Publié dans Poésie

Tu me dis

Tu me dis
On t’a gardé
la grande
chambre

jusqu’à
aujourd’hui
Et je songe
oui

que j’ai eu besoin
sur mon chemin
de cette vaste
chambre

du silence
où la prière
touche
mon coeur

en le frôlant
dans son envol
comme une feuille
de septembre

Géraldine Andrée
Tous droits réservés@2018

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J’écris pour attraper…

J’écris

pour attraper

ce papillon

échappé

de l’ancien

Japon

et qui s’enfuit

par les boucles

de mes lettres,

ces fenêtres

toujours

ouvertes,

en laissant

des pointillés

d’or

qui scintillent

dans ma mémoire

jusqu’à la prochaine

aurore

Géraldine Andrée

Tous droits réservés@2018

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Le jour férié

Mon rêve est d’ajouter
un jour férié dans la semaine,
un jour dédié aux fleurs,
aux yeux des animaux,
aux jeux dans l’herbe
et aux rires qui s’égrènent
sur le chemin bleu 
d’un poème.
Un deuxième dimanche
en quelque sorte
où le temps se balance
entre les branches
jusqu’à ce que l’heure rouge
du crépuscule
ramène
les parfums 
des jardins sauvages
à la porte.
Dites-moi,
est-ce pour bientôt ?

Géraldine Andrée

Tous droits réservés@2018

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C’est ici

Ma maison apparaîtra par hasard, comme surgie après un clignement de cil au soleil.

Au fur et à mesure que j’avancerai parmi les feuilles du chemin, elle se révélera à moi, grande et forte, avec toutes ses pierres blanches.

La frêle voix de la grille me saluera.

Les herbes hautes se pencheront sur mes pas.

La sonnette fera courir son rire le long du corridor, telle une facétieuse jeune fille qui rentre de jeux.

Et lorsque je trouverai le coeur du silence qui m’attend,

toutes les fenêtres me reconnaîtront en un seul mouvement de persiennes,

comme si mes peines n’avaient tracé nulle ride,

comme si le temps n’était pas passé sur mon visage d’enfant.

Alors, j’ôterai mes souliers, je laisserai tomber mon manteau, cette noire corolle fanée, sur le sol de bois

et je m’écrierai, en toute sincérité envers moi :

C’est ici que je veux vivre !

Ici que je veux accrocher mon miroir de toujours, les tableaux du jardin de jadis et les planches de mes livres !

Géraldine Andrée

L’Encre au fil des jours

My house will appear by chance, like from after a blink of an eyelash in the sun.

As I walk among the leaves of the path, it will reveal itself to me, big and strong, with all its white stones.

The frail voice of the grid will greet me.

The high grass will look at my steps.

The doorbell will make her laugh along the corridor, like a young girl who comes home from games.

And when I find the heart of silence waiting for me,

All the windows will recognize me in a single mouvement movement,

As if my sorrows had not been tracé,

As if time had not passed on my child’s face.

Then I’ll take my shoes off, I’ll drop my coat, this withered black flower, on the wooden floor.

And I écrierai, in all sincerity to me:

This is where I want to live!

Here I want to hang my mirror forever, the paintings of the garden of yesteryear and the planks of my books!

Geraldine Andrée
Ink over the days

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Le trésor

J’ai trouvé

un trésor :

la porte

qui s’ouvre

sur l’or

du chemin

dans le jour.

Géraldine Andrée

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Les rêves

Les rêves sont ce que l’âme a vu avant de venir s’incarner ici. Ces possibilités destinées à se faire Chair, à prendre Vie, à devenir Vérité.

Aussi, ai-je souvent la réminiscence d’un rayon de soleil sur un mur de pierres ocre, du bleu tiède du soir au-dessus des toits, du chat qui s’étire en reconnaissant mon pas, de la brise qui porte les voix rassemblées autour de la table du dîner, des douces dalles de faïence pour le pied nu.

Tout à l’heure, on s’assoira sur le seuil et on discutera en regardant la lumière décliner pendant que s’allume Vénus.

Comment peut-on avoir souvenance de ce qui n’a pas existé en cette vie ?

Parce que je pense que ces souvenirs rêvés représentent le futur absolu que l’âme a contemplé avant de venir s’incarner ici.

Géraldine Andrée
Mon Journal

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Grandeur du minime

Avant

d’accomplir

de grandes

choses,

 

j’essuie

cette goutte

qui perle

sur mes cils.

 

Géraldine Andrée

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Confidences

Toutes mes pensées

un peu tristes,

je les confie

aux feuilles

car je sais

qu’elles les répéteront

à la brise

pour que celle-ci

en fasse

un immense

chant

de grâce.

 

Géraldine Andrée

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Le jardin revenu

Le jardin
qui n’existe plus,
depuis longtemps disparu,
m’est revenu.

Je le vois
par la fenêtre
de mon rêve.

Voici
ses cailloux
qui brillent,

son sapin
d’argent
chatouillant

à l’aurore
le ventre
de la lune

qui tremble
dans un rire
silencieux,

les feuilles
dentelées
de sa haie

où la flamme
blanche
et vive

du chat
feu
se faufile,

le buisson
profond
auquel je confie

la tache
de sang
nouveau

tout en bas
de ma robe
à volants,

le sentier
se déhanchant
jusqu’au cordon à linge,

la vigne vierge
qui se constelle
de points roux

à la fin août
quand le vent
se lève,

et la terre
sous le marronnier
où repose

l’abeille
morte
ivre

des senteurs
de toutes
les fleurs.

Le jardin
s’apprête
à revivre

dans la mémoire
de mon songe,
dans le songe
de ma mémoire.

Est-il possible
que les jardins
évanouis
pensent

toujours
à nous
et que ce soient eux
qui gardent le souvenir

de notre enfance
dans le doux
bruissement
de leur souffle

se prolongeant
d’instant en instant
depuis leur ultime
soupir ?

Est-il possible
que ces jardins
éteints
nous redonnent

comme au temps
de leurs fruits
l’immense goût
de vivre ?

 

Géraldine Andrée

 

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La destination

J’avais noté cette destination sur un cahier que j’ai ensuite rangé dans la longue nuit d’un tiroir.

Puis tant d’années ont passé !

Tant de saisons ont semé leurs fleurs, feuilles, gouttes et flocons sur le souvenir de ces quelques lettres à l’encre noire !

Et voilà qu’aujourd’hui,

j’y suis !

Je reconnais de ce pays

le nom que j’avais tracé dans une sorte de désir sans raison

comme un enfant qui s’adresse à son rêve

dans un coin obscur de la maison.

Quelle joie !

Je crois que l’écriture prédestine la Vie

car elle est la marque de la Foi.

 

Géraldine Andrée