Qui es-tu
lorsque tu sors
de toi-même
As-tu déjà
été Toi
pour rejoindre
le monde
Es-tu encore
l'enfant
que tu fus
Es-tu toujours
la femme
que tu es devenue
avec ses secrets
ses désirs
ses brûlures
Une autre
Qui
Est-ce toi
qui vois
les lumières
des vitrines
à sept heures
du matin
ces pigeons
qui picorent
près des bancs
déserts
et qui déposent
la trace
verdâtre
de leur passage
comme preuve
qu'ils existent
aussi
Est-ce Toi
qui détournes
le regard
des sacs
poubelle
de la veille
Ou est-ce Toi
cette femme
qui se rend
au bureau
en talons hauts
et dont le sillage
parfumé
à l'eau
de violette
te suit
jusqu'à la gare
Tu peux entrer
dans ce bistrot
commander
un café-crème
te regarder
longtemps
dans la glace
des toilettes
ôter
cette mèche
devant tes yeux
es-tu sûre
de te reconnaître
Qui dit
qu'il n'y a pas
quelqu'un
quelque part
dans le monde
qui te ressemble
ou qui est
ce Toi
éprouvant
ressentant
vibrant
par tous ses pores
ouverts
Qui dit
que tu n'es pas en quête
de cet autre
toi-même
qui t'attend
ici
dans un immeuble
de cette ville
ou dans une ville
plus lointaine
Moscou
Londres
Auckland
Qui dit
qu'il n'y a pas
un peu de Toi
dans chaque
regard
tels
les fragments
d'un miroir
éclaté
après une dispute
dans une chambre
d'hôtel
et qu'il te faut
reconstituer
patiemment
réunifier
seconde
après seconde
avec du fil
d'or
Toi
comme lui
comme elle
comme nous
tous
nous faisons
de notre mieux
pour vivre
aimer
sentir
notre cœur
battre
au fond
de notre poitrine
Tous nos souffles
se suspendent
sur le même
fil
comme les perles
d'un collier
infini
Alors
peut-être
que tu es
Toi
lorsque
tu ajoutes
ton souffle
à chaque souffle
funambule
au-dessus
du monde
afin que
si l'un
se rompt
sur la terre
l'autre
le prolonge
de fenêtre
en fenêtre
Géraldine Andrée
Catégorie : L’espace de l’écriture
La mémoire au bord de l’écriture
Journal de lecture : Souvenir d’enfance 2
Le 31 Juillet 2025

Par quel mystère Opal affirme-t-elle qu’elle vient de France ?
Ses origines françaises sont-elles réelles ou rêvées ?
Je reconnais à son écriture ses origines nobles : connaissance de noms latins, grecs, d’écrivains, d’artistes, de personnages historiques dont elle célèbre dans la forêt les anniversaires de naissance et de mort (comme Saint Louis).
Ne seraient-ce pas des réminiscences d’une vie antérieure en France où Opal était la fille de parents gentils, aimables, aimants ? Ce qui n’est pas le cas dans sa vie américaine.
Le milieu dans lequel la fillette vit se confronte à l’univers de ses rêves. Et, pourtant, elle sait dépasser cette contradiction pour faire du milieu brutal des bûcherons un espace de magie, de féérie, de poésie où tous les miracles sont possibles. Opal vit davantage sa vie rêvée que sa vie réelle et il me vient cette expression du poète Gérard de Nerval, que j’ai toujours aimée :
« l’épanchement du songe dans la vie réelle ».
J’aime suivre la promenade d’Opal qui part en quête des fées cachées parmi les fleurs et les fougères.
La rêverie d’Opal m’est tellement familière !
Le jardin de mon enfance m’offrait, à moi aussi, des réminiscences de vie antérieure.
Que devenait ma bicyclette rouge ? Une calèche.
Ses roues ? Des chevaux.
Le sentier bleu qui menait jusqu’à la corde à linge ? Mille lieues que je traversais pour me rendre d’un château à l’autre.
J’étais une comtesse en voyage et pourquoi pas, s’il vous plaît, la Comtesse de Ségur qui partait en villégiature pour écrire Les Petites Filles modèles… Il n’y avait rien de présomptueux dans mon imagination ! Je transgressais enfin les limites de ma petitesse.
Mais, avant d’atteindre cette destination suprême, que de distance à parcourir !
Je m’élançais dans les allées, tournais autour du vieux chêne, m’écartais des taillis d’où je craignais que ne surgissent les voleurs de grand chemin, passais de l’ombre au soleil, du soleil à l’ombre et frôlais les rosiers en criant à ma bicyclette :
« Allez ! Mon cheval Tremblecour ! Tu es fort ! Les épines ne te font rien ! »
Quand le soleil basculait derrière la lisière du Crève-Cœur, je faisais halte pour le gîte et le couvert à L’Auberge du chat qui ronfle, la maison de mes parents qui avaient recueilli Félix, le chat gris.
