A chaque mot sur la page
ma main prend de l’âge
mais ce que j’écris
J’aime le reflet de la lune dans la rosée du chemin
demeurera toujours jeune
comme si c’était la page du tout premier matin
qu’invite un signe de ma main
Géraldine Andrée

A chaque mot sur la page
ma main prend de l’âge
mais ce que j’écris
J’aime le reflet de la lune dans la rosée du chemin
demeurera toujours jeune
comme si c’était la page du tout premier matin
qu’invite un signe de ma main
Géraldine Andrée

Depuis le décès de mon père et la maladie d’Alzheimer de ma mère, je profite pleinement de la Vie.
Ecrite comme cela, cette phrase peut en choquer plus d’un.
Alors, je rectifie :
Depuis le décès de mon père et la maladie d’Alzheimer de ma mère, je sais la Vie fragile alors je fais tout pour la rendre légère.
Quarante ans ou même quatre-vingts ans passent en un clin d’oeil. Et on se retrouve inéluctablement en deuil. Un jour, viendra mon tour.
Les visages, les voix, les regards s’effacent et il ne reste que les miroirs. On se demande même si on n’a pas rêvé tous ces gens avec qui on a vécu si longtemps.
Alors, je suis attentive au battement d’aile de chaque instant.
Une sortie à l’opéra imprévue avec un vieil ami ? Vite ! Je m’achète un sandwich pour l’entracte et j’y vais.
J’ouvre grand la fenêtre quand il fait soleil. Qu’importe que les insectes entrent.
Et je ne ferme pas les volets s’il pleut. J’aime entendre les notes des gouttes contre la vitre et tant pis si elles laissent ensuite des ronds de silence que mon chiffon devra enlever.
Je lis ou j’écris au coeur de la nuit. Avoir les yeux cernés le lendemain au travail n’est pas très grave.
Je suis libre pour le Grand Amour.
Je craque pour l’achat d’une belle robe, même si cela fait un trou dans mon budget.
Je projette un grand voyage après avoir rénové ma maison. Je n’ai pas oublié l’élan de la première vague de Méditerranée.
Je ne m’encombre plus de gens toxiques qui vous mangent l’âme par petit bout. Hop ! A la porte !
Je ris des bêtises de mes élèves.
Je suis attentive au papillon d’or qui précède ma sortie de l’école.
J’écoute l’Arpeggiata en boucle.
Bien sûr, je pleure encore souvent mais je m’amuse aussi comme quand j’avais dix-sept ans.
Depuis le décès de mon père et la maladie d’Alzheimer de ma mère, je sais que la Vie peut s’envoler à tout instant.
Alors, je la rends légère, si légère,
comme un souffle de lumière.
Géraldine Andrée
Je vis,
même en hiver,
des matins
de printemps
en cheminant
à travers
les feuilles
de mon cahier blanc.
Géraldine Andrée
Ne pas noter les choses importantes
mais celles que j’aime
aussi minimes soient-elles
comme les lueurs des gouttes matinales
sur la rambarde de ma terrasse
Géraldine Andrée
Journal
La guérison est ma priorité.
Le calme. Le repos. Le silence où coule une musique secrète.
Une table ronde sur laquelle m’attend mon cahier ouvert.
A côté, une tasse de thé chaud.
Chaque chose importante est là, en abondance. La sérénité entoure mes mots. L’encre reflète la lumière de ma lampe.
Prendre le temps de respirer, de réfléchir, de méditer, d’être consciente du souffle qui franchit mes lèvres.
Ecouter le frottement de ma plume sur la feuille pendant que bat mon sang.
Quand j’écris, mon coeur devient le choeur de toutes les harmonies.
Quand j’écris, je vis chaque instant à mon rythme.
Changer un mot ou deux
Sauter plusieurs espaces
Laisser un blanc
que viendra plus tard
combler
la juste pensée
Et si l’histoire n’est pas belle pour soi
effacer les phrases
où s’essoufflent les rêves
Gommer les lignes
trop droites
qu’il faut suivre contre son désir
Oublier si c’est nécessaire
tout ce qui a été écrit
les jours sans foi
et puisque rien vraiment
ne s’achève
recommencer
à partir de la rature
car c’est de la pierre
grossière
que rejaillit
l’infini murmure
de la lumière
Géraldine Andrée

Cher journal,
Je ne suis jamais seule avec toi.
Alors, je te suis fidèle comme la mer l’est au soleil. Nous existons au coeur de notre présence mutuelle.
T’écrire est mon seul présent.
Merci, cher cahier, dont la blanche perspective
m’aide à vivre.
Géraldine

Un jour, je partirai.
Je préparerai mes bagages avec ces menus gestes que seul le silence m’a appris.
Je passerai devant chaque seuil sans réveiller personne.
C’est à peine si mon ombre dérangera la lumière de l’aurore sur le carrelage.
Je confierai à l’armoire mes journaux intimes – mon coeur s’étonnera d’être délivré de toutes ces vieilles histoires -, verserai de l’eau jusqu’au bord de la bouteille, entourerai de bleu ciel dans mon rêve le point de ma destinée puis, lorsque le carillon aura sonné son heure ultime,
je disparaîtrai en ne vous laissant comme signe
que le dessin de mon pas
sur la terre fine de l’allée.

