L’encre transparaît
sur la page retournée
Écrire toujours
au-delà
Géraldine
L’encre transparaît
sur la page retournée
Écrire toujours
au-delà
Géraldine
Écrire sur l’épaule de l’ami
dans le sable à fleur d’écume
dans la terre d’automne
dans le limon que la rivière charrie
sur la toile d’araignée étoilée de rosée
au cœur de la mousse qui recouvre les racines
au milieu des cendres de l’encens consumé il y a un instant
entre les plis du drap que la main du plaisir a froissé
dans la neige que balaie le vent
dans la poussière du chemin après la course des enfants
sur les feuilles qu’un souffle disperse aussitôt
sur ce halo de buée au centre du carreau
dans l’argile que pétrissent ensuite les doigts rapides de l’artiste
Écrire pour être le témoin de son propre effacement
Écrire pour dire la disparition de cette trace
puisque personne ne s’en souviendra
Éprouver ce qui se murmure
dans le cœur des moines tibétains
qui éparpillent au loin
d’une simple foulée
leurs mandalas
qu’ils ont constellés
heure
après heure
de coquillages
de perles
de pétales
et de couleurs
Écrire pour redonner
tout le silence
à l’univers
tout l’univers
au silence
qui a toujours été là
bien avant
le mouvement
de nos lèvres
Géraldine
Il n’y a pas longtemps, une amie, passionnée d’écriture comme moi, à laquelle je raconte que j’ai conservé la vieille machine à écrire de mon adolescence, me suggère :
– Essaie de réécrire avec !
Résignée, j’objecte :
– Mais le ruban est sec !
– Essaie ! On ne sait jamais ! Fais défiler le ruban en tapant comme avant… Si cela se trouve, il y a peut-être quelque part une zone d’encre encore active qui te permettra d’imprimer quelques mots, quelques phrases…
Faire défiler le ruban… Remonter le temps, quand il était neuf… Retrouver mon écriture fertile… Et me voici partie en quête du cœur de l’encre vive…
J’enroule une feuille de papier blanc. Le rouleau noir grince et le papier crisse lorsque tous les deux se rencontrent, comme au cœur de mon adolescence. Au moment où je glisse la feuille dans la machine, il me semble que le temps ne s’est pas écoulé et qu’il a gardé pour moi son encre ancienne. J’approche ma chaise et je retrouve la même posture qu’il y a trente ans, penchée de curiosité sur ce qui s’apprête à apparaître, l’index appuyant sur chaque touche, lentement… Je n’ai rien oublié de ma pose. J’ai conservé intacte la même envie d’écriture qu’imprime chaque mouvement dans ma main – une pulsion, une pulsation, une force instinctive… Et, lorsque j’actionne les touches qui se lèvent et frappent le papier dans un claquement strident, mon cœur bat plus vite.
Qu’est-ce que le temps, sinon un ruban que l’on peut faire défiler dans une attentive et lente rétrospective ? Il me semble que je tape au rythme de mon sang, que j’entre dans cette artère de lumière qu’est la page pour retrouver la source de l’Écriture elle-même, celle à partir de laquelle mon envie d’exister a commencé. À cet instant, je ne suis poussée que par un seul désir : celui de ranimer le cœur de l’encre, de refaire circuler le sang de l’écriture. Tout mon corps me fait signe qu’il est en accord avec le pouvoir de mon intention. Un pied devant l’autre comme si je me mettais en route. Ma main gauche mobilise la touche Espace, tandis que ma main droite actionne les lettres. Mes bras accompagnent de leur rythme cette traversée de la page. Le chariot avance. Je ne souhaite pas taper un texte cohérent. Je sollicite n’importe quelle touche au hasard. Les lettres se succèdent en désordre. Leur scansion qui heurte la feuille est le seul souffle, le seul rythme auxquels je me fie. Le papier défile. Le ruban se dévide. Mon écriture n’est qu’une longue phrase improvisée, sans aucun sens, un chemin invisible que je trace au fur et à mesure de mon exploration dans la neige d’un paysage inconnu. Finalement, où suis-je ? Où en suis-je ? Suis-je la même que lorsque j’étais cette frêle jeune fille ? À mesurer ma fermeté enthousiaste, mon espoir de trouver une destination, mon besoin d’atteindre ma destinée dans l’écriture, je le crois.
