Où aller sinon au bout de ma phrase Que prévoir sinon un jour d’écriture de plus et à celui qui me demande si j’ai des projets en cours simplement répondre que je suis au bon endroit de la page
Qu’importe que je sois en haut en bas au milieu à gauche à droite je vis toujours en mon centre
Il n’y a donc rien d’autre à faire qu’écrire dès qu’apparaît le premier point de lumière
J’écris une lettre à Dieu chaque matin, une lettre où il y a des doléances, des récriminations parfois, des demandes certes, mais aussi des gratitudes et même si la journée n’a pas été top, je peux Le remercier pour un bouquet de soleil dans la rivière qui brillait lors du passage en train, Le remercier pour avoir aiguisé mon attention sur les humbles beautés de chaque jour.
Écrivez cette simple question en haut de votre page :
Qui suis-je ?
Nous l’avons vu, vous êtes bien plus que ce que les gens disent de vous. Les sagesses ésotériques enseignent que nous venons tous de la Lumière, que, selon les mots de Teilhard de Chardin, nous sommes un esprit “venant faire une expérience humaine” dans cette matière terrestre qu’est le corps.
Autrement dit, notre nom, notre visage, notre métier, notre entourage sont éphémères. Nous passons en tant qu’esprits à travers eux pour rejoindre ensuite une vibration immense.
Il est peut-être temps de trouver notre essence…
Si vous étiez un vaste espace, que seriez-vous ? Un océan ? Un ciel ? Un désert ? Une nuit étoilée ? Écrivez un petit texte poétique commençant par Je suis.
“Je suis la nuit qui porte toutes les étoiles. Une seule brille en moi, plus intensément que toutes les autres. C’est l’étoile de ma naissance. Elle m’indique le chemin à suivre ; le chemin à vivre.”
Maintenant, imaginez que vous êtes le tout petit. Que seriez-vous ? Une brindille ? Une pervenche ? Un caillou ? Un cheveu d’enfant ? Un fétu de paille ? Une aiguille ? Une goutte ? Rédigez un petit texte où vous vous inventez… grain, pétale, étincelle flottant dans le très grand – le ciel, l’océan, le désert, la nuit…
“Je suis libre comme un fétu voguant dans le vent.”
Que ressentez-vous ? Notez ces mots-clés : ouverture, liberté, épanouissement, expansion…
Associez-y des sensations : ma poitrine se dilate ; j’ai chaud ; je me sens bien, apaisée, délivrée… Je me gorge de silence…
Coloriez ces mots. Entourez-les. Vous pouvez même les peindre, y associer un dessin ou une image qui vous inspirent…
Voilà. C’est Vous. Votre plume vous a défini de manière plus large que la définition courante que vous vous donnez et que les autres vous donnent.
J’écris pour faire de mon cahier une maison en papier dans laquelle conversent autour de la lampe toujours allumée d’un poème les amis réunis de toutes mes vies
Une fois que tu as obtenu ton Bac de Français, tu prends ton envol. C’est le jour de l’embarquement. Tu te souviens encore du tee-shirt blanc à pois bleus qui dénude tes épaules et dessine ta poitrine naissante. Tu prends l’avion pour des vacances à Sallanches. En vérité, l’avion est tout petit et il y a peu de monde qui monte. « C’est un coucou » comme dit ta mère. Mais peu importe. Tu prends ton envol pour le marché aux fleurs et aux fruits que tu parcours le matin avec ta tante, un panier d’osier à la main. Tu prends ton envol pour le chemin derrière la maison qui fleure bon le gazon. Tu prends ton envol pour le champ d’avoine folle que tu traverses à toute vitesse, juste avant l’orage, pour le sifflement du vent qui t’enivre et dont la force s’apprête à arracher ton livre que tu tiens pourtant serré contre ton sein. Tu prends ton envol pour la chanson de Cabrel, L’encre de tes yeux, que ton oncle te fait écouter près de la lampe à pétrole.
Tu prends ton envol pour les après-midi de pluie qui frappe la mansarde pendant que tu recopies des poèmes que tu ne trouves jamais réussi dans des cahiers neufs et vite salis. Tu prends ton envol pour ton désir de ressembler à la poétesse Marie Noël sans jamais y parvenir, mais tu es si jeune alors ! Tu prends ton envol pour cette journée au lac que tu passeras seule, tes cousins t’ayant abandonnée pour jouer avec leurs copains. Et tu prends ton envol pour chaque grain de sable que tu compteras en les laissant glisser entre tes doigts. Tu prends ton envol pour la conscience que tu as déjà de la vie qui passe et de la solitude qui t’accompagne en tout lieu. Et tu te revois, adolescente qui te sourit de loin aujourd’hui. En vérité, c’est toi qui t’envoles vers elle, en prenant pour ailes ce poème.
Géraldine
Extrait de mon récit de vie inédit La Dernière qui sera publié où quand comment je ne sais