Ecrire comme dans l’enfance… Créer, partager… Faire ondoyer et onduler les lignes… Déborder de la marge… Sentir la rencontre entre les grains de la peau et les grains de la page…
Beau voyage !
Géraldine Andrée
L’Encre au fil des jours
Ecrire comme dans l’enfance… Créer, partager… Faire ondoyer et onduler les lignes… Déborder de la marge… Sentir la rencontre entre les grains de la peau et les grains de la page…
Beau voyage !
Géraldine Andrée
L’Encre au fil des jours
Si j’étais une lettre,
je serais le V
de la Vie
qui vibre
dans la voix
du vent
venu
de toutes les rives
pour déposer sa vérité
sur mon cahier vélin.
Et vous,
quelle lettre
seriez-vous ?
Ecrivez-la !
Géraldine Andrée
Ecrire une biographie est un beau projet mais il peut sembler abstrait, surtout s’il est de longue haleine… Concrètement, comment cela se passe-t-il ?
Vous me contactez par le formulaire de contact de ce blog ou par téléphone.
Ensemble, nous cernons le motif de votre écriture biographique (rendre hommage, laisser une trace, léguer un patrimoine immatériel à ses descendants, mieux se comprendre à partir de ses ancêtres).
Nous avons ensuite un entretien soit à mon domicile s’il est proche de chez vous, soit au vôtre s’il est proche et accessible, soit par téléphone, soit par Google Hanghouts ou par Skype pour les longues distances, de région à région, de pays à pays et pour vous éviter d’avoir à payer un prix aux kilomètres que je parcourrais pour venir jusqu’à chez vous, ce qui se révélerait très vite exorbitant – sauf si vous tenez à ce que l’entretien ait lieu dans votre cadre.
Ensemble, nous prenons le temps. Vous prenez le temps de faire remonter les souvenirs et moi, je prends le temps de vous écouter. Ne vous souciez pas de l’ordre de ces souvenirs. Laissez-vous guider par le flux de votre mémoire. Elle sait très bien ce qu’elle fait. Les images ne surgissent jamais par hasard. Si vous avez des trous de mémoire, je peux vous aider à la relancer à partir d’un détail anodin – une couleur, une plante, un nom – ou à partir d’un visage, d’un épisode, d’un lieu.
Je prends des notes de ce que vous dites. Et si vous l’acceptez, je vous enregistre.
Vous payez ensuite l’entretien et la séance d’écriture à venir via Ma boutique ou par ma page Paypal .
Je rédige la séance d’écriture et je vous la propose – soit par envoi électronique, soit par courrier ; dans ce cas, des frais d’impression et d’envoi sont ajoutés, de 5 à 10 euros – tout dépend de la distance et du poids.
Vous me suggérez les éventuelles modifications nécessaires.
Je vous renvoie le texte modifié dans les mêmes conditions que celles décrites ci-dessus.
Lorsque vous vous sentez prêt pour une nouvelle séance, vous reprenez rendez-vous.
Une biographie demande de l’investissement – en temps et en argent.
Mais sachez que c’est vous qui définissez votre rythme d’écriture.
Vous êtes libre de poursuivre ou d’arrêter à tout moment.
Aucun contrat ne vous engage sur la durée.
Vous ne payez aucun forfait mais à la séance.
Une séance se compose d’une heure d’entretien à 50 euros et de l’écriture qui suit à 50 euros. Vous dépensez donc à chaque fois 100 euros.
Si vous voulez faire double séance (deux heures), vous payez 200 euros.
Vous ne payez pas d’avance mais au fil des séances. Je n’applique aucun forfait.
Si vous souhaitez un devis, en cas de travail particulièrement intense, c’est possible mais vous paierez toujours à la séance. Pour information, sachez qu’une biographie complète de 250 pages environ demande 25 séances, soit 2500 euros en tout, mais toujours en paiement fractionné au rythme des séances.
Vous êtes donc libre de disposer de votre temps et de votre argent, de gérer cet investissement comme bon vous semble. Le travail biographique avec moi ne vous emprisonnera pas car les valeurs de la liberté me sont chères.
C’est votre vie que j’écoute et que j’écris.
Je restituerai toujours votre voix – jamais la mienne et ce, dans un constant souci de fidélité envers vos souvenirs.
Si vous souhaitez publier votre biographie, c’est tout à fait possible. Je peux le faire pour vous, soit par le biais de la création d’un blog , soit par auto publication (par e-book ou livre Broché). J’ai déjà publié moi-même certains de mes propres livres et des sites comme Amazon, Chapitre ou des maisons d’édition alternatives comme Edilivre proposent ces services gratuitement. Je m’occupe, en ce cas, de la mise en page et de l’envoi, sauf opposition de votre part. Si vous souhaitez passer par un éditeur classique, c’est possible aussi mais les chances de publication sont plus aléatoires.
Je reviendrai sur nos droits d’auteur dans un autre billet intitulé Charte.
