Accueil

Publié dans Cahier du matin, Créavie, Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie

Je reviens à la page

Lorsque je ne peux tout contrôler,
que le destin a ses échéances,
lorsque je ne peux rien changer au comportement d’autrui,
que la maladie et la mort ont le dernier mot,

je reviens à la page.
J’y crée des chemins, des jardins,
des poèmes qui annoncent l’aurore
dans le mot Demain.

Je redécouvre mon pouvoir,
ma faculté de détachement
pour suivre, telle la feuille,
l’élan du souffle qui la mène un peu plus loin.

Je cesse de dépendre
des circonstances
pour être heureuse
et, dans le blanc de neige

du papier,
je trouve une rose
en sa floraison
qu’aucune bourrasque n’abrège.

Je sais que le temps de l’encre
m’apporte tous les possibles
et que cet espace
me permet de vivre.

Je puise
dans ce face à face
avec moi-même
de la force,

de l’audace
et je me vois mieux
que dans un miroir,
car j’ai enfin la certitude

que mon âme
accompagne
ma solitude
et elles peuvent bien creuser leur trace,

les rides sur mon visage !
Lorsque je reviens à la page,
que je puise
dans son silence

qui m’accueille
un murmure d’eau vive,
je me sens devenir grande
comme la majuscule

d’une phrase qui commence.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Il

Il ne laisse pas le trace

Seulement le souvenir

du souffle des arbres

qui nous fait croire

que l’on marche

et que l’on passe

avec Lui

Le Poète

Géraldine Andrée

Publié dans Mon aïeule, mon amie, Journal d'une maison de retraite

Chaudeney

Tu me dis :

Et si on allait à Chaudeney ?

Là-bas, il n’y aurait plus de problèmes.

Pour toi, tout change à l’ombre bleue de la place de l’église.

On ne voit plus la vie de la même façon.

D’ailleurs, Jeanne t’attend encore sans doute

sous les feuilles bordées de roux du marronnier

en cette fin de mois d’août

pour échanger sur ce que réserve l’avenir.

Puis, soudain, tu te ravises.

Est-ce à cause de cette clarté devenue grise

à la fenêtre de ta chambre ?

Il faut d’ailleurs que je vérifie

si ton rendez-vous avec ta jeune amie

est bien noté dans ton calepin jauni.

Et tu ajoutes :

La place de l’église a sûrement changé.

Est-ce que vraiment je la reconnaîtrais ?

Tout passe tellement vite.

A chaque instant que l’on vit,

on n’est plus jamais le même.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie

Sans titre

Souvent, je me dis :
Il faut que j’écrive
ce que je veux vivre,
donner avec ma plume
de l’élan à ma vérité.
C’est alors
qu’une petite voix
d’enfant
m’interrompt
et me murmure
comme si c’était
un secret
dont je devais
absolument
me rappeler :
Tout est déjà
écrit dans ton coeur !

Géraldine Andrée

Publié dans Journal d'une maison de retraite, Journal de la lumière, Journal de ma résilience, Mon aïeule, mon amie

La goutte

Je te trouve la peau du visage sèche.
Je te conseille de mettre un peu de crème Nivea.
J’en recueille une goutte au bout de mon doigt.
Tu approches ton index du mien

et en cueilles la moitié
dont tu enveloppes le pourtour de ta bouche
qui luit.
Je fais de même.

Les nuages de pluie
sont partis.
La chambre se baigne
d’une légère lumière bleue.

Tel était,
je crois,
le but de ma visite
d’aujourd’hui :

se partager à deux
une goutte de crème
dans l’éclaircie
d’une fin d’après-midi.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Cahier du matin, Journal de la lumière, Le cahier de mon âme, Poésie

Incarnation de la Poésie

La lumière qui se mire dans l’encre outremer m’est destinée.

C’est un rêve qui me revient.

Je suis venue de l’infini sur cette terre pour étendre la Poésie sur le monde, l’incarner dans l’éclat d’un vers qui célèbre le regard et la présence à toute chose.

Ressusciter l’à jamais perdu , l’à jamais enfui et qui renaît soudain, sous l’aurore d’un mot,

un jardin, un enfant, un pas dans la neige d’avril et qui me suit tout le temps.

