Pour remédier au chaos de notre monde et le guérir, des êtres starseeds et indigos ont été envoyés sur la terre.
Qu’est-ce qu’un « starseed » ? Un « starseed », qui signifie « poussière d’étoile », est une âme venue du cosmos pour rétablir l’harmonie collective.
Un « indigo » met ses dons spirituels au service de l’humanité dans le cadre d’une mission bien définie.
Même si l’on emploie les expressions d’« un enfant starseed » ou d’« un enfant indigo », sachez que ces qualités spirituelles ne cessent pas une fois que vous êtes devenu adulte, car cet enfant vit toujours en vous, s’y développe, s’y déploie, demande à être entendu et écouté.
On est « un enfant starseed » ou « un enfant indigo » toute sa vie.
Cet enfant peut souffrir de la mission qu’il doit accomplir car non seulement celle-ci peut être lourde à porter dans un entourage qui ne semble ni la comprendre, ni l’accepter, mais aussi elle peut contribuer à ce que cet être éveillé se sente constamment en décalage par rapport aux autres, seul, incompris – en un mot, différent.
Réaliser sa biographie constellée de poussières d’étoiles ou indigo peut vous aider à définir votre mission et à l’assumer complètement – de telle manière à ce que vous puissiez vous réaliser en la menant à terme avec succès.
Voici les cinq étapes qui jalonneront notre chemin :
Vous vous sentez tellement isolé, étrange, anormal ? Sachez que ce n’est qu’un sentiment. Ensemble, nous explorerons comment se traduit cette solitude. Nous mettrons des mots sur votre sentiment d’étrangeté. Nous traduirons l’émotion indicible qu’engendre l’exil en ce monde pour transformer votre perception d’anormalité en singularité. Oui, vous êtes quelqu’un d’Unique. Et découvrir cela dans le refuge d’un récit autobiographique, c’est commencer à assumer pleinement qui vous êtes.
Vous avez l’impression que vos valeurs ne sont pas celles de la société ? Rappelez-vous : la majorité n’a pas toujours raison. Loin s’en faut. Ensemble, nous dresserons une cartographie de ces valeurs et, en les traçant sur le papier, nous verrons comment ces valeurs étaient déjà inscrites dès le début de votre vie sur terre, comment elles ont jalonné votre parcours d’existence – jusqu’à ici et maintenant. Par les jeux et les créations de votre enfance, les signes ou les synchronicités que la vie a semées sur votre route, l’écriture vous remettra en lien avec une valeur souveraine : votre vérité.
Vous avez été maltraité, abusé par les autres ? C’est, hélas, souvent le cas ; les êtres lumineux attirent les papillons noirs. Ensemble, nous poserons des mots sur ces maux pour que vous vous sentiez enfin délivré, que vous sortiez de votre état d’impuissance acquise et récupériez votre plein pouvoir. Je l’ai déjà expérimenté à maintes reprises. Décider de raconter un épisode d’abus, de harcèlement, c’est rendre à l’autre son acte, c’est lui dire : « Ce que tu m’as fait ne me définit pas. Je suis bien plus grand que tes humiliations, bien plus fort que tes coups etc. » Enfin, vous recréez le contact avec cette partie vivante de vous-même que l’autre avait laissée pour morte ; vous lui insufflez l’énergie nécessaire pour qu’elle se réanime. L’encre de l’écriture – que je compare au sang – remettra en circulation cette énergie de vie.
Des souvenirs de vies antérieures ou stellaires vous reviennent par flashs ? Sachez que cela se produit généralement pour « les vieilles âmes ». Ensemble, nous capterons les sensations reliées à ces scènes de vie. Lumières, couleurs, fragrances, musiques… En ayant recours à la poésie des métaphores, nous restituerons avec réalisme ces anciens mondes d’où vous venez afin que vous ne doutiez plus de leur présence – et, par là même – de la vôtre. Vous découvrirez l’immensité de votre être, la richesse de votre mémoire et retrouverez vos vraies origines, hors de cet espace-temps. Telle est l’une des fonctions de l’écriture de soi. Remonter des lignes de temps pour aller à la rencontre de toutes ces parties de vous-même qui vous attendent, afin de les réintégrer et de profiter de la sagesse de leur expérience.
