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L’enfant retrouvé

À l’heure où les messages pour la Fête des Mères débordent sur les réseaux sociaux, je tiens, ce soir, à m’adresser dans ce post à toutes les femmes qui ne se sentent plus ou pas mères pour différentes raisons :

-Leurs enfants ne leur parlent plus et ont coupé les ponts avec elles

-Leurs enfants sont partis à l’autre bout de la terre et ne leur donnent des nouvelles que très rarement

-Leurs enfants leur ont été enlevés

-L’un de leurs enfants, malade, dans le coma, drogué, dément, ne les reconnaît plus

-L’un de leurs enfants est décédé

-L’un de leurs enfants n’est pas né ou ne peut être conçu

Le savez-vous ? L’impossibilité ou la perte d’un enfant ne fait pas perdre à une femme sa capacité (ou son don, son talent) à être mère.

Soyez à la fois pour vous-même la mère et l’enfant.

Remplissez-vous de votre propre enfance. Renouez contact avec l’enfant intérieur qui attend patiemment en vous votre reconnaissance.

Concrètement, comment ?

-Ouvrez grand un cahier et dessinez ensemble. La main gauche, la main enfantine, pose les encres. La main droite, la main maternelle, dessine les traits. Et voilà une maison, une grille bordée de fleurs, un chemin secret qui tremble…

-Écrivez vos dialogues à deux sur tout et rien : Où va, ce nuage Maman ? – Vers une autre fenêtre où tu regardes… Conversez face à cette fenêtre. Que voyez-vous ? Un hippopotame ailé ?

-Allez ensemble à la boulangerie, à la plage, au Musée des Oiseaux

-Sautez dans les flaques puis démarrez la machine à laver en vous grondant tendrement : Cela suffit pour aujourd’hui ! Mais on recommencera demain, promis !

-Faites de la pâte à modeler, donnez un visage comique aux monstres qui vous tourmentent

-Remplissez la salle de bain de bulles de savon

-Cuisinez un plat de votre enfance bien gras, bien sucré et régalez-vous jusqu’à l’écœurement

-Recopiez dans votre journal intime avec votre main la moins habile un poème de Maurice Carême

La liste est loin d’être exhaustive.

N’oubliez pas : une bêtise, un grain de folie peuvent vous donner accès à vos rêves.

Entrez par toutes les portes que votre chagrin vous avait interdites.

C’est ainsi que vous donnerez vie à votre vie.

@L’Encre au fil des jours

@Géraldine Andrée

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La plume retombée

La plume
traverse la page.
Elle vole comme un oiseau à fleur de terre,
effleurant si légèrement le papier.
Puis, dans l’espace au-delà du point final, elle retombe.
Elle ne fait désormais plus partie du ciel.
Il ne reste que le souvenir de la vie qu’elle a déposé là,
entre deux feuilles,
c’est-à-dire un nid de mots tressés,
destiné à un autre oiseau de passage
– ton regard,
peut-être,
qui sait ? – …

Géraldine Andrée

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C’est un cahier tout simple

C’est un cahier tout simple, en vérité,
un cahier qui, comme on dit,
« ne paie vraiment pas de mine »,
un cahier à la reliure brune
comme les prunes flétries
en automne,
un cahier aux feuilles
si fines
que la mine
d’un crayon
les transperce
ou que l’encre les traverse
si l’on souhaite écrire
avec une plume.
Et en tournant la page,
l’on peut lire
à l’envers
les méandres
des phrases.
On sait alors
que l’on est arrivé
de l’autre côté.
Ce papier
un peu jauni
possède,
cependant,
l’éclat
d’un miroir.
Et je revois
comme si les jours
de jadis
passaient
devant mes yeux
le sourire
de mon grand-père,
les fleurs
du cerisier,
la mosaïque bleue
du couloir
de la maison
de vacances,
la cabane de bois
près de la rivière
et le chapeau
de Claire
qui dépasse
entre les herbes
sauvages.
C’est un humble cahier,
fait pour la profondeur
de ma poche,
mais ce cahier
a changé ma vie
car il a métamorphosé
mon regard
sur tous ces instants
que je croyais morts
et qui, pourtant,
habitent
comme des enfants
ma mémoire.

