Publié dans musique

Ton murmure

Je ne sais pas

d’où vient ton murmure…

J’écoute

tout ce qui vibre,

tout ce qui vit…

Je pose

mon oreille

sur les roses,

les taies

d’herbe,

les feuilles

où bruissent

les ailes

secrètes

des insectes…

Je suis attentive

à la petite note

qui peut tomber

d’un rayon

de soleil

et rouler

le long

des cordes

de l’air

tandis

qu’une seule

certitude

m’habite :

ton murmure

vient

de toutes

les sources

de silence

possibles…

Géraldine Andrée

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

On n’aime pas assez

On n’aime pas assez les lieux lorsqu’ils sont présents.

On ne mesure pas le prix de la lumière sur la table du dîner, la douceur de l’ombre de l’arbre, la bonté du jardin potager, la beauté des crépuscules quand l’hiver recule

et le miracle de chaque pas dans le couloir.

On n’aime pas assez les êtres qui vivent là, qui passent de la chambre au salon, comme une évidence qui est en vérité une grâce.

On croit que l’éclat des journées demeurera toujours dans la mémoire.

Mais lorsque les lieux et leurs êtres ont disparu,

lorsqu’ils se sont tous évanouis comme des bulles dans la nue,

on les regrette tant qu’ils nous hantent.

Parfois, bien sûr,

l’un de ces souvenirs familiers nous retrouve,

tel un foulard qui attendait sur un sentier rarement emprunté

la main qui l’avait perdu…

Mais à peine croit-on le saisir,

qu’il s’échappe sans se laisser retenir,

et il nous semble alors

qu’il ne nous a jamais appartenu…

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Créavie, Grapho-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Je t’écris

On me dit que, de là où tu es, tu ne lis pas les mots écrits à l’encre.

Alors, je t’écris ma lettre

avec les reflets du soleil dans les verres remplis,

l’herbe sur laquelle l’on s’allonge les dimanches,

les scintillements du lac,

la terre du chemin caché,

l’ardoise rouge des demeures à fleur de colline,

les grains de sable qui s’accrochent aux chevilles,

ces filaments de lumière rendant le ciel captif des branches,

le tremblement de la lune,

les éclats de la chaînette quand s’ouvrent les persiennes,

le souffle d’une vague qui se rapproche de la dentelle…

Je sème, j’égrène, je constelle,

je laisse sur ma page tout ce qui peut être une trace,

y compris un chuchotement qui soulève quelques pétales

dans cet intervalle entre deux pas

pour que, de là où tu es, tu te dises

sans que tu me lises :

Voilà toute

la Vie écrite !

Géraldine Andrée