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Comment savoir si je vais bien ?

Comment savoir si je vais bien ?

C’est parfois si peu évident !

Alors, je le demande à la page au lever du soleil

et ce sont des conseils à l’encre claire qui apparaissent

comme

Bois beaucoup d’eau,

laisse une mèche de libre pour le souffle de la brise d’aujourd’hui,

suis le chemin de ton intuition,

écris-moi davantage

ou tout simplement

RESPIRE !

Tu as tout le temps.

Le ciel ne disparaîtra pas derrière ta fenêtre.

Quelle chance que tu as d’être !

Géraldine Andrée

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Ce qui me fait du bien dans mon quotidien, c’est

  • d’écrire le matin auprès d’une tasse de café bien chaud, de sentir sous ma main la page douce comme un duvet et de voir la lumière se refléter dans l’encre de mes mots pas encore secs.
  • de me promener au gré de mes envies, de mes intuitions et prendre en photo sur mon portable tout ce que je rencontre – un forsythia en fleur, une ombre qui s’allonge ; en vérité, la mienne…
  • d’écrire dans mes blogs en écoutant une musique de méditation comme celle de Tim Wheater, par exemple – j’ai ainsi l’impression de rentrer dans ma maison de toujours.
  • d’aller dans des conférences et de prendre des notes dans mon petit carnet de connaissances.
  • de lire au soleil d’été, cachée entre les herbes ou sur un banc à l’écart. Pareil : prendre des notes de mes lectures ou si le livre m’appartient, dessiner des Coeurs dans la marge, en face des passages que je préfère.
  • de prendre conscience de ma respiration quand j’effectue les tâches les plus anodines comme faire la vaisselle…
  • d’aller au cinéma le dimanche matin, à la séance de 10 h 30. M’entendre marcher dans la rue déserte. Ainsi, cet écho, c’est bien mon pas ? C’est encore mieux s’il y a du soleil. Je partage alors mes envies avec la lumière. J’emporte un sachet de chouquettes tièdes avec moi, que je mange en toute discrétion…
  • de faire brûler un bâton d’encens en hiver, à cinq heures. Je regarde les volutes grises onduler dans la clarté de la lampe : bercement du silence.
  • de danser seule avec mes morceaux préférés : les chansons d’Indila sont irrésistibles. J’aime sentir le rythme couler dans mes hanches.
  • de rester longtemps dans mon bain et quand il se refroidit, faire ruisseler de l’eau chaude en écoutant son murmure. Cela m’apaise !
  • d’improviser un dîner avec des amis, dans un petit restaurant tout simple.
  • d’effectuer toutes mes tâches difficiles le matin et me rendre compte qu’il me reste toute la journée de libre, la conscience tranquille !
  • de regarder des vidéos spirituelles sur mon ordinateur ou de lire au coeur de la nuit. Un autre temps m’enveloppe. Je fais partie du rythme naturel de l’univers.
  • de contempler le ciel étoilé d’une rambarde au bord de la mer à Majorque.
  • de mettre ma première robe d’été et de sentir son frôlement autour de mes jambes quand je marche.
  • d’essayer plusieurs parfums chez Adopt. Rentrer dans le magasin en me promettant que je n’en achèterai qu’un et, finalement, en acheter trois.
  • de dormir tard et noter mes rêves au réveil. J’ai la sensation que j’ai d’autres vies concomitantes.
  • de remplir mon carnet de gratitudes et saisir sur chaque feuillet le mouvement d’ailes des synchronicités.
  • de téléphoner à une amie à laquelle je n’ai pas parlé depuis très longtemps : tout accueillir, les bonnes comme les mauvaises nouvelles. Connaître le prix radieux de sa voix.
  • de m’asseoir et ne rien faire. Ou rester debout sur ma terrasse à observer les métamorphoses du paysage dans le jour.

Et Vous ?