Cependant, face à cette nostalgie que j’éprouve devant ce ruban qui tremble – parce qu’il n’est plus assez tendu, plus assez alerte -, je prends conscience que beaucoup de temps a passé. La sonnerie tinte au bout de la ligne : mise en garde que j’outrepasse les limites, que les mots risquent de déborder en dehors du cadre du papier, bien que ma phrase infinie se poursuive dans le vide.
Retour à la ligne.
Le papier se déroule sans rien révéler apparemment de ce que j’attends.
Est-il encore si loin, ce centre névralgique,
d’où l’encre peut jaillir, aussi nette que jadis ?
Et, tandis que j’arrive à la deuxième moitié du rectangle, ma mémoire inscrit dans cet espace de silence mes tout premiers instants d’écriture. Elle me murmure :
– Certes, tu te souviens de ces jours pluvieux où tu as écrit pour la dernière fois sur cette machine ! Tu regrettes ce point final que tu as posé sans le savoir ! Mais, revois les longues heures d’écriture…
Revois les textes de tes quatorze ans auxquels tu as donné naissance, là-bas, à l’ombre de ce marronnier, sous lequel tu t’étais assise avec ta machine, au cœur de cet après-midi d’août. Les feuilles du marronnier projetaient leur ombre grise sur tes paragraphes et tes strophes qui prenaient forme. Relis ces titres : La Lampe à pétrole ; Le Bateau abandonné ; Rencontre avec l’Amie. Tu te souviens de cet excipit ? Si douce est la lueur de ton âme ? C’est grâce à cette machine à écrire que tu as remporté ce concours d’adolescente ! Toi qui croyais que l’on ne te voyait pas, revois la brindille qui tombe entre deux touches et que tu disperses de ton souffle, avant de suivre le cours de ton inspiration ! Ne suis-je pas, moi aussi, ta machine à écrire ?
Tandis que je me surprends à sourire, la feuille glisse tout entière de l’autre côté. Puis elle se détache du rouleau, naturellement. Feuille virginale. Je suis arrivée au bout du ruban. Sans apercevoir le moindre signe.
Bien sûr, je soupire, me résigne… Ce ruban est à jamais aride. Il n’y a plus qu’à l’ôter du chariot et à le jeter. Faire le deuil des regrets, de ce que j’ai bien ou mal écrit ou de ce que j’aurais pu écrire.
Mais, alors que je m’apprête à poser cette page vierge sur la pile, je me penche, mue par une sorte de réflexe, de souhait de vérification instinctif.
Et, que vois-je au centre de la page ?
Un frêle point noir, où se confondent tous les mots que j’ai enfantés avec ceux que j’enfanterai encore, jusqu’au point ultime de ma vie…
Un point minuscule, imprimé par un tout petit peu d’encre qui a résisté, subsisté malgré toutes ces années, sur ce ruban desséché.
Un point petit comme un grain de moutarde, à partir duquel je peux continuer à écrire. Telle est ma foi en la vie.
En effet, même si je me retourne pour constater que tout, inexorablement, s’efface,
et même si j’avance toujours vers le blanc,
tout reste à vivre et, par conséquent, à écrire.
Il me suffit d’insérer entre le papier et le clavier, les mots et moi,
le ruban de l’avenir.
Géraldine Andrée
Je l’avais laissée dans un coin de ma mémoire… Non pas oubliée, car sa présence s’était profondément imprimée dans mes souvenirs, mais je me demandais avec un certain détachement ce qu’elle était devenue. Sans doute avait-elle été vendue…
Et c’est par un après-midi pluvieux de dimanche comme celui-ci qu’elle m’a été rendue. Maman, au moment de tomber gravement malade, avait eu la prémonition de me la redonner, avant que la bourrasque de l’organisme des tutelles ne vide toute sa maison, balayant avec la même technique expéditive mes affaires personnelles.
Un peu désemparée à la vue de la housse blanche, je me suis dit :
– Que vais-je bien pouvoir en faire ?
Après tout, ce temps était révolu et ma psy m’avait sermonnée devant mon désir irrésistible de revenir sur les traces du passé :
– Vous voulez écrire complètement votre avenir ? Alors, n’apportez pas dans votre présent des énergies anciennes !
