Publié dans Créavie, Journal de mon jardin, L'alphabet de l'herbe, Le temps de l'écriture, Un troublant été

Écrire dans l’herbe

Écrire
dans l’herbe,
ce n’est, certes,
pas confortable.
Cela te picote
les jambes.

Il te faut souvent,
dans l’élan
d’une phrase,
te résoudre
à changer
de position,

pour t’asseoir
provisoirement
en tailleur
au milieu
des bourdonnements
du soleil.

Mais quel bonheur
quand la lueur
un peu follette
d’un papillon
volette
sur ta page…

Quelle surprise, aussi,
quand une minuscule
fourmi
déambule
dans la fourmilière
de ton récit !

Tu sais, alors,
que tu ne cueilles
aucun mot
par hasard
et qu’il en est
de la volonté

du Ciel
que ta feuille
soit placée
tout près
de cette feuille
de trèfle…

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, L'alphabet de l'herbe, Poésie, Poésie-thérapie

À quoi peut donc bien servir la poésie ?

La poésie sert à
*Vivre ses rêves
*Trouver son pays intérieur
*Se réchauffer à la lampe des mots
*Créer pour les autres et soi-même un ciel étoilé sur cette terre
*Faire de chaque message un oiseau porteur de bonnes nouvelles
*Suivre son chemin unique au rythme d’un vers
*Consteller sa fenêtre de flocons d’or
*Enjamber plus légèrement les obstacles, peines et deuils
*Parcourir sans se lasser le sentier d’un poème
*Et y découvrir toujours une aile, une lueur, une feuille
qui mènent à une autre aurore

Géraldine Andrée

Poésie, éternelle saison des mots éclos

Publié dans Cahier du matin, Créavie, Journal de la lumière, Le temps de l'écriture

Voyage

J’écris
pour le pur
plaisir
du mouvement
qui va

du silence
au bleu
de plus
en plus
intense

Géraldine Andrée

Publié dans Ecrire pour autrui, histoire, Le cahier de la vie, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Récit de Vie

L’art du détail dans la biographie

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Voyage

J’écris,
c’est-à-dire
que je suis
le murmure
de ma vie
et lorsque j’arrive
de l’autre côté
de la page
et que je place
à la fin
de ma toute
dernière phrase
mon point
de couleur
en guise
d’ultime
lueur,
je sais
que j’ai atteint
l’au-delà
de tout ce qu’il m’était possible
de dire.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Créavie

Vos projets de vie

Les mois à venir vont être très difficiles à vivre.
Quoi qu’il en soit, quoi qu’il puisse surgir de l’extérieur,
n’abandonnez jamais vos projets et vos rêves de vie.

Virginia Woolf insiste sur l’importance d’avoir « une chambre à soi » pour créer ce que l’on souhaite voir advenir.
Réfugiez-vous dans cette chambre et faites-en votre part de ciel.
En ce qui me concerne, la couleur du temps ne m’a jamais empêchée d’écrire.

Si le jour est beau, je place ma page dans la lumière.
S’il pleut, je continue à avancer sur mon chemin intérieur en écoutant de loin
battre les orages.

Ayez confiance en la voix qui murmure dans la chambre de votre cœur
et soyez fidèle à ce qui demande à naître
à travers vous.

Mettez au monde votre force, votre inspiration
sans vous soucier de ce que les autres en penseront.
Même si la vie ne vous épargne aucune épreuve,

donnez vie à vos rêves.
La prochaine aurore dépendra de la présence de notre regard
depuis la fenêtre de la maison où nous œuvrons aujourd’hui.

Géraldine Andrée

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Le retour

Dans ma chambre
d’hôtel
aux murs bruns
et anonymes,

j’ouvre
mon cahier intime,
blanc
comme les lueurs

du lilas
au printemps,
et les lampes
des mots

s’allument
lorsque j’entre
dans mon âme
qui s’exclame :

Te voilà !

Géraldine Andrée

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L’aurore du cahier

Je garderai
de mes promenades
du feu été
ces feuilles

toutes baignées
de rosée
qui entraîna
l’encre

dans sa trace
pour créer
en chaque mot
des fleurs

débordant
sur le silence.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Récit de Vie, Un cahier blanc pour mon deuil

Au nom de…

Au nom de la jeune fille qui cherche son père,
au nom du défunt dont on ne parle plus parce que l’on n’a pas compris sa vie,
au nom du bébé parti trop tôt,
au nom du chat qu’il a fallu endormir,
au nom du téléphone raccroché et de la conversation à jamais interrompue,
au nom du dernier mot avant le départ – mais tout le monde l’ignorait encore -,
au nom du jardin détruit pour un parking et qui brille pour lui seul sur des photos enfuies dans une malle,
au nom de la maison dont la vente fut un arrache-cœur,
au nom des étés perdus dont on tait le douloureux bonheur,
au nom des ombres qui reviennent dans la chambre et se rassemblent autour de la lampe pour murmurer le prénom de l’ami d’enfance avec lequel on refuse de se réconcilier,
au nom des pas qui résonnent dans le couloir vide,
au nom de la lettre jamais envoyée à l’amant,
au nom de la trahison qui valait bien plusieurs bouquets de fleurs et la perspective d’infinis printemps,
au nom de tous les non-dits,

j’écris

Géraldine Andrée

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À pas de mots et d’étoiles

Au cœur de la nuit, la fête nous a soudain lassés :
trop de musiques, de visages, de lumières.
Tu m’as demandé :
-Et si on sortait prendre l’air ?

Dehors, le feuillage doucement bruissait.
Et sur nos pas, le sentier exhalait une odeur d’herbe mouillée.
Nous étions déjà au bout du jardin quand j’ai appris
que tu étais marié et que tu habitais assez près d’ici.

Et toi, comment va ta vie ?
Nous ne nous sommes pas aperçu que nous franchissions le seuil de la grille.
Au fil du récit de nos épreuves et de nos prises de conscience,
nous nous étions éloignés du domaine d’Amance.

Les lampes se faisaient rares.
Bientôt, le chemin devint obscur
et le silence, absolu,
nous enveloppait comme du tissu

que piquetait de temps en temps
le frétillement
de quelques fétus
transportés par la brise.

C’est lorsque nous avons atteint
la Pierre de la Source
que je t’ai entendu dire :
-Maintenant, je suis paisible.

Tout autour de nous
– les arbres, les haies, les buissons –
était si noir
que nous ne pouvions plus voir nos yeux.

Mais nous nous regardions
par l’intermédiaire des mots
et au-dessus de nos cils,
tremblaient les lueurs d’Orion.

Je me souviens que nous n’avions, alors,
pour nous guider,
que le pas de l’autre
et ce mot qui s’ajoutait

par intermittence
en guise de réponse
à une phrase
qui demeurait en attente.

Géraldine Andrée

In memoriam G**