Acheter
une grande
et profonde
bibliothèque,
non pour ranger
les livres
des autres,
mais pour aligner
tous mes cahiers
bien remplis,
signe
d’une vie
pleinement
vécue.
Géraldine Andrée
Acheter
une grande
et profonde
bibliothèque,
non pour ranger
les livres
des autres,
mais pour aligner
tous mes cahiers
bien remplis,
signe
d’une vie
pleinement
vécue.
Géraldine Andrée
C’est un cahier tout simple, en vérité,
un cahier qui, comme on dit,
« ne paie vraiment pas de mine »,
un cahier à la reliure brune
comme les prunes flétries
en automne,
un cahier aux feuilles
si fines
que la mine
d’un crayon
les transperce
ou que l’encre les traverse
si l’on souhaite écrire
avec une plume.
Et en tournant la page,
l’on peut lire
à l’envers
les méandres
des phrases.
On sait alors
que l’on est arrivé
de l’autre côté.
Ce papier
un peu jauni
possède,
cependant,
l’éclat
d’un miroir.
Et je revois
comme si les jours
de jadis
passaient
devant mes yeux
le sourire
de mon grand-père,
les fleurs
du cerisier,
la mosaïque bleue
du couloir
de la maison
de vacances,
la cabane de bois
près de la rivière
et le chapeau
de Claire
qui dépasse
entre les herbes
sauvages.
C’est un humble cahier,
fait pour la profondeur
de ma poche,
mais ce cahier
a changé ma vie
car il a métamorphosé
mon regard
sur tous ces instants
que je croyais morts
et qui, pourtant,
habitent
comme des enfants
ma mémoire.
Géraldine Andrée
Je suis profondément attristée par le sort que l’on réserve à la poésie, dont les livres sont fréquemment cachés dans le fond d’une librairie, sur une modeste étagère. On réduit trop souvent la poésie aux récitations scolaires de notre enfance. La poésie est généralement associée à l’inutilité. « Elle ne rapporte rien ». Au mieux, c’est un passe-temps ; au pire, c’est une perte de temps que de lire un poème. Je ne disserterai pas ici sur les qualités esthétiques de la poésie qui me semblent évidentes. En effet, l’une des fonctions de la poésie me paraît primordiale et c’est cette fonction que je veux évoquer dans ce billet.
Je me souviens qu’enfant, je me précipitais à la bibliothèque pour emprunter des recueils poétiques qui me faisaient oublier l’odeur des feutres séchés, les cris de la cour de récréation, les formules sibyllines des leçons. En ouvrant, par exemple, un recueil des poésies de Lamartine, jauni par le temps qui l’avait oublié, là, entre deux romans à la mode, j’entrais dans le jardin de Milly. Et je n’étais plus seule, entourée de ces feuilles.
Incomprise par ma famille, j’ai entrepris de faire des fugues. Mais par peur et impuissance acquise, je faisais en sorte que celles-ci avortent toujours. J’ai alors trouvé un autre moyen de « me sauver ». Je partais sur l’immensité d’Oceano Nox de Victor Hugo. Ou la mère de Maurice Carême m’ouvrait la porte de sa maison et je me retrouvais attablée avec le poète, devant une tartine de miel blond.
Mon oncle m’avait offert une épaisse Anthologie de la poésie française. Je découvrais que, dans un poème, il n’y avait plus ni frontière ni interdiction. J’étais au rendez-vous de l’angélus de Francis Jammes ou des abeilles qui bourdonnaient dans les corolles du Cœur Innombrable d’Anna de Noailles. À mes propres yeux, je disparaissais, ce qui signifiait que je me sentais inatteignable. Plus personne ne pouvait me toucher du doigt ou par un propos acerbe.
Beaucoup de prisonniers ont survécu grâce à la poésie. Certains – surtout s’ils se savaient condamnés – gravaient des vers dans les murs des cachots. Des déportés des camps de la mort ont trouvé en eux la force de résister grâce à des poèmes. Quelques-uns cousaient des vers à l’intérieur de leur chemise rayée. Oui, la poésie peut devenir manteau. Non seulement, ces vers leur tenaient chaud, mais aussi ils ranimaient leur souffle par le contact des mots avec leur peau. Les soirs, des femmes récitaient des poèmes pour entrapercevoir l’aurore de leur libération.
En effet, tant que l’on est à l’intérieur d’un poème, c’est-à-dire tant qu’on le dit ou qu’on l’écrit, rien ne peut nous arriver. Au moment où l’on se balance sur un vers, aucun ennemi ne peut surgir, aucun instant ne peut bouleverser notre existence – même si celle-ci est déjà abîmée. On est bien à l’abri, dans le refuge de la beauté. La poésie nous protège, parce qu’elle nous ancre/encre dans l’ici et maintenant.