Je l’ai donc rangée dans la partie la plus inaccessible de ma bibliothèque, où il me faut péniblement me baisser, afin de trouver le titre que je cherche.
Pourtant, après le décès de Maman, j’avais besoin d’espace pour ranger les livres qui avaient séjourné sur ma table de chevet pendant toute la traversée de mon deuil. Je me suis alors sentie obligée de la sortir et de la déposer au centre de ma table, près de la fenêtre. Étant habituée depuis de longues années à l’ordinateur, j’ai pensé :
– Allons ! Elle me servira d’objet décoratif !
Quand j’ai ôté sa housse blanche au soleil, j’ai été éblouie par son éclair de jais.
Les unités de mesure, le clavier, le chariot, les touches, les lettres dorées de sa marque étincelaient comme autrefois, lorsque j’étais penchée sur elle, du haut de mon adolescence :
Ma machine à écrire Royal.
La machine à écrire mes rêves d’écriture.
Je l’ai longtemps regardée.
Quand le chariot s’était-il arrêté de manière ultime ? Sur quel mot ? Quel instant ? Quel signe ?
J’essaie de remonter le temps :
C’était un été particulièrement pluvieux. Celui de mes dix-sept ans. J’étais seule à la maison pour quelques jours, car mes parents étaient partis réparer un dégât des eaux dans leur studio de vacances. Comme j’avais peur de l’océan du silence qui envahissait cette grande maison, je m’étais réfugiée dans la cuisine, mon île éclairée par la lampe puissante du plafond. Attablée devant ma machine à écrire dont les pieds avaient laissé des marques durables sur la nappe à carreaux rouges, rivée à elle comme par une corde invisible, j’ai entrepris d’écrire, jour et nuit, un recueil de poèmes. Tout absorbée par la frappe des touches sur le papier, cette scansion qui donnait un rythme à chacun de mes vers, je n’entendais plus le tambour de la pluie sur les vitres. J’étais satisfaite du sentier de mon poème que je traçais au fur-et-à-mesure que j’avançais, jusqu’à ce que surgisse l’ornière d’une faute de frappe ou de langue. Alors, pleine de rage contre moi-même, j’arrachais la page et je recommençais. Rebrousser chemin… Réécrire après une relecture fiévreuse… Que de feuillets pour une simple strophe ! Malgré ma hâte d’en avoir terminé, faire preuve de patience. Me soumettre à la petite sonnerie qui me signalait que je franchissais la marge :
Retour à la ligne.
Puis est venue l’heure où tous ces poèmes ont eu l’heur de me plaire. Je les ai rangés dans un porte-document vert. J’ignore aujourd’hui si j’ai gardé trace de ces textes. Même si leur écriture a occupé ma vie avec une telle obsession que je mangeais et dormais à côté de la machine, je ne me souviens plus d’un seul vers, d’un seul titre. Comme si je ne les avais jamais écrits. En vérité, je crois que c’était davantage la machine à écrire qui me tenait compagnie que la poésie en elle-même.
Quand mes parents sont rentrés, j’ai montré fièrement à ma mère mon recueil. Elle l’a feuilleté, sans le lire vraiment, puis elle m’a dit :
– C’est pas mal ! Mais peut-être que tu aurais dû davantage centrer !
Je n’ai rien ajouté. Rien modifié. Les poèmes existaient. Et c’était tout. J’avais rempli mon temps.
Je crois que c’est là que j’ai posé le point final,
depuis cette machine à écrire Royal.
…/…
Géraldine Andrée

C’est parce que Géraldine Andrée était effacée qu’elle a commencé à écrire. Elle sentait qu’elle avait des choses à dire, mais qui les écoutait ? En grandissant, elle a trouvé une amie dans son journal intime : Miss Blue. Dans le silence de la page, elle se sentait entendue. Dans la blancheur du papier, elle était certaine d’être soutenue. Elle laissait une trace. Donc, elle existait. Il était évident qu’elle avait trouvé sa place.
L’écriture a toujours habité sa vie, comme elle a toujours habité l’écriture. Elle en a fait un espace-temps intime et sacré qui fait partie de son quotidien. Au fil des jours, elle a affiné sa pratique et peu à peu, celle-ci lui a prodigué des outils de guérison, pour elle-même, déjà, et pour autrui. Elle a en effet mis ses mots au service de l’accouchement des âmes dans des livres pour autrui, en devenant écrivaine et biographe familiale. Puis, des études en art thérapie lui ont permis de développer des ressources spécifiques d’écriture guidant tous ceux qui viennent à elle vers la résilience.
