J’ai déposé
ma douleur
sur le seuil
de ta nouvelle
demeure
pour que tu la prennes
dans tes bras
tel un bouquet
de fleurs
et qu’elle flamboie
à ta fenêtre
comme si c’était
la Joie
Géraldine Andrée
J’ai déposé
ma douleur
sur le seuil
de ta nouvelle
demeure
pour que tu la prennes
dans tes bras
tel un bouquet
de fleurs
et qu’elle flamboie
à ta fenêtre
comme si c’était
la Joie
Géraldine Andrée
Ecris ta vie
parce que personne ne peut la vivre à ta place.
Ecris tes rêves, tes désirs, tes projets.
Un seul mot…
Et c’est le point de départ
à l’élan d’une phrase.
Invente tous les futurs possibles,
et choisis parmi eux
celui qui convient à qui tu es,
celui par lequel ton âme doit advenir.
Prends note de tes peines, de tes joies
car ces sentiments sont une boussole
qui te permet d’emprunter
ton chemin de vérité.
Approche-toi du miroir de la page ;
tu ressentiras ta présence.
Passe devant la fenêtre de la page ;
ton souffle s’y dessinera.
Tu dis : Mais je ne sais pas écrire !
Je fais plein de fautes d’orthographe !
Tout le monde va rire !
Aussi, je te le dis :
Ecrire te regarde.
Les mots t’attendent.
Une fois qu’ils t’auront rencontré
dans le reflet de l’encre,
tu verras combien ils te contemplent
et te connaissent.
Alors, tu te pencheras sur tes épreuves
et tu t’exclameras :
Mais c’est ma vérité !
Qu’importe si les autres la contestent,
elle vibre en moi
comme la joie du vent
qui laisse pour trace
toutes les feuilles qu’il a semées.
Puisque tu ne peux effacer le désordre de certaines choses,
écris chaque jour
afin de suivre leur cours,
afin de décider en toute connaissance de cause
du déroulement de ton aventure personnelle.
Ecris ta vie
parce que rien ni personne
n’a le droit de te la dicter.
Géraldine Andrée
Tu veux écrire parce que le temps passe et qu’il te faut garder un souvenir de ce que tu as vécu : l’enfance, le murmure des sous-bois dans le vent, le regard du premier amant, la famille réunie dans le jardin juste avant que l’aïeule ne s’éloigne.
Mais l’encre, c’est le temps. Les mots sont des secondes. Assise, tu ne peux ignorer que le mouvement de ta plume t’emmène toujours vers l’instant suivant.
Phrase après phrase, tu vieillis.
Et si tu atteins déjà minuit, c’est parce que le temps passe trop vite quand tu écris.
Mais peut-être qu’un jour, l’heure de chance sonnera. Quelqu’un trouvera l’un de tes cahiers, parmi tous ceux dispersés lors des déménagements.
Quelqu’un que tu ne connais pas encore, un ami, un petit-enfant prendra le temps à rebours en tournant les pages.
Et il reviendra vers les longs cheveux de l’enfance, le bercement des sous-bois, la peau de l’amant, la joie du jardin, le sourire de l’aïeule – tout ce qui fut éphémère car trop vite vécu, tout ce que la volonté de mémoire des mots ne réussira jamais à ressusciter complètement.
Quelqu’un qui se voudra fidèle à ton espoir initial suivra à son rythme le fil de l’encre,
s’arrêtera puis continuera le chemin, toujours plus proche de ce que tu souhaitais revivre.
Et lorsque le temps sera venu de refermer le cahier, ton lecteur te dira, à toi peut-être disparue :
Bien sûr que cela fut.
Puissance de ce temps du verbe « être » au passé
qui contient en une syllabe toute l’éternité.
Géraldine Andrée
Il me semble parfois que ma vie m’échappe comme un tissu que l’on déroberait de mes mains.
Je me perds tellement dans les attentes, les désirs, les exigences d’autrui que ma vie ne m’appartient plus et même pire, ne me regarde plus.
Alors, j’ouvre mon journal. Je marque l’espace de la page. Je me redonne une place, une dimension, un pays. Ma plume porte ma voix en silence sur le chemin des lignes et ce n’est pas en vain car il reste une trace de ce voyage.
Peu importe ce que les autres en feront. Moi, je sais qu’elle me mène à MA destination.
En faisant miens les mots que j’emprunte, je redécouvre mon nom, ma signature, ma personne – ce mouvement de ma main qui témoigne de ma vibration unique.
Et c’est Tout.
C’est Tout ?
Oui, une seule page est amplement suffisante pour me réintégrer dans l’univers.
En écrivant, je retrouve le fil de ma vie.
Géraldine Andrée
Sometimes it seems to me that my life escapes me like a fabric that is being used in my hands.
I lose so much in expectations, desires, demands of others that my life doesn’t belong to me anymore and even worse, don’t look at me anymore.
So I open my diary. I mark the page space. I give myself a place, a dimension, a country. My feather carries my voice in silence on the path of the lines and it is not in vain because there is still a trace of this journey.
No matter what others do. I know she leads me to my destination.