Vous croyez que votre mission de vie est trop compliquée, infaisable, voire vous l’ignorez ? En réalité, il n’en est rien ! Ensemble, à la fin de l’écriture du livre, nous la formulerons. Il s’agit souvent de formules concises, impactantes pour vous d’abord. Je vous livre ici quelques exemples : « semeuse de vie », « diseur d’indicible », « allumeur de réverbères intérieurs », « réalisatrice de rêves ». La mienne est « accoucheuse d’âme ». Et vous, quelle est la vôtre ? La voir tracée à l’intérieur de l’œuvre de votre vie vous permettra, ensuite, par des actes concrets, de mieux l’incarner – que ce soit par la transmission, la création, la guérison. Vous vous sentirez alors prêt à la partager avec autrui.
Comment écrire ce livre bleu étoilé ?
Si les mots vous manquent car vous ne parvenez pas à vous libérer des sentiments de rejet et d’abandon que votre mission spirituelle engendre, je peux être la plume pour votre voix.
Si vous tenez un journal quotidien de la traversée de votre singularité, je peux vous aider à rédiger et à organiser vos notes pour en faire une œuvre symbolisant la réunification de votre être.
Des séances d’écritothérapie peuvent également vous permettre d’écrire votre expérience d’être éveillé en rendant cette caractéristique évidente pour vous-même, ce qui contribuera à ce que vous l’acceptiez plus rapidement. Ces séances vous inviteront à communiquer avec le langage symbolique de votre inconscient, avec les intuitions et les prémonitions que vous envoie votre âme, avec votre médiumnité. (Il n’y a, en effet, pas qu’une seule forme d’intelligence. L’intelligence rationnelle est celle qui s’est le plus communément développée dans notre société. Or, c’est l’intelligence émotionnelle qui domine chez les êtres starseeds ou indigos. Art-thérapie et écritothérapie réhabiliteront cette autre forme d’intelligence et en feront votre alliée la plus fiable et la plus fidèle.)
Ceux qui viennent à moi disent qu’ils retrouvent leur âme dans un livre.
C’est encore plus vrai dans le cadre de l’écriture d’une biographie indigo où le narrateur fait du livre l’expression de son âme.
On tient habituellement un journal intime de sa vie.
Et si je vous parlais de la tenue d’un journal intime sur l’écriture ?
Le journal qui parle de lui-même, c’est-à-dire de sa propre écriture.
Passionnant, n’est-ce pas ?
Il y a le journal des différentes saisons.
Le cahier rose et blanc pour les jours de printemps ;
Le petit carnet que l’on glisse dans son panier à pique-nique pour les déjeuners d’été ;
Le grand cahier mordoré à spirale pour détacher les feuilles et les poster dans sa boîte à lettres de souhaits décorée d’étoiles, les soirs d’automne ;
Et le cahier secret aux pages de neige, à la couverture épaisse, dédié aux matinées d’hiver.
Il y a le journal qui retrace l’accomplissement de chaque jour.
Le très sérieux carnet moleskine de tâches ou agenda ;
Le carnet fuchsia de plaisirs ou de kifs ;
Le carnet de gratitudes à cacher dans la poche du cœur ;
Le carnet de chevet bleu nuit comme celui de Sei Shônagon pour faire le bilan de sa journée au coucher ou griffonner ses rêves et ses premières pensées le matin ;
Le journal rose pâle de ses états d’âmes à l’aube ;
Le journal des mots en images et en couleurs ou Journal Créatif d’Anne-Marie Jobin ;
Le journal de ses idées de travail et de créativité notées pêle-mêle ; pot-pourri de l’esprit ; fouillis de fleurs à naître dans la mémoire ;
Le carnet vert 5/6 minutes qui permet de créer sa journée en trois phrases ;
Le journal de la joie, du deuil, de l’espoir, de l’attente, de la solitude, du drame, de la grossesse, de l’amour…
Quel éventail de vie ! Que de recueils pour sa promenade existentielle ! De profonds paniers pour cueillir et recueillir l’essentiel qui pousse en soi !
Voilà comment j’écris mon chemin.
Ou comment mon chemin s’écrit à travers moi.
Les feuilles de mes cahiers se tournent au fil du temps.
Le temps passe de feuille en feuille.
À chaque mot, je vieillis, bien sûr.
À chaque trait de plume, il y a un peu moins de fil d’encre pour ma vie.
