Publié dans Histoire d'écriture, Journal de mon jardin, Récit de Vie

Le carnet du jardin

La pluie
a tellement
gorgé les plantes
qu’il me semble
prendre
en marchant
une infusion
de verveine
et de menthe…

Quelles
sont donc
ces étincelles
pour mes yeux seuls ?
C’est l’herbe
qui s’ébroue
de tous
ses brins
après son bain
dans le premier
rayon de soleil !

Et ces pas
qui laissent
leur empreinte
dans la terre douce,
ramollie
par les averses,
ne sont-ils pas la preuve
que j’écris
le chemin ?

À mon retour,
je dispose
les fruits vermeils
dans la corbeille
et pour la récolte
de mon humble
expérience
du jour,
j’ai comme panier
mon carnet
de notes…

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Sans titre

Je rêve
que mon poème
de ce jour

enjambe
de feuille
en feuille

chaque regard
chaque fenêtre
puis s’élève

tel le lierre
de mon enfance
vers

cet ultime
point de lumière
qui danse

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie, Créavie, Histoire d'écriture, Poésie-thérapie, Récit de Vie

Épilogue comme ultime noyau de pêche

J’aurais souhaité vous dire
que j’ai écrit ces poèmes
en une lunaison

Mais il n’en est rien
Pour tout vous dire
j’ai écrit ces poèmes

par une nuit
de pleine
lune

où je n’ai dormi
qu’une seule
heure

pour ensuite
reprendre
ma plume

et pour qu’à l’heure
où le noyau
de la lune

disparaît
derrière les brumes
de l’aube

qui l’enveloppent
mon premier poème
apparaisse

dans votre Newsletter
et ainsi de suite
jusqu’au vingt-huitième

jour
de Juillet
Je vous remercie

pour votre patience
votre fidélité
et je vous pardonne

pour votre lassitude
Encore un noyau
de pêche

Peut-être
ai-je
perdu

certains lecteurs
en route
Il faut dire

qu’ils furent
plutôt
durs

ces noyaux
Acceptez-les
je vous en prie

comme ils sont
prenez-les
comme les noyaux

des fruits
de la vie
et cueillez-les

sur ce site
au gré
de votre humeur

un par un
ou à foison
car nous faisons

tous
partie
sur cette terre

de la même
récolte
Bien à vous

Géraldine Andrée

PS : Et
Milles mercis à ma psy de cœur et d’écriture créative Rupi Kaur
de m’avoir montré
ce qu’était a peach stone
dans son livre Healing Through Words.

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Ce noyau en moi

Ce noyau en moi
C’est lui que je dois toucher
connaître
découvrir

cœur d’or
pépite de lumière
étoile vibrante
pétale d’astre

déposé
par un souffle
inconnu
sur cette terre

ce noyau qui existait
bien avant ma naissance
recouvert ensuite
par les peaux de l’identité

les couches de la persona
les écorces de l’éducation
et qui repartira
vers là où il est venu

roulant parmi les météorites
suivant l’accélération
de l’hélice
de l’univers

ce noyau
d’où viennent
vérités perceptions
intuitions poèmes

ce noyau
que j’ai souvent ignoré
mais qui était toujours
présent

qui est
à cet instant
où j’écris
ce noyau

me préparant
à devenir fruit
au cœur
de la vie

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie-thérapie, Récit de Vie

Noyau de pêche 44

Ils m’ont enlevé
chacun
une peau
morte
un peu
de mon écorce
les amis
les ennemis
les amants
la famille
par amour
ou par haine
tous
ceux
qui m’ont abandonnée
sciemment
ou qui m’ont quittée
sans le faire
exprès
les morts
comme
les vivants
Mille
mercis
à eux
car maintenant
je sais
que j’ai

un noyau

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie, Le livre de vie, Poésie-thérapie