J’élargissais le temps et l’espace, dans ce jardin qui cohabitait difficilement avec la zone industrielle l’encerclant avec l’incessant vrombissement de ses voitures, le roulement métallique de ses caddies de supermarché et les odeurs de la station-essence, tout près du grand sapin qui, j’en suis certaine,
« disait malgré tout un poème »
comme le grand pin,
l’ami d’Opal.
Géraldine
Le verbe de l’herbe : une poésie de Géraldine Andrée
Son rêve ?
S’effacer
dans l’écriture
Que tout le monde
se demande
Où est-elle
donc ?
Que l’aile
tremblante
d’un rayon
de soleil
montre
sa trace
qui se confond
avec les majuscules
des tiges
les virgules
des pétales
de lys
la phrase
saccadée
du chemin
Et que chacun
se dise
À présent
elle est
le verbe
de l’herbe
vive
et ce point
de rosée
qui s’étale
sur le buvard
du jardin
Géraldine Andrée
Écriture et mémoire : hommage aux femmes
Les ateliers d’écriture de Laura Vazquez : Écrire avec Audre Lorde – Les lignes de l’évier
Tu récures
l'évier
toute ta vie
emportée
aspirée
par le siphon
sous le filet
de l'eau
du robinet
Mais tu récures
encore l'évier
L'éponge
verte
dont le dos
se hérisse
râpe
la paume
de ta main
Elle s'accroche
à ta peau
comme tu t'accroches
à ce que tu dois
faire
et bien
faire
pour la propreté
l’art
et la manière
Pourtant
tu as dû
abandonner
tant de choses
ta jeunesse
tes espoirs
tes rêves
ta mémoire
Et même si
ton esprit
est aujourd’hui
happé
par la maladie
de l’oubli
tu n’as pas désappris
les gestes
de toute une vie
Dévisser
le bouchon
de la bouteille
de l’eau
de Javel
puis gratter
la moindre tache
de sauce
ou de café
entre les lignes
de l’évier
balayer
la plus mince
épluchure
traquer
la petite empreinte
jaune
du calcaire
Me tourner
le dos
et faire face
à l’évier
c’est toujours
ce que tu as su faire
Maman
Tu ne sais plus
que certains mots
comme Amour
Demain
existent
Mais tu as gardé
la posture
et le geste
appris
de mère
en fille
Penchée
sur le baquet
soulever
le tapis
de vaisselle
récupérer
un grain de riz
oublié
un pépin
de pomme
brune
qui s’est perdu
entre les rainures
Parfaire
avec la brosse
de crin blanc
l’effacement
de tout souvenir
du dîner
Que tout soit
immaculé
comme
à l’aube
de la conception
Qu’importe
que ce soit
le soir ultime
où je te vois
dans cette maison
Le monde
ton monde
peut bien s’écrouler
Tant que l’équilibre
de la vaisselle
qui repose
sur l’égouttoir
est maintenu
un équilibre
dont tu restes
la maîtresse
suprême
rien n’est grave
Certes
ton mari a quitté la table
pour toujours
tu ne mets plus
les bons noms
sur les bons visages
quand on feuillette
ensemble
l’album de photographies
Mais tu demeures
à jamais
fidèle
aux valeurs
que tes aïeules
t’ont transmises
La fierté
de posséder
une maison nette
qui reflète
l’excellente
ménagère
que tu es
En frottant
sur la trace
de tout ce qui subsiste
tu perpétues
leur hommage
Maintenant
l’évier
est blanc
comme la première
page
d’un cahier
vierge
C’était ton dernier
repas
seule
avec moi
Dis Maman
Où sont donc passés
les rires
de tes enfants
Le lendemain
de ton départ
pour l’Ehpad
je suis revenue
dans la cuisine
J’ai retrouvé
la bouteille
d’eau de Javel
à demi pleine
le grattoir
vert
la brosse
de crin blanc
que j’ai rangés
dans le placard
L’évier
ne sera plus jamais
taché
par notre vie
de famille
Et je suis partie
aussi
Moi je passe simplement l’éponge
interrompant
la longue lignée
des femmes
placées
à contre-jour
parce qu’elles devaient faire face
à leurs tâches
du jour
Et je sors
écrire
au soleil
qui souligne
d’un rai
d’or
un peu
tremblant
les lignes
de ma page
nouvelle
Géraldine Andrée
Écriture : trouver son espace où que l’on soit
Pendant longtemps, j’ai cherché la chambre d’écriture idéale.
Serait-elle à fleur du lac de mon enfance ? La trouverais-je, cachée par les feuillages, au fond d’un vieux domaine ? Ou ses fenêtres donneraient-elles sur ce port italien, le long duquel les pêcheurs déploient leurs filets d’or, à leur retour à l’aurore ?
