Publié dans Cahier du matin, Créavie, Grapho-thérapie

Bilan du défi L’Art de la créativité de Julia Cameron

A chaque jour, l’aube de la page. Écrire guérit.
  •  Ce bilan m’a appris à être assidue envers mes projets et fidèle envers moi-même.
  • « Un pas à la fois« , telle est la devise de Julia. C’est le pas qui fait le chemin.
  • Une oeuvre se construit mot après mot, note après note, touche après touche. Pour moi, c’est « une page à la fois ». Même vingt courtes minutes d’écriture permettent au roman d’avancer.
  • Les pages du matin sont mon miroir. Je peux, en écrivant, poser un regard honnête sur moi-même chaque jour.
  • Écrire trois pages chaque matin, c’est faire la toilette de mon âme.
  • « Vas-y doucement« . Voilà ce que se répète Julia quand elle est découragée par la tâche. L’inspiration est rarement un éclair, une fulgurance. L’inspiration est une petite lampe régulièrement allumée. Pour créer, il suffit de s’annoncer présent pour la page, la toile, l’instrument.
  • La promenade permet de laisser aller l’esprit. Je reviens de chaque promenade avec des éclats inattendus, nés de mes observations.
    • En écrivant, je développe ma foi. Je m’autorise à demander pour recevoir. Il y a une oreille attentive cachée dans la page. Un jour ou l’autre, la solution apparaît. Elle suit la trace de ma plume pour se présenter à moi quand le temps est venu. Comme Julia Cameron, je demande au Très Vaste : « Mon Dieu, tu t’occupes de la qualité. Je m’occupe de la quantité. »

      L’essentiel
      est que je sois fidèle
      à la plume et à la feuille.
  • Poser chaque jour des gestes simples. La création artistique est humble. De cette manière, j’écarte naturellement la compétition vaine et stérile qui assèche l’élan créateur.
  • Même lorsque le défi est fini, il continue car je peux utiliser partout, à tout instant ces trois outils :

– pages du matin
-promenade-rendez-vous avec l’artiste (temps de détente et de liberté que l’on s’offre à soi-même pour renouveler sa réserve d’images, le puits de son inconscient).
Je suis ma propre source de créativité.
« Éloignez-vous des gourous. Toutes vos réponses se trouvent à l’intérieur de vous » déclare Julia dans l’Épilogue de son ouvrage.

Chaque jour, à l’encre, on peut tracer son chemin.

Géraldine Andrée

L’écriture quotidienne permet de se réapproprier sa vie, d’en être vraiment l’auteur.
Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Poésie

Perce-silence

Cela fait si longtemps que j’écris.
Et soudain, à un instant
que le temps
a choisi,

une réponse
apparaît
dans la neige
de la page,

comme
une première
fleur
qui a persévéré

avec patience
cachée sous
le silence
et voici

que je suis fière
d’intituler
ma feuille
d’aujourd’hui

Perce-silence.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de la lumière, Journal de ma résilience, Le journal de mes autres vies, Le journal des confins

Écrire la nuit

Écrire la nuit au rythme de la musique
des poésies, des récits
et me souvenir de ces longs voyages nocturnes
avec des morceaux d’Enya
qui remplissaient l’habitacle de la voiture.

La route s’éclairait au fur et à mesure que nous avancions
tout comme le mot allume la lueur du mot suivant.
De chaque côté de la vitre, c’était le désert de l’Atlas
et de frêles touffes d’herbes brunes
qui apparaissaient devant les phares.

L’écriture et le voyage ont un point commun :
la confiance en sa propre trace,
quels que soient l’intensité du noir,
la faiblesse de la lampe,
la sécheresse qui menace.

L’écriture me conduit
dans la nuit.

Géraldine Andrée

Publié dans L'alphabet de l'herbe, Poésie

Juste revenir

Juste revenir
sur les mots anciens
et retrouver
tout le sens

qu’ils avaient alors
comme on se replace
en suivant ses propres traces
sur la beauté du chemin

Géraldine Andrée

Publié dans Grapho-thérapie, Journal créatif, Journal de ma résilience

En ces temps où nous pouvons faire peu de choses

En ces temps où nous pouvons faire peu de choses, je bénéficie d’un grand luxe :
celui d’écrire dans mon journal,
et d’être heureuse de le faire,
peu importent les humeurs que j’y confie.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de la lumière, Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Poésie, Poésie-thérapie

Il se fait tard

Il se fait tard
Alors sur ma page
où se dessine
un chemin à l’encre fine
un rayon de lune
m’accompagne

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, Méditations pour un rêve, Poésie-thérapie

Je me demande

Je me demande

pourquoi chaque note de pluie quand elle se brise laisse sur la rambarde de la terrasse une étincelle unique
pourquoi je me souviens si bien du jardin de jadis les nuits de pleine lune
où va le chemin tôt le matin
si le bleu de la mer se prépare à me rencontrer lorsque je trempe ma plume dans l’encrier
quand viendra l’Ami
s’il voit déjà de sa fenêtre la flamme de ma bougie
en quoi me réincarnerai-je dans ma prochaine vie : un chat un lys ou peut-être même l’éclat du lapis-lazuli
pourquoi je vis en rêve dans un village que je n’ai jamais visité en vérité
pourquoi j’entends si précisément le hennissement des chevaux sur sa place et le tintement des seaux à sa source
d’où viennent les poèmes qui affleurent le silence
et surtout je me demande
pour qui j’écris tout cela pour aviver quelle joie et apaiser quelle peine que je ne connais pas

Géraldine Andrée

Je me demande qui a déposé la lueur de cette voix dans mon coeur…

Publié dans Actualité, histoire, Le journal de mes autres vies

Le miroir

Je me souviens d’un miroir rond et doré dans ma chambre d’hôtel à Alep. L’hôtel n’existe plus. Il a été pulvérisé. Mais je revois si bien le miroir. Il étincelait sous les lampes de la salle de bain laquée de blanc. Et il me semblait qu’il allumait sur mon visage des étincelles de diamant. Le miroir a dû se briser en mille morceaux sous un souffle très puissant contre lequel on ne peut rien. Il est toujours là, pourtant. En quelques mots, je l’accroche dans un autre espace tout aussi blanc, celui de la page. Je le fais briller avec ma lampe de chevet. Je m’y regarde. Je me vois songer que rien ne se perd. Ma mémoire devient ce miroir où réapparaît tout ce que l’on croyait à jamais effacé. Ma mémoire devient miroir vivant.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Journal de silence, Le journal des confins

La bibliothèque municipale

Elle est fraîche, la bibliothèque municipale au coeur ardent de l’été, douce comme l’ombre près d’une source.
Et, en cette période d’épidémie, les allées sont désertes.
Tant de titres pour moi toute seule, tant d’auteurs qui se présentent comme mes amis, tant de livres qui s’ouvrent tels de multiples chemins possibles dans un sous-bois.
Je peux m’en approcher sans me heurter à une épaule ou une nuque, sans attendre qu’une personne s’écarte pour que mon désir soit enfin accessible à mon regard.
Un jour, j’ai rêvé d’avoir une grande bibliothèque toute à moi offerte, une bibliothèque où j’entendrais l’écho de mes pas, où je me sentirais promeneuse et confidente des feuilles du silence.
Ce rêve, aujourd’hui, s’est réalisé. Je rentre chez moi chargée de ces livres qui ont pour mon coeur le poids léger d’un bouquet.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Que chaque mot

Que chaque
mot
prononcé
en hommage
soit
la fenêtre
ouverte
de la maison
disparue

Géraldine Andrée

04 Août 2020