 

Géraldine Andrée

 

Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie, Journal créatif

Un signet pour la page la plus belle

Je veux placer un signet pour la page la plus belle de mon journal intime,
celle qui recueille toutes les joies, même les plus minimes,
comme le murmure du vent, le clignement de l’étoile infime
que je reçois comme un signe,
au moment où je cherche à être
comprise,
pour que je retrouve malgré les instants qui se brisent
telle les notes d’une cloche ultime,
les mots de ma mémoire
qui me font croire
à la joie d’un autre chapitre
annonçant déjà son titre
en haut d’une page blanche.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Je rêve que ma mère redevient sensée

Je rêve que ma mère redevient sensée
Elle me parle de la belle robe qu’elle a aperçue en vitrine
taille cintrée et col Claudine
Puis elle rajeunit
en tressant fort
ses nattes devant le miroir de sa chambre
Elle a dix-neuf ans
et elle danse danse
vêtue de la robe exposée dans la vitrine de sa mémoire
bras ouverts dans la lumière du soir
comme si elle était sa propre cavalière
Elle danse ma mère avec son ombre
qui ne la hante pas encore
et qui affine son corps
en l’entourant d’or

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, Créavie

Depuis que j’écris mes intentions

Depuis que j’écris mes intentions dans ce cahier rouge, j’ai découvert que ma mission de vie n’était pas de « faire » mais d’ « être ».


Je me suis tant perdue à aider les autres, à me sacrifier pour eux que je veux aujourd’hui me retrouver, me centrer sur moi, profiter de la vie, avoir plus de plaisir, créer ma liberté et ma joie.


Qu’est-ce qui me fait vibrer chaque jour ?


Ecrire dans mes blogs, sur mes cahiers, voir couler l’encre d’un poème de ma main à ma page, lire de la poésie aussi sous la lampe basse d’une fin d’après-midi, découvrir ce roman récemment acheté, me lancer le défi de lire tous les livres que j’ai acquis au cours de ces années et que je n’ai pas encore lus, écouter de la musique, danser, écouter des vidéos de développement personnel, sortir au théâtre, aller à des concerts, manger de bons gâteaux, de la crème au chocolat, me promener, suivre les sentiers étoilés de chants d’oiseaux.


Vivre pour moi car je suis née seule et je repartirai seule.


Être au centre de mon existence en étant consciente de ma respiration et de mes sensations.


Toucher, voir, sentir.


Être sensible à la couleur du jour qui change, au mouvement d’un nuage devant la lune qui tremble comme un voile, au reflet du vin dans le verre, au parfum de l’herbe après la pluie, à la texture d’une peau, d’un tissu, au bercement de l’instant sur une sonate de Chopin.


Cesser d’accomplir à tout prix mais laisser le temps et la vie s’accomplir en moi.


Géraldine Andrée

Publié dans Cahier du matin, Journal de la lumière, Poésie

Elle reviendra

Elle reviendra, la lumière, dans l’ancienne demeure.

Elle sèmera ses pétales d’or sur le fauteuil, la crédence, le tapis

et on croira que la jeune Annie

depuis longtemps partie

sera rentrée de promenade,

chargée de mille fleurs.

On retrouvera le chant de source du silence

à partir duquel la vraie joie commence

et lorsqu’on passera devant le miroir,

on reverra le visage de notre enfance,

celui d’avant la conscience de l’adieu

et du sourire que l’on garde à jamais en mémoire,

au-delà des yeux.

Elle reviendra, la lumière,

aussi inattendue qu’un étincelle qui s’allume

au coeur de ce que nous fûmes.