Géraldine Andrée

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La thérapie de la poésie

Je suis profondément attristée par le sort que l’on réserve à la poésie, dont les livres sont fréquemment cachés dans le fond d’une librairie, sur une modeste étagère. On réduit trop souvent la poésie aux récitations scolaires de notre enfance. La poésie est généralement associée à l’inutilité. « Elle ne rapporte rien ». Au mieux, c’est un passe-temps ; au pire, c’est une perte de temps que de lire un poème. Je ne disserterai pas ici sur les qualités esthétiques de la poésie qui me semblent évidentes. En effet, l’une des fonctions de la poésie me paraît primordiale et c’est cette fonction que je veux évoquer dans ce billet.

La poésie possède un merveilleux pouvoir thérapeutique dans nos vies.

Je me souviens qu’enfant, je me précipitais à la bibliothèque pour emprunter des recueils poétiques qui me faisaient oublier l’odeur des feutres séchés, les cris de la cour de récréation, les formules sibyllines des leçons. En ouvrant, par exemple, un recueil des poésies de Lamartine, jauni par le temps qui l’avait oublié, là, entre deux romans à la mode, j’entrais dans le jardin de Milly. Et je n’étais plus seule, entourée de ces feuilles.

Incomprise par ma famille, j’ai entrepris de faire des fugues. Mais par peur et impuissance acquise, je faisais en sorte que celles-ci avortent toujours. J’ai alors trouvé un autre moyen de « me sauver ». Je partais sur l’immensité d’Oceano Nox de Victor Hugo. Ou la mère de Maurice Carême m’ouvrait la porte de sa maison et je me retrouvais attablée avec le poète, devant une tartine de miel blond.

Mon oncle m’avait offert une épaisse Anthologie de la poésie française. Je découvrais que, dans un poème, il n’y avait plus ni frontière ni interdiction. J’étais au rendez-vous de l’angélus de Francis Jammes ou des abeilles qui bourdonnaient dans les corolles du Cœur Innombrable d’Anna de Noailles. À mes propres yeux, je disparaissais, ce qui signifiait que je me sentais inatteignable. Plus personne ne pouvait me toucher du doigt ou par un propos acerbe.

La poésie sauve nos vies.

Beaucoup de prisonniers ont survécu grâce à la poésie. Certains – surtout s’ils se savaient condamnés – gravaient des vers dans les murs des cachots. Des déportés des camps de la mort ont trouvé en eux la force de résister grâce à des poèmes. Quelques-uns cousaient des vers à l’intérieur de leur chemise rayée. Oui, la poésie peut devenir manteau. Non seulement, ces vers leur tenaient chaud, mais aussi ils ranimaient leur souffle par le contact des mots avec leur peau. Les soirs, des femmes récitaient des poèmes pour entrapercevoir l’aurore de leur libération.

En effet, tant que l’on est à l’intérieur d’un poème, c’est-à-dire tant qu’on le dit ou qu’on l’écrit, rien ne peut nous arriver. Au moment où l’on se balance sur un vers, aucun ennemi ne peut surgir, aucun instant ne peut bouleverser notre existence – même si celle-ci est déjà abîmée. On est bien à l’abri, dans le refuge de la beauté. La poésie nous protège, parce qu’elle nous ancre/encre dans l’ici et maintenant.

La poésie nous emmène vers nous-mêmes.

C’est en marchant que le jeune poète Arthur Rimbaud a composé les poèmes de ses Cahiers de Douai.
De même, par une froide et noire nuit d’hiver où je devais traverser la ville, seule, j’ai récité pour moi-même les vers de son poème Sensation :

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme.
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature – heureux comme avec une femme.

Ce poème m’a rassurée durant mon trajet glacial. C’était comme si je marchais avec un ami intime, bien connu de mon âme. Au-delà de l’hiver, luisait en moi, telle une étoile, la certitude du prochain été.

Par son rythme qui se mesure en nombre de pieds, la poésie est indissociablement liée à la marche.

Et si l’on est contraint à l’immobilité, prisonnier comme je l’ai écrit plus haut, ou alité et malade ?

La poésie, par son bercement, nous permet – quelles que soient les circonstances – d’aller de l’avant.

C’est ainsi que, solitaire et enfermée dans ma chambre d’adolescente, j’ai recopié de nombreux poèmes dans un cahier bleu. Je me laissais porter par le crissement de la plume sur le papier et par l’encre qui brillait avant de sécher. Les mots coulaient de source. J’étais à la fois le voilier et l’océan. En recopiant les poèmes que j’aimais, je me projetais dans le rêve d’écrire les miens.

Où que nous soyons, la poésie nous emmène vers nous-mêmes.