C’est en marchant que le jeune poète Arthur Rimbaud a composé les poèmes de ses Cahiers de Douai.
De même, par une froide et noire nuit d’hiver où je devais traverser la ville, seule, j’ai récité pour moi-même les vers de son poème Sensation :
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme.
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature – heureux comme avec une femme.
Ce poème m’a rassurée durant mon trajet glacial. C’était comme si je marchais avec un ami intime, bien connu de mon âme. Au-delà de l’hiver, luisait en moi, telle une étoile, la certitude du prochain été.
Par son rythme qui se mesure en nombre de pieds, la poésie est indissociablement liée à la marche.
Et si l’on est contraint à l’immobilité, prisonnier comme je l’ai écrit plus haut, ou alité et malade ?
La poésie, par son bercement, nous permet – quelles que soient les circonstances – d’aller de l’avant.
C’est ainsi que, solitaire et enfermée dans ma chambre d’adolescente, j’ai recopié de nombreux poèmes dans un cahier bleu. Je me laissais porter par le crissement de la plume sur le papier et par l’encre qui brillait avant de sécher. Les mots coulaient de source. J’étais à la fois le voilier et l’océan. En recopiant les poèmes que j’aimais, je me projetais dans le rêve d’écrire les miens.
Où que nous soyons, la poésie nous emmène vers nous-mêmes.
En ayant « recours au poème » – pour reprendre le titre d’une revue de poésie en ligne -, j’ai pu expérimenter le caractère incantatoire du vers. Le poème répété devient mantra. Mais la particularité de cette prière est qu’elle est exaucée à l’instant même où on la formule. Combien de fois ai-je ressenti l’apaisement demandé en reprenant – même silencieusement – un vers de Verlaine ou de Baudelaire ? Je pense que le Divin est à notre écoute dans un poème. Il attend simplement que l’on fasse de la poésie – comme de toute autre forme d’art – acte de foi. Et cet acte passe par la parole.
Je vous livre ici quelques extraits de poèmes à « utiliser sans modération » lors de situations difficiles.
Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici.
Extrait du poème Recueillement de Charles Baudelaire
La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
Une fenêtre ouverte,
Une fenêtre éclairée.
Extrait du recueil Derniers Poèmes d’amour de Paul Éluard
Revenir sur mes pas, refaire doucement
– et cette fois, seul – tel voyage,
rester à la fontaine davantage,
toucher cet arbre, caresser ce banc…
Extrait du poème Nostalgie des lieux de Rainer Maria Rilke
Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir.
Extrait du poème Les Roses de Saadi de Marceline Desbordes-Valmore
Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux.
Extrait du poème Green de Paul Verlaine
Bibliographie :
Anthologie de la poésie française de Georges Pompidou, édition Calmann-Lévy
Soyez poète de votre vie, Jacques de Coulon, Petite Bibliothèque Payot
Revue de Poésie et de Mondes poétiques
https://www.recoursaupoeme.fr/
Géraldine Andrée
Tu te souviens quand tu faisais la planche dans ton enfance ?
Moi, je me souviens. Bras et jambes écartés en étoile. Je suis l’astre de la mer. L’eau se mêle à mes cheveux qui deviennent des algues. L’eau entre dans mes oreilles et le mouvement du courant se confond avec le tempo de mon sang. Je m’adapte aux flux et reflux de l’Univers. J’épouse la vague qui s’avance et se retire. Mieux : je m’y accorde. Je suis le rythme parfait, universel de toute chose. C’est un voyage presque immobile que de faire la planche. On ne se déplace que de quelques centimètres mais on avance dans un autre état de conscience.
J’oubliais ainsi mes problèmes de petite fille : la copine qui avait préféré une autre à moi, les sermons de mes parents, l’inquiétude de la rentrée qui se profilait. Les questions qui me taraudaient la nuit – » Serai-je dans une classe sympathique ? Pas comme l’année précédente où c’était horrible ! » – cessaient quand je me laissais porter par l’eau. J’accédais ainsi sans bouger, sans fournir aucun effort, sans faire preuve de la moindre volonté, à une petite éternité dont j’étais l’unique horlogère.
Certes, je soupçonnais qu’il pouvait se produire des événements bien plus dangereux en-dessous. Des courants se levaient peut-être des abysses ; des tourbillons surgissaient sûrement des profondeurs. La mer n’était pas calme en son cœur. Des lames de fond étaient susceptibles d’emporter un téméraire esquif. Mais ces tumultes ne me concernaient pas. Ils étaient loin, bien en-dessous de moi, et seule importait la paix de l’eau sous mes reins.
Quand une tempête existentielle s’annonce, que les flots de la vie s’apprêtent à brouiller ta vision de l’avenir, que le rouleau des jours menace de te déséquilibrer, qu’une houle incontrôlable est susceptible de t’emporter dans une direction que tu refuses, souviens-toi comment tu faisais la planche, enfant.
