loin,
mon stock d’oranges,
la visite de mon amie Jessica,
la présence de mes enfants…

L’écriture de la gratitude n’est pas un exercice de style, même si elle peut donner lieu plus tard à la publication d’une oeuvre sous forme de Journal comme Le Sel de la vie de Françoise Héritier. 1
Ce n’est, cependant, pas sa fonction première. C’est avant tout une activité qui vous relie à vous-même et qui vous permet de déployer votre confiance en l’existence, et donc en vos propres forces :

« Si la Vie, tellement généreuse, me donne déjà tout ça, il n’y a aucune raison qu’elle soit avare envers moi à l’avenir.« 

Nul besoin d’être bien pour écrire sa gratitude. En fait, l’écriture de grâces est un excellent remède quand vous avez peur, que vous êtes triste, démuni.

En entraînant l’esprit à exercer sa créativité pour nommer les choses envers lesquelles la reconnaissance s’exprime, ce type d’écriture a permis à des femmes – des études le montrent – de surmonter l’épreuve du cancer du sein.
Je vous invite pour cela à découvrir le livre canadien Pétales de vie : 12 stratégies à votre portée pour surmonter les épreuves. 2

Vous pouvez adresser votre gratitude à une puissance supérieure, à Dieu si vous y croyez, au cosmos, à une étoile précise, mais aussi à vos proches et surtout à vous-même car, en étant attentif à ce que vous recevez, vous êtes la source du déversement de votre abondance.

Vous pouvez intituler votre journal Carnet de bienfaits, Cahier de Positivité, Carnet de mille mercis

Allez dans une librairie-papeterie et prenez le temps de choisir votre carnet. Vous aurez beaucoup de choix entre le carnet tout simple à décorer soi-même et le carnet artistique, déjà orné de motifs ; le bullet-journal vierge et le bullet-journal préalablement organisé. D’autres supports s’offrent à vous : une page Facebook, un agenda, un blog. La gratitude s’exprime aussi merveilleusement bien dans un carnet de dessins, un album de photos, par la méthode du scrapbooking.

J’ai souvenance d’un carnet de gratitude qui m’a aidée à surmonter le deuil de mon père. Il s’organisait en jours, en mois, en saisons et, au printemps, j’ai découvert que mon regard changeait, mes pages se remplissaient plus facilement. Rien que la lumière d’une matinée ne me laissait plus indifférente…

L’essentiel est de vous exprimer librement et, pour compléter votre créativité, il est possible de lire 3 kifs par jour 3 ou Quatre plaisirs par jour au minimum ! 4

Nous ne pouvons contrôler les événements. Nous pouvons, en revanche, contrôler nos pensées, nos émotions, la manière avec laquelle nous nous sentons car nous sommes responsables de notre instant présent.

Je vous souhaite une belle écriture de votre gratitude !

Géraldine Andrée

1 Françoise Héritier, Le Sel de la vie de Françoise Héritier, éditions Odile Jacob, 2012

1 Anick Lapratte et Sylvie Ouellet, Pétales de vie : 12 stratégies à votre portée pour surmonter les épreuves, éditions Le Dauphin blanc, 2010

3 Florence Servan-Schreiber, 3 Kifs par jour, éditions Marabout, 2011

4 Evelyne Bissone Jeufroy, Quatre plaisirs par jour au minimum ! Les bienfaits du plaisir sur le corps et l’esprit, éditions Payot, 2009