Publié dans Journal de la lumière, Un cahier blanc pour mon deuil

Sans titre

Comme nous ne pourrons plus jamais nous revoir,
je te laisse apparaître
à travers ces mots que je t’adresse
et qui me regardent sous la lampe du soir.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Poésie, Récit de Vie, Un cahier blanc pour mon deuil

Le beau rivage de l’été

Le beau rivage de l’été
est parcouru d’un vent glacé
Je crois que je peux descendre
jusqu’à la vague

pour retrouver ce souffle
qui s’enroulait autour de mes hanches
et me faisait dériver doucement
vers la lumière

Mais le vent m’avertit
que si je vais plus loin
la vague fouettera mon visage
de sa haute main

et que le voyage
vers l’azur brun
sera inexorable
C’en est fini de l’été

de l’abandon
à la confiance
immense
de l’océan

Alors je rebrousse chemin
Je remonte la pente
de la plage
et je m’en retourne

vers une autre rive
celle de la page
que mon souffle
élargit

jusqu’à cette lueur bleue
là-bas
ce point ultime
qui me fait signe

aussi loin
que me porte
la foi
de mes yeux

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Journal créatif, Journal d'instants, Récit de Vie

Écrire mon journal

Écrire mon journal
c’est comme
marcher dans les feuilles
de l’ancien automne

tandis qu’apparaissent
entre deux intervalles
de ciel
les feuilles nouvelles

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Poésie

La phrase de ta lettre

La phrase de ta lettre

Entre nous le printemps est revenu

m’emmène sur sa crête

jusqu’à l’infini

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Journal créatif, Récit de Vie

Que faire de ces quelques feuilles détachées ?

Que faire de ces quelques feuilles détachées
que le vent de la vie peut emporter si loin des yeux ?
Comme je n’ai pas de réponse,
je prends du fil bleu
et je recouds ces feuilles ensemble.

De la cicatrice
de leur déchirure,
je fais une reliure,
une histoire qui commence,
un cahier éclos à fleur de silence.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Elle me dit

Elle me dit
J’ai peur
de ne pas avoir le temps
d’achever ma phrase.
Je n’ai pas le souffle
assez grand.

Et je lui réponds
que ce n’est pas grave.
Nous laisserons
des points de suspension
qui ressemblent
aux trois lueurs

qui tremblent
encore un instant
dans l’air blanc
quand
le papillon
s’envole

vers le jour le plus haut
après avoir rencontré
les fleurs…

Géraldine Andrée

Publié dans Le journal de mes autres vies, Poésie, Récit de Vie

Le savon d’Alep

J’ai retrouvé le savon d’Alep
-depuis le temps que je le cherchais
dans toute sa rondeur
sa vérité
et son parfum de laurier

Celui-ci est traversé
par de légères
cordelettes
pour que je puisse l’accrocher
au mur de faïence

Et je prends conscience
après tant d’années
que je demeure
reliée
à ce beau soir étoilé

où nous sommes sorties
en clandestines
au hammam
Christiane
et moi

Est-ce que le miroir
au-dessus de la fontaine
-s’il existe encore –
reconnaîtrait
notre ancienne jeunesse ?

Je ne sais
Mais le savon d’Alep
laisse
la même trace
sur ma peau

que jadis
et je me surprends à penser
que je suis
pour ce temps
qui ne peut revenir

une page
sur laquelle
le savon
fait apparaître
en guise

de mots
des bulles de mousse
qui crépitent
en leur lueur
dorée

Géraldine Andrée

Publié dans Grapho-thérapie, Journal de la lumière, Méditations pour un rêve, Poésie, Poésie-thérapie

Sans titre

Que dans l’encre bleutée
de ton nom
qui achève
ta longue lettre

soit gardé
tout le ciel d’été
qui apparaissait
à ta fenêtre

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Récit de Vie

Ma place

Quand j’écris,
je me sens à ma place
dans l’espace
de la page,
et le point
qui termine
chaque phrase
fait partie
de la multitude
de points possibles
qui apparaissent
comme des astres
pour me faire signe.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Le cahier de la vie, Récit de Vie

Toutes ces pages de vie

Toutes ces pages
de vie
toute la vie
de ces pages

attendent
dans mon sac
que je les délivre
de leur nuit

et de leur silence
pour apporter
au monde
un jour neuf

à vivre

Géraldine Andrée