Il faut juste croire

en la grâce

que cache

la patience.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Apparition

Je n’entends plus ton pas
dans l’escalier
Tu ne sonnes plus
pour m’apporter
un panier de présents

Tu entres désormais
avec la lumière
du matin
de manière
si furtive

que j’ignore
si c’est le soleil
qui te fait apparaître
ou si c’est toi
qui fais apparaître
le soleil

Tout ce que je sais
c’est qu’il faut
que je me lève
et que je vive
parce que

ces quelques
gouttes
de rosée
que tu m’as laissées
peut-être

en guise
de présent
sur la fenêtre
me montrent
de façon éclatante
qu’il est temps

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif, Poésie

Dans mon petit cahier

Dans mon petit cahier
il y a les vacances à la mer
les ondulations de la lumière
les rires de la promenade
le temps qui s’invente un air léger
à la crête des vagues
et la brise qui dépose
au seuil de la nuit
sa corbeille de senteurs
pour les étoiles qui se sentent seules
Dans mon petit cahier
il y a l’infini

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de ma résilience, Le journal de mes autres vies, Un cahier blanc pour mon deuil

Les saisons passent

Les saisons passent sur le seuil de ta maison.

A la place des violettes dont tu me fis la cueillette, pousse une herbe jaune et sèche.

Mais dans le grand salon, de partie de scrabble en partie de scrabble, le temps reste le même.

Tu n’as pas trouvé de mots nouveaux.
Alors, tu feuillettes un catalogue de mode :

– Regarde comme c’est beau ! Le bouffant de cette manchette ! La dentelle du col ouvert ! C’est original ! Cette taille cintrée t’irait bien !
Qu’est-ce que t’en penses ?

Tu parles patron, coupe, tissu.
La maladie semble avoir disparu, emportée par les pages du catalogue que tu tournes.

– Il faudrait que je me remette à coudre !
Je n’ai pas le temps !

Le temps, tu l’as. Elle est finie, l’époque des enfants et du mari, des repas, du ménage et de la lessive.

Mais tu ne trouves plus le chas de l’aiguille. Ta main tremble en tenant le fil. Tu t’éloignes de la ligne, tu assembles en un gros point deux tissus qui n’auraient jamais dû être ensemble.

Tu as, certes, beaucoup cousu dans ta vie. Avec dextérité. Tu as même enseigné cet art. Mais sans doute pas encore assez pour les projets que tu avais.

Dans ta prochaine vie, tu te réincarneras peut-être en styliste. Ou tu dirigeras une entreprise de vêtements que tu créeras toi-même. Tu monteras ta propre enseigne.
Tu inventeras une marque. Tu habilleras des générations entières. Coco Chanel d’un autre siècle dont on méconnaît toute la mode.

J’aime y croire.
J’aime croire que les passions nous survivent,
qu’elles nous redonnent rendez-vous
depuis l’autre rive,
qu’elles nous reconnaissent
dans un autre corps de chair,
un autre vêtement de scène,
et qu’elles nous redisent
avec notre sourire :

A nous !

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, Créavie, Grapho-thérapie

Un simple poème

On se méfie souvent des poèmes simples.

C’est comme si les mots de l’enfance étaient suspects.

On se demande : Qu’est-ce qui se cache ? Quel sens ?

C’est trop facile pour être vrai !

Ce n’est pas normal qu’un poème aille droit au coeur !

Il en est ainsi de la vie dont on peut ressentir l’unique bonheur en ayant seulement les coudes posés sur la table baignée de soleil.

Et, au lieu de se dire qu’aucun instant ne peut être mieux que ça, on se répète :

Allons ! Le bonheur ne peut pas être que ça…
Ce n’est pas possible !

Prenons la vie comme un simple poème.

Y a-t-il besoin de trente-six mots et métaphores avec variété de rythmes savants et de rimes riches

pour dire le chemin de la lumière sur la peau,

ce chemin qui s’écrit sans laisser de trace ?

Y a-t-il besoin de réfléchir profondément pour vivre ?

Faisons d’un simple poème

notre vie

pour que nous puissions nous dire

lorsque le jour rencontre par hasard notre sourire :

C’est bien ça !

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de mon jardin, Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

La maison s’est effacée

La maison s’est effacée
avec ses fenêtres,
son seuil,
son toit de tuiles brunes.

Elle a emporté avec elle
le jardin aux mille soleils
tout étoilé
de cerfeuil

et de feuilles
autour desquelles
les papillons
sèment leurs lueurs.

Pendant un instant
encore,
la treille
m’a montré ses couleurs.

J’ai recueilli
une larme
qui coulait du coeur
fendu d’une prune.