Je vous souhaite de tracer avec plaisir votre vie au fil de ma plume !
A bientôt,
à la fenêtre des mots !
Géraldine Andrée
L’Encre au fil des jours
Ce cahier d’écolier
si sage
en apparence
avec ses lignes
qui vont droit
au bout
de la page
à partir
de la marge
contient
tant de détours
de méandres
de boucles
d’arabesques
de volutes
et d’envols
futurs
que tu te perds
parmi les dessins
à venir
Ce cahier d’écolier
est réservé
aujourd’hui
à un seul dessein
franchir
toutes
les lignes
disciplinées
auxquelles
tu te destines
depuis
ta naissance
en toute
Liberté
Géraldine Andrée
Je suis riche. J’ai une page.
Une page dont la blancheur m’est réservée pour que j’y note mes rêves, mes désirs, mes espoirs, ma foi.
Une page dont l’océan m’attend pour y voguer et voler à la fois.
Une page dont le silence accueille l’écho de ma voix comme la profonde demeure de mon enfance.
Une page dont les mots m’apparaissent telles les primevères sous la neige.
Une page dont l’espace m’apprend à grandir, à prendre ma place, à me mettre à la hauteur de mon âme qui danse sur sa tige invisible.
Une page dont la présence inconditionnelle dans le matin me conseille, me réconforte, m’apaise.
Une page aussi fidèle qu’un miroir qui me permet d’aller à ma propre rencontre.
Une page à laquelle ma naissance m’a destinée – parmi tant d’autres pages.
Une page pour me guider sur ma propre trace.
Une page qui, tranquillement posée au centre de ma table, a la patience de l’éternité.
Une page qui survivra à ma mort ; qui demeurera après mon départ.
Une page qui me prouve que ma vie, bien qu’elle soit éphémère, n’est pas illusoire.
Une page qui me montre que je suis cette étincelle supplémentaire renforçant le dessein de la haute lumière.
Une page qui est le témoin absolu de mon passage.
Une page que je destine à chaque jour.
Une page qui se fait carte céleste quand chaque lueur de l’encre brille.
Une page sur laquelle j’écris cette phrase unique comme un chemin à emprunter, une chance à saisir :
J’écrirai demain ce que je vis aujourd’hui.
J’ai une page. Je suis riche.
Géraldine Andrée
En ce monde,
il n’est nulle clairière,
nul buisson,
nul brin d’herbe
qui n’appartiennent
à un pays.
La moindre feuille,
la moindre fleur,
la moindre frange d’écume
à fleur de terre
sont revendiquées
par une nation.
Je sais,
cependant,
un pays
où tu es libre
d’entrer
et de sortir
à ta guise,
guidé
en chemin
par les signes
invisibles
de la brise ;
un pays
qui te donne
le droit absolu
de traverser
toutes les frontières
puis de revenir,
avec ce pas
alerte
de l’enfance
reconquise
au fil
d’un rire ;
un pays
où tu peux te cacher
parmi les feuilles
des plantes
ou les épis de blé
sans être cherché ;
un pays
où il est légitime
de posséder
un jardin
abondant
en toute saison
sans avoir à montrer
un titre quelconque
de propriété,
sans avoir à déclarer
le nombre
de fruits qui poussent ;
un pays
qui n’attend pas
que tu déclines
ton identité
sur un passeport
en lettres sonores,
mais qui espère
que tu aies
un regard
éveillé
pour l’annonce
de l’aurore ;
un pays
qui ne te demandera
jamais
ton adresse
car il sait
que tu as
ton coeur
– cette profonde
demeure –
bien ouvert
pour faire entrer
quand les nuits
sont longues
et que le temps
est à l’hiver
tous les enfants
qui sont nés
de lui.
Ce pays
unique
en ce monde,
c’est,
mon ami,
la Poésie.
Géraldine Andrée
Comment se fait-il
que les fleurs soient rendues à leurs senteurs,
que le chemin qui mène à la ferme s’élance dans le soleil de la mémoire,
que le souffle des animaux rythme à nouveau les jours,
que l’eau remonte si claire de la sèche nuit du puits,
que le feu visage de Louise se rallume dans le miroir
et que toutes les gerbes recueillies dans les paniers d’osier noirci
enflamment de leurs brindilles le vent de ce soir ?
Comment se fait-il
que les sandales des enfants de jadis sonnent sur l’escalier,
que le rideau de perles dispersées depuis longtemps tinte au moindre passage,
que se rassemblent dans la cour les voix que l’on croyait à jamais évanouies,
que des éclats de rire traversent tous ces yeux qu’un doigt ferma, tels des météores envoyés dans le ciel d’août,
que la croûte du pain craque à fleur de mie
et que la robe du vin brille
comme si l’on venait à peine d’être servis ?
Comment est-ce possible
que la vie m’arrive,
mon Dieu,
de la mort ?
Et c’est à partir
de ce mot
que tu me donnes
en silence
cette phrase
à écrire :
Parce que ta plume
est le prolongement
de ma main,
le mouvement
de mon esprit,
la trace laissée
sur la page d’aujourd’hui
par mon pas enfui.
