Publié dans Berthe mon amie

Un cas concret d’écriture biographique : la rencontre avec Berthe

Je vous transmets, comme modèle de mon travail et en guise d’exemple, un cas concret d’écriture qui a validé ma formation au CNED avec mention Très Bien, rédigé dans le cadre d’un mémoire professionnel.

Je retrace, ici, le contact avec ma cliente qui est une personne âgée et le dessein ou dessin d’écriture qui se dégage de cette rencontre :

***

« J’ai toujours eu peur d’être arrachée aux choses… » me dit Berthe, en versant du thé dans des tasses de porcelaine bleue.

Le salon de Berthe contient tant de souvenirs de sa longue vie… Ici, un buffet profond. Là, un vaisselier en vieux bois de chêne qui craque parfois la nuit, me dit-elle ; près de la crédence sur laquelle sont disposées les photographies de ses petites-filles, une horloge très haute dont le balancier d’or scande les silences entre nos paroles.

« J’ai toujours eu peur d’être arrachée aux choses… Ce sentiment vient des années de pensionnat qui ont déterminé le cours de mon existence. Quand j’étais bien, heureuse dans la maison de Beaujour, je savais que ce bonheur ne durerait pas et que je reprendrais une vie plus triste pendant six longues semaines au sévère pensionnat du Luxembourg. Ces départs et ces retours successifs m’ont appris que rien ne durait, ni le chagrin, ni la joie, ni même l’ennui. Pour cette raison, je me dépêchais, quand j’étais heureuse, de savourer ce bonheur car il pouvait m’échapper, comme les fins de dimanches quand mon père me rappelait qu’il fallait que je fasse vite ma valise pour la pension… »

Berthe est la grand-mère d’une collègue qui s’avère aussi être mon amie. Elle est âgée de quatre-vingts ans.

« J’ai voulu raconter ma vie, quand j’étais jeune, surtout ces années d‘adolescence, vécues entre emprisonnement et liberté ; j’avais même commencé au début de mon mariage un journal intime que je n’ai pas poursuivi. Je l’ai perdu pendant un déménagement. Et puis, vous savez, avec le ménage, les enfants, le mariage… J’ai oublié mon envie d’écrire. Maintenant, je suis trop vieille. Mes yeux ne voient plus bien. Et je me fatigue vite. Pourtant, je n’ai pas envie de quitter ce monde sans avoir laissé une trace, une petite biographie sur mon adolescence… Relire ce récit de vie écrit par vos soins me permettra de comprendre cette nostalgie… Peut-être que je me sentirai plus apaisée, après… »

Je suis d’accord pour écrire un pan de la vie de Berthe. C’est à cette fin que mon amie m’a envoyée près d’elle.

Je dis à Berthe que c’est un peu dommage que ce journal intime ait été perdu, car j’aurais pu partir de ces anciennes pages pour écrire les nouvelles, fidèlement à son souvenir. Il eût ainsi constitué un document précieux.

Berthe s’exclame :
« Oh ! Cela ne fait rien ! Je n’y vois plus bien mais j’ai encore bonne mémoire. Je pourrai vous raconter de vive voix. Et puis… » Berthe fait quelques pas, tourne une petite clé dans le tiroir d‘une table ronde, en sort un album de velours rouge qu’elle ouvre, soulève un voile de papier blanc, glisse délicatement des pochettes transparentes trois photographies qu’elle me tend, d’une main visiblement tremblante d’émotion :

« Tenez ! Je vous les prête pour ce soir ! Vous pourrez les regarder tranquillement chez vous ! Vous me les rendrez demain. »

Le rendez-vous est donc pris pour le lendemain 10 mai après-midi, à la même heure. Je viendrai avec un calepin pour prendre des notes sur cet épisode central de la vie de Berthe, qui dura toute son adolescence : les allers et retours entre la maison de Beaujour et le pensionnat du Luxembourg qui créèrent en elle un profond sentiment d’instabilité qu‘elle voudrait dire afin de mieux l‘exorciser.

Chez moi, sous la lampe du soir, je contemple les trois photographies.
Elles sont en noir et blanc, comme toutes celles prises à l’époque de la jeunesse de Berthe.