Et le chat
aux profondes
prunelles
m’a regardée

entre les branches
de la haie
comme si je quittais
ce monde.

Et puis, tout
a disparu tel
le reflet
d’une bulle

qu’emporte
un souffle
d’enfant
qui joue.

A la fin,
il n’y avait plus
que moi
seule

avec le temps.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Le carnet de mille grâces

J’ai achevé mon carnet de gratitudes que j’ai tenu pendant un an.

Hier était l’ultime page.

Je reviens au premier feuillet.

Il y a un an, jour pour jour, le 27 août, ces mots étaient écrits à l’encre bleue :

« La nuit me fait toujours l’immense présent du frêle frottement de la plume sur la page.

Je note la phrase de mon père :

C’est un beau jardin. Regarde cet arbre centenaire.« 

Mots qui datent d’avant la mort de mon père et dont l’encre demeure si vive !

Pendant toute cette année de deuil, je n’ai pas flanché ; je n’ai pas fléchi.

J’ai relaté fidèlement mes petits émerveillements.

Dans ma solitude, je n’ai pas trahi l’écriture.

Quand je relis ce carnet de mille grâces, j’approuve ce que j’y ai déposé.

Je note à nouveau ici la récurrence de mes joies :

  • écouter une émission de rock en faisant la vaisselle du dîner
  • étendre mon linge dans le calme d’une fin de journée
  • observer la lente promenade des nuages avant de partir travailler
  • lever les volets sur les roses du balcon d’en face
  • remercier la lumière que j’ai pour lire, le temps pour désirer, l’espace pour rêver
  • sentir vibrer ce que j’écris comme le soleil sur mes reins

En mars, je déclare
« Faire le deuil des cendres et grandir« .


Pendant tout l’hiver, je suis partie pour le pays d‘Happinez, de Simple Things, d’Open Mind, de Respire.
J’ai aimé les couleurs et les odeurs d’imprimerie de ces magazines, la fraîcheur de leur couverture pour mon âme brûlée. J’avais l’impression d’être apaisée par de la neige d’avril.


« Mon plaisir favori, glisser un petit carton imprégné de mon parfum personnel dans ce carnet. Ce sera, ainsi, un véritable carnet intime.« 


Le cahier de gratitudes m’a appris la réciprocité de l’offrande : découvrir que la gratitude est une offrande et l’offrande une gratitude.


J’ai traversé l’absence avec ce carnet à la main. Cette mort que j’ai vécue fut constellée d’une myriade de vies.


Alors, gratitude à mon carnet de gratitudes qui m’invite à revivre tous ces petits plaisirs pour un an encore.


C’est promis, demain matin, j’allume un soleil dans le soleil en faisant fondre du miel blond sur de la mie d’or.


Géraldine Andrée


Publié dans Actualité, Non classé

Le jardin volé

L’une de mes tantes souffrait du syndrome de Diogène, une maladie psychologique qui consiste à accumuler sans cesse des objets.

Cette tante déterrait des plantes dans les jardins publics pour les replanter chez elle.

Aujourd’hui, les branches sont sèches, cassées, piquantes.
Les arbustes se dressent, hirsutes.
Les herbes jaunes s’emmêlent.
Les pots sont fendus.
La terre craquelle.

On ne trouve pas une feuille vive.
Même les insectes ont fui.
Ma tante ne s’occupe plus de ce jardin volé.
Forcément, elle est morte.

Si elle avait laissé les plantes
dans la bonne terre fraîche
où elles appartenaient,
où elles étaient nées,
celles-ci continueraient à grandir,

à fleurir, 
à monter dans la lumière,
à attirer des lueurs et des ailes
pour les yeux de tous.