La poésie est prière exaucée.

En ayant « recours au poème » – pour reprendre le titre d’une revue de poésie en ligne -, j’ai pu expérimenter le caractère incantatoire du vers. Le poème répété devient mantra. Mais la particularité de cette prière est qu’elle est exaucée à l’instant même où on la formule. Combien de fois ai-je ressenti l’apaisement demandé en reprenant – même silencieusement – un vers de Verlaine ou de Baudelaire ? Je pense que le Divin est à notre écoute dans un poème. Il attend simplement que l’on fasse de la poésie – comme de toute autre forme d’art – acte de foi. Et cet acte passe par la parole.

Je vous livre ici quelques extraits de poèmes à « utiliser sans modération » lors de situations difficiles.

  • Pendant une longue attente dans le cabinet d’un médecin :

Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici.

Extrait du poème Recueillement de Charles Baudelaire

  • Pour espérer – toujours et encore :

La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
Une fenêtre ouverte,
Une fenêtre éclairée.

Extrait du recueil Derniers Poèmes d’amour de Paul Éluard

  • Pour rendre grâce aux lieux perdus :

Revenir sur mes pas, refaire doucement
– et cette fois, seul – tel voyage,
rester à la fontaine davantage,
toucher cet arbre, caresser ce banc…

Extrait du poème Nostalgie des lieux de Rainer Maria Rilke

  • Pour apprendre à lâcher prise :

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir.

Extrait du poème Les Roses de Saadi de Marceline Desbordes-Valmore

  • Pour attirer l’abondance :

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.

Extrait du poème Green de Paul Verlaine

Que la Poésie soit votre amie pour la Vie.
Au nom de la Vie, dédiez à chaque jour
un poème.

Bibliographie :

Anthologie de la poésie française de Georges Pompidou, édition Calmann-Lévy
Soyez poète de votre vie, Jacques de Coulon, Petite Bibliothèque Payot
Revue de Poésie et de Mondes poétiques
https://www.recoursaupoeme.fr/

Géraldine Andrée

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Fais la planche !

Invitation à lâcher prise

Tu te souviens quand tu faisais la planche dans ton enfance ?

Moi, je me souviens. Bras et jambes écartés en étoile. Je suis l’astre de la mer. L’eau se mêle à mes cheveux qui deviennent des algues. L’eau entre dans mes oreilles et le mouvement du courant se confond avec le tempo de mon sang. Je m’adapte aux flux et reflux de l’Univers. J’épouse la vague qui s’avance et se retire. Mieux : je m’y accorde. Je suis le rythme parfait, universel de toute chose. C’est un voyage presque immobile que de faire la planche. On ne se déplace que de quelques centimètres mais on avance dans un autre état de conscience.

J’oubliais ainsi mes problèmes de petite fille : la copine qui avait préféré une autre à moi, les sermons de mes parents, l’inquiétude de la rentrée qui se profilait. Les questions qui me taraudaient la nuit –  » Serai-je dans une classe sympathique ? Pas comme l’année précédente où c’était horrible !  » – cessaient quand je me laissais porter par l’eau. J’accédais ainsi sans bouger, sans fournir aucun effort, sans faire preuve de la moindre volonté, à une petite éternité dont j’étais l’unique horlogère.

Certes, je soupçonnais qu’il pouvait se produire des événements bien plus dangereux en-dessous. Des courants se levaient peut-être des abysses ; des tourbillons surgissaient sûrement des profondeurs. La mer n’était pas calme en son cœur. Des lames de fond étaient susceptibles d’emporter un téméraire esquif. Mais ces tumultes ne me concernaient pas. Ils étaient loin, bien en-dessous de moi, et seule importait la paix de l’eau sous mes reins.

Quand une tempête existentielle s’annonce, que les flots de la vie s’apprêtent à brouiller ta vision de l’avenir, que le rouleau des jours menace de te déséquilibrer, qu’une houle incontrôlable est susceptible de t’emporter dans une direction que tu refuses, souviens-toi comment tu faisais la planche, enfant.

Autrement dit, lâche prise sur les problèmes de fond. Laisse-toi bercer par le courant doux, ténu de l’instant présent. Dispose tes bras et tes jambes en étoile. Suspends-toi entre deux temps.

Comme je ne bénéficie pas de la mer là où j’habite, j’ai trouvé une autre manière de faire la planche. J’écris. La page est ma Méditerranée. Je m’offre au mouvement subtil de l’encre. J’accepte de dériver jusqu’au mot suivant, de franchir des portions d’espace calme, d’apprivoiser l’inconnu sans que je me sente menacée.