Sur la première photo, on voit une grande maison blanche dans un berceau de feuilles ; une allée y mène, bordée de verdure. Au moment où cette photographie a été prise, l’air mêlé de chants d’oiseaux doit bruire, frissonner. C’est l’été. L’allée invite à entrer ici ; d’ailleurs, la grille est ouverte. Il suffirait d’un pas…C’est une photographie baignée de soleil et d’ombrages. Berthe devait être heureuse dans la demeure de son enfance. Sur mon calepin d’aide à l’écriture, je note ces mots : « insouciance », « rêverie », « temps », « cachette », « durée », « éternité ». Bien sûr, ce sont mes mots, ceux que la photographie m’inspire, pas ceux de Berthe ; je ne les utiliserai pas forcément dans le récit de vie que je dois écrire pour la vieille dame, sauf si cette dernière les emploie elle-même, mais ces quelques mots ont le mérite de m’orienter vers une piste d’écriture et la photographie, quant à elle, spatialise la jeunesse de Berthe.

Sur la deuxième photo, s’élève une bâtisse austère, grise, aux fenêtres toutes similaires, entourant une cour au centre de laquelle pose une classe d’une trentaine de jeunes filles vêtues d’uniforme – veste noire, chemisier blanc, jupe de laine noire, collants et souliers épais. Les sourires sur les visages sont figés ; les lèvres sont serrées ; les cheveux sont relevés en chignon. Au deuxième rang, la pointe d’un feutre noir a entouré le visage d’une jeune fille, un peu plus petite que les autres, qui esquisse à peine un sourire ; le regard fixe quelque chose d’indéfinissable, qui se situe plus loin que l’objectif de l’appareil. C’est Berthe.

Je note ces mots : « uniformité »,  « ordre », « rigueur », « obéissance », et aussi « durée », « éternité » qui revêtent, bien sûr, une réalité contraire à celle évoquée précédemment. Sur la photographie précédente, le temps se dilate dans le bonheur ; Berthe ne devait pas le sentir passer. Sur cette photographie, en revanche, le temps doit traîner dans la monotonie, l’abnégation et l’ennui. Telles sont mes impressions visuelles et affectives devant de telles images.

Sur la troisième photo, voici à nouveau Berthe debout devant un guéridon au pied duquel fleurit une plante. Le décor de la photographie est convenu, comme c’était l’usage.

La posture de Berthe est étudiée : la main gauche posée sur le guéridon, la silhouette un peu de biais mais toujours droite. Berthe est vêtue d’une robe blanche, liée par une fine ceinture à la taille.

Elle porte un chapeau où sont accrochées quelques roses – sans doute artificielles. La photographie a dû être prise un jour de fête, un dimanche à la fin du printemps. Du chapeau de Berthe tombe une rivière de cheveux longs et clairs. La jeune fille paraît âgée de quatorze ans ; elle sourit, certes, sans desserrer les lèvres ; mais le sourire est plus accentué que sur la photo du pensionnat. Il creuse d’ailleurs quelques fossettes sur son visage encore poupin. Telle est Berthe qui vit chez elle, en compagnie de ses parents, de sa famille. Telle est aussi la destinée de cette timide jeune fille qui expérimente l’existence dans deux endroits opposés – la maison de Beaujour et le pensionnat du Luxembourg, où le temps s‘écoule si différemment, selon qu‘elle est en vacances ou scolarisée. Je scrute le regard de Berthe. Les yeux sont bleus, un peu rieurs mais j’y décèle encore une pointe de nostalgie. Sur mon calepin, je note : « Berthe, enfant sensible », « je pense qu’elle éprouve un intense désir de liberté qu’elle bride en raison de son éducation d‘alors, celle d‘une jeune fille bourgeoise que ses parents veulent bien ranger. » Si le récit de la vieille dame se confirme lors du prochain rendez-vous, je lui proposerai de mettre en valeur ce profond désir de liberté inhérent à sa personnalité de jadis et qui, parce qu’il était opprimé, éveillait peut-être en son cœur ce perpétuel sentiment « d’arrachement aux choses ».

Voilà un exemple de prise de contact.

Dans le prochain article, je vous montrerai le processus de transcription des souvenirs de ma cliente.

A bientôt,

à la fenêtre des mots.

Géraldine Andrée Muller

Publié dans Ecrire pour autrui

Charte de déontologie de l’écrivain public

Article 1 :

L’écrivain public a une obligation d’impartialité, d’objectivité et de neutralité.