En précommande en ebook dans toutes les librairies ! Parution le 18 avril 2025
Mon livre Guérir avec mon cahier ou La pratique du journal de guérison va paraître aux éditions Librinova. Format e-book disponible à la précommande, disponible dans toutes les librairies (Amazon, Fnac, Decitre, Kobo…) à partir du 18 avril 2025. Je vous préviendrai. Version papier disponible ultérieurement. 5 longues années d’écriture qui a démarré pendant le confinement, à savoir, une session d’écriture par semaine. Et cela donne un beau bébé de 171 kilos… euh, non… 171 pages, pardon.
Une page sera créée prochainement pour fêter l’arrivée de cet enfant.
Pas après pas,
jour après jour,
mot après mot,
page après page…

Géraldine Andrée
Pourquoi mettre un titre à un poème
Pourquoi des rimes
Pourquoi un rythme défini
Moi je souhaite
que mon poème soit léger
tel l’oiseau qui vient se poser
sur le rebord de ma fenêtre
puis qui repart
Qu’il roule comme une feuille
sur le chemin du retour
puis qu’il s’évanouisse
aussi vite qu’il m’a frôlée
Pourquoi ponctuer un poème
Pourquoi des strophes
Quand le vent joue
par intermittence
il fléchit les herbes
qui ne deviennent
qu’une succession
de virgules
qui tremblent
juste avant qu’elles ne se redressent
et qu’elles ne ploient
dans l’autre sens
virgules à l’envers
virgules si souples
qu’elles s’enlacent à son souffle
C’est ce que je veux pour mon poème
un frémissement
un simple soupir
entre deux instants
Le laisser palpiter
et quitter
le cadre de la feuille
pour qu’il ne reste que le blanc
vierge de l’espace
qui accueille
son point de fuite
minuscule
libellule
Géraldine Andrée
Les épreuves de la vie sollicitent les quatre émotions de base, la peur, la tristesse, la colère, la joie, et toutes leurs variantes, leurs nuances – celles-ci s’entremêlant souvent ou l’une cachant l’autre (je vous renvoie à la roue des émotions ci-contre). L’écritothérapie est une forme d’art-thérapie qui permet de travailler sur ses émotions après les avoir définies. Je propose à toutes celles et à tous ceux qui s’adressent à moi des techniques d’écriture efficaces qui libèrent la psyché de l’emprise émotionnelle et mnésique qu’exercent certains souvenirs ou le retour du refoulé, après un traumatisme. Biographe familiale, praticienne en psychothérapie et en art-thérapie, j’ai moi-même vécu des épreuves difficiles (famille maltraitante, deuils successifs, harcèlement moral professionnel) qui m’ont amenée à explorer mes ressources intérieures. Les exercices que je propose ont fait leurs preuves sur ma santé psychique. Le milieu médical et scientifique a validé par des études fiables le pouvoir de guérison de l’écriture. Je vous renvoie pour cela à l’ouvrage Écrire pour se soigner : La science et la pratique de l’écriture expressive de James W.Pennebaker et Joshua M.Smyth.
Comment cela se passe-t-il concrètement ? Vous n’aurez besoin que d’un cahier, d’un stylo, éventuellement de quelques crayons ou feutres de couleur.
Les séances peuvent s’effectuer en réel comme à distanciel (skype, google meet, messenger, zoom). Les séances d’écritothérapie fonctionnent comme les séances de psychothérapie : à l’unité. Elles durent environ une heure. Comme elles peuvent être intenses, prévoyez aussi quelques mouchoirs. Vous pouvez refaire les exercices chez vous ou écrire entre les séances dans votre journal, puis me présenter vos écrits à la séance suivante. En écritothérapie, la syntaxe, la grammaire et l’orthographe n’ont aucune importance. Seul importe le langage métaphorique de l’inconscient. D’ailleurs, les erreurs de graphie, la dislocation syntaxique, l’absence de ponctuation, le lapsus calami (en écrivant) révèlent le conflit interne et constituent donc des points importants d’analyse. L’écritothérapie ne se substitue à aucun traitement médical. Vous devez donc continuer vos traitements en amont, voire compléter les séances par une cure psychothérapeutique ou psychanalytique.


