Publié dans C'est la Vie !, Mon aïeul, mon ami., Un cahier blanc pour mon deuil

Tu me regardes

Tu me regardes toujours sur la photo,
que je me décale à gauche ou à droite,
que je reste assise ou que je me lève,
que je m’approche ou que je m’éloigne,
que je rêve ou que je sois consciente des épreuves de mes veilles,
tu me regardes.

Et même lorsque je me tourne vers la fenêtre
pour écrire sans te voir,
pour ne faire confiance qu’à ma mémoire,
tu me regardes à travers ces mots
qui brillent dans leur encre noire.

La page est ce cadre
où m’apparaît
à chaque reflet du jour
ton visage.
Je n’ai alors

plus le droit
de te juger sans égard
car il me semble
que je vois les choses
qui nous entourent

avec ton regard.

Géraldine Andrée

Dans le cadre de la page, ton invisible regard.
Publié dans Actualité, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Cahier du matin, Le cahier de mon âme, musique

Pour cette nouvelle année,

Je franchis le pont qui sépare 2018 de 2019 en me laissant porter par le souffle de ce qui vient à moi, dans l’éclat d’un seul instant… Il est une respiration qui descend des étoiles. Elle seule m’importe.

Pour cette nouvelle année,

je fais moins de projets,

sinon celui, vaste, de me laisser porter par le temps qui passe.

Mon défi : ne pas m’emprisonner dans trop d’objectifs, qui, non tenus, font naître la culpabilité.

Ne pas m’efforcer de rentrer dans des cases toutes faites. Ne pas oublier aussi qu’on peut se maltraiter dans le développement personnel.

Je veux me laisser guider par mes envies, mes désirs, mes besoins – ma vérité, vraie pour moi et incomparable à nulle autre.

Choisir ce que je veux éprouver, expérimenter. Donner la priorité à mon âme.

Ecouter davantage mon corps, mon intuition.

Ecrire des textes selon mon coeur.

Continuer mon journal bien sûr.

Lire régulièrement des livres de littérature moderne. Relire les livres et revoir les films que j’adore depuis ma jeunesse.

Placer mon énergie dans ce qui me fait vibrer, dans ce qui me donne du plaisir.

Couper tout lien avec les gens toxiques, négatifs, méchants – en un mot, obscurs.

Ne pas me laisser tirer vers le bas.

M’enraciner pour mieux grandir vers le ciel.

Hiberner si cela m’est nécessaire.

Et au printemps, sortir, me promener, me recueillir dans la nature.

Remonter la pente du Crève-Coeur comme quand j’étais enfant, à pied, sans ma bicyclette rouge – car les temps ont changé – et admirer depuis le lavoir ma ville natale.

Ramasser des feuilles, des fleurs et les glisser entre les pages de mon carnet de notes.

Ecrire les textes que j’aime. Partir en vacances – Canaries, Réunion… -. Les étoiles, en effet, me demandent de faire ce grand voyage.

Me rassasier d’eau, de lumière, de vent.

Mon père est parti pour cette vie. Ce qui n’a pas été dit ne le sera plus jamais. Ce qui a été gagné l’est à jamais – j’ai su, par exemple, dans ces derniers jours, à l’occasion d’une promenade dans le jardin, qu’il savait dater l’âge d’un arbre.

Mon père a franchi la frontière mais je peux le faire revenir par l’écriture.

Le fil de l’encre inverse le cours du temps et me ramène mon père.

Ses pas sont devenus des mots.

Il faudra que j’écrive sur le voile de silence qui recouvrit mon visage quand j’appris sa disparition.

Aujourd’hui, le voile s’est levé. Je vais continuer à écrire sur lui, sur moi parallèlement au fait que je poursuive ma vie.

La preuve de cette vie : publier un recueil de poèmes qui lui seront dédiés – cette année ou plus tard. C’est mon seul projet qui prendra bien tout son temps car rien ne presse face à l’éternité.

Je souhaite une belle année à toutes celles et tous ceux qui passeront par hasard ici

et je vous dédie pour bien la commencer cette chanson intimiste de Sting

Shape of my heart

Géraldine Andrée


https://www.youtube.com/watch?v=ZuI61cTNbAk&fbclid=IwAR370d5kNDypQCQgJCHwWbPToY-1qvBQTdE4UWZ5adB6JJoIUr07cQa5vd4

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Créavie : En écrivant…

Ouvrir la fenêtre : que la lumière du jour se pose sur les feuilles de sa saison de vie.