Un jour, je fus si lasse que j’ai cessé de la chercher. Je me suis contentée d’emporter mon carnet partout où j’allais.
Et j’ai découvert que l’écriture était une chambre en elle-même, dans laquelle je pouvais me réfugier, assise sur le siège d’un métro, dans le brouhaha d’une cafétéria, derrière les vitres opaques d’une salle d’attente.
La page était un haut lieu de silence sacré, où que je sois, y compris dans ce gourbi réservé en urgence, au rez-de-chaussée d’un hôtel bon marché, où j’entendais les fêtards ivres rentrer tard en vociférant.
Son seuil immaculé m’accueillait à la table d’un restaurant de péage, au milieu des miettes de pain et des bouteilles de soda vide, devant un amant laconique.
Je le sais, maintenant : la chambre d’écriture n’existe pas. Néanmoins, ma quête n’est pas vaine.
Il suffit pour cela que je m’avance sans crainte vers le cœur de cette chambre profonde,
c’est-à-dire vers la lueur d’un haïku aussi frêle que des ailes de luciole qui danse sur le monde.
Et je peux l’écrire haut et fort, avec une encre qui vibre :
Je suis au bon endroit,
partout où j’écris.
Géraldine Andrée
Surmonter les abus par l’écriture : un guide pratique
L’écriture comme libération de la perversion narcissique
Elle rentra chez elle, complètement bouleversée par les mauvaises vacances qu’elle avait passées avec lui. Elle ne pouvait croire que le terrible trajet du retour était vrai. Il n’avait cessé de la dénigrer, de la tourmenter pendant tout le voyage. Émotionnellement épuisée, elle songea même à ouvrir la portière et à se jeter sur l’autoroute. Cette perspective la remplit d’effroi lorsqu’elle retrouva le calme de son appartement. À cette heure, elle aurait très bien pu ne plus exister… Elle entendait encore sa voix qui lui hurlait dans ses tympans :
« Puisque tu me reproches d’être un despote, je vais l’être, despote ! »
Comment était-ce possible que cet homme cruel, caractériel, avec lequel elle avait mangé des crêpes au chocolat le samedi après-midi, fait l’amour sensuellement, décidé de la machine à laver commune, projeté d’acheter une maison – LEUR maison – révélât un tel visage ?
Cette phrase, elle l’avait bel et bien entendue – ainsi que ce mot. Ainsi, il exigeait d’elle obéissance, soumission, lui qui lui offrait de belles fleurs…
Pour en avoir le cœur net, elle inscrivit sur son carnet bleu les signes qu’elle n’avait pas détectés, ou plutôt, qu’elle n’avait pas voulu voir : sa moue boudeuse quand elle avait refusé de visiter le marché de Noël, parce qu’elle avait une bronchite ; ses longs silences, parfois ; le fait qu’il lui arrivait de ne pas se laver pendant trois jours, puis il s’approchait d’elle, puant la sueur ; le tri de ses chaussettes sans qu’il lui propose la moindre aide ; ses exigences, comme le devoir qu’elle avait de servir le dîner à dix-neuf heures tapantes ; ses reproches constants – « Il y a des traces sur les tasses », « le fond de cette casserole est noir », « tu n’as pas nettoyé les carreaux depuis longtemps, ça se voit » – ; ses avances pendant qu’elle dormait profondément ; c’était toujours elle qui payait le restaurant… À sa grande surprise, la liste se remplissait rapidement. Elle en était certaine : le visage qu’il avait montré au trajet du retour des vacances était le vrai ; l’autre, celui du parfait gentleman, n’était qu’un leurre, un masque de comédien pour mieux exercer son emprise sur elle, l’annihiler.
Pourtant, quand il frappa à sa porte, trois jours plus tard, pour s’excuser, tout penaud, avec un énorme bouquet de roses dans les bras et lui jurer qu’il ne recommencerait plus jamais, que c’était la dernière fois, elle le laissa entrer.
Elle accepta
ses excuses,
ses justifications,
sa victimisation : « Que veux-tu ? J’ai eu une enfance malheureuse, avec une mère possessive et un père absent ! »,
son bouquet.
Elle s’attendrit tellement sur ce pauvre garçon qu’elle le laissa de nouveau rentrer chez elle.
Elle lui pardonna, reprit leur relation,
jusqu’à la dépression
et au bouquet final :
celui des coups et des humiliations.
Lorsqu’elle l’eut enfin quitté, elle regretta amèrement de n’avoir pas fait confiance à son carnet bleu qui lui aurait épargné beaucoup de jours douloureux, si elle l’avait écouté.
« Elle », c’est vous, c’est moi, cela peut être n’importe quelle femme (ou homme, car il y a aussi des perverses narcissiques).
Pourquoi est-ce que je vous raconte cette histoire ?
Parce que je veux vous montrer que l’écriture peut vous sauver, vous délivrer des liens de la perversion narcissique.