Aujourd’hui,
ce jardin est étiolé
derrière son grillage
et ma tante en allée
dans un envol
vers une saison

qui n’est pas de ce monde.
On ne garantit pas son éternité
en confondant
ce que l’on possède
et ce que l’on est,

le nombre
et l’unicité.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Journal de mon jardin, Poésie

Sur la page

Sur la page
de mon livre
se déposent


une lueur
ou une brindille
semées par le vent,


un grain de terre
que soulève
le pas du promeneur,


une poussière
– d’étoile
peut-être ? -,


une feuille sèche
qui a bien éclairé
la saison,

une fourmi qui cherche
un mot
à porter sur son dos…

Je demande,
pour tout le temps
qu’il m’est donné

de vivre,
d’être moi aussi
une page

sur laquelle tombent
tous les présents
possibles.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, Ce chemin de Toi à Moi, Journal de ma résilience, Méditations pour un rêve, Poésie

Ton pays

Ton pays ne figure sur aucune carte d’état-major
Aucune pancarte ne l’indique quelle que soit la route
On ne trouve pas de photo de lui sur Google Earth

Et pourtant je sais
son murmure de feuilles vives
le rire de ses cascades qui courent avec la brise

la couleur de sa terre dans la paume
la lumière que des oiseaux aux étranges plumages
annoncent très tôt

C’est comme si j’avais goûté ses fruits
croisé ses animaux sauvages
caressé son rayon de lune sur mon épaule

Pour ton pays nul besoin
d’un ticket de train
ou d’un numéro de porte d’aéroport au petit matin

Ton pays n’a ni tracé ni nom
mais sa langue déborde du silence
de ma chambre

pour me parler de la joie
de m’y rendre
Ton pays est en moi

Géraldine Andrée

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

Tu es parti pour le Sud

Je me surprends à songer
en ma solitude
que tu es parti pour le Sud.

Tu ne dois pas voir 
le temps passer 
à te baigner

et je m’entends te dire
pendant qu’ici, je dois vivre :
– Ne t’éloigne pas trop de la rive !

Ou alors tu fais une sieste
à l’ombre du grand cèdre
du Liban…

C’est pour cela que dans mon rêve
je t’entends respirer
au rythme des feuilles

que berce le vent,
au bord de ma fenêtre
laissée entrouverte…

Parfois, je m’adresse à toi 
en guise de reproche :
– Pourquoi tu ne m’écris pas ?

Enfin, ce n’est peut-être
pas de ta faute !
La Poste est lente

en cette longue
période de vacances !
Et je retourne

à mes autres lettres
qui ne te concernent pas
et qui, elles, sont prêtes

à l’envoi.
Puis, je me console
en songeant

qu’après un certain nombre
d’étés
que je méconnais encore,

la solitude
me dira
de sa petite voix :

Le temps est passé.
Tu peux me laisser
dans cette chambre

et partir,
le coeur léger, 
pour le Sud.

Géraldine Andrée

Publié dans Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie, Journal créatif, Le cahier de mon âme

Le cahier bleu

Je tiens cet été mon journal dans un cahier bleu.
Les pages tournent au vent comme des vagues
pour que le blanc caché sous le bleu m’accueille 
quand je me sens seule.

Dès que je m’abandonne à cette large présence, 
je me sens lavée de tous mes deuils.
Je retrouve alors la joie de m’élancer vers mon propre souffle, 
tel un cheval sauvage

qui court d’un point à l’autre du rivage.
Et il me semble que les gouttes d’encre de mes mots
laissent en séchant sur le papier
leurs lueurs sur ma peau.

Géraldine Andrée

Publié dans Cahier du matin, Créavie, Grapho-thérapie

Page blanche

Page blanche

Pause

Retourner ses paumes

puis fermer les yeux

Ne penser à rien

même pas au mot prochain

ce futur oiseau

dont chaque note

se destine

à une goutte d’encre

précise

Demeurer dans l’espace

où ne s’énoncent

nulle vérité

nulle formule

et où le regard

renonce

à tout signe

Avant de prendre

la plume

être le ciel

de son silence

sa propre

page blanche

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, Créavie, Parlez ! Je vous écoute !

Pour réaliser votre livre de Vie

Pour réaliser votre livre de Vie, je mets de la vie dans votre livre.

J’y glisse les couleurs, les senteurs, les saveurs, les musiques et les étoffes de la vie que vous avez suivie jusqu’ici.

Je rends si présents vos souvenirs que vous reviennent un chemin, un jardin, un visage, un sourire que vous croyiez avoir oubliés.

Je vous fais rencontrer votre mémoire.

Je donne de la voix à ce que vous portiez en silence.

