Publié dans Journal de mon jardin, Poésie, Poésie-thérapie

Il y avait là, jadis, une fontaine

Il y avait là, jadis, une fontaine…
Ses notes berçaient
des pétales, des feuilles,
des fétus d’herbe, des grains de pollen

et son reflet
faisait danser avec lui
le jour
qui luit.

Ils ont muré
la bouche
de la fontaine
et de son chant,

il ne reste
désormais
aucune trace
sinon celle

de ce poème
qui se fraie
un chemin
dans le silence…

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Créavie, Le cahier de la vie, Le journal de mes autres vies

Sans titre

Dans cette vie, j’écris.
J’avance au fil de l’encre.
Dans une autre vie,
je confectionnerai des cahiers.

Je coudrai des pages
toutes ensemble
avec des fils
presque invisibles

pour que les autres
retrouvent
en ces feuilles reliées
le fil de leur vie.

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Créavie, Grapho-thérapie, Journal de ma résilience

Lettre à l’enfant intérieur

Beaucoup d’entre nous ont abandonné leur enfant intérieur.
C’est comme si, préoccupés par les exigences de la vie, ils l’avaient oublié dans un orphelinat ou un pensionnat.

Et si nous lui écrivions, par cet après-midi d’hiver, une lettre d’invitation pour de grandes vacances ou un long séjour ?
Prenons du beau papier à lettre.


Écrivons sur l’en-tête son prénom (le mien est Angello).

Cher Angello, mon enfant,

Premièrement, demandons-lui pardon de l’avoir délaissé. Expliquons-lui les raisons, très sérieuses et cependant fausses, de notre conduite envers lui. Faisons amende honorable.
Puis, annonçons-lui en majuscules de couleur que nous serions très heureux de le serrer à nouveau sur notre cœur.
Décrivons-lui sa maison, la chambre où il pourra, comme autrefois, continuer à faire des rêves.
Proposons-lui des activités insouciantes.

Que veux-tu, Angello ?
Que l’on reprenne notre collection de coquillages ?
Que l’on chausse de hautes bottes pour marcher dans les feuilles mortes ?
Que l’on donne un sobriquet à chaque nuage qui passe ?
Que l’on saute dans les flaques ?
Que l’on modèle des visages avec de la pâte tendre ?
Que l’on colle de grands posters dans ta chambre ?
Que l’on achète un large chapeau de magicien ?
Que l’on dénoue le sachet de billes sur le tapis ?
Que l’on appelle une fée si tu as la fève ?
Que l’on danse jusqu’à perdre le souffle ?
Que l’on se perde avec plaisir dans les buissons ?
Que l’on fasse une fugue au clair de lune ?
Que l’on contemple jusqu’à minuit la voûte céleste ?
Que l’on écrive un message ensemble sur la buée de la fenêtre ?


Adressons-lui une liste de propositions qui lui semblera infinie.
Traçons sur notre lettre un long chemin de découvertes.

Nous verrons peut-être se raviver dans le reflet de l’encre des cauchemars que nous avons refoulés. Dans ce cas, promettons à l’enfant d’être là, et de l’aider au matin à dessiner ce terrible dragon pour que ce dernier sorte de lui et qu’ainsi, à jamais figé sur le papier, il ne l’embête plus.

Je t’ai acheté, Angello, une myriade de confettis, des guirlandes, du papier doré qui bruit.
Toutes les choses agréables de jadis t’attendent
car après toute cette vie, tu n’as pas grandi.


Enfin, signons la lettre de notre nom de père ou de mère.
Notons notre adresse sur l’enveloppe
puisque c’est à cette adresse que se situait l’orphelinat ou le pensionnat
qui redeviendront une vraie demeure
pour notre enfant intérieur.
Le cachet de la poste fera foi.

Géraldine Andrée

Écrivons une lettre à notre enfant intérieur !





Publié dans C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Journal de la lumière, Journal de silence, Poésie, Poésie-thérapie

Mon entourage

Lorsqu’il n’y a plus personne,
je m’entoure de mots
tels que « jardin », « lumière »,
« beauté », « source »,
« enfance »,
des mots qui éclairent
mon regard
quand ils voyagent
de la page
à mes lèvres,
des mots
dont le murmure
précède
le poème
et qui deviennent
enluminure
du silence.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Poésie-thérapie

La page blanche

J’aime
la page blanche
car je me demande
ce qu’elle s’apprête

à me révéler
si j’avance
en toute
confiance

et si je disperse
par ma trace
sa vierge
présence :

quelle pervenche,
quelle souche
quelle racine
peuvent apparaître ?

Peut-être
qu’elle cache
quelques
graines

pour les futures
semences…
Alors,
je prends note

des possibles
de la page
blanche
et j’en fais un poème

pour le jour
où je sentirai
que l’inspiration
est absente.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Poésie-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Tu n’as pas disparu

Tu n’as pas disparu
cachée que tu es
entre deux mots
d’un poème

serpolet
et verveine
là juste
sous la virgule

qui luit
telle une aile
minuscule
au soleil

Géraldine Andrée

Publié dans L'alphabet de l'herbe, Poésie-thérapie

Sans titre

Je veux disparaître
dans un poème
de Claude Roy
où bat
à bas bruit
à fleur
d’herbe
et de limon
juste
à l’instant
où apparaît
la première
note
de la source
le cœur
inaltérable
du monde

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Poésie-thérapie

Le plus beau poème

Le plus beau poème
est celui qui me comprend
à travers le temps

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Poésie, Poésie-thérapie

Le pays

Je rêve d’un pays où je pourrais déposer mes bagages et me dire :

Je suis.

Un pays de vérité où mon reflet dans l’eau serait fidèle à moi-même ;
Un pays où seul le silence me ferait exister ;
Un pays où j’aurais conscience que le moindre brin d’herbe, le moindre fétu bougent sous mon souffle ;
Un pays où la terre accueillerait mes pas après la pluie.

Il me semble retrouver ce pays quand j’écris.

Le temps d’une phrase, d’une page,
le temps m’oublie.
Je vis sur une rive loin du monde.

Mais l’autre vie m’appelle.
Il me faut effectuer la traversée à l’envers,
sortir de ma maison, de moi-même,
quitter du regard ma lueur de plus en plus lointaine
pour marcher dans les lumières de la ville.

Et de ce pays quitté
je garde le souvenir d’un sentier
que je fais poème
afin d’y revenir
quand je me sens étrangère
là où je suis.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de la lumière, Poésie, Poésie-thérapie

Couvre-feu

Le feu palpite
en chaque mot
de poésie

que certains tentent
de cacher
dans la nuit

Mais le feu couve
le feu persiste
frêle lueur d’or

qui nous fait signe
pour que chacun existe
jusqu’à l’aurore

Géraldine Andrée