Lorsque vous êtes la proie des griffes d’un pervers narcissique, la première chose à faire est de reprendre contact avec vous-même. Je conçois que cela soit difficile. En effet, vous avez complètement disparu dans les désirs et les projections du pervers. Celui-ci s’est nourri de vous. Il vous a retiré votre substance vitale, comme une araignée avec un papillon qu’elle a piégé dans sa toile. En un mot, il vous vampirise. Vous vous êtes effacé(e) jusqu’à n’être plus rien ou si peu. Vous êtes devenu(e) un pantin au bout de sa ficelle, ou une boule qu’il lance, tantôt à gauche, tantôt à droite, au gré de ses humeurs.
Pour commencer à retrouver une existence, une épaisseur intérieure, je vous invite à vous offrir le cahier le plus beau car, contrairement à ce que pense votre bourreau, vous le valez bien, vous le méritez, après tout ce que vous avez dû endurer ou tout ce que vous endurez encore. Votre main sur le papier, la sensation de son grain, doux et velouté, vous remettra au contact de vos sensations, et donc, de vos ressentis qui ont été gommés, mais que l’écriture thérapeutique peut faire réapparaître.
De même, le cadre de la page vous invitera à retrouver vos limites, les contours de votre terre intérieure. Je vous conseille d’acheter un journal qui se ferme avec une petite clé, comme les diaries d’adolescente, afin de protéger ce pays tellement envahi qu’est votre être de toute nouvelle tentative de spoliation, de violation.
Puis, réservez-vous un instant entre deux sanglots, entre deux doutes ou entre deux frayeurs, pour commencer ce cahier de deuil d’une relation : inscrivez la saison, l’année, votre prénom (très important, car vous vous reliez enfin à votre identité, à votre singularité, à votre affirmation de vous-m’aime/même), avec des feutres de couleurs différentes. En effet, les couleurs ont un impact sur nos émotions et la vibration qu’elles émettent redynamise l’énergie de chaque chakra. Le choix de telle ou telle couleur révèlera le chakra affaibli, souffrant, qui a besoin d’être réactivé.
Ainsi, votre prédilection pour le bleu, par exemple, vous remettra en lien avec le chakra de la gorge, et donc de votre créativité qui demande à être développée, afin que vous puissiez trouver les ressources et les stratagèmes nécessaires pour vous sauver de cette situation.
Vous m’objecterez que vous n’avez pas l’énergie, que vous êtes épuisé(e) (physiquement et moralement), que vous êtes vidé(e), alors, écrire ? Mais vous n’avez rien à dire !
Comme je vous comprends ! Quand on est en état de sidération, on ne peut verbaliser ce que l’on ressent, car le cerveau nous coupe de ce ressenti trop violent, pour nous éviter de basculer dans la folie. Cependant, l’état de sidération face au caractère indicible du traumatisme vous réduit au silence. Or, le silence, c’est ce que le pervers veut : que vous soyez privé(e) de toute parole, c’est-à-dire dans l’incapacité de prendre conscience de ses forfaits (la verbalisation aide le psychisme à cette prise de conscience progressive) et donc, de les révéler. Le silence vous réduit au rôle de victime.
Écrire, c’est ébaucher une conscientisation de ce qui nous arrive, c’est commencer à entrevoir une victoire, une possibilité de s’échapper (au moins psychologiquement, dans un premier temps). Le mouvement du stylo sur le papier est toujours synonyme de progression, car il imprime dans votre inconscient la pulsion de vie, le désir d’avancer. En franchissant l’espace suivant, vous vous projetez vers un avenir proche, puis plus lointain. L’écriture vous permet donc de sortir de l’état de sidération, propre à l’impuissance acquise. En outre, remplir une page signifie que vous commencez à vous remplir vous-même de vous-même, vous qui vous sentez si vidé(e), si dépouillé(e) ! Peu importe ce que cette page contient… Par les premiers mots, les premières gouttes d’encre, vous versez dans votre cœur (que vous pouvez visualiser comme une tasse) le breuvage de votre énergie vitale.
Quand on est encore en état de sidération, nul besoin d’utiliser des phrases littéraires, dont la syntaxe est compliquée. Quelques lignes, quelques phrases simples, des phrases nominales ou adjectivales suffisent. Un excellent exercice consiste à noter quotidiennement la formule suivante : « Aujourd’hui, je me sens… » et d’ajouter une succession d’adjectifs. Si des comparaisons vous viennent, inscrivez-les, mais ne vous forcez pas à les développer, si vous n’en éprouvez ni la force, ni l’envie. Contentez-vous d’une prise de notes rapides, en entourant les mots-clés ou en les reliant par des flèches. Cette mise en relation vous permettra de mieux comprendre, ensuite, pourquoi vous en êtes arrivé(e) là et de retisser un lien avec vous.