Géraldine Andrée

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Cinq faits majeurs de ma jeunesse

  • Un clair après-midi de juin où ma grand-mère est décédée. Je savais que je perdais une confidente, une âme soeur. Le week-end précédent, j’étais allée cueillir des cerises. Le matin de son décès, la prof de sciences physiques qui ne m’appréciait pas particulièrement m’a regardée partir lentement. J’ai senti son regard sur mon cartable. Le chagrin m’avait déjà enveloppée mais je l’ignorais encore. En rentrant pour le déjeuner, j’ai appris la nouvelle. J’ai su par ma mère que quelques jours avant son départ, ma grand-mère lui avait confié son inquiétude : je n’avais toujours pas mes règles !
  • Deux mois après son décès, au plein coeur de l’été, alors que je dansais follement avec ma corde à sauter, j’ai senti cette chaleur au creux de mes jambes. La surprise de découvrir plus tard qu’Elles étaient là ! Taches brunes comme des pétales de roses fanées sur le blanc sentier. Je n’imaginais pas que cela pouvait m’arriver à moi qui aimais tellement demeurer en enfance. Je n’éprouvai rien de spécial. Aucun bouleversement qui m’indiquait que j’étais une femme. J’avais toujours envie de jouer. Il n’y avait rien – sinon la pointe douloureuse de mes seins sous ma robe. Pourquoi faire autant d’histoires pour ça ? Ces chuchotements de femme, cette gêne, ces mouvements furtifs ? Pas de quoi fouetter un chat ! J’avais pourtant l’impression que mon corps m’échappait dans sa moiteur. Bien plus tard vint la douleur.
  • Le harcèlement scolaire que mena contre moi une certaine Ghislaine. J’allais en classe la peur au ventre. Elle jetait mon cartable dans la cour, le vidait, écrasait mon goûter, éparpillait les stylos de ma trousse. Je restais muette, par peur des représailles. Comme cette Ghislaine savait qu’elle me terrorisait, ses brimades allèrent crescendo. Elle monta tout un groupe de copines contre moi qui « m’attendaient à la sortie pour me buter ». Mes résultats scolaires baissaient. Je survivais malgré tout. Je voulais disparaître dans les profondeurs de la forêt derrière la maison. Un soir, je rentrai chez mes parents, les boutons de mon gilet complètement arrachés. Je ne pus admettre de me faire punir. Je dénonçai la coupable à mon père qui alla voir la Directrice. Cette fille fut exclue de l’école, je crois, ou en tout cas de ma vie. La clé de ma délivrance ne m’avait été tendue que dans le courage d’un seul nom, la force d’une seule phrase : « C’est Ghislaine qui m’a fait ça ! » J’entrevis le formidable pouvoir de libération des mots.
  • J’avais la poésie, heureusement. Je m’achetais des cahiers pour écrire de beaux poèmes. Je notais sur la première page à l’encre turquoise Anthologie ou Morceaux choisis. Mais très vite, je raturais mon cahier car je n’étais jamais satisfaite d’un vers, d’une rime, d’une image. Alors, je recommençais un autre cahier. J’aimais l’odeur de sa couverture et de ses pages neuves, signe de tous les commencements. Je me souviens des lampes jaunes de la Bibliothèque de ma ville natale où je feuilletais avec une envie mêlée de fascination les recueils d’Anna de Noailles, d’Emily Brontë. Je voulais écrire comme ces femmes. Je me consolais de ma solitude au rythme des Chansons et des Heures de Marie Noël. La lecture de Rimbaud fut une fulgurance. Avant de m’endormir, je m’en allais avec lui sur les sentiers bleus d’été. Le blond de sa chevelure rivalisait avec la couleur des foins roulés dans les prés que, dans mon rêve, nous traversions ensemble. J’ai moins aimé la deuxième partie de sa vie. Ce n’était pas romantique du tout, d’avoir une jambe coupée au retour d’Abyssinie. Un dimanche glacial de novembre, j’allai chercher mon prix littéraire pour mes premières Poésies. La photo du journal fut accrochée sur les murs de la salle de permanence de mon collège. Je figurais sur l’estrade où les prix avaient été remis, si petite, si frêle dans ma robe jersey ! Belle revanche !
  • Le jour où je pris l’avion toute seule pour me rendre chez ma tante dans les Alpes. La joie de survoler ce patchwork coloré qu’était le paysage ! Je ne savais pas alors que cette première fois annoncerait tant d’autres voyages inscrits dans ma destinée. Je crois que j’ai vraiment grandi ce jour-là. Je me souviens du chouchou bleu qui reliait mes cheveux et du doux frôlement des mèches dans mon cou, remuées par le vent lorsque je descendis sur le tarmac. J’étais fière d’avoir traversé le ciel. Je me sentais à mon tour pousser des ailes. J’étais l’amie de la légèreté.

