Publié dans C'est ma vie !, Chanson, Poésie

Confidences

Toutes mes pensées

un peu tristes,

je les confie

aux feuilles

car je sais

qu’elles les répéteront

à la brise

pour que celle-ci

en fasse

un immense

chant

de grâce.

 

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Le journal de mes autres vies, Poésie, Toute petite je

Le jardin revenu

Le jardin
qui n’existe plus,
depuis longtemps disparu,
m’est revenu.

Je le vois
par la fenêtre
de mon rêve.

Voici
ses cailloux
qui brillent,

son sapin
d’argent
chatouillant

à l’aurore
le ventre
de la lune

qui tremble
dans un rire
silencieux,

les feuilles
dentelées
de sa haie

où la flamme
blanche
et vive

du chat
feu
se faufile,

le buisson
profond
auquel je confie

la tache
de sang
nouveau

tout en bas
de ma robe
à volants,

le sentier
se déhanchant
jusqu’au cordon à linge,

la vigne vierge
qui se constelle
de points roux

à la fin août
quand le vent
se lève,

et la terre
sous le marronnier
où repose

l’abeille
morte
ivre

des senteurs
de toutes
les fleurs.

Le jardin
s’apprête
à revivre

dans la mémoire
de mon songe,
dans le songe
de ma mémoire.

Est-il possible
que les jardins
évanouis
pensent

toujours
à nous
et que ce soient eux
qui gardent le souvenir

de notre enfance
dans le doux
bruissement
de leur souffle

se prolongeant
d’instant en instant
depuis leur ultime
soupir ?

Est-il possible
que ces jardins
éteints
nous redonnent

comme au temps
de leurs fruits
l’immense goût
de vivre ?

 

Géraldine Andrée

 

Publié dans Actualité, Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies

La destination

J’avais noté cette destination sur un cahier que j’ai ensuite rangé dans la longue nuit d’un tiroir.

Puis tant d’années ont passé !

Tant de saisons ont semé leurs fleurs, feuilles, gouttes et flocons sur le souvenir de ces quelques lettres à l’encre noire !

Et voilà qu’aujourd’hui,

j’y suis !

Je reconnais de ce pays

le nom que j’avais tracé dans une sorte de désir sans raison

comme un enfant qui s’adresse à son rêve

dans un coin obscur de la maison.

Quelle joie !

Je crois que l’écriture prédestine la Vie

car elle est la marque de la Foi.

 

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Du jardin qui fut

Du jardin qui fut,

il ne reste rien :

pas un pétale,

pas un parfum,

 

pas une brindille,

pas un brin d’herbe,

pas une feuille,

pas un grain.

 

Du jardin

qui allume

tous ses feux

dans le matin,

 

il ne reste rien.

Personne

aujourd’hui

n’a souvenance

 

du silence

aux pas

de chat

qui écarte

 

les branchages,

de la blanche

vasque

où tremble

 

le mirage

des ramures

sans qu’on entende

leur murmure.

 

Personne ne sait

le vert incendie

de la tonnelle

au mois de juillet,

 

et la lune

qui pose

son rayon roux

sur les roses d’août.

 

Qui connaît

encore

ces ombres

d’or

 

qui s’allongent

à l’heure

où l’on dresse

la table dehors ?

 

Qui garde

mémoire

des fleurs

rouies

 

en automne,

dernier éclat

avant l’oubli,

et du givre

 

qui luit

pour les Fêtes

de toutes

ses paillettes

 

sur la treille

nue ?

Du jardin feu,

il ne reste rien.

 

Pas une trace

de l’allée

qui mène

les visiteurs

 

à La Demeure.

L’asphalte

de la Zone

a tout effacé.

 

Mais il est

une trace

qui résiste

et qui prouve

 

que le jardin

existe

dans les songes

tus

 

de chacun,

ce poème

qui vous invite

à le suivre

 

jusqu’à

la grille

ouverte

sur le seuil

 

d’une enfance

qu’une seule

bribe

de souvenir

 

délivre

du deuil

par la grâce

définitive

 

d’un soupir…

 

Géraldine Andrée

Tous droits réservés@2018

 

Publié dans Actualité, Art-thérapie, C'est la Vie !, Cahier du matin, Journal créatif, Le cahier de mon âme

Comment être Poète de ta Vie ?