Le temps est maintenant venu de creuser avec votre plume les raisons pour lesquelles vous avez entretenu une relation avec un pervers narcissique.
La première raison est que vous dépendez émotionnellement des bons souvenirs que vous avez vécus avec lui. Ces bons moments appartiennent à la phase « lune de miel » qui permet au pervers narcissique de resserrer son emprise. Vous avez vécu des instants parfois si intenses, si agréables que vous vous demandez si l’enfer que vous vivez est bien réel. N’est-ce pas vous qui « prenez tout mal » (comme il a l’habitude de vous le reprocher) ? Et pourtant, ce sont les instants heureux qui ont été un leurre et qui vous ont emprisonné(e) dans une illusion toxique. Comme vous êtes dépendant(e) de l’euphorie et de la montée d’adrénaline qu’ils ont provoquées en vous, vous êtes prêt(e) à endurer les pires tourments pour les revivre ; ce qui vous fait plonger encore plus profondément dans la dépression et le reniement de soi. Un exercice d’écritothérapie va vous éclairer au sujet de votre aveuglement psychique qui vous maintient sous emprise.
Utilisez la tournure « Même si j’ai vécu des moments heureux avec cette personne« , je vis aujourd’hui (et vous énumérez vos souffrances) : « Même si j’ai aimé boire des tasses de chocolat chaud avec lui au bord de la mer les samedis, aujourd’hui, il me trompe et me dit que je ne vaux rien. »
En incluant dans une même phrase les bons et les mauvais souvenirs, vous constaterez le grand décalage entre eux et mesurerez combien le négatif l’emporte sur le positif et qu’il en va de votre vie de ne plus perdre, jour après jour, votre âme, pour récupérer une miette de ce positif. Des tournures comme « je dois bien me rendre compte que« , « il me faut avoir conscience » vous rendront un peu plus lucide et vous permettront de penser enfin par vous-même, ce qui dénouera jour après jour les liens d’emprise.
Dans un second temps, notez dans une liste tous les « drapeaux rouges » ou « red flags » que vous n’avez pas voulu voir et que vous avez minorés parce que vous étiez trop amoureux(se) et envoûté(e) par la phase de « la lune de miel« . « Allons ! Ce n’est pas grave ! vous êtes-vous dit. Qui n’a pas de défauts ? » Il est temps désormais d’être plus lucide. Inscrivez comment ces défauts ont pris de plus en plus d’ampleur, jusqu’à devenir insupportables : « Ses silences sont devenus de la cruelle indifférence ; ses petites moqueries des insultes ; le fait qu’il fouille dans mon portable s’est transformé en confiscation de ce portable, puis en ma propre séquestration. » Définissez vos ressentis, sous forme de sensations physiques et d’émotions, vos réactions : « la gorge nouée quand il rentrait, mon corps était parcouru de frissons, je courais me cacher sous le lit »… L’inquiétude devient de l’angoisse, puis de la terreur… De la peine, vous glissez vers le désarroi, le désespoir, la dépression… Mettez en scène sur le papier les scènes que vous avez vécues avec le pervers narcissique ; théâtralisez ses réactions (pour mesurer combien le pervers était dans l’excès) ; retracez les conversations houleuses, puis les disputes : « Dans une rage folle, me disant : Tu es une nulle. Puis, passant dans l’autre pièce et revenant : – Je vais t’apprendre à être intelligente, moi ! » Les mots mettront en évidence ce que vous avez enduré. Ils vous montreront que ces drapeaux rouges ont bel et bien existé. Et, quand les phares du pervers vous ont ébloui(e) comme un faon, il était trop tard. Vous étiez tétanisé(e), ce qui explique votre impuissance acquise d’aujourd’hui.
Mais il est maintenant grand temps de reprendre votre pouvoir. L’écriture va vous y aider. Prenez conscience qu’il y a entre le pervers et vous un jeu de miroirs. Le pervers ne fait que projeter sur vous ses propres défauts. Ce qu’il vous reproche reflète ce qu’il est réellement. S’il vous dit que vous êtes un(e) incapable, c’est lui qui est incapable : incapable d’aimer, d’avoir de l’empathie… Vous lui servez de miroir puisque vous ne faites que lui renvoyer ses manques.
Mais, en ce qui vous concerne, le pervers est votre miroir inversé. Les reproches dont il vous accable désignent les qualités que vous avez en vous et qui ne demandent qu’à être développées, mises au monde, révélées.
Tracez un tableau en deux colonnes. Dans la première colonne, répertoriez vos prétendus défauts, énoncés dans la bouche du pervers. Puis, dans la deuxième colonne, inversez ce défaut pour y voir la qualité que vous détenez et que vous pouvez expanser en utilisant le « Je« . Ainsi, « tu es nulle, ma pauvre fille ! » devient « Je suis créative. Je vais cultiver cette créativité ! » ; « Tu ne sais pas faire le ménage correctement ! » signifie « Je vais faire le ménage dans ma vie ! Et je vais commencer par toi ! » En procédant ainsi, vous opérez une distance salutaire entre les propos du pervers narcissique et votre psychisme. Écrivez avec une encre de couleur vive en haut du tableau :
Je ne suis pas ce qu’il dit !