Mais, tandis que j’écris, ma mémoire s’allège, mon âme sautille sur la marelle du papier ligné, court après les billes des mots,
joue si bien à être une enfant qu’elle le redevient.
Le ciel est parsemé de montgolfières. Où est la mienne ? Flotte-t-elle, avide d’infini ? Vogue-t-elle, libre dans sa solitude, parmi toutes les autres ? Ou est-elle encore arrimée à la terre ? Je scrute l’azur, les mains en visière au-dessus de mes paupières, pour ne pas me laisser éblouir par l’or de la lumière : je ne la vois pas. Et je songe : « C’est peut-être mieux ainsi. » N’existe-t-il pas une sensation plus légère que celle de mon rêve de montgolfière ?
Je me souviens de l’après-midi d’un dimanche de printemps. Mon père et moi, nous nous asseyons dans le panier, qui tangue un peu sous notre poids. Les couleurs du ballon ondoient lorsque la montgolfière s’élève dans les airs, aspirée par son désir de hauteur. Mais, à ma grande déconvenue, nous ne quittons pas définitivement la terre. Dans mon esprit d’enfant, je pense que c’est pour que je ne perde pas de vue mes devoirs à faire au retour, et la perspective de l’école, si tôt le lendemain. En bas, je vois se dérouler l’insolite tissu bigarré des prés, bordé par le ruban des routes. Les arbres ont rapetissé en bouquets. Et les hommes, les animaux, les fleurs, les pierres, que sont-ils devenus ? Ils ne sont plus que des points invisibles, comme s’ils n’avaient jamais existé. Quant au grand champ du père Grandjean, il pourrait tenir dans un mouchoir de poche.
Puis, la montgolfière amorce sa descente dans un bercement qui me soulève le cœur. Elle n’en finit pas de se rapprocher de la terre, de raser l’herbe, et quand enfin le panier touche le sol dans une secousse, il me semble que le contact avec la terre plate déplace mes reins, me projette en avant, me fait vivre un insondable vertige alors que je suis en bas.
Aussi, voyez-vous, à bien y réfléchir, je préfère vivre le rêve d’être une plume, une simple plume, grise ou blanche, peu importe. Au moins, je redescends des cimes en m’inclinant gracieusement dans la lumière, telle une ballerine. Parfois, je me penche pour répondre au désir du vent. De loin, l’œil peut croire que je me cambre sous la caresse d’un amant. Et dans une infinie glissade entre deux figures de danse, je me dépose sur une feuille de vélin ou de soie et j’attends
quoi ?
La main, le mot, le souffle d’un poème peut-être, avant de reprendre mon vol
J’ai laissé l’air entrer et la lumière du présent se faufiler parmi la poussière
J’ai découvert un fatras de documents À ne consulter qu’après échéance un tas vacillant de dossiers noirs
J’ai fait sauter l’élastique d’une chemise de carton gris qui a laissé choir les morts mal enterrées
J’ai tourné les pages plastifiées de tout ce qui avait été listé les humiliations les trahisons les perditions
Dans la dernière étagère du bas
j’ai extirpé un amas de sachets bruissant sous mes doigts et au fond desquels avaient été empilées les serrures et les clés des maisons quittées
Les non-dits je les ai transportés dans la brouette de ma gorge
puis je les ai recrachés dans un foyer de feuilles jaunies
J’ai fait de ma colère un beau feu au centre duquel
j’ai jeté le désordre de ce qui me desservait depuis longtemps les cartons qui accumulaient les peines les boîtes à jouets brisés les conserves où marinaient mes larmes
Mais à la lueur fauve de la flamme
mon élan s’est suspendu soudain
il y avait là un cahier qui portait le titre Printemps
celui-là je l’ai remonté à ma mémoire
pour l’entreposer dans un coin tout près de mon regard
Et j’ai su que l’heure était venue
pour la corde de ma colonne vertébrale
de vibrer à chacun de mes pas futurs
J’ai senti en posant mon pied sur la première marche de l’escalier
Qui sème les souvenirs dans ma mémoire fertile, pour qu’ils refleurissent ?