En faisant la planche sur la page, je me sens en sécurité. Les problèmes de l’existence n’ont plus prise sur moi car j’existe, indépendamment de quoi ou de qui que ce soit.

Je suis à l’écoute des murmures que provoque l’imperceptible mouvement de mon bras écrivant. Et lorsque j’ai fini, je m’aperçois que mon corps est devenu ce poème qui fait la planche sur les remous de la vie.

Tu peux faire pareil. En écrivant. En peignant. En composant de la musique.

Peu importe ce qui gronde en-dessous de toi. Tu ne peux le maîtriser, de toute façon.

Alors, seuls comptent le corps de ce bouquet de couleurs qui flotte sur le papier, le déhanchement de la gamme, la silhouette de cette poésie tout entière livrée à l’infini.

Ne pense pas à ce qui se trame dans les profondeurs. La Vie te préparera toujours de l’imprévisible.

Mais en attendant, fais la planche
sur ta propre présence.

Géraldine Andrée

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Finalement

Le bonheur pendant que le café coule
de changer ma cartouche d’encre
et de toucher avec ma plume
le ciel satiné de la page
que m’offre mon cahier
le dimanche matin.
Je n’ai même pas besoin
d’ailes
pour m’envoler
loin
car je m’abandonne
à chaque mot
qui vient.
C’est cela,
finalement,
être libre.

Géraldine Andrée

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Sans titre

J’écris pour rattraper ce qui s’efface,

les pointillés d’or du jour

qui tremble entre les branches,

l’étincelle de l’abeille

qui traverse l’ombre

tandis que la première feuille

tombe,

l’ultime grain du rire

de l’enfance

roulant dans le silence,

les notes de la fontaine

que l’on entend encore

derrière la grille close,

les pétales du bouquet fripé,

recueillis dans les paumes

de Marie,

le château de sable

doucement défait

par la vague,

la phrase

dont le dernier mot

se fond dans l’azur jauni

du papier,

la conversation inachevée

au téléphone

un soir d’hiver

et ta voix en rêve

qui me conseille

depuis l’au-delà de l’absence

de compter

toutes les étoiles

afin de redonner un nom

à celle qui manque

au regard.

J’écris pour retenir

tout ce qui s’enfuit,

emporté par la vie.

Je n’y parviens point,

hélas !

Mais lorsque je me retourne

sur ce chemin

qui semble

vainement

accompli,

je vois

que j’ai laissé une trace

pour le souvenir

qui me suit.

Géraldine Andrée

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Poème,

Tu es le pont
qui me mène
par-delà
le silence
vers l’étoile
prochaine.

Géraldine Andrée

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Écritothérapie : Métamorphoser la perte

Fais ton inventaire !

Malgré les pertes que t’impose la vie, fais l’inventaire de tout ce qui continue à vivre en toi.

Géraldine Andrée

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Laisse aller ce qui doit te quitter

L’auteur de la Beat Generation, Jack Kerouac, a écrit :

Accepte la perte pour toujours.

Je me souviens :

Toute petite, je livrais à la force de la rivière
les brindilles dépouillées de leurs lueurs,
les cailloux ternis,
les feuilles rouies,
les pétales flétris.

Comme l’enfant abandonne à l’eau
ce qui n’est plus utile au jour présent,
dépose dans le flot de l’encre,
tes regrets, tes remords, tes peines,
tes mots qui ne sont plus que silences.

Que veux-tu confier
à la volonté du courant ?
Moi, c’est mon père, ma maison natale, la lampe de mon enfance,
tous mes journaux intimes pour lesquels
je n’ai pas de valise assez profonde.

Laisse aller, comme dit Jack Kerouac,
ce qui doit te quitter…
Laisse-le franchir la marge,
déborder de la page,
s’éloigner de ton cœur
qui lui donne de l’élan
en continuant à battre.

Fais suffisamment confiance
au mouvement de ton écriture
qui fait que deuil et vie,
mort et naissance
se rejoignent
et souris bien plus tard
lorsque, en te relisant,

tu prendras conscience
que l’ample phrase
de ton chagrin
s’est confondue
avec le point d’une étoile
dans le ciel blanc.

Signe ultime
qu’une autre histoire
entre l’Univers
et Toi
commence.

Géraldine Andrée