70 euros la séance
On le sait, les traumatismes incrustent dans le psychisme l’émotion de la peur.
Phobies, obsessions, tics et tocs, angoisses…
Ensemble, nous aiderons votre peur à s’exprimer. Nous ferons sortir les monstres de l’armoire de votre inconscient ; nous les regarderons dans les yeux et nous ferons leur portrait. Souvenez-vous : Comme pendant l’enfance, faire le portrait du monstre qui terrorise permet de l’éloigner. Avec la couleur violette qui symbolise la peur, nous aurons recours à des images, symboles, associations d’idées qui la représentent. Puis, avec la couleur verte de l’apaisement, nous verrons comment trouver une issue à cette peur. Vous projeter dans un conte en héros vainqueur, inventer par un poème une fin heureuse à un cauchemar, transformer le scénario d’une épreuve dans une nouvelle ou un récit court… Ce ne sont que quelques exemples d’écritothérapie qui vous permettront d’ouvrir la porte sur votre liberté. À l’écriture, nous pourrons joindre d’autres techniques d’art-thérapie comme le dessin, le collage, la mise en voix du texte.

70 euros la séance
D’une épreuve importante découle l’émotion de la tristesse.
Déprime, dépression, burn-out, épuisement… Je connais bien ce pays de la mélancolie (terme qui désignait la dépression au dix-neuvième siècle, autre variante du spleen baudelairien), composé de lacs profonds, de longues ombres, de rochers noirs… Dans ce paysage, vous errez, seul, sans parvenir à le quitter pour un paysage intérieur plus accueillant.
Ensemble, nous ferons dialoguer les différentes parties de vous-même – celle qui est négative, pessimiste, qui vous serine toujours « À quoi bon ? », la pulsion de mort ou Thanatos et celle qui est positive, optimiste, qui fait remonter la sève de l’énergie en vous et qui vous murmure « Avance ! Le voyage vaut le coup ! »
Mot après mot, je vous guiderai vers votre lueur non éteinte. Il suffit, parfois, d’un poème pour retrouver cette flamme qui était seulement cachée. « La nuit n’est jamais complète… » affirme le poète Paul Éluard.
Nous pourrons aussi utiliser la technique d’écriture de la liste afin que vous repériez et semiez les petites graines psychiques et spirituelles qui vous feront grandir, fleurir… Nous réinstaurerons la communication entre votre corps et votre âme que vous avez cessé d’écouter, parce que la voix de votre ego était beaucoup trop forte.
Nous alternerons les couleurs (le bleu pour la tristesse et le jaune pour l’énergie de l’espoir) afin de réinstaurer ce dialogue entre votre côté obscur et votre côté lumineux, car la lumière est toujours rendue visible et mise en valeur par l’obscurité.

70 euros la séance
Souvent, après un traumatisme, la colère est cachée par la tristesse. On croit que l’on est triste alors qu’en vérité, c’est un volcan qui bout dans le cœur. Or, on le sait, une colère refoulée est ensuite somatisée, c’est-à-dire mise en langage par différents maux physiques, tels que les ulcères, les infections et, dans le pire des cas, les cancers.
Une séance d’écritothérapie vous permettra de puiser dans votre inconscient les métaphores qui exprimeront votre colère. De même, écrire vous invitera à crier et à faire en sorte que ce cri traverse la page, faisant fi de toutes les marges, de toutes les lignes, de tous les espaces. Écriture tricotée (phrases s’écrivant sur les phrases précédentes), syntaxe disloquée, associations d’images qui se heurtent, s’entrechoquent, confrontation de vos contradictions internes par un récit, un dialogue théâtral, un poème… La colère descendant le long de votre stylo vous remettra en contact avec votre pulsion de vie, votre énergie matérialisée par le flux de l’encre. Une fois que cette émotion aura été reconnue, exprimée, entendue, nous pourrons la cadrer en appliquant des consignes d’écritothérapie bien précises (reprises anaphoriques, exercices vous invitant à dessiner vos phrases, à leur faire suivre le rythme de votre souffle…).