Article 2 :

L’écrivain public est tenu au secret professionnel.

Article 3 :

L’écrivain public n’interfère pas avec les instances juridiques en place.

Article 4 :

L’écrivain public n’empiète pas sur les fonctions juridiques et judiciaires (notaires, huissiers, avocats, juges).

Article 5 :

L’écrivain public conseille le client dans les démarches administratives mais en aucun cas, il ne les accomplit à sa place.

Article 6 :

L’écrivain public ne rédige pas les thèses, mémoires ou dissertations à la place des étudiants. Il relit les pages, les corrige, aide à leur réécriture, à la planification du travail mais il n’assume pas la rédaction de leur contenu théorique.

Article 7 :

L’écrivain public fait preuve d’empathie et d’écoute. A ce titre, il a un rôle de conseil dans le domaine du rédactionnel.

Article 8 :

L’écrivain public s’engage à fournir la prestation écrite demandée, dans le délai imparti, fixé en accord avec le client, et qui dépend de la longueur du travail.

Article 9 :

L’écrivain public fournit au client un bon de commande et un reçu avec le code SIRET de l’entreprise. Pour les travaux conséquents, il s’engage à réaliser un devis pour le client.

Article 10 :

Pour toute prestation écrite, un acompte de 50°/° de la somme est demandé.

100°/° de la somme est exigé une fois la prestation réalisée. Les tarifs sont scrupuleusement ceux affichés dans Mes tarifs.

Géraldine Andrée MULLER,

votre écrivain public.

Publié dans Ecrire pour autrui

Qu’est-ce qu’un écrivain public ?

Le métier d’écrivain public est très ancien. Il date de l’Égypte antique où un scribe assurait cette fonction en rédigeant les actes administratifs, religieux, juridiques et en participant à l’élaboration écrite des pyramides.

Ce métier a ensuite évolué au cours des siècles, l’écrivain public se mettant à disposition du peuple pour faire valoir droits et requêtes. Il jouait un rôle important dans la société puisqu’il était un intermédiaire entre le pouvoir central et les gouvernés.

L’écrivain public a toujours travaillé au milieu des gens, installant souvent sa table d’écriture en plein air, dans la rue. Les odeurs, les bruits, les voix, les couleurs, les aléas météorologiques constituaient le matériau de ses mots.

L’écrivain public est donc ancré dans les préoccupations quotidiennes et le vécu familier des gens.

Il est désigné par le cadi à Mayotte où il règle les problèmes de la vie courante et rédige les actes juridiques.

En France, il existe une distinction claire entre juge, notaire, avocat et écrivain public sur laquelle je reviendrai dans un prochain article consacré à la déontologie de ma profession.

Concrètement, que puis-je faire pour vous en tant qu’écrivain public-biographe ?

Je vous aide à retracer et à formuler votre parcours professionnel en l’adaptant au poste que vous désirez si vous souhaitez la rédaction d’un CV ou d’une lettre de motivation.

Je rédige des lettres administratives en prenant soin de cerner avec vous le problème, son enjeu, ses solutions sans empiéter sur les instances juridiques.

Je corrige tous types d’écrits ; je vous conseille dans le domaine de l’écriture et la transcription de divers documents. Mon métier d’enseignante m’a fourni les qualifications nécessaires pour accompagner un étudiant dans la rédaction de sa thèse ou de son mémoire, sans usurper les fonctions de son maître de thèse.

Je vous invite à mettre vos émotions à distance pour pouvoir précisément les nommer dans le cadre d’un discours, d’un éloge, d’un hommage, d’une lettre amoureuse. L’écrivain public, n’est, certes, ni psychologue ni psychanalyste, mais il exerce dans son métier une certaine fonction thérapeutique par les qualités d’écoute et d’empathie dont il fait preuve.

Je rédige des articles de journalisme et de publicité pour les entreprises, magazines. Je corrige les rapports d’administration.

Par les mots, je vous remets en contact avec la couleur, la voix, la senteur, le visage d’un souvenir. Je fais réapparaître un ancêtre. Je redonne vie à un proche décédé en écrivant sa biographie. Je vous guide verbalement dans la réappropriation de votre passé, de votre mémoire, de vos racines. Je prête à votre voix un langage essentiel, fidèle à qui vous êtes. J’attribue aux voix individuelles une dimension universelle. Je ressuscite votre entreprise familiale dans une fresque historique et sociale. Je retrouve pour vous la trace des disparus et je l’inscris dans le futur. Je dévoile le tableau de votre vie, fidèlement peint ou photographié selon vos paroles. Je compose pour les personnes âgées le puzzle fascinant de leur existence qu’elles pourront contempler, fières de leur destinée.