Qui me dit : « Le temps veille sur leur germination » ? Qui dicte à la bille de mon stylo : « Fais confiance à la force encore frêle de leurs jeunes pousses, au point encore invisible de leurs bourgeons », comme s’il me fallait renaître, cette fois-ci, dans la connaissance précise des cycles ? Qui me murmure depuis un lointain pays :
« Elles se lèvent, les tiges des rires ; elles se préparent, les corolles des regards ; ils s’apprêtent, les pétales des paupières » ?
Qui m’annonce de source sûre : « L’heure est venue de faire de ta mémoire une récolte avec laquelle tu pourras franchir le seuil de demain » ?
Mais, lorsque je cueille, hélas, les myrtilles, les trèfles, les cosmos, l’anis en étoile que tout le ciel de ma paume de jadis contenait, qui sait pourquoi je ne ressens rien de leur rondeur, de leur piquant, de leur parfum ?
La myrtille est une si petite lueur, le trèfle, une feuille feue, le cosmos, un œil qui se ferme avant la fin du jour, l’anis, une étoile éteinte.
Qui est le témoin de cette évidence : les souvenirs ne sont que des mots qui remplissent le panier de papier d’un vieux cahier retrouvé,
ni plus ni moins ?
Et qui, alors, me console en me soufflant : « Continue ce que tu as commencé !
Chacun de tes souvenirs fait fleurir un poème pour le monde, quand celui-ci sera prêt à accueillir la belle saison » ?
Qui m’invite à vivre encore pour écrire, seulement écrire ?
Adolescente, j’avais une vaste chambre et une grande table sur laquelle je pouvais ouvrir plusieurs cahiers – ceux de mes leçons et de mes devoirs du jour, à côté de mon journal intime et de mon cahier de contes secrets. Je revois ma trousse profonde contenant tous mes stylos et feutres de couleur. Je possédais même une plume à tremper dans un encrier.
Vous pourriez me dire :
« Comme tu étais gâtée ! »
Et je vous comprends. Il ne me manquait rien. Ma chambre donnant sur un jardin, je disposais de tout l’espace pour étudier.
Ce que j’ignorais, c’est que j’avais également un autre espace de création, très important, et qui était régulièrement bafoué :
mon espace intérieur,
vous savez,
celui de l’âme, celui du cœur,
d’où jaillissent les rêves les plus féconds,
d’où naissent les désirs qui nous nourrissent.
Cet espace de trésors, j’en méconnaissais l’existence, le territoire, malgré mes voyages sur le papier ligné.
Pourquoi ?
Parce que mes parents et ma sœur pouvaient entrer comme ils voulaient, sans frapper.
Ils se permettaient d’ouvrir mes tiroirs. Un jour, ce fut l’esclandre, parce qu’ils avaient trouvé une boîte de pilules contraceptives.
Mon père surgissait pour m’empêcher d’écrire mes histoires personnelles qu’il nommait « fariboles ». Il craignait sans doute que mes fées, mes elfes et mes lutins n’éclairent une part d’ombre merveilleuse en lui qu’il voulait garder cachée à ses propres yeux.
J’ai acheté un cahier qui se fermait avec une clé dorée. Au moins cet endroit qui matérialisait mon espace psychique était-il protégé.
Mais un dérangement imprévisible était toujours possible, détournant le cours d’une idée, la rivière d’un poème, la source elle-même.
Cette négation de l’existence de mon espace de création intérieur m’a bloquée dans beaucoup de projets.
Je me souviens comment, dans la résidence universitaire où je logeais, une pseudo amie s’épanchait sur ses peines de cœur chaque soir, à demi couchée sur mon lit, m’empêchant de régler les miennes dans mon carnet ou de rendre cette dissertation urgente pour le lendemain.
Aujourd’hui, je ne résiste pas au vieux réflexe d’aménager mon espace de création extérieur pour créer.
Comme pour me préserver des éventuels importuns.
Allumer une bougie, faire la vaisselle, la lessive, chercher LE stylo du moment… Tout doit être propre et net pour démarrer ma séance d’écriture.
Je sais pertinemment que je procrastine et que je perds, en agissant ainsi, de précieuses minutes pour continuer à écrire quelques lignes de plus, alors que je suis déjà si pressée.
Mon amie Julia me l’a si souvent dit :
« Saisis un vieux stylo Bic, bon sang, un cahier de brouillon tout taché, et écris, même au milieu des miettes de croissant, des gouttes de Nutella, à côté de ta tasse de café froid. Pas besoin d’encens, de lampe tamisée. »
J’ai déjà eu l’occasion de le constater : je peux commencer à écrire dans un espace encombré et avoir les idées claires, démarrer un projet de roman tandis que la poêle à crêpes reste dans l’évier et trouver mon œuvre aboutie, réussie – in fine,
car toute création part de l’espace intérieur.
