J’ai un guide
qui m’aide
à mener
à destinée
le fil
de mon encre
Il se nomme
Blue
Géraldine Andrée
J’ai un guide
qui m’aide
à mener
à destinée
le fil
de mon encre
Il se nomme
Blue
Géraldine Andrée
Lorsqu’il a tout dit,
le poète s’enfuit
dans la longue
nuit.
Mais si l’on se penche
sur son silence,
l’on peut voir,
éclairée
par la lampe
lointaine
des astres,
la frêle
empreinte
de ses poèmes
qui nous mène
jusqu’à notre regard.
Géraldine Andrée
J’écris
Je me crée
C’est moi
le livre
dont les pages
qui se tournent
sont toutes
mes facettes
qui changent
sans cesse
Géraldine Andrée
Le silence
est un ami
de longue
route
qui me montre
du doigt
le bourdonnement
de la rose
quand une abeille
se pose,
la note
de l’oiseau
enfui
entre les feuilles,
le crépitement
de la bulle
à fleur d’eau,
le sifflement
du fétu
que le rire
de la brise
mêle
à la larme
de l’oeil,
le chuchotement
de l’herbe
haute
dès qu’un pas
vient
puis s’en retourne,
et surtout
mon souffle
qu’il me désigne
par ce simple signe
de ma main
qui se lève
juste
devant mes lèvres :
« Chut !
Écoute ! »
Géraldine Andrée
Pour écrire,
je me centre
sur le silence
car j’y entends
le rythme
de mon sang
qui se confond
à l’instant
précis
où le mot
s’écrit
avec le mouvement
d’un autre sang,
celui de l’encre
qui fait battre
le poème
au coeur-même
de ma présence.
Géraldine Andrée

On vit souvent avec pour seuls objectifs « faire », « accomplir ».
Aussi, lorsque l’on écrit son journal intime, on raconte davantage ce que l’on a « fait » dans sa journée que ce que l’on y a vécu.
Et quand on referme le cahier, on peut éprouver du regret, voire de l’amertume : notre récit est plat, « trop quotidien ». Assurément, il manque quelque chose à sa vie. Mais quoi ? Sans doute la Vie elle-même.
Alors, on cherche un événement qui ajouterait du piquant à l’existence. En vain. Il est difficile d’en trouver d’intéressant à relater chaque jour. Et si l’on se met à en inventer, on n’écrit plus sa vie…
Et si, pour mieux vivre, on commençait à écrire sa vie autrement ?
Si, pour mieux écrire sa vie, on commençait à vivre autrement ?
Au lieu de « faire », puis de « raconter », il suffit parfois d’observer, c’est-à-dire prendre le temps de s’arrêter puis de capter à travers ses cinq sens ce qui se passe à cet instant : un rayon de soleil est apparu à l’angle de la pièce, un chat bâille, il flotte une odeur de café dans l’air, on entend tomber une petite goutte dans l’évier, le tissu du nouveau chemisier est doux à porter…
Il y les coups réguliers du marteau dans l’appartement du dessus, la poussière luit sur les meubles, la voisine doit cuisiner une sauce béchamel, une mouche se pose régulièrement sur mon bras, elle s’annonce avec des étincelles bleues, juste avant de bourdonner…
Ensuite, il convient de noter dans son cahier le jour, l’heure et d’élaborer sa petite liste « d’instants observés », sans jugement, sans émotion.
On peut même jouer le jeu de s’acheter un agenda et, au lieu d’y inscrire les rendez-vous, les tâches à achever, noter dans chaque case ce que l’on a « perçu » aujourd’hui.
On devient ainsi le témoin d’un instant, le spectateur du cours du temps, le contemplateur du rythme de ses jours, ces jours qui ne reviendront plus jamais et qu’il faut saisir, vite, avec la pointe de sa plume pour les accrocher au papier.
On aimera, plus tard, relire ces recueils d’instants observés, se dire
« j’étais assis(e) à cette table que j’ai donnée depuis longtemps, le 12 juillet 2020 à 17 heures et mon coude touchait son vieux bois », « au moment où j’écrivais ceci, le thé infusait dans la théière argentée », « j’ai vécu hier comme aujourd’hui », « c’était au temps où j’habitais la maison de la rue Bouchot »…
Dans ce cahier, il ne se passe rien en apparence. Non. Rien n’arrive car tout est inscrit dans cette évidence qui nous rend présents à ce qui est là, bien loin de toute attente.
Géraldine Andrée

Mon poème est loin de moi,
reconnu par d’autres regards,
porté par d’autres voix.
Il entre
sans doute
dans quelque
mémoire,
guidé par la lampe
du soir.
Mais peut-être
qu’il est perdu
dans le noir,
tout seul,
et qu’il cherche
une porte
à ouvrir,
un seuil
à franchir.
Qu’importe !
Mon poème
est ce qu’il doit
être.
Il doit advenir
en sa trace,
aussi frêle,
soit-elle,
comme on attend
simplement
d’un enfant
qu’il naisse.
Géraldine Andrée
La corbeille est aujourd’hui
pleine de fruits
comme l’écho est riche
de cette attente
où s’annonce
un pas supplémentaire
Aime
Rêve
Espère
Géraldine Andrée

Profiter de la vie.
Couper tout lien avec des personnes ou des situations toxiques.
Ne pas travailler trop.
Ne pas amasser d’argent pour rien.
Ne pas vouloir plaire à tous.
Être soi, c’est-à-dire faire ce que l’on aime, ce qui nous passionne, nous fait plaisir.
Lâcher prise sur les gens et les situations qui ne dépendent pas de soi.
Voyager. Découvrir. Explorer. Parler à la nature et aux animaux.
Voir de beaux tableaux, de beaux films. Lire de bons livres. Fabriquer des oeuvres de ses mains. Écouter puis retranscrire la musique des jours.
C’est ce que j’appelle une vie – non pas réussie, mais la vie tout court, la Vie si courte que ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons à travers le temps.
Je m’en souviens quotidiennement.
Géraldine Andrée

Écrire une page puis une autre
Se lever pour préparer un café
Commencer à écrire une autre page
S’interrompre au milieu d’une phrase
Laisser un espace blanc entre deux mots
Comme un peu de ciel entre deux bourgeons
Pour boire une gorgée de café
Puis reprendre le fil du temps le fil de l’encre
Après avoir observé pendant quelques secondes
Un petit nuage de beau temps
Au-dessus de ce point du monde
Géraldine Andrée