Géraldine Andrée
Tous droits réservés@2017
Je me souviens de ma solitude d’adolescente quand je tenais un cahier de poèmes juste pour moi-même. C’était un cahier grand format, à la couverture rouge et brillante.
Je me promettais d’y recopier chacun de mes poèmes proprement et définitivement.
Mais lorsque j’en relisais un au matin, il était rare qu’un vers ne me déplût pas.
Alors, je recommençais à écrire le poème. Je lui infligeais toutes sortes de formes, de tournures et de variantes.
A la fin, il prenait sa place au centre de la page et je collais en un feuillet les pages qui avaient servi à le faire naître pour que, plus tard, si jamais une main inconnue ouvrait par curiosité le cahier, elle ne vît pas ces preuves de mon labeur que je ne trouvais guère élégantes.
J’étais exigeante : le poème devait donner l’impression de s’être déposé spontanément sur la feuille comme un oiseau ayant réussi son vol.
Mais Dieu ne destina pas ce cahier à d’autres mains que les miennes.
C’était un cahier sans voix ni regard. Présent offert à un silence prolongé.
Toute seule à me lire, je feignais la découverte.
Je levais les poèmes dans le jour et j’appréciais la sveltesse de leur forme, le reflet d’encre de leurs mots où le soleil se mirait, comme dans une belle eau. Et si mes rimes sautillaient telles des jeunes filles de joie en joie, alors, j’étais fière.
Je posais le cahier sagement fermé sur la table, certaine de le retrouver le lendemain et d’y écrire un autre poème à défaire, à parfaire, au gré de ma volonté.
J’avais beaucoup de courage à l’âge de seize ans. Ce n’était guère facile d’être à la fois juge et partie de ma création. C’était un lourd secret que d’écrire sans rien lire à un auditoire, sans jamais rien montrer.
Mais les jours s’écoulaient ainsi. Je n’éprouvais pas le sentiment de les dépenser inutilement.
J’avais une conscience aiguë de ce que je faisais.
J’étais « celle qui écrit toute seule dans sa chambre ».
Les années ont passé.
J’ai envoyé plus tard mes poèmes à des concours littéraires. Beaucoup ont été primés.
Puis, j’ai tenu des blogs. Aujourd’hui, on trouve mon pseudonyme sur internet.
Et lorsque personne ne laisse une trace de son passage parmi mes textes, lorsque personne ne vient me lire, lorsque tout le monde se désintéresse de mes mots, je me console d’un souvenir.
Elle n’est pas si lointaine, ma solitude d’adolescente, quand je tenais un cahier de poèmes juste pour moi-même.
Ce cahier grand format, à la couverture rouge et brillante, m’a appris l’autonomie, l’indépendance par rapport au regard d’autrui.
Désormais, j’emploie les images que je veux sans me préoccuper de ce qu’un éventuel lecteur pourra en penser.
Je suis libre d’écrire ce que me dicte ma voix intime sans me départir de cette exigence personnelle qui me définit.
Je ne sais ce qu’est devenu ce cahier d’adolescente. Il s’est sans doute perdu au fil des déménagements.
Mais je n’oublie pas qu’il fut mon plus fidèle compagnon de vie.
Et que c’est lui qui m’a élevée à la hauteur de mon désir d’écrire lorsque je levais ses feuilles dans le soleil de mes jeunes journées, pour faire envoler peut-être les poèmes qui s’y étaient déposés.
Géraldine Andrée
Je ne sais pas
ce que je vais écrire
en ce jour
d’Aujourd’hui.
Sait-on
ce que l’on rencontre
au cours
d’une promenade ?
On peut y croiser
un enfant,
un animal,
une pierre de couleur,
un jouet oublié,
la lueur d’un insecte,
une nouvelle espèce
de fleur,
un oiseau blessé
à recueillir
dans la paume
de ses mains…
J’ignore
ce que je vais écrire.
Le poème
est un chemin
qui mène
à tous les instants
avec lesquels
je n’ai jamais rendez-vous,
mais dont je reconnais
toujours
l’importance
et la première note
que je prends
sur mon carnet blanc
est vive
comme le météore
d’une surprise…
J’ignore
chaque jour
ce que je vais écrire.
Voici
le seul titre
certain
par lequel
je commence,
ce matin,
mon voyage
à travers la page :
Aujourd’hui.
Géraldine Andrée
Chaque matin, je commence par ces deux mots :
« Chère page »,
comme je pourrais dire
« Cher ange »
car je sais qu’il est un ange
caché dans le ciel blanc
de toute page
qui écoute en silence
mes demandes les plus grandes
et qui, les jours suivants,
ou je ne sais quand
– peu importe-,
y répond
par une fleur, un oiseau, un murmure de source, une idée, un poème,
un élan qui me porte
et parfois même
une autre question…
Géraldine Andrée
Prologue au cahier du matin