Géraldine Andrée

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Cinq faits majeurs de mon enfance

Le jour où j’ai découvert que je savais lire.

Je me promenais en voiture avec ma mère et je pouvais déchiffrer les panneaux. J’ai senti alors que j’avais un immense pouvoir sur le monde. Celui-ci était moins effrayant, moins mystérieux. Cette découverte fut le résultat d’un long processus. J’apprenais à lire et à écrire dans la blonde lumière de la véranda en été. Je me souviens de la collection des magazines Miko – un ours en peluche brun à qui il arrivait plein d’aventures et qui m’avait initiée aux mots.


Le jour où j’ai écrit mon premier poème.

Il commençait par « Si j’avais… » et j’y inscrivais une liste de mes rêves – comme aujourd’hui ! J’ai ensuite pris mes crayons de couleurs et j’ai fait un dessin à côté – une maison, un nuage dansant devant le soleil et une verte vallée. C’était un cahier orange que j’ai interrompu puis repris en y notant mes poèmes plus tourmentés d’adolescente. J’ai coutume de l’appeler dans ma mémoire Le Cahier de mes sept ans.


Les vacances chez mes grands-parents paternels.

Ils m’emmenaient à Cora pour m’acheter plein de jouets que je voyais scintiller avec joie sous leur emballage doré. J’écrivais en plein coeur du mois de Juillet une lettre au Père Noël. Je me souviens aussi du jour frais de Pâques où je devais trouver les oeufs qu’ils avaient cachés – là sous une feuille, ici derrière le hibou de pierre. Je me réjouissais d’apercevoir de loin la lueur de leurs couleurs.


Les après-midi d’été quand mon voisin pointait le fusil de sa fenêtre et tirait sur quelques oiseaux du jardin – Pan ! Pan !

Je voyais les oiseaux tourbillonner et tomber, ailes écartées. Je retrouvais plus tard leur tache de sang dans l’herbe. Ce voisin m’épiait derrière le grillage. Je sentais son regard peser sur mon cou, mes épaules, mes hanches de petite fille qui ignorait l’existence du vice. Le drame pouvait surgir n’importe quand. N’importe quand le fusil pouvait sortir lentement de la fenêtre et les balles siffler. Cela pouvait se produire quand nous jouions dehors. Un jour, une balle a fait un trou dans le mur blanc des dépendances. J’ai su alors que le mal se donnait le droit de surgir à n’importe quel moment.


Le soir où j’ai dit à table qu’il y avait du feu dans les étoiles.

Je ne savais pas comment je le savais. Une sorte d’intuition qui précédait ma naissance. Mon père s’en est étonné. Il m’a harcelée de questions. J’ai alors pressenti que je possédais, bien cachée en moi, une connaissance qui m’aiderait à traverser les aléas de mon existence. Je pouvais prier mon étoile – elle serait toujours là car son feu brillait en moi !

Géraldine Andrée

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Noter chaque jour le moment et l’endroit

Noter chaque jour le moment et l’endroit où j’écris.
Plus tard, au fil de la relecture de mes pages, recueillir ces notes sous forme de liste et en faire un poème, une sorte de voyage à travers une succession de paysages d’écriture comme, par exemple,

J’écris en ce soir de décembre sous la lampe de mon enfance
J’écris dans le train de 15 h 39 qui démarre
J’écris près du lilas d’avril
J’écris au bord de la lumière de l’aube
J’écris non loin de l’océan qui commence sa marée
J’écris parmi les miettes du croissant du petit déjeuner 
J’écris en cachette pendant cette réunion soporifique de 16 heures
J’écris dans le jardin qu’un ami m’a prêté
J’écris comme chaque vendredi quand l’air se fait plus léger

Aujourd’hui j’ai écrit 
Journal, Bonjour !
Il pleut et je t’écris sur ma petite table ronde derrière le store blanc. Les gouttes ont leur raison d’être comme mes mots.