Et la maison dont vous vous êtes séparé(e), l’aïeul en allé, l’arbre tant aimé se réincarnent dans vos mots.

Vous réalisez que votre livre ainsi écrit rassemble toutes les vies qui ont fait la vôtre !

C’est ainsi que l’on donne de la vie à ce que l’on écrit…

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie

Les longs après-midi d’été

Ah ! Les longs après-midi d’été passés à la bibliothèque !

L’ombre fraîche qui enveloppe les bras…

L’écho frêle des sandales

sur le plancher de bois…

Les chuchotements autour des lampes…

Et voici, échappé d’une étroite fenêtre,

ce rayon de soleil

venu désigner entre tous

le titre de ce livre

à la couverture rousse

qui t’emportera dans son pays

que tu ne connais encore pas

mais où tu es destiné à naître

et à vivre

pendant un mois…

Géraldine Andrée

Publié dans Grapho-thérapie, Journal créatif

Je tiens un journal intime

Je me souviens quand, toute jeune fille, j’ai déclaré à mon professeur de français devant la classe :

– Je tiens un journal intime !

C’était comme si j’avais dit que je possédais une grande maison de vacances ou que j’étais entrée dans un cercle d’amis fabuleux.

Moi qui étais si effacée, moi dont on se moquait, moi que l’on ne respectait pas, je m’étais enfin dessiné par cette courte phrase un contour. Je m’étais donné une densité, une profondeur, une vérité. Je devenais consciente de la rencontre entre l’être et le faire, entre la joie et le chemin. Je me tendais un miroir où je me reconnaissais, objectivement, sans que le regard de quiconque m’influençât.

Ainsi, j’étais présente, vivante moi aussi… Et cela, rien qu’en écrivant dans ma chambre. J’existais pour mes pages blanches. Ce cahier à la couverture fleurie était mon île, un lieu sûr dans lequel je pouvais advenir à chaque instant par ma propre présence.

Je tiens un journal intime…

Que de secrets contenait cette simple phrase ! Que d’énigmes la rendaient riche ! Que de mystères dont j’étais l’unique détentrice jouaient seulement à se laisser deviner !

Que pouvais-je bien raconter, si démodée avec mes couettes et si étriquée dans ma jupe plissée ?

Je ne le confierais jamais qu’au papier !

Je n’étais donc pas tout le temps définie par les autres… Je ne leur appartenais pas… Une part de moi, insaisissable, essentielle, leur échappait définitivement.

Quand je songe aujourd’hui à l’image de cette petite clé dorée qui a brillé sous mes yeux au moment où j’ai prononcé cette phrase, je me dis que j’avais compris à mon jeune âge l’importance de l’indépendance.

Je tiens toujours un journal intime

car je suis celle qui me comprend le mieux.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie

Sur cette feuille

Sur cette feuille,
deux points
font un pont.
Un peu d’encre
suffit
pour qu’une rivière
coule,
emportée
par son souffle.
Quelques mots
disent
l’essentiel,
la profondeur.
Et quand 
votre regard
est arrivé
en bas
de la feuille,
au plus près
de l’endroit
où bat 
votre coeur,
une seule 
goutte
de silence
contient
votre présence.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Grapho-thérapie, Journal de ma résilience

L’odeur du papier frais

J’ai souvenance… 

L’odeur du papier frais qui m’accueille quand j’ouvre mon cahier d’adolescente que je viens à peine d’acheter

– une odeur printanière comme celle d’une robe si bien lavée et repassée qu’elle me semble être nouvelle…

Je ressens, alors, que malgré toutes mes peines répétées,

une seule goutte d’encre m’est suffisante

pour entrer dans une autre vie qui commence… 

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie

Trois joies d’écriture

  • Quand j’ai reçu mon prix littéraire à quatorze ans et que je ne m’y attendais pas. Je me souviens de ma petite machine à écrire noire de jais qui, au fil de son ruban, m’a menée à cet honneur.
  • Mes vacances au bord de la Mer Noire en l’an 2000. Les nouvelles rencontres dans le vent qui soulevait le sable sur la trace de mes pas. J’ai tenu alors un Journal d’Amour pour ne pas oublier.
  • Mes vacances à Cala Ratjada. L’inspiration qui me venait du bleu et ma solitude riche de tous mes cahiers. Je n’écrivais alors plus que pour moi. Le chemin tracé par ma plume était suffisant.