J’écris depuis mon enfance ; j’ai toujours aidé mon entourage avec les mots et j’ai décidé aujourd’hui de mettre ma passion à votre service.

Je suis polyvalente mais mon domaine de prédilection est le récit de vie, genre dont je suis la spécialiste.

Je vous donne rendez-vous sur mon blog afin que vous puissiez vous familiariser avec un cas concret d’écriture qu’est la rencontre avec Berthe.

A bientôt,

à la fenêtre des mots.

Géraldine Andrée Muller

Publié dans C'est ma vie !

Qui suis-je ? A la fois professeur de Lettres Modernes et écrivain

Géraldine MULLER                                                     Née le 06/0/07/1970
45, Place de la Carrière                                               03 83 39 01 52
54000 NANCY
geraldine.muller268@orange.fr

ECRIVAIN PUBLIC

Production de tous types d’écrits
Spécialités : écriture biographique et poétique

Formation :

2015 : Formation Ecrivain Public au CNED de Toulouse validée mention Très Bien

2008 : Admissibilité à l’Agrégation interne de Lettres Modernes

Compétence : développer mes connaissances théoriques mais surtout mes facultés d’introspection face aux exigences d’un tel concours (Quelles sont mes limites ? Quelles sont mes vraies envies ? Quels sont mes désirs profonds ? )

1992 : Obtention du CAPES de Lettres Modernes à PARIS (75000)

Compétence : développer mes capacités d’enseignement

1991 : Maîtrise de Lettres Modernes à l’Université de Nancy 2 pour le
mémoire L’Expérience de l’Absence et de la Présence dans la poésie
jouvienne

Compétence : allier la sensibilité poétique à la rigueur du raisonnement

1990 : Licence de Lettres Modernes à l’Université de Nancy 2

Compétence : étudier le genre de l’autobiographie et de la biographie avec, comme appui, les théories littéraires de Philippe Lejeune

1988-1989 : Hypokhâgne et khâgne au lycée Henri Poincaré à NANCY (54000)

Compétence : articuler la pensée logique dans des dissertations de trois types (littéraire, historique, philosophique)

Expérience professionnelle :

1993 jusqu’à maintenant : Professeur de Lettres Modernes dans différents collèges et lycées

Compétences :

¨ Animer, surtout en collège, des ateliers d’écriture (nouvelles, poésies, argumentaires)

¨ Apprendre aux élèves à soutenir un point de vue et à l’enrichir

¨ Être en rapport avec le public (parents d’élèves) et se confronter aux problématiques qui découlent de ce rapport (difficultés sociales, surtout) ;  développer des capacités d’empathie et de recul

¨ Corriger des rapports professionnels ; aider l’étudiant à la soutenance dans le cadre d’un enseignement en BTS

Expérience personnelle :

2016 : Publication de mon récit de vie Le Grand Retour aux éditions Edilivre

2015 : Parution d’un recueil poétique à dominante autobiographique intitulé Tu es riche de toutes les gouttes de pluie sous le pseudonyme de Géraldine Andrée aux Éditions Amalthée, réseau distributeur Hachette

2013 : Publication dans la revue belge Bleu d’Encre de quelques poèmes libres et lyriques, extraits d’un recueil à paraître Le Bleu de menthe du silence

1er Prix de Poésie Libre du CEPAL reçu à Thionville (57100) pour le poème lyrique et en prose La petite chambre du Sud

2006 : Publication dans la revue Récits de vie d’une biographie intitulée Libre (sur le thème de l’internement malgré soi)

2005 : Stage sur La mission de vie

1988 : Prix littéraire lorrain pour un poème intitulé Écrire

1977 : « Tout commence par un cahier orange », mon  journal créatif d’enfance

Activités :

Tenir un journal intime tous les jours
Fréquenter les salles d’Art et d’Essai (sensibilité aux sons, aux couleurs, aux ambiances particulières, à l’écriture narrative de ce genre de films