Publié dans Créavie, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Récit de Vie

Le présent d’une biographie

Quel plus beau présent que l’œuvre d’une vie ?
Publié dans Dialogue avec ma page, Journal de ma résilience, Le cahier Blueday

Tu attends l’appel de l’amant

Tu attends l’appel de l’amant. Tu te l’avoues : il ne t’appellera plus, ce soir. Et tu as envie de disparaître dans ce profond silence qui te noie.
Reste, reste dans l’instant présent, à fleur de ce monde qui bruit. Passe de ta chambre à ton bureau d’où tu entends la circulation des voitures, assez dense à l’approche de la nuit. Allume la lampe et l’ordinateur. Ou alors, enroule une feuille dans ta machine Remington. Éteins le téléphone, assieds-toi et commence un nouveau chapitre sur ce roman d’amour qu’en fréquentant l’amant, tu as délaissé depuis des mois.

Géraldine Andrée

Photo de Melike Benli
Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Le cahier Blueday

Sans titre

-Nul besoin d’acheter une formation exorbitante en développement personnel…

-Mais je ne sais rien ! Absolument rien ! Comment aurai-je accès à la Vérité ?

-Prends un stylo Bic ou un crayon de papier
et une page de cahier, sans ligne, de préférence.
Tu verras que cette simple page blanche
aura beaucoup à t’apprendre
sur ta vérité.

Géraldine Andrée

Photo de Eva Elijas

Publié dans Bullet journal, C'est la Vie !, Créavie, Le cahier Blueday, Le temps de l'écriture

Écris

Écris sur

  • la fourmi qui se promène sur ta page
  • la rivière aux étincelles toujours neuves
  • le rouge de la robe d’Alice entre les lys
  • les paroles des herbes folles
  • les lueurs d’une guirlande dans la nuit
  • les miettes après la fête
  • la fenêtre noire comme l’encre à dix-sept heures trente
  • les cymbales de la pluie
  • ton souvenir devenu jardin qui t’ouvre grand ses grilles
  • la bouteille de parfum dont le reflet te montre tous les jours écoulés
  • un rire d’enfant qui trotte dans ta tête
  • la braise d’un mégot tremblant dans le cendrier
  • la moiteur d’un soir en Louisiane
  • tes pleurs sous les étoiles
  • la brume qui se lève du lac avant de se fondre dans l’aube
  • le café à moitié bu de l’amant qui vient de partir
  • la moue que faisait feu ton père quand il était contrarié
  • la rencontre de deux planètes dans ton rêve
  • ce quelque chose ou ce quelqu’un qui attend de te connaître – et tu meurs de curiosité
  • sur le murmure de ton sang pendant que

tu écris

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Journal de la lumière, Le temps de l'écriture, Méditations pour un rêve, Poésie, Poésie-thérapie, Récit de Vie

L’océan de l’écriture

Je me plonge dans l’écriture comme dans la mer. Je me laisse porter par son mouvement et bercer par son souffle qui contient toute une myriade de gouttes constellant l’azur blanc. Je me détache du rivage. J’ai franchi ainsi la marge du monde qui me sépare de l’infini.

Bien sûr, je sais que je reviendrai de cette paisible nage. Et lorsque je m’en retournerai vers le sable avec la même légèreté que celle qui dépose la conscience sur le papier, je suivrai du regard les phrases que les vagues ont tracées – syntaxe éphémère, vite effacée dans la lumière.

Et je serai fière de m’être avancée jusqu’aux plus lointaines lisières de moi-même, fière d’avoir été cette mer inscrivant son voyage dans ma mémoire.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Journal de ma résilience, Le livre de vie, Le temps de l'écriture

Rendez-vous

Elle a rendez-vous avec Elle, ce soir, sous la lampe, à côté
d’une bonne tasse de thé.
Elle a rendez-vous avec Celle qui vient de très loin, depuis l’enfance,
et qui a voyagé sur longues lignes noires
pour être là, dans cette chambre.
Dès qu’elle La rencontre, c’est comme au temps jadis,
quand les feuilles servaient de refuge secret,
mais cette fois-ci, l’intimité est devenue autre : c’est elle qui, avec la clé, se tient sur le seuil pour recueillir Ses confidences.
Elle sourit au récit de Ses histoires qui semblaient si importantes – jusqu’à aujourd’hui.
Elle pleure devant Ses peines. De temps en temps, elle s’exclame : Pauvre petite !
Puis, en séchant une larme qu’elle sent poindre à travers un mot, elle Lui dit : Voyons ! Ce n’est pas si grave ! Tu vois, la Vie continue ! On vieillit !
Elle Lui donnerait bien des conseils mais le temps a fait son œuvre : Elle a déjà beaucoup appris. Seule l’expérience aide à comprendre…
Elle est contente d’être face à son Alter Ego qui lui montre qu’elle a changé, sans abandonner sa vérité.
Elle est ravie, vraiment, de retrouver Celle qu’Elle était.
Alors, elle ferme son journal de jeunesse et dans le silence qui l’envahit, elle se sent accompagnée.

