J’écris
pour le pur
plaisir
du mouvement
qui va
du silence
au bleu
de plus
en plus
intense
Géraldine Andrée
J’écris
pour le pur
plaisir
du mouvement
qui va
du silence
au bleu
de plus
en plus
intense
Géraldine Andrée
J’ai rêvé que tu marchais, libre et légère, dans la lumière. Tu portais des sandales brillantes et la robe de tes dix-sept ans.
Et tes pas sonnaient sur les pierres. C’était comme si l’écho de ton passage m’accompagnait dans ce songe qui m’emportait.
Je t’ai demandé, de ma voix redevenue claire :
« Où vas-tu ainsi ? Vers quelle invitation ? Vas-tu vers la chambre d’un amant ? À un concert ? »
Tu m’as répondu en riant :
« Je vais vers la Vie ! »
Et tandis que les notes de ta voix tressautaient vers l’instant suivant, tels les grelots du jouet de la joie,
tu souriais encore
en regardant le ciel de mon rêve
blanc comme une page qui attend
l’histoire à venir.
Géraldine Andrée
J’écris,
c’est-à-dire
que je suis
le murmure
de ma vie
et lorsque j’arrive
de l’autre côté
de la page
et que je place
à la fin
de ma toute
dernière phrase
mon point
de couleur
en guise
d’ultime
lueur,
je sais
que j’ai atteint
l’au-delà
de tout ce qu’il m’était possible
de dire.
Géraldine Andrée
Pendant que cuit
le riz,
j’écris
un poème.
La poésie,
ce sont des mots
qui crépitent
dans le temps.
Géraldine Andrée
Je me souviens de l’odeur de l’herbe fraîchement tondue de mon enfance.
Elle monte jusqu’à la fenêtre de ma chambre
et il me semble qu’elle infuse dans la lumière
pour envelopper le monde.
Je lis alors Les Contemplations de Victor Hugo.
Et je crois que chaque poème me regarde
avec la force d’un iris éclos,
la foi d’un papillon voguant dans le soleil.
Puis je ferme les yeux et j’entre
dans le jardin des Feuillantines
où le murmure de la brise
me fait signe
pendant que s’éloigne
à la limite de la grille,
à la limite du silence,
la tondeuse ronronnante de mon père.
Géraldine Andrée
Les mois à venir vont être très difficiles à vivre.
Quoi qu’il en soit, quoi qu’il puisse surgir de l’extérieur,
n’abandonnez jamais vos projets et vos rêves de vie.
Virginia Woolf insiste sur l’importance d’avoir « une chambre à soi » pour créer ce que l’on souhaite voir advenir.
Réfugiez-vous dans cette chambre et faites-en votre part de ciel.
En ce qui me concerne, la couleur du temps ne m’a jamais empêchée d’écrire.
Si le jour est beau, je place ma page dans la lumière.
S’il pleut, je continue à avancer sur mon chemin intérieur en écoutant de loin
battre les orages.
Ayez confiance en la voix qui murmure dans la chambre de votre cœur
et soyez fidèle à ce qui demande à naître
à travers vous.
Mettez au monde votre force, votre inspiration
sans vous soucier de ce que les autres en penseront.
Même si la vie ne vous épargne aucune épreuve,
donnez vie à vos rêves.
La prochaine aurore dépendra de la présence de notre regard
depuis la fenêtre de la maison où nous œuvrons aujourd’hui.
Géraldine Andrée
Dans ma chambre
d’hôtel
aux murs bruns
et anonymes,
j’ouvre
mon cahier intime,
blanc
comme les lueurs
du lilas
au printemps,
et les lampes
des mots
s’allument
lorsque j’entre
dans mon âme
qui s’exclame :
Te voilà !
Géraldine Andrée
Je garderai
de mes promenades
du feu été
ces feuilles
toutes baignées
de rosée
qui entraîna
l’encre
dans sa trace
pour créer
en chaque mot
des fleurs
débordant
sur le silence.
Géraldine Andrée
La poésie
est si limpide
et si prompte
à m’offrir
le présent
d’un jardin
d’une source
d’un oiseau
qu’il me semble
qu’elle précède
l’aube
du monde
Géraldine Andrée