Ecrire la Vie avec les expériences, les sensations, les sentiments.

Il m’est possible de tout éprouver avec ma peau comme avec la page.

J’écris la Vie avec le souffle de ce qui passe, le sucre des fruits, la musique d’un violon, la danse d’une caresse au bord de l’épaule, les verts de la colline, la senteur des arbres sur un sentier de printemps.

J’écris la Vie avec les pétales des pommiers, avec tout ce qui disparaît pour renaître dans des couleurs jumelles.

J’écris la Vie avec les lueurs des larmes et les éclats de rire, le sourire de la lune au coeur de la nuit.

S’il m’est possible d’écrire la Vie, il m’est possible de revivre ces instants uniques autant de fois que l’encre ranime mes mots.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page

Graphothérapie personnelle

Ecrire m’a souvent sauvé la vie.


Ecrire m’a souvent aidée à vivre.


Grâce à des notes brèves, des fulgurances, des mots éclatants comme des météores,
j’ai découvert que le bonheur, pour moi, était fait de moments :


le chant des oiseaux dans la lumière de juin, lorsque j’ouvre ma fenêtre au matin ;
entendre le bruit de la mer pas très loin ;
une tasse de thé près de mon livre ;
trois gouttes de jus de citron sur du bon poisson grillé ;
une fleur accrochée aux cheveux de ma mère ;
le silence au réveil et le bruit de ma respiration…


L’encre qui brille sur la page est devenue mon miroir.


Je m’accepte inconditionnellement en me relisant, sans fard, avec tous mes défauts et toutes mes qualités, toutes mes faiblesses et toutes mes forces, tous mes échecs et toutes mes réussites, tous mes manques et toutes mes ressources.


Le mouvement du stylo, le lent déroulé de la phrase, la vague du texte qui s’avance sur la page m’ont suggéré d’aller à mon propre rythme, comparable à nul autre.
Une métaphore surprenante ? C’est le signe que je m’abandonne à Plus Puissant en Moi !


Et le silence de la chambre qui entoure l’île de mon cahier me met à l’écoute des murmures de mon temps intérieur.


Arriver à la dernière ligne, c’est rapprocher ma main de mon coeur.
L’action rencontre alors le sentiment et la volonté, l’intuition.


Ecrire m’invite à chaque instant à être l’auteur de mon propre bonheur.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie

Mes phrases magiques

  • Je suis la Source et le Chant de mon bonheur
  • J’incarne toute ma Vérité
  • J’écoute la voix de mon Coeur, cet oiseau qui palpite dans ma poitrine
  • Je vibre la Lumière
  • J’accorde la note de mon Âme à la musique du Jour
  • Je suis ma Priorité ; à mes yeux la Première
  • Je m’épanouis dans la vague de l’Abondance
  • Je cultive la Paix en moi
  • Je crée la Vie, sa Beauté et sa Bonté
  • J’apprécie la vie et je la fais partager avec mes propres mots

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, histoire

Le Tour de France

Le Tour de France a toujours été pour moi le signe délicieux que les vacances commencent.


Il me revient certains Tours de France de ma vie.


Le Tour de France que mon oncle d’Annecy regardait tout l’après-midi. La pluie de l’orage se déversait sur la maison pendant que s’alternaient à la TV les pentes ensoleillées


Le Journal du Tour de France après les informations, au moment où l’on versait la première goutte de porto dans le coeur creusé des melons de Méditerranée


Le Tour de France qui est passé tout près de chez moi alors que j’habitais à D, dans le Nord. J’étais accaparée par l’attente d’un amoureux qui vint très tard. J’entendais les cris d’encouragement et je me sentais clandestine dans mon petit studio. J’aurais dû être dehors


Le résultat du Grand Vainqueur du Tour de France que clamait un transistor par la fenêtre ouverte, dans un village du Loiret. La chaleur nous avait invités à nous installer en terrasse et à remettre la visite des châteaux au lendemain


La voix du chroniqueur du Tour de France qui s’accélérait pendant que l’on ôtait doucement les grains de sable accrochés à la peau. C’était à Bray-Dunes ou ailleurs


Puis, cette coupure de vieux journal retrouvée dans la maison de mon grand-père, et qui était tombée par hasard sur les cartons du déménagement. Il y était relaté un Tour de France datant de plus de quinze ans. J’imagine mon grand-père le lisant, tout près de son café, avant de retourner jardiner. Où étais-je ? Peut-être juste à côté, occupée à habiller ma poupée.


