Ecrire comme dans l’enfance… Créer, partager… Faire ondoyer et onduler les lignes… Déborder de la marge… Sentir la rencontre entre les grains de la peau et les grains de la page…
Beau voyage !
Géraldine Andrée
L’Encre au fil des jours
Ecrire comme dans l’enfance… Créer, partager… Faire ondoyer et onduler les lignes… Déborder de la marge… Sentir la rencontre entre les grains de la peau et les grains de la page…
Beau voyage !
Géraldine Andrée
L’Encre au fil des jours
Un foyer
où l’on entend
crépiter
le feu
dans la nuit,
tinter
les notes
de la pluie
sur les tuiles,
craquer les feuilles
sous les souliers
de l’ami
qui passe le seuil…
Un foyer dont le couloir
se constelle
des pétales
des promenades,
dont miroirs
et tableaux
conversent
en silence
pendant qu’on mange
parmi les hautes herbes,
là-bas, à la lisière
de la clairière
et qu’on songe
chacun
en son secret :
Qu’est-ce
qu’ils se racontent
donc,
Louise
et le miroir
entouré
de perles ?
Qu’importe !
Cela ne nous regarde pas !
Un foyer qui rutile
au soleil
quand juin met fin
à l’école,
dont les ustensiles
brillent
au réveil
dans la cuisine.
Un foyer
qui fleure bon
la lavande
que tu recueilles,
le miel
du marché,
la mie chaude
du pain
que tes mains
enveloppent
dans du linge
blanc
comme si c’eût été
un nouveau-né
dans ses langes
et que tu apportes
avec la carafe
de vin clair
pour le signe de croix
du dimanche.
Un foyer
dont la pendule
prend tout son temps
au-dessus
de la crédence,
bat la mesure
avec confiance
en la seconde suivante.
Un foyer
où il ne peut rien
t’arriver,
où la vie
touche
tout ce qui rit
et bouge
avec des gants de soie.
Ce foyer,
j’y retourne
encore une fois
ce soir.
C’est
ma mémoire.
Géraldine Andrée
Ton nom ne volettera plus de nos lèvres à ton visage
Tes taches de rousseur luisent encore dans notre mémoire
Mais bientôt quelques-unes s’éteindront
car de nuit en nuit nous oublierons leur nombre
Et bien plus tard après ton départ
nos noms ne voletteront plus des lèvres de nos enfants à nos visages
Il n’y aura pour témoignage de la couleur de nos cheveux
que les futures mémoires
qui de nuit en nuit oublieront le tiroir des mèches rassemblées
C’est ainsi
Le temps passe
La vie va
Mais bien longtemps après
il demeura toujours
nos signatures
que nos souffles mêlés
au vent traceront
en courbant les herbes
déliant les nuages
étirant les branchages
et ce sera pour le monde l’annonce
que tous nos noms
recommencent leur voyage
vers d’autres visages
Géraldine Andrée
Il est des livres qu’on lit lentement, qui absorbent notre esprit chaque soir pendant toute une année car tel est leur intérêt, s’apparenter à un grand voyage.
Et lorsqu’on franchit la dernière page, qu’on atteint le mot ultime dans la nuit, on se sent éclairé d’une vaste expérience,
comme si on avait abordé ce qui n’était au départ qu’un petit point parmi tant d’autres sur la carte du monde,
mais à partir duquel à présent
la vraie vie commence.
Géraldine Andrée
L’Encre au fil des jours
Image : Fritz von Uhde (1848-1911); Devant la porte de la véranda
***
There are books that we read slowly, which absorb our spirit every night for a whole year, because that is their interest, it is like a great journey.
And when you cross the last page, you reach the ultimate word in the night, you feel enlightened with a vast experience,
As if we had dealt with what was initially only a small point on the map of the world,
But from which now
Real life begins.
Geraldine Andrée
Ink over the days
Picture : Fritz von Uhde (1848-1911) ; In the porch door
Si j’étais une lettre,
je serais le V
de la Vie
qui vibre
dans la voix
du vent
venu
de toutes les rives
pour déposer sa vérité
sur mon cahier vélin.
Et vous,
quelle lettre
seriez-vous ?
Ecrivez-la !