Il est temps maintenant de retrouver votre territoire intérieur. En effet, vous existez, indépendamment du pervers narcissique. Vous allez donc vous remettre en contact avec votre propre vibration, votre touche personnelle, la couleur de votre âme, votre signature d’être. Ajoutez une troisième colonne au tableau précédent ou faites une liste à bulles dans laquelle vous inscrirez comment exploiter la richesses de vos ressources, remplir votre puits profond, développer ce qui demande à s’expanser et que le pervers, par ses remarques désobligeantes, vous a montré. Ce peut être élaborer sa boutique personnelle de création de bijoux, jeter l’usagé pour faire de la place au neuf, décorer votre maison, vous inscrire à un cours de yoga ou de peinture, écrire un livre sur votre histoire… Veillez à nourrir votre corps, votre cœur, votre esprit et votre âme chaque jour. Vous prendrez alors conscience que cette difficile épreuve vous ouvre la porte d’une dimension psychique nouvelle.
C’est sur quoi vous focalisez votre regard qui prend de l’importance et qui existe. Si vous pointez le comportement négatif de votre pervers, c’est cette négativité qui remplira votre vie. En revanche, si vous vous focalisez sur le positif en vous, vous améliorerez sans nul doute votre vie. Les mots sont puissants et créent votre réalité, votre vérité. Il est temps d’écrire la visualisation de votre futur.
- Décrivez la personne que vous souhaitez devenir. Faites le portrait de vos qualités (physiques/morales).
- Évoquez les sensations que vous éprouvez dans votre nouvelle vie : comment vous voyez-vous ? Comment vous sentez-vous (aérien(ne), sans entrave, rempli(e) de légèreté…) ? Comment cette liberté se manifeste-t-elle physiquement ? Détaillez vos gestes, vos attitudes, l’aisance de votre corps dans vos vêtements, sa souplesse lorsqu’il bouge, se déplace…
- Mettez-vous en scène dans un endroit qui vous plaît : quel est-il ? Dans quelle région ? Quel pays ? Énumérez tout ce qui rend cet endroit agréable (l’espace, la lumière, la végétation, les sons, les odeurs…)
- Que faites-vous ? Quel métier ? Quelles passions, hobbies, activités pratiquez-vous ? Soyez le témoin de votre épanouissement, de votre succès que vous ne devez qu’à vous-même (m’aime).
- Développez les sentiments positifs qui vous traversent : quelles réactions physiques suscitent-ils en vous ? « Des larmes de joie coulent sur mes joues ; je les sens glisser et laisser entre mes fossettes leur trace chaude…«
- Approfondissez cette visualisation ; revenez-y autant de fois que nécessaire pour la préciser ; dessinez-la dans votre journal ; faites-en un poème ; renforcez-la par des affirmations spirituelles comme « l’Univers pourvoit à tous mes besoins.«
- Et surtout, actualisez cette vision future ; rendez-la présente ici et maintenant, en employant le temps du présent.
Tous ces exercices d’écriture vous donneront la force de partir, de reconstruire votre vie, de vous détacher de votre bourreau. Même si vous redémarrez de zéro, chaque jour vous offrira l’opportunité de progresser vers votre Être véritable. La page vous ouvre une fenêtre de libération, une porte de sortie, une issue de secours. Utilisez-la. C’est votre premier signe de liberté. Bien entendu, vous pourrez y ajouter les prises de conscience venues de vos séances de thérapie, les conseils prodigués par l’assistante sociale, votre avocat. Que ces pages composent le cahier de votre renaissance qui sera le retour à vous-même (m’aime) !

Géraldine Andrée Muller
Biographe familiale-écrivaine privée-écritothérapeute
Si vous désirez guérir avec les mots, rendez-vous sur ma page :
L’écriture comme chemin de guérison

C’est parce que Géraldine Andrée était effacée qu’elle a commencé à écrire. Elle sentait qu’elle avait des choses à dire, mais qui les écoutait ? En grandissant, elle a trouvé une amie dans son journal intime : Miss Blue. Dans le silence de la page, elle se sentait entendue. Dans la blancheur du papier, elle était certaine d’être soutenue. Elle laissait une trace. Donc, elle existait. Il était évident qu’elle avait trouvé sa place. L’écriture a toujours habité sa vie, comme elle a toujours habité l’écriture. Elle en a fait un espace-temps intime et sacré qui fait partie de son quotidien. Au fil des jours, elle a affiné sa pratique et peu à peu, celle-ci lui a prodigué des outils de guérison, pour elle-même, déjà, et pour autrui. Elle a en effet mis ses mots au service de l’accouchement des âmes dans des livres pour autrui, en devenant écrivaine et biographe familiale. Puis, des études en art thérapie lui ont permis de développer des ressources spécifiques d’écriture pour autrui.