Fermer la porte : que les enfants se disputent pour une broutille ; que le conjoint s’ennuie ; qu’importe. Laisser chacun aujourd’hui découvrir son chemin, même s’il est désagréable.

Ne pas répondre au téléphone : la sonnerie a beau s’entêter ; dans un proche instant, elle se confondra avec la note du silence.

Suivre la volute de fumée qui danse au-dessus du thé.

Passer la main sur la douce encolure du chat…

Mais, quelle est cette lueur rose, soudain ?

C’est un pétale échappé du jardin d’enfance qui ouvre sa porte…

Tenter alors de l’attraper dans le ciel de printemps de la page

en écrivant,

en écrivant…

Géraldine Andrée

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Sculptrice d’encre

En regardant

les grandes

cartouches

d’encre

où tremble

le reflet

de la lampe

du soir,

elle songe

aux mots

qui naîtront

de ce noir

épais

et informe

comme

la nuit.

Elle rêve

à la silencieuse

parole

qu’elle sculptera.

Pendant

toute

son enfance,

on lui a dit

qu’elle était

incapable.

Maintenant,

elle sait

qu’elle s’apprête

à accomplir

une chose

capitale :

rendre

corps

à tout ce qu’on efface,

tout ce qu’on fait disparaître ;

donner

une expression

à l’inaudible

respiration.

Géraldine Andrée

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Créavie : L’extérieur et l’intérieur

Tout ce que nous cherchons à l’extérieur, nous l’avons à l’intérieur.

Tout ce que nous cherchons

dans les autres – l’approbation, le soutien, l’amour, la compassion -,

dans les lieux – les bars, les pistes de dancings, les vacances tout inclus, les plages paradisiaques-,

dans les expériences – les étreintes des nuits, les tours de manège, les feux d’artifices, les voyages à l’autre bout du monde -,

nous l’avons en nous.

Nous avons depuis toujours nos fenêtres avec vue sur ciels étoilés, nos jardins d’enfance, nos jours de printemps, nos plus belles musiques.

Mieux que cela encore : nous avons les feux de la grâce, le fil de notre souffle qui réunit tous les instants dispersés au cours du temps, la conscience de nos pas, les lueurs de notre volonté, les éclats de notre foi.

Et mieux encore : nous avons notre vérité inconditionnelle, indépendante de celle d’autrui.

L’oiseau sait, de manière innée, avec son seul bec et quelques branchages, comment tresser son nid.

Nous savons comme lui nous créer notre demeure depuis notre naissance.

Et, si pour d’irrationnelles raisons sociales, nous l’avons oublié,

il nous est très simple de le réapprendre.

Il suffit, dans l’espace de deux battements de coeur, de retourner à Soi.

 

Géraldine Andrée

Méditations pour un rêve

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Les pommes vertes

Une fin d’après-midi d’été, alors que j’avais à peine dix ans, je me suis offert un dîner de pommes du jardin.

Elles étaient encore vertes mais certaines déjà étaient percées de petits trous roux.

J’en ai mangé beaucoup.

Je me suis délectée de leur acidité.

J’admirais la trace courbée de mes dents

autour de leur peau avant de les mordre profondément.

J’aimais entendre leur crépitement sur ma langue.

J’aimais mesurer l’entaille de mon avidité

qui s’élargissait lentement.

J’ai même avalé tous les pépins.

Je ne sais combien de temps je suis restée ainsi à genoux

à m’écouter croquer des pommes précoces en regardant le ciel.

Je me souviens en revanche

des coliques violentes qui ont tenaillé mon ventre

le lendemain

et qui m’ont fait regretter

de ne pouvoir profiter des chemins encore clairs du mois d’août.

Je ne pensais pas que le jardin si généreux

pouvait me rendre tellement malade.

 

Je gardai les yeux clos tant que dura le jour.

Et ce fut tout.

 

Voilà.

C’est par une indigestion de pommes vertes

que j’ai appris à devenir sage

avant que d’être grande.

 

Géraldine Andrée