Et si je ne m’autorise pas à privilégier mon intériorité créatrice, qu’advient-il des mots en attente ? Ceux-ci continuent à patienter. Désespérément pour eux et pour moi.
Nul besoin d’une vie en ordre pour dérouler la trame de cette broderie qu’est le texte qui demande à voir le jour.
Un marteau-piqueur peut tonitruer dans l’espace de création extérieur… Tant que vos projets ne sont pas dérobés dans la chambre de votre cœur par ce que je nomme aujourd’hui « une intrusion » ou une « interférence », vous êtes en sécurité dans la vie que vous donnez à votre rêve, pour qu’il naisse, un jour, sur l’immense table du monde.
Et si je vous disais qu’après des pages et des pages d’écriture, il ne reste plus que le silence ?
J’ai écrit Le Regard de ma mère chaque jour de l’été 2025, tandis que la lumière que filtraient mes volets mi-clos rayait les feuillets de mon cahier.
Je ne passais pas la journée à écrire. Je me réservais des plages pour avancer dans l’œuvre. J’ai toujours procédé ainsi pour mes projets, page après page, mot après mot. L’écriture est un parcours de longue distance qui s’effectue un pas après l’autre. Il faut économiser ses forces si l’on veut arriver à destination. Le souffle est compté – d’autant plus que j’avais mesuré celui de Maman en instants. Autrement dit, j’avais intégré l’écriture de mon livre à ma vie et non le contraire. Une fois les pages du jour remplies, je vaquais à mes activités quotidiennes.
Les motifs du livre se sont déroulés naturellement et lentement, comme les arabesques d’un tapis persan. Je possédais la trame du récit. Maman m’avait suffisamment narré des épisodes de sa vie dans la cuisine de mon enfance. Je tenais fermement le fil de leur chronologie.
Et si je vous disais le plus important dans ce billet ?
J’ai su que le livre était fini au grand silence que j’ai ressenti au point final placé après le mot « point ».
Ce n’est pas ce mot en lui-même qui fut le signe de l’achèvement de l’ouvrage, non, mais ce silence perçu par tous les pores de ma peau, et parfaitement entendu, comme lorsque je me suis retrouvée en 2006 seule dans le désert – avec l’autocar du voyage organisé qui attendait tout de même, à moitié caché derrière une dune.
Le crépitement du sable balayé par la main du vent. Des grains qui étoilaient mon visage et m’aveuglaient. L’écho du ciel. Le murmure du sang dans mes tempes. Le sentiment d’être en-dehors de l’espace, au milieu de l’immensité. Un minuscule point, en quelque sorte, entre les replis d’une page ocre. Ma respiration imperceptible dans l’infini.
Le désert me renvoyait à mon propre pouls.
Voilà comment m’est parvenu le silence après l’écriture du livre : une pulsation.
Comme si le souvenir du souffle de ma mère que je retraçais dans ces pages m’avait vidée.
Pourtant, paradoxalement, je me sentais comblée.
En effet, si je n’avais plus rien à dire, c’était parce que j’avais tout dit.
Tout dit au sujet de ma mère et de la fille que j’avais été.
Peu m’importait que ce livre fût lu. Il existait. C’était l’essentiel.
Ensuite, je ne sais plus.
Est-ce le livre qui s’est éloigné de moi ?
Est-ce moi qui me suis éloignée du livre ?
Je sais seulement qu’un sillage s’était creusé entre la passagère que j’étais – l’initiatrice du projet de voyage – et le véhicule – l’écriture – qui m’avait déposée au cœur du sable. Preuve, certes, qu’une distance inexorable se créait, mais aussi qu’une rencontre significative avait bel et bien eu lieu.
J’avais accompli ce qui devait l’être : redonner une mémoire à la vie effacée de cette femme parmi tant d’autres, et pourtant unique, puisqu’elle fut ma mère.
Je pouvais retrouver la paix.
Alors, je m’en suis retournée vers l’autocar de ma vie en prenant soin de poser mes pieds dans l’exacte empreinte de mes pas.