Publié dans C'est ma vie !, Cahier du matin, Créavie, Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie, Journal de la lumière, Journal de ma résilience, Journal de mon jardin, L'alphabet de l'herbe, Le cahier Blueday, Le cahier de la vie, Le cahier de mon âme, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Récit de Vie

Pourquoi tu écris ?

J’écris pour retrouver le soleil des anciennes vacances qui dansait sur le carrelage de faïence de la cuisine à Porto.

J’écris pour que ma main refasse connaissance par la pointe d’un Bic bon marché avec la légèreté de mes pieds d’enfant.

J’écris pour emprunter dans ma chambre une passerelle qui mène à l’infini.

J’écris pour pardonner à la vie ses coups bas, même si ce n’est pas facile.

J’écris pour m’émerveiller du reflet du matin dans ma cartouche d’encre, tout simplement.

J’écris pour me sentir écoutée par le bruissement du papier.

J’écris pour faire de chaque carnet un voyage et quand on me demande : « C’est pour où ? », répondre : « Vers moi-même. »

J’écris pour m’imaginer que mon souffle se répand dans les feuillages du jardin disparu.

J’écris pour célébrer la compagnie de la solitude.

J’écris pour puiser la force de continuer ce livre chaque jour.

J’écris pour conclure chaque page de mon journal par cette fidèle phrase : « Il ne te reste qu’à te mettre à l’ouvrage. »

J’écris pour semer des mots quand je me suis égarée sur des chemins que d’autres ont tracés pour moi – Petite Poucette qui ne renonce pas.

J’écris pour ne plus avoir à me justifier par la suite, car je préfère laisser de la place aux corolles futures.

J’écris pour rien ; j’écris sur rien. Et si l’on me dit que c’est ridicule, j’écris pour accorder de l’importance à un pépin de pomme.

J’écris pour que, dans mon histoire à moi, au moins, ce petit pépin tout brun donne un pommier qui va grandir au fil de ma vie.

Géraldine Andrée


Photo de Tom Swinnen
Publié dans Actualité, Art-thérapie, Créavie, Le journal des confins, Poésie, Poésie-thérapie, Récit de Vie, Un troublant été

Ma parution sur le site Les Mots Positifs

Le Magazine Collaboratif d’Inspirations Positives

Photo de Pixabay
Géraldine Andrée
Publié dans C'est ma vie !, Collections de l'esprit, Créavie, Journal d'instants, Journal de ma résilience, Journal de mon jardin, L'alphabet de l'herbe, Le cahier de la vie, Le cahier de mon âme, Poésie, Poésie-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Le bout de l’ultime

J’écris sans doute
pour vivre encore
un fragment
de ce qui a été vécu jusqu’au bout

et en détachant une feuille
de mon bloc-notes,
arracher un instant
du temps.

J’écris sans doute
pour suivre l’étincelle
qui sautille
sur le sentier roux ;

contempler le battement
de la flamme
juste avant que mon souffle
ne l’éteigne ;

laisser à la pivoine
aux pétales fripés
à fleur d’eau
un jour de plus.

Mais j’écris surtout
pour redonner
un instant ultime
à ce qui est feu ;

avec l’encre
étincelante
de mon point,
maintenir la lueur

de la braise
jusqu’au moment
où l’heure du sommeil
aura sonné ;

avec la liaison
entre deux lettres,
retracer ton sourire
entre tes fossettes

pendant ce dernier déjeuner
en famille,
alors que tu t’apprêtes
à disparaître ;

avec une virgule,
faire palpiter
les ailes
du papillon

exilé de son jardin
et voir qu’il a pu renaître
sous ma fenêtre
en ce poème.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de la Lorraine, Journal de silence, Le cahier de la vie, Le journal des confins, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Poésie, Récit de Vie, Toute petite je, Un troublant été

La chemise de grand-père

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Journal de ma résilience, Journal de silence, Le livre de vie, Le temps de l'écriture

La foi de la page

Ma collaboration dans le magazine Les Mots Positifs

Géraldine Andrée

Photo de ANTONI SHKRABA
Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Écrire Espérer

Écrire
Espérer
que le frêle bruit
de la feuille tournée
peut suffire
à te réveiller

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Art-thérapie, Bullet journal, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Collections de l'esprit, Créavie, Journal d'instants, Journal de la lumière, Le cahier Blueday, Le cahier de la vie, Le livre de vie

Choses qui valent la peine d’être en vie

Écrire ma liste de Choses qui valent la peine d’être en vie au soleil, par un après-midi comme celui-ci

Boire une tasse de Yoggi Tea au chocolat et lire la petite maxime sur l’étiquette. Aujourd’hui c’est Alone, All one

Lire La Papeterie Tsubaki d’Ogawa Ito et faire de chaque page une saison au pays de l’âme

Prendre un bain à côté d’une flamme de bougie et d’un bâton d’encens qui dessine sa phrase jusqu’à la fenêtre

Écouter un morceau de musique celtique

Relire mon poème abouti

Continuer à mettre à jour mon journal à l’infini tant que je vis

Ajouter quelques feuillets mobiles à un cahier terminé parce que la rivière de l’écriture poursuit sa course toujours plus loin