Autrement dit, lâche prise sur les problèmes de fond. Laisse-toi bercer par le courant doux, ténu de l’instant présent. Dispose tes bras et tes jambes en étoile. Suspends-toi entre deux temps.
Comme je ne bénéficie pas de la mer là où j’habite, j’ai trouvé une autre manière de faire la planche. J’écris. La page est ma Méditerranée. Je m’offre au mouvement subtil de l’encre. J’accepte de dériver jusqu’au mot suivant, de franchir des portions d’espace calme, d’apprivoiser l’inconnu sans que je me sente menacée.
En faisant la planche sur la page, je me sens en sécurité. Les problèmes de l’existence n’ont plus prise sur moi car j’existe, indépendamment de quoi ou de qui que ce soit.
Je suis à l’écoute des murmures que provoque l’imperceptible mouvement de mon bras écrivant. Et lorsque j’ai fini, je m’aperçois que mon corps est devenu ce poème qui fait la planche sur les remous de la vie.
Tu peux faire pareil. En écrivant. En peignant. En composant de la musique.
Peu importe ce qui gronde en-dessous de toi. Tu ne peux le maîtriser, de toute façon.
Alors, seuls comptent le corps de ce bouquet de couleurs qui flotte sur le papier, le déhanchement de la gamme, la silhouette de cette poésie tout entière livrée à l’infini.
Ne pense pas à ce qui se trame dans les profondeurs. La Vie te préparera toujours de l’imprévisible.
Mais en attendant, fais la planche
sur ta propre présence.
Géraldine Andrée
Je me souviens :
c’était une belle après-midi de septembre comme Dieu n’en fait plus.
Au retour du rendez-vous chez le podologue que j’avais réservé pour soigner ton ongle incarné,
nous sommes rentrés dans la librairie-papeterie du quartier,
toi parce que tu voulais acheter une carte pour Les Jumeaux comme tu disais, moi parce que je voulais renouveler mon matériel d’écriture.
J’ai pris deux cahiers, l’un mauve, l’autre bleu.
Comme je ne savais lequel choisir,
je t’ai demandé ton avis.
« Prends celui que tu préfères ! »
M’as-tu dit.
Et je m’entends encore te répondre :
« Non ! Je prendrai celui que toi, tu préfères ! »
Tu m’as désigné le cahier aux reflets bleu clair
comme l’océan fiancé à la lumière.
J’ai pris aussi sur l’étalage
des cartouches d’encre noire
pour que les mots durent longtemps
dans la trace que je confierais au temps.
Lors de notre passage à la caisse,
tu as déclaré :
« C’est moi qui offre ! »
J’ai riposté :
« C’est beaucoup trop ! »
Après une dispute sur le ton de la tendresse,
il fut convenu que tu me ferais le présent
des cartouches d’encre.
Tu mourus au mois d’octobre.
De nombreux jours se sont écoulés
sans que j’écrive.
Je me contentais de vivre.
J’ai même rangé les cartouches
d’encre noire
au fond d’un tiroir.
J’avais peur de laisser s’en aller à jamais ta présence
au fil de l’encre,
à chaque instant annoncé
par un mot nouveau,
et d’être ainsi l’auteur
de la dissolution de ta mémoire
dans l’espace blanc.
C’est seulement quatre ans après cet achat
qui, sans que je le sache alors,
ressemblait
à un cadeau d’adieu,
que j’ai inséré ce matin
la première cartouche
que tu m’as offerte
dans mon stylo plume
qui a aussitôt quitté,
alerte,
les bords du papier.
Et – peut-être que tu le vois,
de là où tu demeures –
la majuscule de la phrase initiale
possède la grâce
de la fleur
qui revient
à fleur de chemin.
Géraldine Andrée

Parce que les lieux perdus peuvent se retrouver dans la trace que laisse l’écriture, les disparitions ne sont ni inéluctables, ni définitives.
Il est des biographies d’hommes célèbres, de stars.
Il est aussi des biographies d’inconnus qui cultivent des jardins qui ne leur appartiennent pas ; des biographies d’humbles maraîchers qui font éclore les fleurs et les fruits des autres.
Il est des biographies d’anonymes qui font advenir la terre en secret.
Il est des biographies de pays, de jardins, de feuilles, de lumières ; des biographies qui passent de bouche à oreille, de rêve en rêve et que le murmure d’une fontaine bien ancienne traverse ; des biographies de l’invisible et de l’indicible.
C’est cette biographie que je vous propose de vous faire découvrir aujourd’hui, une biographie nouvellement née de la collaboration entre Marie-Hélène Ferracci et L’Encre au fil des jours/Géraldine Andrée (Muller).