Toute une liste de vies
à poursuivre…

Géraldine Andrée


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A chaque mot sur la page

A chaque mot sur la page
ma main prend de l’âge
mais ce que j’écris
J’aime le reflet de la lune dans la rosée du chemin
demeurera toujours jeune
comme si c’était la page du tout premier matin
qu’invite un signe de ma main

Géraldine Andrée

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Légère, si légère…

Depuis le décès de mon père et la maladie d’Alzheimer de ma mère, je profite pleinement de la Vie.

Ecrite comme cela, cette phrase peut en choquer plus d’un.
Alors, je rectifie :

Depuis le décès de mon père et la maladie d’Alzheimer de ma mère, je sais la Vie fragile alors je fais tout pour la rendre légère.

Quarante ans ou même quatre-vingts ans passent en un clin d’oeil. Et on se retrouve inéluctablement en deuil. Un jour, viendra mon tour.

Les visages, les voix, les regards s’effacent et il ne reste que les miroirs. On se demande même si on n’a pas rêvé tous ces gens avec qui on a vécu si longtemps.

Alors, je suis attentive au battement d’aile de chaque instant.

Une sortie à l’opéra imprévue avec un vieil ami ? Vite ! Je m’achète un sandwich pour l’entracte et j’y vais.

J’ouvre grand la fenêtre quand il fait soleil. Qu’importe que les insectes entrent.

Et je ne ferme pas les volets s’il pleut. J’aime entendre les notes des gouttes contre la vitre et tant pis si elles laissent ensuite des ronds de silence que mon chiffon devra enlever.

Je lis ou j’écris au coeur de la nuit. Avoir les yeux cernés le lendemain au travail n’est pas très grave.

Je suis libre pour le Grand Amour.

Je craque pour l’achat d’une belle robe, même si cela fait un trou dans mon budget.

Je projette un grand voyage après avoir rénové ma maison. Je n’ai pas oublié l’élan de la première vague de Méditerranée.

Je ne m’encombre plus de gens toxiques qui vous mangent l’âme par petit bout. Hop ! A la porte !

Je ris des bêtises de mes élèves.

Je suis attentive au papillon d’or qui précède ma sortie de l’école.

J’écoute l’Arpeggiata en boucle.

Bien sûr, je pleure encore souvent mais je m’amuse aussi comme quand j’avais dix-sept ans.

Depuis le décès de mon père et la maladie d’Alzheimer de ma mère, je sais que la Vie peut s’envoler à tout instant.

Alors, je la rends légère, si légère,
comme un souffle de lumière.

Géraldine Andrée

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Je vis

Je vis, 
même en hiver,
des matins 
de printemps
en cheminant 
à travers 
les feuilles
de mon cahier blanc.

Géraldine Andrée

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Sans titre

Ne pas noter les choses importantes
mais celles que j’aime
aussi minimes soient-elles
comme les lueurs des gouttes matinales
sur la rambarde de ma terrasse

Géraldine Andrée
Journal

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La guérison est ma priorité

La guérison est ma priorité.
Le calme. Le repos. Le silence où coule une musique secrète.

Une table ronde sur laquelle m’attend mon cahier ouvert.
A côté, une tasse de thé chaud.

Chaque chose importante est là, en abondance. La sérénité entoure mes mots. L’encre reflète la lumière de ma lampe.

Prendre le temps de respirer, de réfléchir, de méditer, d’être consciente du souffle qui franchit mes lèvres.

Ecouter le frottement de ma plume sur la feuille pendant que bat mon sang.

Quand j’écris, mon coeur devient le choeur de toutes les harmonies.

Quand j’écris, je vis chaque instant à mon rythme.

Géraldine Andrée
Journal