Entrer dans la mer à midi quand le soleil saute sur la vague

Retourner à Majorque pour retrouver le sentier des menthes derrière l’hôtel et à Damas pour réentendre le chant de la fontaine dans sa vasque, sous les lampes de la mosquée

Aller de mon roman à un rendez-vous avec l’amant, du papier à la peau, puis revenir à mon roman car c’est toujours le papier qui m’attend

Me répéter à l’aube devant le miroir : « Écris parce que chaque instant a besoin de ton témoignage pour donner un peu plus de vie à la Vie. »

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Cahier du matin, Journal de la lumière, Journal de ma résilience, Un troublant été

Danser

Je ne sais ce qui m’a réveillée, sans doute non seulement le sentiment d’être dans un nouvel endroit, mais aussi le plancher illuminé par l’aurore qui était apparue à la fenêtre sans rideaux.

Je venais d’emménager la veille.

Les cartons s’empilaient dans les coins, non défaits. J’avais juste déplié sommairement mon canapé-lit pour passer la nuit.

Et, au moment d’ouvrir les yeux, j’ai été éblouie par les scintillements des lambris au soleil. Je me souviens que j’ai été gagnée par un tel vertige que je me suis tenu la tête. Puis je me suis levée. Après avoir bu un café presque froid dans ma kitchenette et avoir fait un brin de toilette dans une salle de bains qu’enfin je ne partageais plus avec d’autres, j’ai revêtu ma robe fleurie.

Mon copain passerait en début d’après-midi pour m’aider à choisir des meubles à la Trocante.

Mais, en attendant, j’ai contemplé longuement le sol ensoleillé de mon nouveau studio. J’étais perdue. Qu’allais-je faire de cet espace, bien plus grand que celui de ma chambre d’étudiante ?

Même si ce n’était qu’un appartement d’une pièce, il me paraissait aussi immense qu’un palais. De quelles joies, quels peines et quels espoirs allais-je donc le peupler ?

C’est alors que je me suis sentie étreinte par la solitude. Je n’avais plus de nouvelles de mes parents qui s’étaient opposés à ce que je fréquente ce petit copain pour lequel j’avais emménagé là parce qu’il voulait préserver sa liberté.

J’ai laissé cette triste amie-pour-la-vie qu’est la solitude me prendre par le cœur. Je lui ai dit, du haut de mes vingt-deux ans :

-Viens ! Invite-moi à être ta partenaire, puisque c’est ainsi !

Sur le plancher baigné par la lumière du matin, il y avait ma petite chaîne Hi-Fi et à côté, quelques Cds : Maxime Le Forestier, Véronique Sanson et surtout, Supertramp.

Afin d’avoir plus de trempe face au commencement de ma nouvelle vie et pour m’aider à accomplir mes rêves déjà bien clairs, j’ai inséré dans le lecteur le Cd de Supertramp qui a démarré sur le morceau Dreamer :

-Dreamer ! You are a dreamer !

Et une certitude s’est mêlée à la fête.

Le plancher de l’appartement était mon espace. Qu’importait qu’il fût désert ! Qu’importait que mon pas y résonnât et renvoyât chaque matin ma présence à son propre écho ! Je ne l’entendais déjà plus, éteint par le son rock’n’roll de la batterie de Dreamer

Sans le prévoir quelques instants auparavant, j’ai commencé à danser. Je tournais autour de moi-même, comme guidée par un cavalier imaginaire. Ma robe à fleurs se déployait en corolle jusqu’en haut de mes jambes. Il me semblait qu’elle remplissait tout l’espace et qu’en virevoltant de cette manière, elle apportait au jour un rayon de soleil supplémentaire, un rayon de flanelle bleu myosotis.

Sur ce plancher sans meuble ni tapis, il y avait la légèreté de ma danse et la musique – rien que la musique pour moi seule, entraînée par le mouvement de mon corps qui se suffisait à lui-même.

Bien plus tard, quand il m’est arrivé de penser que ma vie était telle une maison inhabitée, je me suis consolée à me souvenir de ce sol inondé de soleil.

Et j’ai retrouvé la précision de mon pied qui se posait entre deux étincelles de musique sur chaque lambris. Je crois que c’est ce jour-là que je me suis juré de faire de chaque espace-temps qui m’est donné une opportunité, un rêve qui m’entraîne toujours plus loin vers mon désir de vivre, une danse rien que pour le déhanchement avec les multiples reflets de l’aurore qui dansent, eux aussi, sur le plancher de bois verni.

Géraldine Andrée

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Sois le héros de ta vie

Ma collaboration au magazine Les Mots Positifs

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La phrase du matin

Derrière les volets clos,
le rayon de l’aurore
réveille les rumeurs
du vieux port.

Notre nuit d’amour
n’est plus que le point d’or
de ta cigarette
qui se consume encore.

Mais je sais,
non loin de nos corps
et de l’île
de la lampe allumée

sur le napperon
en fleurs,
la ligne blanche
de l’océan qui commence

puis à fleur
de ma paume,
la page
de ta peau

sur laquelle j’écris
une phrase invisible
connue
de moi seule.

Géraldine Andrée