Noyau de pêche 43

Elles sont finies
les années
de sang

Alors
elle s’achète
un carnet

avec un cordon
pour le nourrir
avec celle

qu’elle est devenue

Géraldine Andrée

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Jouer avec la pluie

Je me souviens comment enfants

nous sortions nous amuser dans le jardin après la pluie

Nous soulevions la mousse du muret

pour pêcher des limaces des escargots

que nous posions sur la ligne de départ

marquée par une branche de coudrier

pour une course à travers la pelouse

Nous faisions la toilette de nos peluches

dans les flaques du sentier

puis nous cueillions des brins d’herbe

des pissenlits encore trempés au soleil

qui étoilaient de leurs étincelles

le cœur en osier de nos paniers

Nous nous disions alors

Voilà la salade de notre déjeuner

à la sauce aigre

-douce

Nous ne nous disions jamais avec regret

en regardant la fenêtre

Zut

Il pleut

car nous savions qu’il nous serait promis

de jouer avec quelques

gouttelettes

et nous étions heureux

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, Récit de Vie

Écrire ou vivre ?

Il est des jours où je me dis :

– Aujourd’hui, j’arrête d’écrire ! Je m’autorise à vivre !

Et je m’aperçois que, quoi que je fasse,

  • Tendre les bras à la vague pour l’accueillir
  • Attendre l’amant dans la chambre qui donne sur le vieux port
  • Suivre la route des pins
  • Mordre le cœur d’un fruit
  • M’étendre après la baignade au soleil

j’esthétise l’instant ; je veux en faire un poème qui se déhanche comme un danseur.

  • La lisière entre la vague et le sable devient en rêve la reliure d’un immense cahier
  • Je me demande ce que je pourrais inscrire comme indicible serment sur la peau de l’autre
  • Je pars en quête d’une encre bleue comme la houle des pins qui se penchent dans le vent
  • J’essaie de trouver la métaphore qui percera l’apparence de ce que je vois pour en atteindre le cœur vibrant, palpitant
  • Je patiente jusqu’à ce que je puisse coucher cette pensée en toute lucidité

Vite, attraper le mot juste qui désignera le pétale de cet hortensia, la lueur de ce lampion dans le crépuscule, la note de cette mouette qui flirte avec les flots.

Je renonce à mon intention de ne pas écrire car je me dis que chaque jour, l’écriture fait de moi un passage qui mène à la vie ; la vie fait de moi un passage qui mène à l’écriture.

Je ne sors pas de l’écriture pour entrer dans la vie puisque je suis la porte ouverte entre les deux ; pour que brille sur son seuil la trace de tout ce qui doit advenir – de la phrase au désir.

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, Récit de Vie

L’instant de cristal

Après avoir écrit dans mon journal intime et lu quelques pages de l’œuvre The Artist’s way de Julia Cameron, je reste là, assise au soleil, fixant sa frêle phrase de lumière bientôt effacée sur la page de la table.

Et je sens que tout est bien ainsi, que rien ne doit rompre l’équilibre précaire de cet instant posé au bord du temps, pas même mon souffle si ténu.

Un songe me traverse :

Tu te souviens ? Une fin d’après-midi dans la maison de G ! Une douce lumière de vacances… Tu contemplais sans penser à rien les guirlandes de fleurs de la toile cirée…

Et soudain, une certitude a surgi : l’intense sentiment d’être uniquement Toi, profondément Toi. Tu t’es interdit de répondre à la question que te posait ta mère pour ne pas dissiper cette plénitude éphémère, ne pas heurter puis briser cet instant de cristal.

Tu revis une expérience jumelle aujourd’hui : te contenter d’être là, au bord de la Vie elle-même, en ayant conscience que lorsque tu prendras ta plume la plus légère pour tenter de raconter ce qui est indicible, ce vase secret qui contient tout ton être se fêlera

de haut en bas.

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie, Créavie, L'espace de l'écriture

Sans titre

Remplis
toute la page
tout l’espace
qu’elle t’offre

Qu’aujourd’hui
ta vie
déborde

Géraldine Andrée