Les couleurs nous seront d’un précieux recours. En effet, toutes les gammes de rouge (vermeil, grenat, incarnat, pourpre) seront des indices sur l’intensité de votre colère et comment celle-ci peut aussi se situer à la limite de la peur ou de la tristesse (avec l’utilisation de la couleur mauve ou violacée, par exemple).

70 euros la séance
L’écritothérapie – associée à l’art-thérapie – vous montre le chemin qui vous mène à la rencontre de votre ombre. En effet, comme le dit Carl Jung, on ne peut mettre en valeur sa part lumineuse si l’on ne regarde pas en face sa part d’ombre. Ignorer celle-ci, c’est projeter sur les autres ce que l’on ne veut pas voir en soi ; ce qui explique les phénomènes de maltraitance, de violence, de mobbing dans notre société en perte totale de valeurs spirituelles. Initier une séance d’écritothérapie, c’est donner un rendez-vous à son ombre, comme à sa meilleure amie, autour d’une tasse de thé, de café. De quoi allez-vous parler ensemble ? Nous retranscrirons cette conversation. En effet, dialoguer avec votre ombre, c’est apprendre à vous connaître entièrement et à vous accepter inconditionnellement. Pour vous donner une idée de la manière avec laquelle vous pouvez vous adresser à votre ombre, je vous renvoie à la page : Viens, mon ombre, je t’invite à boire un cappuccino !

70 euros la séance
Parfois, ces ombres nous sont également léguées par nos ancêtres. Il est des émotions tellement violentes, obsédantes, enfouies aux tréfonds de nous qu’elles ne peuvent avoir été inscrites que par le passé de nos ancêtres. Nos émotions de peur, de colère, de tristesse constituent la trace de ces mêmes émotions éprouvées par nos aïeux. En quelque sorte, elles sont gravées dans notre psyché. Mais nous pouvons les déchiffrer. En effet, lire l’indicible permet d’ôter certains déterminismes et patterns qui provoquent inéluctablement ces mêmes émotions négatives. Comme le dit Jung, « tout ce que l’on ne ramène pas à la conscience revient sous forme de fatalité« . Il est donc très important, pour ne plus être une feuille ballottée par le vent de la vie, de circonscrire ces émotions sur le papier, de les définir et de leur dire en face : « Mes émotions, je sais d’où vous venez ».
Le génosociogramme va nous aider. Qu’est-ce que le génosociogramme ? C’est un arbre généalogique mis au point par Anne Ancelin Schützenberger, différent de l’arbre généalogique traditionnel. J’utilise cette technique en biographie psychogénéalogique et aussi en écritothérapie. Sur de grandes feuilles de papier A3 et avec deux stylos de couleur (bleu pour le positif – rouge pour le négatif), je vous aide à élaborer votre génosociogramme en partant de vous (votre date de naissance, les événements marquants de votre passé, votre métier, votre situation sentimentale, vos goûts, vos valeurs, vos passions…). Puis, nous remontons jusqu’aux branches précédentes, afin de déceler les phénomènes de répétition, les non-dits, la transmission, certes, des traumatismes, mais aussi des missions transgénérationnelles – le rôle que la famille vous a assigné pour différentes raisons (remplacer un enfant mort par exemple) et qui, très souvent, n’a rien à voir avec votre mission terrestre. Pour comprendre l’enjeu de l’hérédité de telles loyautés, je vous renvoie à La mémoire transgénérationnelle chez Victor Hugo.
Suite à ce travail particulier d’écriture, vous pourrez enfin faire des choix qui vous correspondent en toute conscience, écrire la vie qui est la vôtre, avec vos ressources, dons et talents légués ou innés.