By making the words I borrow, I rediscover my name, my signature, my person – this movement of my hand that testifies to my unique vibration.
And that’s it.
Is that all?
Yes, one page is ample enough to reintegrate me into the universe.
By Writing, I find the thread of my life.
Geraldine Andrée
Prends soin de ta Vie comme d’une jeune plante. Surveille la germination, la pousse, l’éclosion.
Il existe de nombreux moyens de faire fleurir ta Vie : la méditation, la gymnastique, la marche, le yoga, la peinture, la musique.
Toutes ces pratiques appartiennent à un seul domaine : la botanique de l’âme.
Moi, ma botanique, c’est l’écriture.
Je tiens un petit carnet et je note au jour le jour comment ma Vie s’épanouit : je veille à l’arroser à des heures précises, je surveille la santé des graines, l’apparition du bouton d’or, puis l’éclat de la corolle.
Je suis vigilante en ce qui concerne la moindre tache, la moindre menace de fenaison précoce, le moindre signe d’assèchement.
Mes mots accompagnent ma Vie. Aussi vifs que les rayons du soleil, ils l’encouragent.
Je veux que ma Vie soit haute et vigoureuse car je l’ai définie ainsi.
Tu peux, toi aussi, écrire ta botanique de l’âme.
Prends, si cela te plaît, un petit carnet ; note tout ce qui fait du bien à ta fleur intérieure : quelle musique, quelle couleur, quelle ambiance de qualité ?
Les plantes – c’est connu – poussent mieux dans le calme et la paix. Offre par conséquent à la tienne le présent du silence à fleur d’eau.
Ainsi, la page sur laquelle tu te pencheras au jour le jour sera la fenêtre qui te montrera ton infinie éclosion, quelle que soit la saison.
Géraldine Andrée
En regardant
les grandes
cartouches
d’encre
où tremble
le reflet
de la lampe
du soir,
elle songe
aux mots
qui naîtront
de ce noir
épais
et informe
comme
la nuit.
Elle rêve
à la silencieuse
parole
qu’elle sculptera.
Pendant
toute
son enfance,
on lui a dit
qu’elle était
incapable.
Maintenant,
elle sait
qu’elle s’apprête
à accomplir
une chose
capitale :
rendre
corps
à tout ce qu’on efface,
tout ce qu’on fait disparaître ;
donner
une expression
à l’inaudible
respiration.
Géraldine Andrée
Les poètes
ne sont pas
morts
Il demeure
de leur voix
que l’on croit
enfuie
loin
dans la nuit
le feu d’or
d’une feuille
qui éclaire
notre pas
jusqu’à la prochaine
aurore
Géraldine Andrée
C’est ma vie. Je veux en faire une oeuvre de Beauté, de Bonté, de Vérité.
Noble tâche !
Mais il y a les aléas, les tracas, les embûches, les obstacles. Les velléités. De moi et des autres. Parfois la boue, les sanglots, les larmes, le découragement.
Alors, il me faut franchir les obstacles, continuer la route, contourner les pièges – avancer, même si mes pieds se sont blessés dans les ornières. Qu’importe la trace de mes pas. Seul compte le prochain pas que je vais faire.
C’est ma vie. Je l’écris chaque jour.
Mes choix, mes acceptations, mes refus, mon libre arbitre lui donnent une ligne directrice que j’essaie de suivre aussi sur mes pages du matin.
Je fais signe à l’Univers au milieu de l’océan blanc de mon cahier :
Je suis là ! Tu me vois ?
C’est ma vie.
Et je suppose que, vus d’en haut, mes mots sont de minuscules points bleus, de frêles feux que je lance pour être reconnue par Dieu.
C’est ma vie.
Beaucoup m’ont dit dans mon enfance :
C’est ta vie. T’en fais ce que t’en veux.
Ce n’est pas vrai.
On ne fait pas ce qu’on veut de sa vie. Croire le contraire est une illusion dangereuse.
Il y a les déviations, les ralentissements, les accélérations, les bifurcations, les priorités, les croisées de chemin sans aucune indication.
Les rencontres que je n’aurais pas dû faire, les aveuglements, les fausses amours, les trahisons, les erreurs d’étourderie – ou plutôt d’insouciance.
J’apprends, j’hésite, je trébuche, je tâtonne, je rectifie.
Certes, je suis l’auteure de ma vie mais il y a beaucoup de ratures, de changements, de brouillons, de recommencements.
Autant de signes que le manuscrit est bon, me dit l’éditeur.
C’est ma vie de Vérité. C’est la Vérité de ma vie, cette trouvaille que, plus on ajuste, plus on est dans le Juste pour soi.
Tant pis si je ne connais pas toutes les vérités.
L’essentiel est que je vive comme j’écris : avec sincérité.
Et que tous mes ratés en soient la preuve.
C’est ma vie, à chaque jour un peu plus neuve.
Géraldine Andrée
Lire, écrire, aimer, rire.
Quatre verbes qui me donnent la vie
à chaque instant.
Tant qu’il restera la musique et la poésie consolatrices,
la Vie renaîtra, lueur surgie des cendres.
Garder foi en la Beauté.
Géraldine Andrée
Journal