Éditions Librinova et Bookmondo ©
L’Art de l’Écriture Éphémère
Écrire sur l’épaule de l’ami
dans le sable à fleur d’écume
dans la terre d’automne
dans le limon que la rivière charrie
sur la toile d’araignée étoilée de rosée
au cœur de la mousse qui recouvre les racines
au milieu des cendres de l’encens consumé il y a un instant
entre les plis du drap que la main du plaisir a froissé
dans la neige que balaie le vent
dans la poussière du chemin après la course des enfants
sur les feuilles qu’un souffle disperse aussitôt
sur ce halo de buée au centre du carreau
dans l’argile que pétrissent ensuite les doigts rapides de l’artiste
Écrire pour être le témoin de son propre effacement
Écrire pour dire la disparition de cette trace
puisque personne ne s’en souviendra
Éprouver ce qui se murmure
dans le cœur des moines tibétains
qui éparpillent au loin
d’une simple foulée
leurs mandalas
qu’ils ont constellés
heure
après heure
de coquillages
de perles
de pétales
et de couleurs
Écrire pour redonner
tout le silence
à l’univers
tout l’univers
au silence
qui a toujours été là
bien avant
le mouvement
de nos lèvres
Géraldine
L’Encre et le Souvenir: Écrire à Nouveau
Il n’y a pas longtemps, une amie, passionnée d’écriture comme moi, à laquelle je raconte que j’ai conservé la vieille machine à écrire de mon adolescence, me suggère :
– Essaie de réécrire avec !
Résignée, j’objecte :
– Mais le ruban est sec !
– Essaie ! On ne sait jamais ! Fais défiler le ruban en tapant comme avant… Si cela se trouve, il y a peut-être quelque part une zone d’encre encore active qui te permettra d’imprimer quelques mots, quelques phrases…
Faire défiler le ruban… Remonter le temps, quand il était neuf… Retrouver mon écriture fertile… Et me voici partie en quête du cœur de l’encre vive…
J’enroule une feuille de papier blanc. Le rouleau noir grince et le papier crisse lorsque tous les deux se rencontrent, comme au cœur de mon adolescence. Au moment où je glisse la feuille dans la machine, il me semble que le temps ne s’est pas écoulé et qu’il a gardé pour moi son encre ancienne. J’approche ma chaise et je retrouve la même posture qu’il y a trente ans, penchée de curiosité sur ce qui s’apprête à apparaître, l’index appuyant sur chaque touche, lentement… Je n’ai rien oublié de ma pose. J’ai conservé intacte la même envie d’écriture qu’imprime chaque mouvement dans ma main – une pulsion, une pulsation, une force instinctive… Et, lorsque j’actionne les touches qui se lèvent et frappent le papier dans un claquement strident, mon cœur bat plus vite.
Qu’est-ce que le temps, sinon un ruban que l’on peut faire défiler dans une attentive et lente rétrospective ? Il me semble que je tape au rythme de mon sang, que j’entre dans cette artère de lumière qu’est la page pour retrouver la source de l’Écriture elle-même, celle à partir de laquelle mon envie d’exister a commencé. À cet instant, je ne suis poussée que par un seul désir : celui de ranimer le cœur de l’encre, de refaire circuler le sang de l’écriture. Tout mon corps me fait signe qu’il est en accord avec le pouvoir de mon intention. Un pied devant l’autre comme si je me mettais en route. Ma main gauche mobilise la touche Espace, tandis que ma main droite actionne les lettres. Mes bras accompagnent de leur rythme cette traversée de la page. Le chariot avance. Je ne souhaite pas taper un texte cohérent. Je sollicite n’importe quelle touche au hasard. Les lettres se succèdent en désordre. Leur scansion qui heurte la feuille est le seul souffle, le seul rythme auxquels je me fie. Le papier défile. Le ruban se dévide. Mon écriture n’est qu’une longue phrase improvisée, sans aucun sens, un chemin invisible que je trace au fur et à mesure de mon exploration dans la neige d’un paysage inconnu. Finalement, où suis-je ? Où en suis-je ? Suis-je la même que lorsque j’étais cette frêle jeune fille ? À mesurer ma fermeté enthousiaste, mon espoir de trouver une destination, mon besoin d’atteindre ma destinée dans l’écriture, je le crois.
Cependant, face à cette nostalgie que j’éprouve devant ce ruban qui tremble – parce qu’il n’est plus assez tendu, plus assez alerte -, je prends conscience que beaucoup de temps a passé. La sonnerie tinte au bout de la ligne : mise en garde que j’outrepasse les limites, que les mots risquent de déborder en dehors du cadre du papier, bien que ma phrase infinie se poursuive dans le vide.