En complément à ma conférence sur Le Pouvoir spirituel de l’écriture du 05 janvier 2019, je vous joins la liste de livres sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour ouvrir cette porte sacrée dans la page :
Le journal de la résilience :
Journal d’Anne Frank, J’ai lu
Une vie bouleversée d’Etty Hillesum, Points
Les pages du matin :
Libérez votre créativité de Julia Cameron, Aventure secrète
Le bullet journal :
Journal de la collection Respire : Des projets pour 52 semaines
Carnet de gratitude, collection Hachette Bien-Être
Le Défi des 100 jours de Lilou Macé (Cahier d’exercices pour une vie extraordinaire), Guy Trédaniel éditeur
Site Pinterest pour confectionner son propre bullet journal
L’art des listes :
Notes de chevet de Sei Shônagon, Connaissances de l’Orient, édition Gallimard
L’Art des listes de Dominique Loreau, collection Marabout
Le journal créatif :
Le nouveau journal créatif d’Anne-Marie Jobin, édition Le jour
Pour écrire sur du beau papier, doux comme un grain de peau :
Les carnets Hemingway
Belle écriture à vous !
Géraldine Andrée

Pour cette nouvelle année,
je fais moins de projets,
sinon celui, vaste, de me laisser porter par le temps qui passe.
Mon défi : ne pas m’emprisonner dans trop d’objectifs, qui, non tenus, font naître la culpabilité.
Ne pas m’efforcer de rentrer dans des cases toutes faites. Ne pas oublier aussi qu’on peut se maltraiter dans le développement personnel.
Je veux me laisser guider par mes envies, mes désirs, mes besoins – ma vérité, vraie pour moi et incomparable à nulle autre.
Choisir ce que je veux éprouver, expérimenter. Donner la priorité à mon âme.
Ecouter davantage mon corps, mon intuition.
Ecrire des textes selon mon coeur.
Continuer mon journal bien sûr.
Lire régulièrement des livres de littérature moderne. Relire les livres et revoir les films que j’adore depuis ma jeunesse.
Placer mon énergie dans ce qui me fait vibrer, dans ce qui me donne du plaisir.
Couper tout lien avec les gens toxiques, négatifs, méchants – en un mot, obscurs.
Ne pas me laisser tirer vers le bas.
M’enraciner pour mieux grandir vers le ciel.
Hiberner si cela m’est nécessaire.
Et au printemps, sortir, me promener, me recueillir dans la nature.
Remonter la pente du Crève-Coeur comme quand j’étais enfant, à pied, sans ma bicyclette rouge – car les temps ont changé – et admirer depuis le lavoir ma ville natale.
Ramasser des feuilles, des fleurs et les glisser entre les pages de mon carnet de notes.
Ecrire les textes que j’aime. Partir en vacances – Canaries, Réunion… -. Les étoiles, en effet, me demandent de faire ce grand voyage.
Me rassasier d’eau, de lumière, de vent.
Mon père est parti pour cette vie. Ce qui n’a pas été dit ne le sera plus jamais. Ce qui a été gagné l’est à jamais – j’ai su, par exemple, dans ces derniers jours, à l’occasion d’une promenade dans le jardin, qu’il savait dater l’âge d’un arbre.
Mon père a franchi la frontière mais je peux le faire revenir par l’écriture.
Le fil de l’encre inverse le cours du temps et me ramène mon père.
Ses pas sont devenus des mots.
Il faudra que j’écrive sur le voile de silence qui recouvrit mon visage quand j’appris sa disparition.
Aujourd’hui, le voile s’est levé. Je vais continuer à écrire sur lui, sur moi parallèlement au fait que je poursuive ma vie.
La preuve de cette vie : publier un recueil de poèmes qui lui seront dédiés – cette année ou plus tard. C’est mon seul projet qui prendra bien tout son temps car rien ne presse face à l’éternité.
Je souhaite une belle année à toutes celles et tous ceux qui passeront par hasard ici
et je vous dédie pour bien la commencer cette chanson intimiste de Sting
Shape of my heart
Géraldine Andrée