70 euros la séance
S’il est bien un sentiment universel qui mobilise tellement l’être qu’il dépasse l’entendement, c’est l’Amour. « Le cœur a ses raisons que la Raison ne connaît pas. » Telle est la maxime du philosophe Pascal. Lorsque l’on aime intensément, profondément, douloureusement, on chemine à travers l’irrationnel, on expérimente l’indicible. Passion, chagrin d’amour, dépendance affective… Dès lors, comment trouver les maux d’amour ou laisser éclater celui-ci au grand jour ? En effet, un amour non dit, non avoué peut être ravageur pour la psyché, car il revient sous la forme de culpabilité ou de remords. « Ah ! Si seulement je lui avais dit que je l’aimais, avant qu’il ne meure, qu’il ne parte…«
Je peux vous aider à cerner tout l’éventail de vos sentiments. Lettre de rupture ? Lettre de pardon après un divorce, un conflit ? Le fil des mots cicatrisera votre blessure, afin que vous puissiez traverser le deuil de cette relation et renaître. Déclaration d’amour ? Je vous guiderai pour que votre aveu vous permette de confier à l’Autre l’intensité du sentiment éprouvé, sans pour autant basculer dans un lyrisme exacerbé. La poésie peut être également un chemin pour mettre à jour la passion qui vous anime, sans perdre votre identité, sans vous laisser aliéner par elle, mais pour qu’au contraire, elle soit à la source d’une pulsion de vie créatrice qui ouvrira vos ailes intérieures.
Nous ferons de ces séances d’écritothérapie une exploration à la fois esthétique et méditative. Écrire à l’encre, lentement, avec une plume de l’ancien temps… Coller des fleurs, dessiner des cœurs, déposer un sceau rouge. Les mots s’uniront aux motifs artistiques. L’écriture se fera calligraphie. Vous serez le grand organisateur de ces noces sur le papier entre la rédaction et le dessin. Une fois la lettre cachetée dans une belle enveloppe, envoyée – ou pas, après tout, les mots d’amour peuvent aussi rester secrets ! -, vous lâcherez prise en sachant que la vie vous soutient dans votre démarche. Et si vous êtes célibataire, veuf ou divorcé, nous nous donnerons comme priorité d’écrire et d’adresser des lettres d’amour… à vous m’aime !

70 euros la séance
Une séance d’écritothérapie vous permet de vous offrir un rendez-vous avec vous-même. Lâchez prise concernant les attentes conventionnelles de l’écriture. Au contraire, laissez vous porter par le flux de l’encre pour vous abandonner ensuite au flow de la vie. Sentez-vous libre de vous exprimer, sans défi littéraire, sans exigence formelle. Le but de l’écriture dans le cadre d’une telle séance est de reprendre confiance en vous, après les épreuves qui vous ont marqué, faire de la trace de l’écrit intime une cicatrice. Ainsi, la page sera non seulement un prolongement de votre peau (le texte représentant votre corps qui avance, qui se remet en mouvement), mais également un pays-refuge pour votre psychisme, un espace-temps dans lequel vous vous reposerez, une parenthèse où vous reprendrez votre souffle (pour ensuite être mieux inspiré dans la conduite de votre vie). De séance en séance, vous verrez combien la page se métamorphose, reflétant le processus de guérison de votre Moi.

70 euros la séance
Bien entendu, la finalité d’une ou plusieurs séances d’écritothérapie, est de retrouver la joie de vivre, de faire revenir en vous l’énergie, de faire remonter dans votre corps et votre esprit le pouvoir de la pulsion de vie. Laisser éclater sa joie, c’est se remettre en contact avec ce qui nourrit vraiment le Soi.
Si vous êtes toujours plongé(e) dans vos épreuves, je peux vous aider à vous accorder des moments de pause, de respiration, de bien-être, en vous (e)ncrant/ancrant dans l’instant présent, le seul qui soit un refuge. Tenir un journal de sensations… Définir vos ressources intérieures, vos qualités, vos réussites passées… les possibilités sont infinies !
Si vous avez traversé et transcendé ces épreuves, l’heure est au bilan. Je vous aiderai à formuler ce que vous avez appris. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort « , comme le dit le philosophe Nietzsche. Alors, quelles sont vos forces, aujourd’hui ? Liste de gratitudes, de passions nouvelles qui demandent à s’exprimer, récit de visualisation, conte dont vous êtes le héros ou l’héroïne… L’écritothérapie vous invitera à écrire enfin en rose (ou en d’autres couleurs) l’avenir qu’il vous plaît, d’ores et déjà, de vivre, car il vous correspond !