Géraldine Andrée
D’un bloc de papier ; d’un stylo (c’est moi qui les fournis) ;
si vous le désirez, je mets en marche mon enregistreur sur mon portable ( mais la page et la plume restituent aussi fidèlement les souvenirs ; d’ailleurs, je prends des notes très vite) ;
de vos souvenirs à toucher, à voir, à regarder (photographies, clichés ou vidéos de vos lieux de prédilection). Si des pièces manquent, nulle inquiétude ! Votre mémoire est le matériau le plus fiable car le plus personnel et c’est votre vie dont il s’agit et que l’on écrit ;
si la mémoire vous fait défaut (ce qui est normal), de « déclencheurs » de souvenirs : quel était votre morceau de musique préféré ? Quel type de fleur aimait votre grand-mère ? Quel parfum portait votre mère ? Si vous deviez poser une couleur sur votre enfance, laquelle serait-ce ? Et par quelle saveur définiriez-vous cette période ? Suave comme un bonbon ? Aigre-douce comme une pomme d’automne ? A nouveau, si vous êtes dépouillé(e) de ces souvenirs concrets, je peux vous faire écouter ce morceau (J’ai une CD thèque assez complète et You Tube…), vous présenter cette fleur en image (que je peux découper pour vous dans un magazine ou imprimer via Pinterest), vous faire respirer ce parfum (patchouli ? rose ? romarin ? ), vous présenter des palettes et paillettes de couleurs, vous faire goûter des saveurs. Vous l’aurez compris : ce sont des outils que l’on emploie aussi en art-thérapie ou en coaching de créativité. Bien sûr, pour cela, il faut se voir réellement (chez vous ou à mon domicile). Mais la visualisation et l’audition des souvenirs fonctionnent aussi avec Skype et Google Hangout.
Vous aurez besoin aussi de vos émotions. Laissez-vous aller ; elles sont nécessaires à l’écriture. N’oubliez donc pas votre boîte de mouchoirs. En revanche, si ces émotions vous envahissent au point d’entraver le processus naturel du récit, il convient d’effectuer en amont un travail thérapeutique.
Pour ces séances, aucune atmosphère de solennité. On écrit autour d’un bon thé ou d’un bon café. L’écriture du passé est inséparable du présent.
Une fois votre récit de vie achevé, je vous rends tout ce qui a permis à votre mémoire de cheminer jusqu’au livre (photos, portraits, clé USB). J’efface complètement de mon ordinateur vos fichiers envoyés par mail.
En échange, vous aurez un beau cahier, une belle reliure, un bel ouvrage publié. Entre vos mains vous tiendrez toutes les feuilles de vos souvenirs réunis.
Voilà, je crois que j’ai tout dit.
Ah si ! Vous désirerez forcément que le lecteur se penche à la fenêtre de ces mots !
Mais ceci ne peut se produire qu’une fois le livre écrit…
Alors, à bientôt !
Géraldine, votre écrivain privé biographe
L’Encre au fil des jours
Image : Vincent van Gogh (1853-1890); Lauriers roses (1888)
Les femmes du temps jadis n’avaient pas le droit de découvrir d’autres pays, d’acheter des couleurs, de dresser leur chevalet sous la lumière des jours.
Ne sachant pas lire pour la grande majorité, elles ne pouvaient pas non plus écrire. Et les mots pour dire leurs joies, leurs chagrins, leurs passions, la flamme de leur âme qui leur montait aux joues, ne laissaient pas de trace. Envolés comme la lueur d’un fétu de paille au vent.
Ces femmes suivaient toujours le pas d’un père, d’un frère, d’un époux.
Gratitude au temps d’aujourd’hui où les femmes peuvent acheter toutes les couleurs et tous les pinceaux qu’elles veulent, où le ciel de nouveaux paysages est à la portée de leur désir…
Le travail de la femme que je suis, auteure-biographe (et j’insiste bien sur « auteure » au féminin), est de poser sur la page les mots que les aïeules ont prononcés pour elles seules – ces mots qui disaient si bien l’espoir et l’attente profonde que le coeur du monde change.
Faire de chaque page ce chevalet où se succèdent des tableaux que certaines ont peints en secret avant de les recouvrir d’un voile ;
faire éclore en chacune de leur voix cette étoile qui brillera au-dessus de la trace de leurs propres pas ;
tel est le rêve, je crois, de chaque femme biographe,
métier où enfin
l’on ne distingue plus le masculin… du féminin.
Géraldine Andrée
L’Encre au fil des jours
Women from time to time had no right to discover other countries, to buy colors, to erect their chevalet under the light of the fields.
Not knowing for the great majority, they could not write either. And the words to say their joys, their sorrows, their passions, the flame of their soul, which stood in their cheeks, did not leave a trace. Gone like the glow of a straw fétu in the wind.
These women always followed the footsteps of a father, a brother, a husband.
Gratitude to today’s time where women can buy all the colors and brushes they want, where the sky of new landscapes is within reach of their desire…
The work of the woman I am, author-Biographer (and I insist on a female author), is to put on the page the words that the aïeules have spoken for themselves – those words that said so well the hope and the deep expectation that the heart of the world changes.
Make each page that chevalet where the paintings are followed by the paintings that some have painted in secret before covering them with a veil.