Géraldine Andrée

Photo de Polina Kovaleva


Publié dans C'est ma vie !, histoire, Journal de ma résilience, Récit de Vie, Toute petite je

Des cornichons au chocolat

Je relis le livre de Stéphanie, Des cornichons au chocolat, alors que j’écris mon récit d’adolescence.
J’ai adoré cette histoire lorsque j’avais le même âge que Stéphanie, quatorze ans. J’en ai fait non seulement mon livre de chevet, mais aussi mon compagnon de route pendant plus d’un an. Je me suis reconnue dans les peines et les rêves, les désillusions et les espoirs de la narratrice. Je me suis retrouvée dans son sentiment d’être incomprise et j’ai partagé sa solitude. Je me réveillais et je m’endormais avec la photo de son visage sur la première de couverture. Je m’en suis fait une amie qui m’a donné l’envie de tenir mon propre journal intime. J’aurais voulu écrire comme elle.

Puis j’ai grandi. Je me suis mise à vivre et plus tard, j’ai appris dans certains débats de la presse littéraire que Stéphanie n’avait jamais existé et que c’était un homme qui revendiquait la paternité de cette héroïne de papier. Je me suis sentie alors profondément trahie dans mon âme d’adolescente qui demeurait enfouie quelque part en moi. Ainsi, toute la profondeur de cette histoire n’était qu’une intrigue inventée. La recette des cornichons sur lesquels Stéphanie saupoudrait du chocolat pour croquer « le goût amer de la vie », comme elle disait, n’avait été pas été expérimentée. Je croyais encore naïvement qu’un journal intime pouvait n’être que sincère, authentique et jamais je n’aurais pu soupçonner que ce genre littéraire pouvait servir la fiction. Blessée, trompée, j’ai abandonné mon journal intime.

Et je retrouve aujourd’hui Stéphanie qui, si elle avait existé et donc grandi, aurait le même âge que moi. Avec le temps, j’ai pardonné cette trahison littéraire. Maintenant que je connais bien Philippe Labro – l’auteur des Cornichons au chocolat – pour avoir lu quasiment toutes ses œuvres, je reprends contact avec les thèmes qui lui sont chers et qu’il avait déjà développés dans ce livre : l’altérité, le sentiment d’étrangeté, le don de percevoir l’invisible, de dire l’indicible, l’interrogation d’une présence divine. Ce roman fait partie de la trilogie, Manuella et Franz et Clara. Mon sentiment de déception, depuis tout ce temps, est passé et – je dois bien l’avouer -, je suis contente qu’un homme ait pu comprendre à ce point les états d’âme d’une adolescente en attente de l’apparition de sa féminité. Je lui suis reconnaissante d’avoir littérairement éprouvé cette empathie pour tant de jeunes filles. Aussi, je relis avec plaisir ce roman qui me prouve que la sincérité peut exister dans la fiction.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de la lumière, Le journal des confins, Poésie-thérapie, Récit de Vie, Un troublant été

Quand je l’ai oublié

Je me souviens quand je l’ai oublié.
Je ne saurais, bien sûr, vous dire la date ou l’heure.
Mais je sais que c’était en juillet deux-mille-un.

Nous nous étions disputés, le matin :
c’était une dispute si violente,
qu’elle laissât mon âme épuisée, sans dignité, criblée de silences.

Dans une sorte de perte de conscience
qui fait de chaque acte un réflexe,
je me suis dirigée vers la mer.

Je ne prêtais pas attention
au soleil qui dansait dans le bleu.
Un voile était tombé devant mes yeux

qui, emplis de larmes, de grains de sable et de sel
me brûlaient jusqu’aux tréfonds
de mon être.

Je voyais seulement
le lointain infini
et je voulais m’y confondre, m’y noyer, disparaître

dans sa couleur sans limite
pour l’oublier, lui – croyais-je -,
ainsi bercée jusqu’à la nuit.

Mais, en m’approchant davantage
du rivage
– j’avais retiré mes sandales

par simple réminiscence
des vacances de mon enfance
au bord de l’Atlantique -,

une petite vague
ourlée de dentelle
que piquetaient des étincelles

vint à ma rencontre.
Ce n’était point un rendez-vous,
mais le mouvement naturel

de l’eau qui se mêle
à la lumière
et qui, dans sa beauté, vous appelle.

Alors, je me suis avancée vers elle.
La vague – ou une sœur qui lui ressemble –
est montée jusqu’à mes jambes,

puis elle a étreint ma taille, mes épaules.
Il m’a semblé que j’étais entourée
d’une écharpe douce et fraîche.

Ma robe de flanelle
que je n’avais pas ôtée
flottait autour de moi, telle une corolle.

En initiant une grande brasse,
j’ai cru serrer contre mon cœur
toute l’immensité

et – vous l’avouerais-je ?-
c’est alors que la mer
m’a ouvert ses bras

et que je l’ai oublié.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, Créavie, Le livre de vie, Parlez ! Je vous écoute !, Récit de Vie

L’autobiographie thérapeutique

Géraldine Andrée

Publié dans Ecrire pour autrui, histoire, Le cahier de la vie, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Récit de Vie

L’art du détail dans la biographie