70 euros la séance
Les séances d’écritothérapie s’adressent également aux enfants dyslexiques et dysorthographiques. En effet, les contraintes scolaires, la peur de mal faire, l’angoisse de l’évaluation, la crainte du jugement et du regard des autres accentuent le handicap. Le rythme d’apprentissage collectif de l’école néglige, dans des classes surchargées, les besoins particuliers de ces enfants, à l’intelligence et à la sensibilité vives. En séance d’écritothérapie, nous allons sortir des exigences traditionnelles de l’écriture. La page ne sera plus un carcan, mais un espace de liberté où le texte prendra corps. Votre enfant éprouvera le plaisir de jouer avec les mots, avec leurs sonorités, avec leurs couleurs, avec leur douceur ou leur rugosité – car les mots se « sentent », « se ressentent » avant d’être utilisés et agencés entre eux. L’enfant pourra danser, courir avec les phrases, sur le chemin de petits textes ou de poèmes qu’il aura écrits. Ni l’orthographe, ni la syntaxe ne rentreront en ligne de compte. Seule importera sa capacité à s’approprier les mots en toute liberté et avec joie.
Mise en scène de ces mots,
mots-valises,
cadavres exquis,
néologismes (mots inventés),
association d’idées, mots-fruits, mots-boules de neige…
Autant de moyens ludiques de faire du langage une fête… Crayons de couleur, feutres, pastels, stylos fluorescents, paillettes, feuilles et fleurs, billes, petits cailloux, galets et coquillages sont les bienvenus… ainsi qu’un grand chapeau pour tirer au sort les motifs d’écriture.
Ces séances d’écritothérapie peuvent se dérouler ensuite à plusieurs – votre enfant a le droit de venir avec son meilleur copain pour écrire à quatre mains – et se transformer en véritables ateliers d’écriture à la maison ou en distanciel.
Comme il sera agréable de s’écrire depuis ce pays !

Quel que soit le type de séance, il y a un « après » à l’écritothérapie. Soit vous laissez les textes tels quels, les collez dans votre journal ou vous en séparez ; soit vous avez la volonté de les retravailler, afin de constituer un recueil poétique ou d’écrire une biographie, un récit de vie – voire une autofiction. Dans ce cas, un autre travail démarre et je peux vous assister pour relire, corriger, mettre en forme, sculpter littérairement vos pages, puis les autopublier ou les envoyer à un éditeur avec un synopsis fidèle à votre œuvre – et donc à vous-même. Je vous renvoie pour cela aux tarifs de l’écriture d’une biographie
Géraldine Andrée
La fenêtre
de ma chambrette
regarde
à travers moi
la rose
qui s’apprête
à naître
Enfin
je m’ouvre
Géraldine
Te souviens-tu de ces lointaines vacances ?
Il te suffisait de pousser la petite porte du jardin de bon matin pour emprunter le sentier qui menait à la mer, tout ondoyant dans la jeune lumière !
En mémoire, marche lentement sur les pierres.
Ferme les yeux et suis les ombres bleues.
Qu’importe que ton cœur batte plus fort sous l’effort ! Va doucement, car les feuilles de palmier, les premiers grains de sable blanc récompensent ta patience. Tu prends conscience que tu es arrivée par la trace que tu as laissée sur le sentier. Il est temps d’ôter tes sandales et d’avancer vers le berceau des vagues. Tu ne sais pas quand tu atteins la mer : la ligne qui sépare la rive de l’infini n’est pas clairement marquée. Elle ondule, sous le pinceau invisible du peintre suprême. C’est lorsque la première vague frappe ton cœur que tu peux t’abandonner à la nage.
Il en est de même pour la créativité.
Quand tu penses que celle-ci est trop loin de toi, ouvre ton carnet. La ligne qui distingue ton être du monde est finement tracée. Et si tu peines à avancer, fie-toi à l’étincelle de l’instant qui perce les voiles de tes pensées. Fais preuve d’humilité. Va avec confiance et cependant, précautionneusement, guidée par la pointe de ta plume ou de ton pinceau qui touche à peine le papier. Une fois vraiment parvenue à la page, tu n’as plus qu’à te pencher. Ne vois-tu pas à travers elle l’infini blanc, t’invitant à aller à lui, à flotter, telle une étoile de mer, sur le silence ?
Souviens-toi que tout commence par une porte entrouverte. Son seuil t’invite à déposer ta trace qui, lorsqu’elle s’efface et se fond dans l’éclatante blancheur, devient le signe que tu es loin déjà dans ton pèlerinage – touchant ce point où se concentre la goutte d’encre de l’univers.
Géraldine Andrée