Il était une fois un jardin ajaccien dont vous pouvez suivre le fil du chant, de l’eau et de l’Ariadne ici. Souvenez-vous ! Il n’est pas si loin, ce jardin ! Il vous attend à la prochaine page !
Pour cela, suivez l’Ariadne…
Géraldine Andrée
Le bonheur pendant que le café coule
de changer ma cartouche d’encre
et de toucher avec ma plume
le ciel satiné de la page
que m’offre mon cahier
le dimanche matin.
Je n’ai même pas besoin
d’ailes
pour m’envoler
loin
car je m’abandonne
à chaque mot
qui vient.
C’est cela,
finalement,
être libre.
Géraldine Andrée
J’écris pour rattraper ce qui s’efface,
les pointillés d’or du jour
qui tremble entre les branches,
l’étincelle de l’abeille
qui traverse l’ombre
tandis que la première feuille
tombe,
l’ultime grain du rire
de l’enfance
roulant dans le silence,
les notes de la fontaine
que l’on entend encore
derrière la grille close,
les pétales du bouquet fripé,
recueillis dans les paumes
de Marie,
le château de sable
doucement défait
par la vague,
la phrase
dont le dernier mot
se fond dans l’azur jauni
du papier,
la conversation inachevée
au téléphone
un soir d’hiver
et ta voix en rêve
qui me conseille
depuis l’au-delà de l’absence
de compter
toutes les étoiles
afin de redonner un nom
à celle qui manque
au regard.
J’écris pour retenir
tout ce qui s’enfuit,
emporté par la vie.
Je n’y parviens point,
hélas !
Mais lorsque je me retourne
sur ce chemin
qui semble
vainement
accompli,
je vois
que j’ai laissé une trace
pour le souvenir
qui me suit.
Géraldine Andrée
Que tes mots
ma vie
prennent
racine
dans mon âme
et qu’ils deviennent
des feuilles
pour le souffle
de chaque jour
à venir
jusqu’à mon ultime
soupir
Géraldine Andrée
Je sais… On peut être tenté, dès le réveil, de consulter ses courriels pour voir si un collègue a répondu à notre mail considéré comme si important. Notre photo postée sur les réseaux sociaux a-t-elle remporté le nombre de likes requis ? Y a-t-il dans la boîte aux lettres le colis depuis longtemps attendu ?
J’ai souffert de cette curiosité compulsive, moi aussi. Mais avec le temps et l’expérience, j’ai appris à privilégier l’écriture de moi à moi, avant de commencer ma journée.
Je laisse la plume voguer vers le blanc pour m’apporter une réponse, née de mon intuition.
Je note tout ce que j’approuve chez moi – inconditionnellement -, y compris mes défauts comme ce bouton au bord de mon menton.
Je m’offre le présent de l’attention portée à moi-même.
Pour résumer, je m’écris des lettres.
En prenant patiemment des nouvelles de moi dans mon journal, je me suis découvert une force insoupçonnée pour affronter ensuite le monde extérieur.
Tant pis si, après m’être écrit une lettre amicale, je ne trouve que des messages publicitaires dans ma boîte mail ; tant pis si mon post n’a récolté aucun J’aime ; tant pis si c’est une facture que je relève à la place de mon cher colis… Tant pis, oui, tant pis car l’écriture m’a donné la conscience d’exister et d’être heureuse indépendamment des conditions extérieures.
Au moins suis-je reine dans le pays de mon âme !
En prenant des nouvelles de toi, tu adresses des signes à l’Univers qui, ainsi, parvient à te localiser sur l’océan de la page. Et, de jour en jour, tu apprends à redresser la barre. Un falot t’est envoyé pour te guider un peu plus loin dans ta traversée. Un souffle d’ange dissipe les brouillards. Tu lances de moins en moins d’appels désespérés car tu adresses à cet infini-qui-demeure-d’abord-en-toi des interrogations recevant fidèlement leurs réponses. Tu deviens à la fois le message, le messager et le destinataire. Au-delà d’un monde qui fait rage, tu te fies à la paix de l’univers. Tu reçois des nouvelles de ses cycles, de ses rondes d’étoiles dont tu es le centre.
Enfin ! Te voilà ! Tu es passé de l’autre côté de toi, sur la rive d’où tu t’observes et te conseilles avec bienveillance, respectueux de ta vérité.
Mais quelle est donc cette main qui se tend pour t’aider à franchir la ligne d’arrivée – quand l’ultime phrase affleure le bas de la page – et à aborder la nouvelle journée qui se présente ?
C’est ta plume qui, lors du point final pour ce matin – et ce matin seulement – t’annonce à la lumière.
Maintenant, tu peux vivre tout ce que tu as à vivre car tu as écrit l’essentiel, c’est-à-dire qui tu es aujourd’hui et cela, n’est-ce pas en Soi une bonne nouvelle ?
Géraldine Andrée