  1. Prends tout ton temps. Regarde la lumière se déplacer de chaise en chaise jusqu’à la tienne.
  2. Respire. Aie conscience que c’est d’abord ton souffle qui chemine.
  3. Ecris dans ton journal, chaque matin. Même si tu n’as rien à dire. Surtout si tu n’as rien à dire car n’oublie pas que le silence contient en germe toutes les créations futures.
  4. Plonge ton regard dans celui de ton chat, ton chien… ou ton poisson rouge. Tu verras…
  5. Chante, danse. Et ne te soucie pas du jugement d’autrui.
  6. Reste debout, bien fort(e) dans ta vérité.
  7. Emprunte les sentiers détournés. Ce sont les meilleurs.
  8. Ouvre un livre sur une page au hasard. Tu t’apercevras que son message te correspond ici et maintenant et qu’il s’adresse… à toi.
  9. Emporte toujours avec toi un carnet de références, d’idées, de croquis… un carnet de fulgurances.
  10. Ne te demande pas à ton lever si tu vas créer et ce que tu vas créer. Songe à comment tu vas créer : par couleurs, notes, jeux de mots, collages ? Quelles sont tes envies, aujourd’hui, simplement aujourd’hui ? Prépare ton matériel sur ta table (stylos, pinceaux, crayons, plumes…)
  11. Recopie une citation qui t’emmène plus loin dans la compréhension du monde et de toi-même et que tu colles à ton miroir ou ton réfrigérateur.
  12. Choisis une nouvelle marque de thé et amuse-toi devant ta fenêtre à lister le nom des senteurs qui le composent.
  13. Utilise tes souvenirs heureux et malheureux pour créer.
  14. Dis-toi que tu as le droit de tout ressentir, que tous tes sentiments sont légitimes, y compris la colère qui peut te guider vers le ravissant rouge phosphorescent qui manquait justement à la toile de ton existence.
  15. Habille-toi en mariant les textures, les tissus, les teintes. Autorise-toi une nouvelle coupe de cheveux.
  16. Fais une salade de fruits en étant conscient(e) du jus, des couleurs, des pépins qui se mêlent dans tes mains.
  17. Colle dans ton cahier feuilles, fétus, brindilles, pétales. Réalise un herbier de ce que tu vis à ta mesure.
  18. Prête attention à toute chose, même insignifiante. Qui sait si le trajet d’une fourmi de grain en grain ne t’inspirera pas demain ?
  19. Va-z-y pas après pas, instant après instant. Sois patient(e). La vie a sa musique parfaite pour toi.
  20. Félicite-toi, y compris si tu as écrit une seule page, affiné un seul accord, trouvé l’équilibre entre deux couleurs en remettant à plus tard la peinture de ton paysage.

L’essentiel est que tu Sois

dans chaque chose que tu Fais.

 

Avec toute ma joie,

 

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Toute petite je

Si tu fais silence

Si tu fais silence

comme jadis

pendant les prières

du dimanche,

 

tu entendras

les mille

notes

de la pluie,

 

lueurs

devenues

après

qu’elles se sont tues,

 

étoiler

la marche

ultime

de l’escalier

 

qui mène

au coeur

du silence

de la demeure

 

de ton enfance

où ton coeur

bat

encore…

 

Géraldine Andrée

Tous droits réservés@2018

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Ecrire comme lorsque j’étais enfant

J’aimerais écrire comme lorsque j’étais enfant, des phrases toutes simples, avec un sujet, un verbe, un complément.

Ainsi,

j’entends l’oiseau, je vois le soleil, je suis mon chemin, je touche les écorces, je goûte le vent, j’apporte mes fleurs.

Ou encore, j’aimerais inscrire sur une vaste page, cette phrase unique :

Je respire.

J’aimerais dire en peu de mots

que chaque instant

est suffisant

pour nous faire grandir.

 

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, C'est la Vie !, Ecrire pour autrui, Je pour Tous, Mon aïeule, mon amie

Le carnet 1944

Entre tes mains, un petit carnet noir, celui de ton feu mari, portant l’étiquette 1944.

Tu le feuillettes et tu cites les chiffres implacables de tous ceux qui ont été emportés par les innombrables convois pour Pitchipoï* à partir de la ville de Cluj**.

Tu donnes la liste des noms qui désignent des visages à jamais disparus.