Make each of their voices bloom that star that will shine above the mark of their own,
This is the dream, I believe, of every woman biographer,
Occupation where finally
There’s no distinction between men and women.
Géraldine Andrée
Ink over the days
Bonjour !
Je suis auteure indépendante, biographe, coach en créativité, étudiante en art-thérapie.
Je vous donne toutes les techniques créatives nécessaires pour écrire votre vie.
Je vous permets d’être l’auteur de votre belle oeuvre qu’est votre Vie.
Par l’art des mots qui rencontrent votre voix intérieure, les conflits se dénouent, les peurs s’exorcisent, les blessures se referment, les colères s’apaisent, les traumatismes se guérissent. Ceci grâce à chaque goutte d’encre.
Toute petite déjà, je voulais faire apparaître la beauté sur le ciel d’une toile ou d’une page – comme une étoile à la surface du bleu.
Je pars d’un menu souvenir – un parfum que je peux vous faire sentir dans le pli d’un tissu, une couleur, un écho subtil, une résonance de lumière, un souffle qui vous touche et
Tout
s’écrit
en Vous !
Vous êtes la feuille et l’envol de la plume, tout ce qui se murmure et se prolonge
dans l’attente émerveillée de ce livre qui va vivre demain,
entre vos mains !
***
Good morning !
Arriver sur le seuil
Ôter les feuilles qui le recouvrent
D’un tour de clé
entrer dans le corridor
Sentir la cape fraîche de l’ombre sur les épaules
Voici le silence qui accueille le premier pas
comme un chat qui a attendu depuis longtemps
dans un demi sommeil
Le suivre et retrouver tout surpris dans la chambre
un rayon de soleil qui ressemble
à la mèche de la belle aïeule
Découvrir cette magie avec une telle évidence
qu’on se demande
comment on a pu être absent pendant autant d’années
alors que la maison gardait pour elle seule toute sa présence
Et afin de se faire pardonner d’elle
décider que l’on va demeurer ici à jamais
pour faire refleurir
l’âme des dormeurs
sous chaque chose
un ruban
un couvercle de porcelaine
une soucoupe où furent ciselées
des guirlandes de roses d’or
dans un éternel bleu
où n’existe pas la mort
car tel
est le rôle
essentiel
de ceux qui restent
Qu’ils se souviennent
pour la prochaine
aurore
Géraldine Andrée
Toute petite, je m’inventais une langue, une langue qui était mienne, compréhensible pour moi seule.
Une langue sans syntaxe ni unité sémantique ; une langue délivrée de toute grammaire et exigence orthographique.
Une langue qui courait telle la rivière au gré de son propre souffle et qui charriait dans la lumière des jours d’étranges mots nés de ma bouche.
J’aimais cette langue. Elle me permettait de me comprendre, d’exister enfin, loin de ma timidité.
J’inventais plusieurs personnages qui, j’en ai conscience aujourd’hui, n’étaient autres que les projections de mon Moi idéalisé.
Je les faisais converser au coeur de ma chambre. Je réalisais ainsi des interviews sur un écran rêvé dont la clarté inondait mon esprit, ou sur une chaîne de radio fantaisiste, diffusée après l’école, heure bénie où j’étais à l’écoute.
Je modulais ma voix, selon une impulsion qui surgissait dans l’instant : tantôt puissante, tantôt douce ; tantôt cri, tantôt murmure ; tragique puis vibrante d’espoir ; mélancolique puis joyeuse.
Je savais d’instinct que c’était le rythme de cette langue qui dictait de telles variations, faisant monter des larmes à mes yeux et courir sur ma peau des frissons délicieux.
Je me prenais très au sérieux. J’étais fière de poser la question et d’apporter la réponse. Quand j’adoptais un ton docte, je me mettais sur la pointe des pieds et j’approchais mes lèvres d’un invisible micro, si brillant pour mon public imaginaire dont la chambre était comble !
Personne ne pouvait m’extraire de ma rêverie sans provoquer en moi une immense frustration d’interrompre ainsi l’intérêt de la conversation.
Quand on me disputait, quel bonheur que de me rebeller dans cette langue dont les gros mots étaient indétectables !
-Qu’est-ce qu’elle dit ? demandait-on.
Et je souriais en silence.
Il me semblait que je détenais la formule magique, la primordiale vérité de l’alchimie.
Langue de la louange, de la quête et de la révolte.
J’ai oublié aujourd’hui comment elle sonne.
Mais je sais qu’elle a existé, langue d’un lointain pays natal dont on garde le souvenir jusqu’à la fin de sa vie,
langue d’une enfant si petite qui, au fil de ses phrases insaisissables comme des flots pour autrui, a grandi.
Géraldine Andrée
Toute petite Je (extrait)
Récit autobiographique