pourquoi chaque note de pluie quand elle se brise laisse sur la rambarde de la terrasse une étincelle unique pourquoi je me souviens si bien du jardin de jadis les nuits de pleine lune où va le chemin tôt le matin si le bleu de la mer se prépare à me rencontrer lorsque je trempe ma plume dans l’encrier quand viendra l’Ami s’il voit déjà de sa fenêtre la flamme de ma bougie en quoi me réincarnerai-je dans ma prochaine vie : un chat un lys ou peut-être même l’éclat du lapis-lazuli pourquoi je vis en rêve dans un village que je n’ai jamais visité en vérité pourquoi j’entends si précisément le hennissement des chevaux sur sa place et le tintement des seaux à sa source d’où viennent les poèmes qui affleurent le silence et surtout je me demande pour qui j’écris tout cela pour aviver quelle joie et apaiser quelle peine que je ne connais pas
GéraldineAndrée
Je me demande qui a déposé la lueur de cette voix dans mon coeur…
Je me souviens d’un miroir rond et doré dans ma chambre d’hôtel à Alep. L’hôtel n’existe plus. Il a été pulvérisé. Mais je revois si bien le miroir. Il étincelait sous les lampes de la salle de bain laquée de blanc. Et il me semblait qu’il allumait sur mon visage des étincelles de diamant. Le miroir a dû se briser en mille morceaux sous un souffle très puissant contre lequel on ne peut rien. Il est toujours là, pourtant. En quelques mots, je l’accroche dans un autre espace tout aussi blanc, celui de la page. Je le fais briller avec ma lampe de chevet. Je m’y regarde. Je me vois songer que rien ne se perd. Ma mémoire devient ce miroir où réapparaît tout ce que l’on croyait à jamais effacé. Ma mémoire devient miroir vivant.
Elle est fraîche, la bibliothèque municipale au coeur ardent de l’été, douce comme l’ombre près d’une source. Et, en cette période d’épidémie, les allées sont désertes. Tant de titres pour moi toute seule, tant d’auteurs qui se présentent comme mes amis, tant de livres qui s’ouvrent tels de multiples chemins possibles dans un sous-bois. Je peux m’en approcher sans me heurter à une épaule ou une nuque, sans attendre qu’une personne s’écarte pour que mon désir soit enfin accessible à mon regard. Un jour, j’ai rêvé d’avoir une grande bibliothèque toute à moi offerte, une bibliothèque où j’entendrais l’écho de mes pas, où je me sentirais promeneuse et confidente des feuilles du silence. Ce rêve, aujourd’hui, s’est réalisé. Je rentre chez moi chargée de ces livres qui ont pour mon coeur le poids léger d’un bouquet.
Ma mère et moi déplaçons nos chaises selon le mouvement des nuages devant le soleil.
Soudain, ma mère me demande :
-Qui est cette Autre assise à côté de toi ?
Je lui réponds de ma voix qui se veut la plus calme :
-Mais Maman ! Il n’y a que nous deux !
A moins que… ma mère ne voie une véritable amie d’âme, invisible pour moi qui me sens seule parfois…
Ma mère me donne des nouvelles de ses parents qui ont, paraît-il, loué un studio dans la grande avenue et font leurs courses tous les jours dans la petite épicerie qui n’est qu’à quelques pas d’ici.
Oui, ils sont bien revenus de l’au-delà, plus jeunes qu’autrefois.
Si tu le veux bien , on organisera un déjeuner dimanche prochain, puisque ce sera Pâques.
Tu pourras te libérer, j’espère… Il faut que je prévoie le menu. Et si je faisais un soufflé aux pommes de terre ? Après, on partira pour une promenade…
On est le quatre août mais peu importe. Claire et Pierre s’annoncent à notre porte dès la première note de cloche.
Ma mère s’inquiète de savoir si l’arbre sur la place du village de son enfance a dépassé les tuiles de sa maison.
Puis, elle se plaint que ses ongles sont trop longs.
Alors, je les lui coupe.
On est tranquille. Ils peuvent repousser au rythme monotone des jours
pendant que la mémoire gambade dans un autre temps
J’ai souvenance que mon père, grâce à un montage électrique qu’il avait inventé, programmait qu’une lampe s’allumât toute seule dans l’une des chambres lorsque nous partions longuement en vacances, ceci pour dissuader les éventuels cambrioleurs.
Ainsi, à minuit, une petite lampe de chevet brillait derrière la fente des volets. Le passant pouvait croire la maison habitée.
Mon père est feu aujourd’hui.
C’est pour cela, je crois, que j’écris des poèmes au coeur de la nuit, sous le fêle halo d’une ampoule blanche.
Je veux être, par le mouvement de l’encre dans le silence, cette énergie électrique qui allume une lueur au fond de l’absence.
Vous vous sentez fatigué physiquement, épuisé émotionnellement ? Renouez avec le pouvoir créateur de l’eau.
On ouvre le robinet, on remplit son verre, on prend une douche sans avoir véritablement conscience du caractère précieux et miraculeux de l’eau.
On peut rester des semaines sans manger. On ne peut demeurer, en revanche, plus de trois jours sans boire. Sinon, c’est la mort.