Il me semble, même si je peux me tromper,

que mon enfance a été

un long été

que je continue aujourd’hui encore

à traverser.


Géraldine Andrée

Publié dans Journal de ma résilience

Les grandes vacances

Tu es parti pour de grandes vacances.

Et je n’ai pas l’adresse de ta demeure.

Les jardins ont-ils les mêmes lueurs qu’ici dans l’ombre ?

Les rivières sont-elles profondes ?

Peut-on y lire la même carte du ciel que celle posée sur notre monde ?

Je vois, les yeux clos, les traces de tes pas sur le chemin qui mène à la vaste résidence

et je rêve que j’y mets mes pas.

C’est ainsi que j’avance.

Ton congé est sans retour.

Il n’y a pas sur le calendrier

un seul jour à entourer de rouge,

parce que tu pourrais prendre l’avion en sens inverse.

Là où tu séjournes, il n’y a pas d’adresse.

Alors, je détache

de mon journal intime

une page :

comme sur du papier à lettres,

je note la date,

deux initiales

pour l’énigme

du lieu,

mon prénom

puis j’entre dans mon coeur

pour écrire un message

que je signe

de ton nom

et dont la danse

s’achève

dans une ultime

étoile

d’encre.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Créavie

La vérité de mon rêve

Pendant toute l’année 2015, j’ai rêvé d’avoir une chambre au bord de la mer.

Je fermais les yeux, les jours de pluie, et je voyais cette chambre à fleur de bleu, avec un voilier au loin et le ciel que le reflet du soleil dans les vagues berçait.

Je ressentais dans mon rêve le vent, la lumière, la vérité. En juillet, j’ai réservé mes vacances sur le site de Marmara.

J’ai ajouté Terrasse en option, comme d’habitude. Puis, je n’y ai plus pensé.

En août, lorsque je suis arrivée à Majorque et que j’ai ouvert la porte, je n’en croyais pas mes yeux et pourtant, c’était vrai !

La chambre était exactement comme je l’avais rêvée : fenêtre ouverte sur la Méditerranée, terrasse au sixième étage, donc au plus près du ciel, et j’entendais les éclaboussures des rires des enfants qui jouaient avec les vagues.

Au loin, un voilier blanc qui allait au rythme de son propre temps.

Cette expérience de mon rêve de vacances me donne la foi d’élargir encore mon rêve.

Alors, je ferme les yeux et je vois une maison que j’ai achetée à fleur de bleu, une terrasse et un grand cahier ouvert comme une fenêtre par laquelle les visages des mots apparaissent.

C’est déjà à moi.

C’est là.

Géraldine Andrée

Publié dans Méditations pour un rêve, Poésie

Un très ancien carillon

J’entends sonner un très ancien carillon
dont les quelques notes grêles 
si je tends bien l’oreille
font rouler leur écho
comme des perles 


le long d’un rayon de soleil
un carillon qui sonne ce temps passé
où vivait encore Claire aux cheveux blonds
aux larges colliers
et au sourire secret

Géraldine Andrée

Publié dans musique

Ton murmure

Je ne sais pas

d’où vient ton murmure…

J’écoute

tout ce qui vibre,

tout ce qui vit…

Je pose

mon oreille

sur les roses,

les taies

d’herbe,

les feuilles

où bruissent

les ailes

secrètes

des insectes…

Je suis attentive

à la petite note

qui peut tomber

d’un rayon

de soleil

et rouler

le long

des cordes

de l’air

tandis

qu’une seule

certitude

m’habite :

ton murmure

vient

de toutes

les sources

de silence

possibles…

Géraldine Andrée