Retour à la ligne.
Le papier se déroule sans rien révéler apparemment de ce que j’attends.
Est-il encore si loin, ce centre névralgique,
d’où l’encre peut jaillir, aussi nette que jadis ?
Et, tandis que j’arrive à la deuxième moitié du rectangle, ma mémoire inscrit dans cet espace de silence mes tout premiers instants d’écriture. Elle me murmure :
– Certes, tu te souviens de ces jours pluvieux où tu as écrit pour la dernière fois sur cette machine ! Tu regrettes ce point final que tu as posé sans le savoir ! Mais, revois les longues heures d’écriture…
Revois les textes de tes quatorze ans auxquels tu as donné naissance, là-bas, à l’ombre de ce marronnier, sous lequel tu t’étais assise avec ta machine, au cœur de cet après-midi d’août. Les feuilles du marronnier projetaient leur ombre grise sur tes paragraphes et tes strophes qui prenaient forme. Relis ces titres : La Lampe à pétrole ; Le Bateau abandonné ; Rencontre avec l’Amie. Tu te souviens de cet excipit ? Si douce est la lueur de ton âme ? C’est grâce à cette machine à écrire que tu as remporté ce concours d’adolescente ! Toi qui croyais que l’on ne te voyait pas, revois la brindille qui tombe entre deux touches et que tu disperses de ton souffle, avant de suivre le cours de ton inspiration ! Ne suis-je pas, moi aussi, ta machine à écrire ?
Tandis que je me surprends à sourire, la feuille glisse tout entière de l’autre côté. Puis elle se détache du rouleau, naturellement. Feuille virginale. Je suis arrivée au bout du ruban. Sans apercevoir le moindre signe.
Bien sûr, je soupire, me résigne… Ce ruban est à jamais aride. Il n’y a plus qu’à l’ôter du chariot et à le jeter. Faire le deuil des regrets, de ce que j’ai bien ou mal écrit ou de ce que j’aurais pu écrire.
Mais, alors que je m’apprête à poser cette page vierge sur la pile, je me penche, mue par une sorte de réflexe, de souhait de vérification instinctif.
Et, que vois-je au centre de la page ?
Un frêle point noir, où se confondent tous les mots que j’ai enfantés avec ceux que j’enfanterai encore, jusqu’au point ultime de ma vie…
Un point minuscule, imprimé par un tout petit peu d’encre qui a résisté, subsisté malgré toutes ces années, sur ce ruban desséché.
Un point petit comme un grain de moutarde, à partir duquel je peux continuer à écrire. Telle est ma foi en la vie.
En effet, même si je me retourne pour constater que tout, inexorablement, s’efface,
et même si j’avance toujours vers le blanc,
tout reste à vivre et, par conséquent, à écrire.
Il me suffit d’insérer entre le papier et le clavier, les mots et moi,
le ruban de l’avenir.
Géraldine Andrée
Voyage Créatif : Éveillez Votre Inspiration
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Te souviens-tu de ces lointaines vacances ?
Il te suffisait de pousser la petite porte du jardin de bon matin pour emprunter le sentier qui menait à la mer, tout ondoyant dans la jeune lumière !
En mémoire, marche lentement sur les pierres.
Ferme les yeux et suis les ombres bleues.
Qu’importe que ton cœur batte plus fort sous l’effort ! Va doucement, car les feuilles de palmier, les premiers grains de sable blanc récompensent ta patience. Tu prends conscience que tu es arrivée par la trace que tu as laissée sur le sentier. Il est temps d’ôter tes sandales et d’avancer vers le berceau des vagues. Tu ne sais pas quand tu atteins la mer : la ligne qui sépare la rive de l’infini n’est pas clairement marquée. Elle ondule, sous le pinceau invisible du peintre suprême. C’est lorsque la première vague frappe ton cœur que tu peux t’abandonner à la nage.
Il en est de même pour la créativité.
Quand tu penses que celle-ci est trop loin de toi, ouvre ton carnet. La ligne qui distingue ton être du monde est finement tracée. Et si tu peines à avancer, fie-toi à l’étincelle de l’instant qui perce les voiles de tes pensées. Fais preuve d’humilité. Va avec confiance et cependant, précautionneusement, guidée par la pointe de ta plume ou de ton pinceau qui touche à peine le papier. Une fois vraiment parvenue à la page, tu n’as plus qu’à te pencher. Ne vois-tu pas à travers elle l’infini blanc, t’invitant à aller à lui, à flotter, telle une étoile de mer, sur le silence ?
Souviens-toi que tout commence par une porte entrouverte. Son seuil t’invite à déposer ta trace qui, lorsqu’elle s’efface et se fond dans l’éclatante blancheur, devient le signe que tu es loin déjà dans ton pèlerinage – touchant ce point où se concentre la goutte d’encre de l’univers.
Géraldine Andrée