Votre tête se fait lourde ? Vous êtes noyé dans vos soucis ? La lassitude gagne votre corps ? Vous ne pouvez plus créer ? Buvez un verre d’eau ou plusieurs. Cela éclaircira vos idées, allégera votre coeur et vous vous remettrez aussitôt au travail, avec des idées neuves.
Boire entre les repas non seulement facilite la digestion et favorise l’élimination, mais aussi vous purifie de toutes les toxines mentales, psychiques que les autres vous envoient ou que vous secrétez vous-même.
Vous pouvez varier et boire du thé vert – excellent diurétique et détoxifiant -, des infusions ayurvédiques qui réactivent les centres d’énergie – ou chakras.
La douche de lumière est également préconisée pour tous les traumatisés, les victimes de harcèlement moral et de perversion narcissique.
Au cours de la douche le soir, il faut visualiser que la lumière coule sur la peau, les membres et évacue tout ce que l’on a enduré au cours de la journée dans le siphon. De cette façon, les intentions négatives qui ont été projetées se décrochent de l’être et cessent de lui nuire. La douche de lumière est également recommandée après une journée harassante sur le plan nerveux.
Il ne faut pas oublier que nous sommes nous aussi composés à 65% d’eau. Nous participons donc à cet échange énergétique avec l’extérieur.
L’eau est très sensible à l’énergie que l’on émet. Le chercheur Emoto complète les travaux de Benveniste prouvant que l’eau garde la trace des propriétés de certaines substances. Emoto a montré que les molécules de l’eau changeaient selon que l’on émettait une pensée d’amour ou de haine. Les molécules influencées par une pensée de haine se rétractent, se déstructurent. En revanche, les molécules influencées par une pensée d’amour s’unifient, s’harmonisent.
L’eau vive recharge le corps et le psychisme en joyeux magnétisme car elle ne garde aucune empreinte d’intention humaine.
Les eaux stagnantes, en revanche, plombent l’énergie. Il est connu que les maisons qui contiennent un puits ou qui sont construites sur d’anciens marécages nuisent à la santé car de très lourds égrégores (ou amas d’intentions), parfois issus de générations très anciennes, ont eu le temps de salir l’eau dans toute sa composition.
Si, en tant qu’artiste et créateur de votre vie, vous êtes en panne d’inspiration ou que connaissez une phase de dépression, installez-vous confortablement au bord de l’eau dans un coin de nature – source, torrent, fontaine, cascade ou océan.
Ce n’est pas un hasard si des peintres impressionnistes comme Monet ou Manet ont peint la métamorphose des couleurs de l’eau selon les heures. De même, toute la littérature – qu’elle soit romanesque ou poétique – évoque la magie de l’eau. Beaucoup de récits de Maupassant situent le cadre spatio-temporel sur les rives de la Seine ou au bord de la Manche. De même, le chant d’une rivière ou d’une fontaine participe, dans la poésie de Victor Hugo, à d’émouvantes et bucoliques retrouvailles avec l’univers de l’enfance.
Prenez votre calepin de notes ou de dessins.
Installez-vous à fleur de vague, juste à l’endroit où les bulles crépitent sur la terre ou le sable.
Confiez-vous à l’eau. Remettez-lui vos peines et vos espoirs, vos peurs et vos souhaits. Mêlez-y vos larmes.
Puis, prenez votre plume ou votre pinceau. Acceptez tout ce qui remonte à la surface de vous-même, tout ce qui vous envahit, vous enveloppe, vous submerge.
Lâchez prise. Ne retenez rien. Laissez-vous voguer.
Soyez l’eau qui ne contourne pas l’obstacle mais qui danse au-dessus, autour et en-dessous.
Est-ce lorsque j’ai rangé toutes mes poupées ? Ou quelques jours avant, lorsque, dévalant la pente à bicyclette, j’ai senti le soleil monter dans mes reins ?
Ce qui est certain, c’est que je n’étais plus une enfant après la première goutte de sang carmin sur ma jambe…
Et encore, je cherchais le visage des fées dans les édredons des nuages bordés d’or
tandis que rien dans le ciel ne laissait présager cet événement.
Mais pendant que je me baissais pour tracer la marelle à la craie
et que j’y sautais ensuite à cloche-pied, je ressentais une présence dense
tout près de mon coeur. C’étaient – je m’en aperçus au cours des baignades – mes seins naissants.
Laquelle des deux, mon enfance et moi, a quitté l’autre d’abord ?
J’ai seulement souvenance que nos pas, un jour, se sont confondus au moment
d’emprunter le chemin bleu. Puis, je me suis perdue au point
que le toit de la maison s’était échappé loin de mes yeux.
J’ai bien sûr eu peur de ma soudaine indépendance et à mon retour,
bien que l’on m’ait trouvée la même, je m’éprouvais un peu différente.
En septembre, j’étais trop grande pour porter mon manteau d’école
et je l’ai laissé suspendu sur le patère de l’entrée.
C’est alors, je crois, que j’ai pris vraiment conscience de cette absence.
Mon enfance s’en était allée et il y avait désormais entre elle et moi la distance d’une vie
Dans le calme d’aujourd’hui je mire mon âme. Ce jour ressemble aux jours de jadis passés dans la maison de mes feux grands-parents. Le silence m’envoyait le messages des arbres, porté par les ailes d’une mésange. Je n’attendais rien du temps, aucune nouvelle, sinon l’unique événement d’une feuille qui tombait inéluctablement sur la page de mon livre d’images.