Puis, tu égrènes les chiffres et les noms de tous les privilégiés qui ont pris le convoi spécial pour la Suisse, tous ces êtres humains sauvés par Kastner, au prix de la vie d’autres êtres humains.

Sur les feuillets, une écriture fine et maîtrisée, à l’encre noire et qui retrace la marche inexorable du Destin.

« Mon mari était fataliste » dis-tu.

Dans ce journal intime de 1944, pas de sentiment. Aucune exclamation d’angoisse, aucune interrogation d’espoir.

Aucune phrase descriptive dont l’ampleur s’abandonnerait à une quelconque subjectivité.

Seulement des faits, une chronologie implacable des événements, le compte précis des jours et des heures menant le futur lecteur à la mort d’autrui.

Un journal universel où se succèdent les noms des décédés comme autant de signatures posthumes.

Ensuite, tu fermes le carnet.

Dans tes yeux, tremblent les lueurs des larmes.

Ce que tu viens de lire nous regarde.

Les mots et les chiffres prononcés sont des yeux qui nous suivent à travers le temps pour que nous retenions à jamais ce qui fut,

car le petit carnet noir de 1944 qu’a tenu fidèlement ton mari feu

est devenu notre Mémoire.

 

Géraldine Andrée

 

*Pitchipoï : le pays lointain,  de nulle part, « vers l’Est », en yiddish.

**Aujourd’hui, Cluj est en Transylvanie roumaine. En 1944, elle était hongroise.

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Ruth Elias

Rescapée des camps d’Auschwitz, Ruth Elias ne voulait plus vivre. Placée en sanatorium pour soigner sa dépression, elle a suivi le conseil de sa psychothérapeute :

« Ecris ! Ecris des lignes pour survivre ! »

Chaque jour, fidèlement, Ruth écrivit.

Et mot après mot, phrase après phrase, point après point, elle reprit souffle.

Elle se laissa regagner par l’espoir.

L’écriture avait fait plus qu’emmener Ruth au bout de chaque page.

Elle l’avait guidée telle une amie vers sa Vie.

 

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Ecrire pour autrui, Journal créatif, Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies, Le poème est une femme, musique, Poésie

Mon dernier-né

Je vous présente https://lire.amazon.fr/kp/card?asin=B07961W34S&preview=inline&linkCode=kpe&ref_=cm_sw_r_kb_dp_9IlzAb72Y2D75 » target= »_blank » rel= »noopener »>mon nouveau recueil poétique Il est un Pays

C’est le premier que je publie en Format Kindle, en indépendante.

Eh oui ! Il n’y a rien de tel que la Liberté ! Je l’ai déjà dit, plutôt écrit ici.

« C’est un Pays qui revient par le souvenir…
C’est un Pays qui chante dans le silence d’un songe…
C’est un Pays qui murmure au coeur l’essentiel de la mer et du ciel…

Ecoute-le ! 

« Fais silence
et songe à l’eau de là-bas qui chante quand elle achève sa danse dans la calanque… »

Le pays n’est jamais perdu. Il demeure en Soi…

Nous sommes nous-mêmes notre propre pays.

Voici ce que ce recueil de Poésies vous murmure au plus près de l’oreille de votre âme…

Entrez par la porte des mots et baignez-vous dans le bleu de l’encre majorquine… Bienvenue !  »

27 pages sur des poèmes qui ont pour inspiration le Sud, l’Espagne, la renaissance, le retour à l’enfance, l’émerveillement, le mystère, l’existence antérieure…

Pour un prix très-très modique, la Poésie entre dans le métro, le bureau, le hall de gare, la salle de classe, le wagon TER.

Le bleu de l’infini efface la fenêtre grise, les nuages, la pluie ou le givre.

Le rythme du vent, la soie de la brise et l’encre de la lumière irisent les jours d’hiver.

L’espace purifie l’âme pendant les déambulations sur les trottoirs.

Je suis fière de ma petite auto publication qui annonce un autre recueil en préparation.

Bienvenue au Pays réalisé parce qu’il fut rêvé !

Namasté !

Géraldine Andrée

PS : La couverture présentée sur le site est temporaire. La vraie sera publiée dans quelques heures, quelques jours… Elle est bien plus jolie, bien plus bijou… Une corolle ouverte. Bien à vous.